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ANTOINE COYZEYOX
DU MÊME AUTEUR
David (l'Ansrers, sa vie, son œuvre, ses écrits et ses
contemporaiiis. Deux portraits du maître d'après Ingres
et Ernest Hébert, de l'Institut. 28 planches et un fac-
sirnile gravés par k.T>\ivdindi. — Ouvrage couronné par
V Académie française. —2 vol. grand in-8° vélin.— Prix:
50 fr. — Exemplaires sur papier de Hollande. 200 fr.
Conférences de l'Académie royale de Peinture et de
Sculpture, recueillies, annotées et précédées d'une étude
sur les Artistes écrivains. — 1 vol. grand in-S". 10 fr.
La Sculpture en Europe, précédé d'une conférence sur
le Génie de l'Art plastique. — 1 vol. grand in-8'. —
Prix : 6 fr.
La Sculpture au Salon de 1813, précédé d'une étude sur
VŒuvre sculptée, grand in-S". — 2 fr.
La Sculpture au Salon de 1814, précédé d'une étude sur
le Marbre, grand in-8°. — 2 fr.
La Sculpture au Salon de 18"35, précédé d'une étude sur
le Procédé, grand in-8°. — 2 fr.
La Sculpture au Salon de f8"36, précédé d'une étude SUr
la Statue, grand in-8". — 2 fr.
La Sculpture au Salon de iSH, précédé d'une étude sur
le Groupe, grand in-8°. — 2 fr.
La Sculpture au Salon de 18'38, précédé d'une étude sur
le Buste, grand in-8°. — 2 fr.
La Sculpture au Salon de 1819, précédé d'une étude sur
le Bas-relief, grand in-8°. — 2 fr.
La Sculpture au Salon de 1880, précédé d'une étude sur
les Pierres gravées, gr. in-8°. — 2 fr.
Ilîppolyte Flandrin. — Les Frises de Saint-Vincent-
de-Paul. — Conférences populaires. — Grand in-8°. •—
Prix : 1 fr. 50.
Portraits nationaux. — Notice historique et analytique
des peintures, sculptures, tapisseries, miniatures, émaux,
dessins, etc., exposés dans les galeries des Portraits na-
tionaux au palais du Trocadéro, en 1878. 1 vol. in-80. 3 fr.
Musée d'Aniçers. — Notice historique et analytique des
peintures, sculptures, cartons, miniatures, gouaches et
dessins. Collection liodinier. Collection Lenepveu. Legs
Robin. Musée David. 2' édition, avec un supplément. in-12,
xvi-804 p., orné d'un portrait de David d'Angers : 1 fr. 50.
ANTOINE
COYZEVOX
SA YIE, SON ŒUVRE
ET SES CONTEMPORAINS
PRÉCÉDÉ D'UNE ÉTUDE SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE DE SCULPTURE
AVANT LE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
PAR
M. HENRY JOUIN
LAURÉAT DE L'iN'STITUT
(Académie française et Académie des Beaux-Arts
PARIS
LIBRAIRIE ACADÉMIQUE
DIDIER ET D« LIBRAIRES-ÉDITEURS
35, QUAI DES AUGUSTINS, 35
1SS3
Tous droits réservés.
Ma Mère,
Parmi ces 'pages dispersées
OU le nom d'un vieux maître luit.
Des palmes d'or s' étant glissées.
Présent des maîtres d'aujourdliui.
Aussitôt, j'ai fait un volume
De cet Eloge d'un Ancien ;
Et, le livre achevé, ma plume
A tracé ton nom près du sien,
— Pourquoi ?... Ce travail d'annaliste.
Ecrit, tu le sais, sous ton toit.
Eût flatté peut-être un artiste...
— On le couronne?... Il est à toi,
H.J.
Paris, iO mars 1883.
mSTITUT DE FRANCE
ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS
CONCOURS BORDIN
L'Académie des Beaux-Arts avait proposé, pour
l'année 1882, le- sujet suivant :
Notice biographique et critique sur la vie et les
Ouvrages de Coyzevox,
Elle a décerné le prix à M. Henry JOUIN,
auteur du travail inscrit sous le numéro 7, et
portant pour épigraphe : Ars longa, vita brevi's.
(Séance annuelle de l'Académie des Beaux-
Arts, du samedi 21 octobre 1382).
mm fnaaisi m sgdiptie
AVANT LE XVIP SIÈCLE
L'ECOLE DE SCULPTURE FRANÇAISE
AVANT LE XVII° SIÈCLE
SOMMAIRE
Nécessité de ^parler des devanciers d'un homme supérieur. — Nul
n'est indépendant de sa race ou de son époque. — Services ren-
dus à l'histoire de l'art par Sauvai, Martenne, Duchesne, Féli-
bien. — Airard, sculpteur de l'Ile de France, au YIIP siècle. —
Tutilon.Theudon de Chartres, Guillaume de Dijon, Odoranne, Guil-
laume de Sens, Sigon de Fougères, sculpteurs fraudais, du IX« au
XII* siècle. — Ecoles bourguignonne, champenoise, rhénane, poitevi-
ne, languedocienne, provençale, angevine, n^^rmande. et de l'Ile de
France. — Millin. Émeric David et Alexandre Lenoir ont été les
vrais créateurs de l'histoire de l'art en France. — Les maitres de
la sculpture au XII' siècle: Jean de Ghelles, Eudes de Montreuil,
Sabine de Steinbach, Ravy, Le Bouteiller, de Saint-Romain. —
L'étude de la nature caractérise la sculpture française au XIII'
siècle. — Floraison de la sculpture française avec Michel Co-
lombe et Texier. — Souplesse du génie national. — Atteinte
portée à la sculpture par le groupe gallo-florentin. — Pri-
matice, Rosso, Cellini. — L'école de Fontainebleau. — Sou style.
— Le suicide de Rosso. — Les fontes de Primatice défendues par
la duchesse d'Etampes. — Cellini et François I". — Influence de
l'art antique sur le génie français. — Jean Goujon — Germain Pi-
lon. — Nicolas Bachelier, Boudon, Richier, Gentil. — Retour à la
tradition nationale. — Simon Guillain et Jacques Sarazin. — An-
guier, élève de Guillain, forme Girardon. — Lerambert, disciple de
Saraain, est le maître de Co^zevox. — Louis XIV et Versailles. —
Golbert. — Charles Le Brun. — Son talent, sa fécondité, son in-
fluence. — Le mérite de ses collaborateurs est la preuve que la
postérité s'est montrée trop sévère envers Le Brun. — La discipline
n'exclut pas l'indépendance du génie. — Nicolas Loir, Noël Goy-
pel, les frères Marsy, Girardon, Goyzevos..
Je voudrais raconter la vie d'un sculpteur
du dix-septième siècle, Antoine Goyzevox.
1
2 LA SCULPTURE FRANÇAISE
Avant de peindre l'homme dont je vais par-
ler, peut-être n'est-il pas sans intérêt de rap-
peler ce qu'était rêcole de sculpture en
France au début du règne de Louis XIV. Nom-
mer les devanciers d'un homme illustre dans
l'ordre de la pensée, observer le caractère de
ses contemporains, c'est établir la part d'in-
fluence à laquelle il n'a pu se soustraire. En
même temps, c'est mettre en lumière la per-
sonnalité de cet homme. Tout portrait a besoin
d'un cadre. Nul n'est indépendant de sa race
ou de son époque. Nous recevons du miheu
social dans lequel nous sommes nés quelque
empreinte du génie national. En retour, qui-
conque porte une àme supérieure imprime à
sa génération et à celles qui le suivent le sceau
de son propre génie.
L'histoire de Tart dans notre pays s'est
éclairée depuis quatre-vingts ans d'une lu-
mière que n'avaient pas connue les siècles
précédents. A la vérité, Sauvai, Martenne,
Duchesne, Félibien, avaient recueilli les élé-
ments des tableaux d'ensemble que nos
contemporains ont signés. Mais, à ces der-
niers revient l'honneur d'avoir réuni et mis
en œuvre des documents épars, oubliés,
AVANT LE XVir SIECLE 3
perdus, d'où la vérité se dégage sur l'école
française.
Il y a cent ans, les origines apparaissaient
confuses. De bonne foi, personne ne se dou-
tait guère que la sculpture sur le sol de France
eût eu ses jours glorieux au temps de Charle-
■magne et de Philippe-Auguste. Airard, le
sculpteur du portail septentrional de Saint-
Denis, au viii"^ siècle ; Tutilon qui travaillait à
Metz en 880 ; Theudou, de Chartres ; Guil-
laume, abbé de Saint-Benigne de Dijon : Odo-
ranne et Guillaume, de Sens ; Sigon, de Fou-
gères, qui florirent du dixième au douzième
siècle, étaient ignorés des critiques et des
historiens d'art.
L'étude des styles n'avait pas obtenu des
érudits une attention soutenue. Les écoles
bourguignonne, champenoise, rhénane, poite-
vine, languedocienne, provençale, angevine,
normande et de TIle-de-France qui, à l'aube
du douzième siècle, luttent avec des aptitudes
si diverses dans une égale activité, atten-
daient, il y a cent ans, qu'un savant, doublé
d'un artiste, relevât leurs frontières et nommât
leurs maîtres.
Cependant, plusieurs monuments remarqua-
4 LA SCULPTURE FRANÇAISE
Mes, élevés par les artistes que nous venons
de nommer, existaient encore au siècle der-
nier. Si Millin, Emeric David, Alexandre Le-
noir avaient été devancés par des hommes de
leur savoir ou de leur patriotisme, nous ne
serions pas à jamais privés des trésors d'art
détruits à l'époque de la Révolution. A défaut
des œuvres de sculpture que le fanatisme a
brisées ou fondues, il nous resterait le témoi-
gnage écrit de leur mérite.
Au treizième et au quatorzième siècle, l'école
française élève des cathédrales qu'elle couvre
de sculptures pendant que les mausolées des
grands, habilement décorés par ses tailleurs
d'images, prennent place sous les voûtes
ogivales. Palais et châteaux se peuplent
de statues. Bien que cette période soit éloi-
gnée de nous, il reste encore néanmoins
de nombreux vestiges d'un art pratiqué par
Jean de Chelles, Eudes de Montre uil, Sabine
de Steinbach, Ravy, le Bouteiller, de Saint-
Romain.
Le siècle suivant demeure éclipsé par l'éclat
du nom de Ghiberti et de Donatello. Toutefois,
pour ne citer qu'un maître, c'est l'heure où
nous possédons Michel Colombe.
AVANT LE XVII* SIECLE 5
Jusqu'alors, notre école de sculpture avait
vécu avec son tempérament, gardienne de sa
doctrine. Aucun sang étranger depuis les pre-
miers temps de la monarchie, ne s'était mêlé
au sang de ses artistes. Ils étaient Français.
Cédant à la pente logique de l'esprit national,
c'est la nature qu'ils s'efforçaient de traduire.
Etre naturel, imprégner un marbre de vérité,
tel était le but de leur étude. Et cette pour-
suite du vrai dans l'interprétation naïve de la
nature fut la passion si générale des maîtres
d'œuvre de notre pays, dès le début du trei-
zième siècle, qu'ils durent à cet effort conti-
nué d'atteindre à l'unité de style.
Au temps de Louis-ie-Gros et de Philippe-
Auguste, des écoles rivales luttaient d'ardeur
et de puissance. Leurs caractères n'étaient
pas exempts de contrastes. Sous Louis XII,
en face des grandes œuvres de Michel Co-
lombe, de Texier, il faut nommer une école
non plus provençale, non plus rhénane,
non plus poitevine, champenoise, bourgui-
gnonne, languedocienne ou normande, c'est
récole française. Aux contrastes qui, la veille,
distinguaient chaque groupe, chaque pro-
vince, ont succédé cette liberté de l'esprit et
6 LA SCULPTURE FRANÇAISE
de la main, vertus natives de notre art natio-
nal. Aucun genre, aucun mode d'expression
ne seront étrangers à nos sculpteurs, parce
que la sève intellectuelle dont ils vivent a des
sources nombreuses et d'ordre différents. Mais
cette richesse d'aptitudes, cette universalité
dans le domaine plastique qui portent notre
école à se mesurer avec la sculpture religieuse
ou la sculpture d'histoire, l'ahégorie ou le
portrait, sont tempérées par une sorte de me-
sure, d'équilibre qui est comme la sauve-
garde de l'art français. Alors que d'autres peu-
ples cèdent invinciblement à Temphase ou à
l'afféterie, chez nous, la caractéristique de la
sculpture est faite de simplicité, d'élévation,
de bon sens.
Toutefois, l'école française n'a pas suivi une
marche constamment progressive et ascen-
sionnelle. Elle a eu ses temps d'arrêt. Au con-
tact d'une école étrangère, sa sève s'est ap-
pauvrie, son courant a dévié.
Pour elle le seizième siècle fut recueil.
Primatice, Rosso, Gellini appelés par Fran-
çois I", ont été près de nos artistes de dange-
reux précepteurs. Ils étaient venus à nous es-
cortés par la grande renommée de leurs com-
AVANT LE XVIP SIECLE 7
patriotes les Florentins. Comment ne pas subir
l'ascendant des maîtres qui avaient sculpté la
Madeleine ^oénitente et les Portes du Baptis-
tère ? Par malheur, Primatice et Rosso n'é-
taient eux-mêmes que des disciples. Ils n'a-
vaient ni l'audace. heureuse de Donatello, ni la
puissance de Ghiberti. D'ailleurs, les grands
Florentins étaient morts. Px.aphaël qui avait
déplacé l'axe de toute gloire au profit de l'é-
cole romaine venait lui-même de disparaître.
Son élève, Jules Romain, lui avait succédé;
mais Jules Romain demeuré sans tutelle ne sut
pas grandir. Doué de pensée, ayant le sens de
la richesse et de l'ampleur, prompt à l'exécu-
tion, original et savant, Jules Romain, malgré
ses dons, est un maître fougueux et maniéré.
On sait dans quelles circonstances Ptosso
dût quitter Rome en 1530. L'année suivante, il
était en France, intendant des bâtiments de
Fontainebleau. Epris du renom de Jules Ro-
main, il appela près de lui des ItaUens qui tra-
vaillèrent sous ses ordres. Primatice, particu-
lièrement désigné par son maître au choix de
François P', s'était formé dans l'atelier de Jules
Romain. Il vint en France en 1531. A la fois"
peintre, sculpteur et architecte, c'est lui qui
.« LA SCULPTURE FRANÇAISE
dota Fontainebleau, s'il faut en croire Vasari,
des premiers stucs que notre pays ait connus.
Mais l'entente ne fut pas longue entre Rosso
etPrimatice. Celui-ci reçut Tordre de se ren-
dre en Italie pour surveiller la fonte ou le mou-
lage des plus beaux antiques. Ce travail l'oc-
cupera neuf années. Pendant ce temps, Rosso
est chef d'école sur la terre de France. Il est
vrai, ses élèves sont de races très-diverses ;
leur style indécis et troublé, comme une mu-
sique balbutiée, n'a que de rares accents qui
le rattachent à Michel Colombe. C'est un style
gallo-florentin. Leur groupe ne fait pas illusion :
ils ne s'appellent pas l'école française, mais
l'école de Fontainebleau.
Ce qui sépare l'école de Rosso de celle qui
avait prospéré au siècle précédent, c'est l'oubli
de la nature. Les artistes de Fontainebleau
sauront atteindre à la beauté des lignes, à l'har-
monie de la couleur, à l'entente du clair-obscur,
à la science myologique, mais je ne sais quoi
de factice et de convenu dépare un très-grand
nombre de leurs ouvrages. Je ne sais quoi de
précieux, de cherché, d'élégamment incorrect
blesse le regard dans les pages qu'ils ont lais-
sées. En unmot, leurs compositions manquent
AVANT LE XVII° SIECLE 9
de cette simplicité lumineuse, de cette droiture
que confère seule à Tœuvre d'art Tétude atten-
tive de la vie, que nous appelons le naturel.
En ce temps-là, le génie de la France fut
certainement en péril. Mais l'art, et principa-
lement l'art plastique, reçoit la lumière de
deux pôles. L'antique ne lui est pas d'un moin-
dre secours que la nature. Le livre du sculpteur
n'a que deux mots : création et tradition. Sur-
prendre le secret de toute vérité tangible dans
le chef-d'œuvre du monde créé qui est l'hom-
me ; parler la langue de ces maîtres divins,
qui ont couvert la nature d'un manteau de
splendeur, et dont les œuvres constituent
la tradition de la sculpture, là se résume le
double travail du statuaire vraiment digne de
sa vocation.
Un jour de l'année 1541, quelques centaines
de ducats disparurent de l'appartement de
Rosso. L'impétueux artiste accusa de ce vol
son ami, le peintre florentin Francesco Pelle-
grino. On soumit l'inculpé à la question. Peu
après, son innocence fut reconnue, et Rosso
s'empoisonna de désespoir, à quarante-cinq
ans.
Nul obstacle ne s'opposait plus au retour de
10 LA SCULPTURE FRANÇAISE
Primatice. Il revint en d543. Un nouveau rival
Tattendait : Benvenuto Gellini. *
Tout le monde a lu le récit de cette scène
fameuse qui eut pour théâtre la grande galerie
de Fontainebleau, et pour témoins François P'',
la duchesse d'Etampes, le dauphin, Marguerite
de Navarre, quelques seigneurs de la cour,
Gellini, Ascanio et Primatice. Celui-ci avait
rapporté d'Italie près de cent cinquante figures
antiques. Des bronzes de V Apollon du Belvé-
dère, du Laocoon, de la nymphe dite Cléo-
pàtre, de la Vénus de Médicis et de V Hercule
Commode, fondus à Fontainebleau sur les
moulages obtenus à Rome, devaient être sou-
mis à l'appréciation du Roi. En face de ces
antiques fut placé le Jupiter en argent portant
d'une main le globe, et dans l'autre un foudre.
Gellini venait d'achever cet ouvrage.
Séduit parle talent de l'artiste, et sans doute
aussi par divers artifices dont avait usé Ben-
venuto, le Roi donna la préférence à sa statue.
Les courtisans firent de même. Vainement la
duchesse d'Etampes voulut-elle en appeler d'un
pareil verdict.
" — Eu vérité, dit-elle, on serait tenté de
croire que vous n'avez point d'yeux. N'^
AVANT LE XVII° SIECLE 11
voyez-vous donc pas ces figures antiques?
C'est en elle que réside la perfection de l'art et
non dans ces puérilités modernes. »
« — A ces mots, écrit Cellini, le Roi, suivi de
son entourage, s'avança et jeta un coup d"œil
sur les autres statues qui étaient éclairées
den bas, ce qui leur était fort préjudiciable.
« — Celui qui a voulu nuire à Benvenuto,
dit alors le Roi, lui a au contraire rendu un
signalé service ; car, de la comparaison de ces
admirables figures avec la sienne, il ressort
que cette dernière est infiniment plus belle et
plus merveilleuse. Il faut donc tenir Benve-
nuto en haute estime, puisque ses ouvrages
non-seulement égalent mais surpassent ceux
des anciens ^
Sans doute, nous pouvons croire que Benve-
mito Cellini, en consignant cette aventure, n'a
pas dû atténuer les éloges que lui adressa
le Roi. La nature vaniteuse de l'artiste est con-
nue. Mais le fait subsiste. Il montre quelle dut
être la vos-ue de l'école de Fontainebleau, et
en quel honneur était tenu sous François 1°"^
le style gallo-florentin.
^ Benvenuto Cellini, Œuvres complètes, Paris,
Paulin. 1847, 2 vol. in-12, t. II. p. 34, 42, 43.
i2 LA SCULPTURE FRANÇAISE
Cependant, un maître que n'avaient pas for-
mé Rosso ou Primatice, Jean Goujon se char-
gea de répondre par ses ouvrages à Tengoue-
ment irréfléchi de la cour et des grands pour
les Italiens. Non moins élégant que Primatice,
Jean Goujon sut être naturel, expressif, et,
dans les profils comme dans le méplat de ses
bas-reliefs, ce merveilleux sculpteur fait son-
ger aux Grecs. La nature et Tantique l'inspi-
rent mutuellement. S'il cède, dans une certaine
mesure, au goût de ses contemporains, lors-
qu'il pose un personnage, il demeure supé-
rieur aux artistes de sa génération par un
modelé sobre, pur et vivant.
Germain Pilon le suivra de près. Les statues
de François P' et de Henri //révèlent l'habileté
de ce maître, assez personnel pour secouer à
ses heures le joug de Primatice.
Barthélémy Prieur, esprit moins original,
appartient sans conteste à l'école de Fontaine-
bleau dont il marque le déclin, mais en retour
Nicolas Bachelier à Toulouse, Boudon à Or-
léans, Richierà Saint-Mihiel, Gentil à Troyes,
et d'autres encore ont su préserver leur ciseau
de tout contact avec Primatice. Plusieurs ont
vu ritalie, et le nom de Michel-Ange hante vi-
AVANT LE XVir SIECLE 13
siblementleur mémoire. N'importe, ces maîtres
ontleur génie propre, ils relèvent l'art français
dont ils sont les vrais représentants. La chaîne
un instant rompue est renouée. Jean Texier,
Michel Colombe ont des descendants à Tou-
louse, en Lorraine, en Champagne et sur les
bords de la Loire.
La tradition nationale, ressaisie par des
mains françaises, se transmit avec des alterna-
tive de progrès et de décadence jusqu'à Simon
Guillain et à Jacques Sarazin.
Elèves du même maître, Guillain le père,
surnommé Cambray, ces deux artistes se ren-
dirent à Rome où Sarazin fut tellement frappé
par les œuvres de Michel-Ange, que durant
toute sa vie, dit Caylus, il se fît gloire du titre
de disciple du Florentin. Mais pendant qu'ils
séjournaient en Italie, Sarazin se lia avec le
Dominiquin qui travaillait alors aux peintures
de San-Andrea-Della-Valle. De son côté,
■ Guillain, non moins admirateur que son com-
patriote du génie de Michel-Ange, gravait, en-
tre deux statues, les compositions d'Annibal
Carrache et de TAlbane.
De retour en France, les deux maîtres qui
représentent la sculpture au début du dix-
U LA SCULPTURE FRANÇAISE
septième siècle firent preuve d'une science de
composition, d'une puissance de modelé, d'une
largeur de style vraiment remarquables.
Sarazin se plaisait à rappeler la forte nour-
riture qu'il devait aux maîtres italiens, mais ses
Cariatides du Louvre, de même que les Cxp-
tifs de Simon Guillain sont des œuvres d'un
caractère absolument original. La grâce des
Cariatides de Sarazin permet de les comparer
à certaines œuvres de Jean Goujon.
C'est à l'école de Sarazin que se forma Le-
rambert, le maître de Goyzevox. Girardon son
émule, reçut les principes de Guillain par l'en-
tremise d'Anguier.
Ainsi se résume, dans ses lignes essentielles,
le tableau de la sculpture française antérieure-
ment à Goyzevox. La filiation de nos statuai-
res peut être constatée. La race se perpétue
avec honneur chez ses maîtres d'œuvre en
quête de savoir, de talent, de prééminence et
surtout d'individualité. Les sculpteurs français
n'imitent pas volontiers. S'il advient qu'ils
marchent pour un jour dans le sentier d'autrui,
c'est qu'ils se sont pénétrés des procédés d'un
maître étranger. Les ressources de leur génie,
l'habileté qu'ils apportent dans le travail du
AVANT LE XVII^ SIECLE 15
marbre les'poussent, à de certaines époques, à
s'approprier, en se jouant, un style, une mé-
thode qui ne sont pas les leurs. Mais le tempé-
rament reparaît, la race n'a rien perdu de sa
sève originelle, 1 école de sa doctrine, et la
sculpture française rentre dans son sillon
qu'elle poursuit.
Coyzevox apparut à une heure solennelle
dans Fhistoire de l'art. Il atteignait à l'âge
d'homme quand Louis XIV, au lendemain de
la Fronde, ayant signé la paix des Pyrénées,
inaugura dans le faste et le retentissement un
règne que devaient rehausser toutes les
gloires. Encore impressionné par des souve-
nirs de trouble et d'anarchie, le Roi méditait de
rendre à la couronne tout le prestige dont la
Fronde l'avait dépouillée. De là, cet appareil
somptueux, l'étiquette, le luxe, les fêtes au mi-
lieu desquels voulut vivre Louis XIV. Bien qu'il
eût passé son enfance au Palais-Royal, il n'a-
vait pas d'attrait pour Paris. Or, jaloux de sa
puissance, personnifiant en lui seul le pouvoir
souverain, en s'éloignant de Paris il transfé-
rait le siège du gouvernement. Cette aversion
pour la capitale décida de la construction de
Versailles.
16 LA SCULPTURE FRANÇAISE
Un homme d'un rare mérite devait seconder
Louis XIV dans ses somptueuses entreprises.
Colbert, succédant à Fouquet avec le titre de
contrôleur général des finances, devint bientôt
ministre de la maison du Roi. Les Comptes des
Bâtiments nous révèlent la sollicitude de Col-
bert pour les lettres et Tart. L'Académie de
France à Rome, Versailles, Marly, le Louvre,
les Tuileries, les Invalides, les Gobelins occu-
pent tour à tour cet esprit ordonné, précis et
désintéressé quand la gloire de la France est
en cause. Mais, des créations de Colbert, celle
dont nous aurons à parler davantage dans cet
écrit, c'est Versailles.
Louis XIII avait élevé dès 1624, une maison
de plaisance à Versailles. Le roi n'y résidait
pas. Son château était à Saint-Germain. Lors-
que Louis XIV eut résolu d'agrandir Versailles
et d'en faire sa résidence, le domaine, aussi
bien que le palais, durent être transformés.
C'est en 1663, c'est-à-dire à l'avènement de
Colbert au poste de contrôleur général, que
les traVaux commencèrent. On estime qu'ils
coûtèrent au Trésor près de cinq cents mil-
lions.
L'art tient une large place dans ce monu-
AVANT LE XVII'' SIECLE 17
ment, et de même que Colbert était Tinstru-
ment de la pensée royale, Le Brun fut l'inten-
dant du ministre.
Le Brun n'était pas un inconnu. Guillain et
Sarazin ayant eu la pensée de grouper quel-
ques artistes en une sorte de conférence in-
time, dont le but était de mettre en commun
les principes, les lumières de chacun dans la
pratique de son art, Le Brun avait affermi cette
création en obtenant des lettres-patentes qui
la constituaient en Académie de peinture et da
sculpture. L'un des Anciens de cette Académie,
Le Brun, dut à la faveur de Colbert d'être
nommé premier peintre du Roi, directeur de
la manufacture des Gobelins, et d'exercer pen-
dant près de vingt années une autorité direc-
trice sur l'école française.
Encore que son action ne s'étendit qu'aux
travaux commandés par Colbert, les projeta
aussi grandioses que nombreux du ministre-
de la maison du Roi suffirent pour occuper de
1661 à 1683 la plupart des artistes en renom.
Le Brun fut l'ordonnateur de toutes choses.
Peintres, sculpteurs, architectes, tapissiers,
orfèvres, reçurent de lui les cartons ou les
modèles de leurs compositions. D'une fécon-
2
18 LA SCULPTURE FRANÇAISI-:
dite sans exemple, il concevait le plan d'un
plafond, d'une tapisserie, d'un vase non moins
-aisément que celui d'une fontaine, d'un
groupe, de trophées, de torchères ou de gi-
randoles. Les bronzes, les mosaïques, les in-
crustations de toute nature, les candélabres,
et jusqu'aux serrures élégamment ciselées des
résidences royales, ont été dessinés par Le
Brun. Il est pendant un temps le seul décora-
teur des demeures opulentes qui s'élèvent.
La postérité ne le lui a guère pardonné.
Cependant, nul artiste au dix-septième siècle
n'était en mesure de subvenir à des obligations
de cette importance. Son érudition, sa science
du mouvement, l'entente de l'allégorie, du
costume^ des attributs qui le distinguaient,
placent Le Brun au premier rang parmi ses
contemporains. N'eût-il peint que la Clémence
d' Alexandre envers la famille de Dariv^^ il
faudrait encore le proclamer un maître. D'autre
part, nous devons à ses hautes fonctions sous
Golbert cette unité surprenante qui frappe les
moins attentifs dans la décoration de Ver-
sailles, des Tuileries ou du Louvre.
Au surplus, la part décisive qui lui revient
dans la création de l'Académie de France à
AVANT LE XVII'' SIECLE 19
Rome, Tinstitution des conférences sur l'art
au sein de FAcadémie de peinture, dont il est
resté en fait le directeur pendant vingt-huit
ans, lui avaient concilié l'estime de ses pairs.
La subordination consentie dans laquelle ils
vécurent vis-à-vis de Le Brun ne fut pas pour
le grand nombre un sacrifice. Pour aucun des
vrais artistes de ce temps elle ne fut une sé-
rieuse entrave. N'oublions pas, en effet, que
les auxiliaires de Le Brun se sont appelés
Nicolas Loir, Noël Goypel, Gaspard et Bal-
thasar Marsy, Girardon, Goyzevox. Collabora-
teurs dociles, capables d'apprécier le bienfait
d'une direction lorsqu'il s'agit de concourir à
quelque œuvre commune, ces artistes n'ont
rien perdu, que nous sachions, dans la disci-
pline à laquelle les ont soumis Colbert et Le
Brun. Goyzevox, notamment, dont nous allons
retracer la vie, est une preuve de cette indé-
pendance de la pensée sans laquelle l'homme
d'art n'est qu'un praticien.
ANTOINE COYZEVOX
LES SCULPTURES DE SAVERNE
1640-1677
SOMMAIRE
Antoine Goyzevox, fils d'uu menuisier. — (Drigiae espagnole des
Goyzevox. — Leur nom. — Enfance d'Antoine. — Le menuisier Gous-
tou. — Franrois Goustou, le fils, sculpteur habile. — Guillaume
Coyz^îvox. frère d'Antoine, aussi sculpteur. — Antoine sculpte le
bois. — (> Vous faites un cheval? — Je ne le fais pas, je le décou-
vre! » — Mariage de Glaudine Goyzevox, sœur d'Antoine, avec
François Goustou. — Antoine vient à Paris. — Le « fameux mon-
sieur Lerambert. » — Quels furent les maîtres de Goyzevox outre
Lerambert? — Les œuvres de Goyzevox exécutées à cette époque
ne sont pas connues. — Mariage d'Antoine Goyzevox avec Margue-
rite Quillerier, nièce de Lerambert. — Goyzevox, sculpteur du roi.
— Mort de Marguerite Quillerier. — Le maître sculpte un morceau
de frise au palais du Louvre. — Il se rend à l'appel du cardinal
François Egou de Furstenberg. évèque de Strasbourg. — Un mot
de Fermelhuis. — Le palais de Saverne. — Apollon et les Muses. —
Trophées et statues. — Les sculptures de Saverne détruites. — Re-
tour de Goyzevox à Paris. — 11 est reçu académicien — Goyzevox
veut se fixer à Lyon. — Le Brun le retient à Paris. — Mariage de
Goyzevox avec Glande Bourdict. — Oii a lieu son mariage ? — Il
loge aux Gobeliûs. — Les travaux de Versailles.
Antoine Goyzevox, fils d'un menuisier de
Lyon, naquit dans cette ville le 29 septembre
22 ANTOINE GOYZEVOX
1640. Son père habitait la paroisse de Saint-
Nizier K
Le docteur Fermelhuis qui prononça l'éloge
du statuaire en 1720, nous apprend que Pierre
Goyzevox, le père d'Antoine, était originaire
de Madrid, tandis que sa mère, Isabeau Morel,
était lyonnaise "". Il faut le croire, Fermelhuis
ayant été l'ami du sculpteur. C'est d'ailleurs le
seul témoignage autorisé que nous possédions
de l'origine espagnole des Goyzevox.
Certains biographes, en effet, appuient cette
origine sur la consonnance du nom et son
orthographe peu commune dans notre langue.
Des preuves de cet ordre seraient spécieuses,
car c'est Antoine Coyzevox qui paraît avoir
modifié l'orthographe de son nom. Pierre, le
menuisier lyonnais, signait Quoyzeveau ; en
1666, le statuaire écrit Quoyzeuaux. En 1679,
le buste de Le Brun est signé Coyzevox. A
dater de cette époque le nom du maître ne
varie plus ".
' Voyez Acte de baptême ci' A7itoine Coyzevox. Pièces
justificatives. Doc. L
- Eloge funèbre de M. Coyzevox, sculpteur du Roi,
par M. Fermelhuis (Paris, 1771, in-12), p. 4.
^ Sur l'acte de mariage de l'artiste uous lisons en-
LES SCULPTURES DE SAVERNE 23
Nous savons peu de chose sur l'enfance
d'Antoine. Toutefois, il est permis de penser
que son père fut son premier maître. Au xvii'
siècle il n'était pas rare de rencontrer des
marbriers sculpteurs et des menuisiers orne-
manistes. Formelhuis a dit dans VÉloge de
Tartiste : « Ses jeux furent une étude si solide
des principes de la sculpture, qu'à l'âge de dix-
sept ans il fut en ëtat de quitter le lieu de sa
naissance et de venir travailler à Paris ^
Si les yeux de l'enfant l'ont porté vers l'art
du sculpteur, c'est sans doute que des modèles
placés sous ses regards dans l'atelier paternel
l'inclinaient à les reproduire. L'enfant copie
naturellement ce qu'il voit.
D'ailleurs, Pierre Goyzevox n'était pas le
seul artisan qui fût en mesure de seconder la
vocation d'Antoine. Pierre avait pour émule
un artiste industriel, menuisier comme lui^
nommé Goustou. L'un des fils de ce Coustou,
plus âgé qu'Antoine Goyzevox, demandera la
core Coësevaus, Coësuaux et sur les registres de Saiat-
Germain-l'Auxerrois : Goyzeiiaux. Ajoutons que si la dé-
sinence coz est espagnole, il n'en est pas de même de
la syllabe vox.
* Éloge, p. 4.
24 ANTOINE GOYZEVOX
main de sa sœur aînée, Claudine. Les deux
familles étaient donc en relations. Or, le mari
de Claudine, François Coustou, père des sta-
tuaires Nicolas et Guillaume, était lui-même
un sculpteur sur bois d'un réel talent K On
sait qu'il fut le premier maître de ses deux fils
et qu'il travailla pour le Roi -. Coyzevox lui
dut peut-être quelques leçons lorsqu'il habitait
encore sa ville natale.
Un frère d'Antoine, dont la date de naissance
nous est inconnue, prend en 1677 la qualifica-
tion de sculpteur ^ Il signe Guillaume Coi-
zevaud. Antoine a donc vécu, dès son extrême
jeunesse, dans un milieu propice à sa voca-
tion. L'art plastique est l'occupation de ses
proches et de ses amis. Ces artisans de goût
donnent au bois qu'ils travaillent une forme
capricieuse ou sévère ; les figurines, les meu-
bles, les boiseries se succèdent sous leurs
ciseaux déhés, et l'âme de l'enfant qui doit
devenir un maître ne reçoit du dehors selon
toute apparence que des impressions heureu-
* Dictionnaire critique de biographie et d'histoire,
par A. Jal (Paris, Pion, 1872, ia-8), p. 443.
- Jal, Dictionnaire critique, p. 444.
3 Id., p. 444.
LES SCULPTURES DE SAYERNE 25
ses, en harmonie avec ses propres dons. Sous
ses yeux tout parle d'élégance, d'adresse, de
parure. L'art décoratif est, pour ainsi dire,
l'atmosphère dans laquelle il grandit.
Un jour, on le surprit lui-même taillant un
morceau de bois. — « Vous faites un cheval,
lui dit la personne qui Tobservait »? — « Je ne
le fais pas, je le découvre », répondit l'en-
fant *.
SiTanecdote est vraie, cette parole de Coy-
zevox décèle un génie précoce. Tel mot qui
sur d'autres lèvres serait vide ou subtil, a, dans
la langue de l'artiste, un sens juste et profond.
Il est l'expression d'une nuance que discer-
nent seuls les hommes de pensée.
Promptement supérieur aux ornemanistes
qui l'entouraient, se sentant poussé vers le
grand art, Antoine Coyzevox quitta Lyon et
vint à Paris. Il avait environ dix-sept ans. Son
départ dut avoir heu peu après le mariage de
sa sœur Claudine avec François Coustou -.
* Coyzevox, par Edme-Fr.-Ant. -Marie Miel, Ency-
clopédie des gens du mo7ide, t. VII, p. ^ 96-197.
* Les registres des mariages de la paroisse de Saint-
Nizier manquent pour la période qui nous occupe.
Mais il n'en est pas de même des actes de baptême.
26 ANTOINE GOYZEVOX
Lerambert, élève de Vouet et de Sarazin,
jouissait alors d'un véritable renom. Sculpteur
du Roi, garde des marbres de Sa Majesté, et
garde du magasin des antiques, Louis Leram-
bert joignait à tous ces titres du savoir-vivre,
de l'esprit, quelques aptitudes pour la poésie
et la musique, et il était, en outre, un danseur
consommé. Ses succès nombreux et variés
appelaient sur lui l'attention des grands. Il
avait fait les bustes de Mazarin et de Jabach,
décoré Thôtel du marquis de Dampierre ; il
excellait dans les figure S' d'enfants. Ami de
Le Brun et de Le Nostre, il eut sa grande part
dans les travaux de Versailles et du Louvre.
Si, à 1 époque où Goyzevox arrive à Paris, Le-
rambert n'est pas encore à l'Académie royale,
c'est qu'il n'a pas pris le temps d'y songer. Ar-
tiste brillant, d'un caractère digne d'estime,
sa réputation lui survit, et Guillet de Saint-
Nous devons à robligeancc de M. L. Charvet. architecte,
inspecteur de l'enseignement du dessin à l.yon,de pos-
séder l'acte de baptême de Claudine Co3'zevox. On le
trouvera aux. Pièces justificatives, Ooc II. Née le lerfé-
vrier lt)38, Claudine fait baptiser son premier enfant,
François Coustou, le 2.) décembre I6.")0. Elle a donc dû
se marier en 165o ou au commencement de 1656. c'est-
à-dire à l'âge de dix-sept ans environ.
LES SCULPTURES DE SAVERNE 27
Georges écrivant quelque vingt ans après la
mort de son modèle, l'éloge de Lerambert,
le suppose filleul de Louis XIII, tenu sur les
fonts par Cinq-Mars. Cette fois, ce n'est plus
de l'histoire mais de la légende K Quand
Fermelhuis parlera de lui, nous Tentendrons
dire : « le fameux M. Lerambert. »
Nous ignorons si Goyzevox reçut de prime-
abord les enseignements de ce statuaire. Nous
savons seulement qu'il eut plusieurs maîtres
parmi « les plus célèbres » de l'époque '.
Or, l'école de sculpture était alors floris-
sante. Il est vrai, Simon Guillain allait s'étein-
dre et Coyzevox eut à peine le temps de l'en-
trevoir ; son ami Jacques Sarazin n'avait plus
* On peut consulter à ce sujet les Mémoires inédits
sur la vie et les ouvrages des membres de V Académie
royale de peinture et de sculpture, publiés par MM. L.
Dnssieux, E. Soulié, Ph. de Ghennevières, Paul Mantz,
A. de Montaiglon (Paris, J.-B. Dumoulin, ISoi-, 2 vol.
in-8) tome I, p. 330, et Jal., Dictionnaire critique, p. 776.
II y a erreur sur le fait, de môme que sur la date de
naissance de Lerambert, telle que la donne Guillet de
Saint-Georges.
- C'est Fermelhuis qui nous l'apprend par ces mots
« il (Goyzevox) fut en état de venir travailler à Paris
sous la conduite du fameux M. Lerambert et d'autres
maîtres qui étaient alors les plus célèbres dans cet arl. »
Éloge, p. 4.
28 ANTOINE GOYZEYOX
que deux ans à vivre, mais François Anguier,
Buyster, Girardon, Yan Opstal, Guérin, Gas-
pard de Marsy, Jaillot, Buirette, Magnier, Le
Hongre, Regnaudin formaient une pléiade
d'artistes sérieux, convaincus, dans la force
du talent. C'est assurément auprès d'eux que
le sculpteur lyonnais chercha des maîtres,
puis s'attachant à Lerambert, il suivit plus spé-
cialement ses leçons.
Aucune trace ne subsiste des travaux que
dut exécuter Coyzevox pendant les dix années
qu'il passa près de Lerambert. Toutefois,
deux faits semblent prouvés : le disciple se fit
aimer du maître et il acquit de la réputation.
Le gage de l'entente cordiale et de l'atta-
chement qui rapprochèrent ces deux hommes
est dans le mariage que contracta Coyzevox à
quelque temps de là.
Lerambert appartenait à une nombreuse fa-
mille: son père avait eu dix enfants. L'aînée
de tous, Charlotte ', était devenue la femme
du peintre Quillerier, lorsqu'elle n'avait en-
core que seize ans '. Noël Quillerier « pein-
' Elle était née le 18 avril 1615 sur la paroisse de
Saint-Germain-l'Auxerois, à Paris.
* Le mariage de Noël Quillerier eut lieu le 27 jan-
vier 1631.
LES SCULPTURES DE SAVERNE 20
tre et valet de chambre ordinaire du lloy » '
fut, on le sait, le maître de Noël Coypel. C'est
une des filles de Quillerier que demanda Goy-
zevox. Leur union fut célébrée le 18 janvier
1666. Le sculpteur avait alors vingt-six ans.
La nièce de Lerambert, Marguerite Quillerier,
comptait près de vingt-sept ans 2.
Comme on le pense bien, les proches de Coy-
zevox ne purent assister à son mariage. Lyon
est éloigné de Paris. Le voyage eût coûté
cher. Pierre Goyzevox et François Coustou
n'étaient pas riches. Personne ne vint. Les
signataires au registre de Saint-Germain-FAu-
xerrois sont des Lerambert et des Quille-
rier ^
Quelque estime que méritât l'artiste lyon-
nais, nous pensons qu'il ne fût pas entré dans
la famille de son maître si le talent n'avait été
chez lui égal au caractère. Peut-être s'était-il
déjà révélé par une œuvre de mérite. Le tra-
' C'est le titre qu'il prend sur l'acte de baptême de
sa fille Marguerite Quillerier.
- Elle était née le 13 février 1H40. Voyez Jal, Dic-
tionnaire critique, p. 1027.
■' Voyez, Acte de mariage d'Antoine Coyze-
vox avec Marguerite Quillerier, Pièces justificatives
Doc. 111.
30 ANTOINE COYZEVOX
vaii du marbre, dans lequel il excella toujours,
lui valait sans doute dès cette époque de sé-
rieux succès. Sur ce point, l'histoire n'a rien
dit, et en face des bustes nombreux que le
statuaire n'a pas datés, nous ne savons s'il se-
rait juste d'en rattacher quelques-uns à Tan-
née 1666. Il y a lieu de le croire, car malgré
sa jeunesse, l'artiste reçut cette année même
le titre de sculpteur du Roi. Une part lui était
échue dans les travaux du Louvre. Or, Le
Brun n'était pas à court de sculpteurs. L'Aca-
démie royale en comptait d'illustres. Avant
-d'appeler un jeune homme à lutter dadresse
avec eux, il fallait que ce nouveau venu se fût
signalé.
La vie s'ouvrait radieuse devant notre ar-
tiste. La gloire l'avait marqué du doigt. Il se
sentait honoré. L'or nécessaire à ce fils d'ou-
vrier lui était versé dans la mesure de son
amour du beau. De plus, il avait un foyer.
Hélas I ses joies furent brèves. Dieu qui lui
réservait de longs jours le grandit par l'é-
preuve. Il connut la douleur à l'âge de sa vi-
rilité. Assez fort pour en porter le poids sans
fléchir, c'est à l'art qu'il demandera le calme
de la pensée.
LES SCULPTURES DE SAVERNE 31
Il y avait moins d'une année que Margue-
rite Quillerier avait épousé Goyzevox quand
elle mourut. Etrange coïncidence ! Nous qui,
après deux siècles, essayons de retracer une
vie d'artiste, nous n'avons d'autres preuve de
rélévalion du statuaire pendant l'année 1666
que l'acte de décès de sa femme. Cette pièce
est le seul document où se trouve consigné le
titre de sculpteur du Roi à la suite du nom de
Goyzevox '. Ainsi la douleur qui est le fond
de toute existence humaine laisse de son pas-
sage des signes plus durables que le succès,
et souvent c'est à sa lumière que Thistorien se
guide dans le passé.
Le premier soin du statuaire, au lendemain
de son deuil, fut de tenir parole à Le Brun. On
était alors au début de Tannée 1667. Goyzevox
1 Voyez Acte de décès de Marguerite Quillerier,
première femme d'Antoine Goyzevox. Pièces justificati-
ves. Doc. IV. — Sur cet acte, nous trouvons, au sujet
delà défunte, la mention « prise aux Tuileries. » Nous
nous expliquons difficilement ces paroles. Goyzevox ne
pouvait pas occuper dès cette époque un logement dan>
les Bâtiments du Roi. Mais peut-être demeurait-il chez
son beau-père, Noël Quillerier, logé au Louvre depuis
le 4 juillet 1631 ? Ce doit être en tous cas au Louvre
que sa femme est décédée.
32 ANTOINE COYZEVOX
s'acquitta d'un « morceau de frise » qu'il avait
à sculpter au palais du Louvre. Il fit encore,
lisons-nous dans les Comiotes des Bâtiments^
divers autres ouvrages de sculpture qui lui
furent payés cent-trente-cinq livres \ puis,
sa tâche remplie, l'artiste ne sollicita pas de
nouvelles commandes. Il s'exila de France à
l'appel du cardinal François Egon de Fursten-
berg, évêque de Strasbourg.
Ce prélat faisait élever à Saverne, au pied
des Vosges, un palais somptueux. Un parc^
orné de grottes, de ruines, de pièces d'eau, en-
tourait cette résidence et couvrait tout l'es-
pace qui la séparait de la forêt de la Faisande-
rie, distante de deux kilomèU^es 2. A Tinté-
rieur du château, le luxe le plus magnifique.
^ On lit dans le volume des Comptes des Bâti-
ments sous Colbert, comprenant la période I60i-lb80
(le seul publié) à la page 244 : « 28 avril : à Coyse-
« vaux, pour un morceau de frise qu'il a fait au Lou-
« vre, et autres ouvrages de sculpture pendant l'année
« 1667... 135. 1.» Clarac qui, dans le Musée de sculpture
antique et WMderne (t. I, p. 074 et 683), a publié des
listes très-étendues des artistes qui ont travaillé au
Louvre et aux Tuileries ne cite pas Co^^zevox. C'est
donc un oubli.
- Saverne et ses environs par Ch. G. Klein. Stras-
bourg, G. Silbermann, 1849, in-8, page 13.
LES SCULPTURES DE SAYERNE 33
De vastes salles, de riches galeries, un escalier
d'honneur, des voûtes, des plafonds atten-
daient qu'un décorateur plein de hardiesse
les revêtît de ces ornements sans lesquels
l'architecture est froide et privée d'éclat.
Coyzevox fut l'un de ces décorateurs. Fer-
melhuis dit expressément que l'artiste n'avait
que vingt-sept ans quand le cardinal de Furs-
tenberg, « par une distinction honorable »,
l'appela au château de Saverne. « Ce fut là,
dit le même historien, que produisant ses ou-
vrages en son propre nom, on commença d'en
compter un nombre prodigieux, quoique peut-
être ils n'égalassent point encore ceux qu'il
avait faits à Paris, qui passaient pour l'œuvre
de ses maîtres, qui n'auraient pas voulu les
désavouer \ » Paroles mystérieuses dont les
réticences laissent entrevoir bien des luttes.
Peut-être le sculpteur lyonnais s'en était-il
allé emportant au cœur plus d'une blessure I
Affranchi de toute servitude, il se mit à
l'œuvre. Il se sentait fier de créer librement
des compositions savantes ou gracieuses, au
gré de son imagination fertile. Bientôt ses
^ Éloge, p. 5.
34 ANTOINE COYZEVOX
ateliers furent peuplés de modèles et d'études.
Une voix intérieure lui répétait cette devise du
gentilhomme « Fac hene, nominaris, Fais
bien, tu es en renom. » Et le cardinal de
Furstenberg, loin d'entraver son sculpteur,
applaudissait à son génie.
C'est dans ces conditions que Coyzevox
exécuta pour la grande salle du palais une
corniche circulaire richement ornée. Au-des-
sus, dans le plafond de cette même salle, l'ar-
tiste modela en stuc une figure de grandes
proportions représentant Apollori Musagète.
Le fils de Latone avait près de lui Clio^ la muse
de l'histoire, Euterpe qui joue de la double
flûte, Thalie qui inspire Aristophane, Melpo-
mèïie au front couronné de pampres, Terpsi-
chore qui tient la lyre, Erato la muse d'Ana-
créon, Polymnie sérieuse et pensive, Calliope,
mère de l'épopée, Uranie qui commande aux
astres.
Autour de la salle d'honneur, Coyzevox dis-
posa des Termes et des statues.
L'escalier principal reçut de l'artiste di-
vers ornements et quatre Trophées gigantes-
ques.
Dans le parc, huit statues colossales et vingt-
LES SCULPTURES DE SAVERNE 35
quatre Termes en pierre de grès furent sculp-
tés par Coyzevox *.
De cet ensemble considérable, signé par un
seul maître, rien n'est parvenu jusqu'à nous.
Le palais de Saverne, achevé par le cardinal
de R.ohan pendant la première moitié du dix-
huitième siècle devint la proie des flammes en
1780 2. Les sculptures intérieures furent dé-
truites. Treize ans plus lard, au moment où le
palais se relevait de ses ruines avec l'or du
cardinal de Rohan-Guémené, la Révolution fit
disparaître les œuvres d'art accumulées depuis
plus de cent ans dans ce domaine princier^
Coyzevox avait employé quatre années à la
décoration du palais de Saverne. Il revint à
Paris en 1671 ^ Une grande réputation l'y
1 Fermelhuis, Éloge, p. 5-6. —Notice sur A. Coy-
zevox par J. Jurie [Archives historiques du départe-
ment du Rhône, Lyon, 1825, in-8°, p. 221.) — Notice
sur Antoine Coyzevox par J. S. P. (Passeron) {Revue du
Lyonnais, août 1835, p. 196-197.) — Mémoires inéditSy
etc., notice anonyme, t. II, p. 33.
- Klein, Saverne, p. 12.
3 Cette date du retour de Coyzevox à Paris a été
contestée par Passeron en 1835. 11 nous a été facile de
relever l'erreur dans laquelle est tombé ce biographe.
Nous avons dû signaler en même temps la faute inex-
plicable commise par Gougenot dans un mémoire sur
.-36 ANTOINE COYZEVOX
avait précédé. Le talent dont il venait de faire
preuve à l'étranger lui était compté par ses
compatriotes. Il entrait de plain-pied dans
l'élite des sculpteurs. Désormais la considéra-
tion, l'aisance lui étaient promises. Il marchait
d^un pas assuré vers la gloire ^
Son maître^ Lerambert, était mort, mais Le
Brun lui restait; Le Brun, Tami de Colbert et
de Louis XIV. Goyzevox ne tarda pas à mode-
ler le buste de Le Brun. Cette attention déli-
cate rendit plus étroite l'intimité des deux
maîtres. D'autre part, la franchise de Goyze-
vox, la distinction de ses manières, un carac-
tère éo^al et de srrande douceur lui conciliaient
naturellement l'estime ou l'affection de ses
pairs. Miel assure que le roi lui-même honora
le sculpteur de sa bienveillance -. L'Acadé-
Le Lorrain, lu devant l'Académie de peinture en i761,
Le voyage de Goyzevox à Saverne, daprès cet histo-
rien n'aurait eu lieu qu'en 1718 ou 1720, c'est-à-dire à
l'époque où succombait l'artiste, âgé de quatre-vingts
ans. On trouvera aux Pièces justiCcatives, Doe. V, la
réfutation de ces assertions erronées.
^ « De retour en France en iQli, écrit Fermelhuis,
il s'ouvrit une brillante carrière à la faveur de la répu-
tation qu'il avait acquise chez les étrangers. » Éloge,
p. 6.
- Encyclopédie des gens du motide, t. Vll, p. 196-197.
LES SGUI.PTURES DE SAVERNE 37
mie ne pouvait exiger davantage de Coyzevox,
Il y entra le 11 avril 1676.
Mais que s'est-il passé ? Avant d'être élu, le
nouvel académicien a informé ses confrères
qu'il abandonnait Paris. Le procès-verbal de
la séance où il est admis nous révèle ce singu-
lier dessein. C'est à Lyon que le statuaire veut
se fixer.
Quelle hésitation le trouble ? A-t-il peur des
hasards? D'où lui viennent ses timidités? Com-
ment expliquer ce refus de la renommée à
l'heure où il peut s'en saisir ? Cependant le
registre de l'Académie ne permet aucun doute.
Une école de dessin doit s'ouvrir à Lyon par
les soins du peintre Blanchet. Cet artiste a
placé sa fondation nouvelle sous le patronage
de l'Académie royale de Paris. Sensibles à la
déférence que leur marque Blanchet, les Aca-
démiciens se montrent favorables à son entre-
prise, et c'est Coysevox qui sera leur manda-
taire près de l'école de Lyon, a Le sieur
Coysevaux, dit le texte officiel, qu'y a este
resçeu en calité d'académicien, ayant desclaré
qu'il estoit resolust de s'estabhr et faire sa
résidance en la ville de Lion, l'Académie l'a
reçeu et nome adjomt-professeur, pour, en
38 ANTOINE COYZEVOX
cette qualité, porter en laditte ville copie des
lestres-patentes, statuts et règlement de ladite
Académie et faire les fonctions qu'il appar-
tiendra, promettant de luy aider de ses ad vis
et conseilles en toute choses \ »
Neuf mois s'écoulent et l'artiste n'a pas
changé d'avis. Le procès-verbal du 2 janvier
en fait foi. « Ce mesme jour, y est-il dit, a esté
faict lecture de la commission pour l'esta-
blissement de l'escolle académique en la ville
de Lion, commestant à cest esfect monsieur
Blanche t et Coyzevaux pour faire tout ce qui
sera nesessaire aud. établissement. L'Acadé-
mie a admis mond. s' Goysevaux en la qualité
de proffesseuret a signé lad. commission*.»
Le 13 février suivant, Goyzevox est désigné
« desputéz pour Testablissement de l'Escolle
académique de Lion » et il présente une lettre
1 Voyez Procès-verbal de l'Académie de peinture
et de sculpture, séance du \l avril 1676, réception
d Antoine Coyzevox. Pièces justificatives. Doc. VI.
' Procès-verbaux de r Académie royale de peinture
et de sculpture (l6i-8-i793) publiés pour la Société de
l'Histoire de l'Art français par M. Anatole de Montaiglon
(Paris, Daur, ia-S°, en cours de publication), t. II,
p. 98.
LES SCULPTURES DE SAYERNE 30
des Lyonnais que le secrétaire appelle « Mes-
sieurs ses collègues k «
Ainsi l'intention du sculpteur n'a pas varié.
C'est Lyon qui l'attire et il va s'y rendre au
premier jour. Sa carrière qui se dessinait à
Paris avec tant d'éclat ne le retiendra pas.
Peut-être est-il séduit par l'exemple de Puget,
demeuré fidèle à la Provence. L'espoir d'être
chef d'école et de compter des disciples au
lieu même de ses débuts, le désir de se rappro-
cher de son père, entrèrent-ils pour une part
décisive dans le plan du statuaire? Personne
aujourd'hui ne le sait. Ce qu'il est permis de
supposer, c'est qu'au dernier moment Le Brun,
devenu l'ami de Goyzevox, lui marqua sa place
à Paris. D'autre part, le voisinage de Girar-
don, Coypel, Tortebat, De La Fosse, ses col-
lègues à l'Académie, dut être pour l'homme
qui nous est connu la source d'une émulation
sérieuse. Mais des motifs d'un autre ordre in-
fluèrent aussi sur la détermination de Tartiste.
Il y avait déjà onze années que Coyzevox
était veuf. Il se lassa d'être seul et vers les
derniers mois de 1677,11 demanda la main d'une
jeune fille nommée Claude Bourdict. On a lieu
* Procès-verbaux, t. II, p. iOO.
40 ANTOINE GOYZEVOX
de penser qu'elle était lyonnaise k Leur ma-
riage eut-il lieu à Paris ou à Lyon ? Ne serait-
ce pas le refus prolongé de Claude Bourdict
de se séparer des siens, qui pendant si long-
temps aui^ait tenu le statuaire dans l'hésitation
sur sa résidence définitive ? Aucune pièce
authentique, relative àl'union de Coyzevoxet de
Claude Bourdict n'est connue ■. Quoiqu'il en
soit, enlevé par son mariage à des perplexités
qui n'avaient rien de raisonnable, le sculpteur
ne songea plus à se fixer à Lyon. Le Brun lui
fit obtenir un logement aux Gobelins ^ En
même temps, Coyzevox était de la part de Col-
bert l'objet d'une attention distinguée. Les tra-
vaux considérables qui lui furent confiés à
Versailles en cette même année 1677, attes-
tent mieux que des discours l'estime du pre-
mier ministre pour le sculpteur.
1 Voyez Le mariage d'Antoine Coyzevox avec
Claude Bourdict. Pièces Justificatives, Doc. VII.
' Voyez Pierre Bourdict ou Bourdy. Pièces justi-
ficatives, Doc. VIII.
3 On conserve à la Bibliothèque nationale, dépar-
tement des Estampes, un Plan de ihostel royal des
Gobelins, par Sébastien Le Clerc fils, daté de 1691.
Mention de l'atelier de Coyzevox est faite sur ce plan.
L'artiste travaillait alors dans des pièces construites en
bordure sur la rue MoulYetard.
II
COYZEVOX DEVANT LA NATURE
1677-1686
SOMMAIRE
D'ArgenvilIe et la Vierge de la rue du Bàt-d'Argent. — Miel, Auguis,
Duseigneur et Passeron. — Une découverte de M. Cbarvet. —
L'abbé d'Espilly. — La statuette de madame Dommartin. — Une
date restituée. — Description de la Vierge de Coyzevos. — Sym-
bolisme de ce marbre. — Goyzevos appelle auprès de lui son ne-
veu Nicolas Goustou. — Elisabeth Gjustou, sœur de Nicolas, vient
habiter aux. Gobelins. — Goyzevos et ses cinq enfants. — Les tra-
vaux du maître à Versailles et à Marly. — Le Roi lui fait une pen-
sion. — L'étude de la nature. — Le buste de Le Brun, morceau de
réception de Goyzevox. — Bustes de Richelieu, Bossuet, Mazarin,
Mignard. — Nombreux, portraits sculptés par Goyzevox. — Le
maître exécute son propre buste.
Rien n'est plus tenace que l'erreur. Dézallier
d'Argenville, dans ses Vies des fameux sculp-
teurs, écrites seulement en 1787, s'exprime en
ces termes sur Goyzevox : « Un de ses pre-
m-iers ouvrages dans sa pairie fut une statue
de la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus, et
placée dans la rue du Bât-d'Argent, qui regarde
la place du Plâtre. A Tâge de dix-sept ans il
42 ANTOINE GOYZEVOX
fut en état de venir à Paris travailler sous
Lerambert * ». D'Argenville, en retraçant les
faits dans cet ordre, laisse supposer que la
statue de la Vierge, sculptée par Goyzevox
pour sa ville natale, serait antérieure au départ
de l'artiste pour Paris. Nous ne savons où
d'Argenville s'est renseigne. Il indique comme
source principale de la notice qu'il consacre
au statuaire, r^'/o^^ prononcé par Fermelhuis.
Or, celui-ci ne mentionne pas la Vierge de
Lyon.
Mais, fondé ou non dans son dire, d'Argen-
ville a fait autorité. Tous les bio^rraphes con-
temporains se sont occupés de cette œuvre de
Coyzevox, et la plupart ont supposé qu'elle
remontait à la première jeunesse de l'artiste.
Miel, Auguis, Duseigneur, et d'autres encore
qui n'avaient pas vu la statue, n'ont pas mis en
doute sa date d'exécution. Duseigneur va plus
loin. L'bypothèse ne l'effraie pas. Il suppose
€oyzevox à peine âgé de seize ans quand il
fit la statue de la Vierge, et, pour rendre accep-
table tant de précocité, «ce devait être ajoute-
* Vie des fameux Architectes et sculpteurs, depuis
la Renaissance des arts, par M. D... (Dézallier d'Argen-
ville) (Paris, 1787, 2 vol. iD-8°t. II, p. -235).
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 43
t-il, une de ces Vierges en pierre ou en plâtre
que la piété érigeait autrefois à l'entrée des
rues, espérant sauvegarder ainsi les maisons
contre le vol, l'incendie et la peste ^ ». Jurie,
qui est lyonnais, ne se trompe pas sur l'œuvre.
Il en apprécie le mérite et la décrit en homme
de goût. Mais ce qui nous surprend, c'est qu'a-
près avoir constaté la valeur de l'ouvrage, il
ajoute : « Coyzevox n'avait pas dix-sept ans
quand ce morceau sortit de ses mains -. »
L'étude de Jurie date de 1825. Dix ans plus
tard^ Passeron conçoit des doutes sur la date
de la Vierge. « Il n'est pas bien certain, écrit-
il, que Coyzevox soit venu à Paris à l'âge de
dix-sept ans après avoir fait, comme le disent
toutes les biographies, la statue de la Sainte
Vierge tenant l'Enfant-Jésus, qu'on voit aujour-
d'hui dans l'une des chapelles de l'église de
Saint-Nizier \ »
Cette appréhension de l'écrivain lyonnais à
admettre une tradition trop générale lui fait
honneur. Elle devait être le point de départ
* Coyzevox et ses ouvrages, par J. Duseigneur^
{Revue Universelle des Aj-ts, tome I, p. 32).
2 Jurie, Notice, p. 220-221.
2 Passeron, Notice, p. 120.
44 ANTOINE COYZEYOX
d'une rectification réclamée par Févidence.
Depuis 1835, époque du travail de Passeron,
biographes et critiques se sont divisés en deux
groupes. Selon qu'ils avaient à cœur d'appro*
fondir la vie et l'œuvre du statuaire, ou de par-
ler brièvement du prodigieux talent de Goyze-
vox, on les a vus se ranger à l'opinion de
Passeron ou de Jurie sur la Vie7^ge de Saint-
Nizier.
M. Charvet, architecte lyonnais, non moins
connu par ses écrits que par ses travaux d'ar-
chitecture, devait non-seulement confirmer le
jugement de Passeron en l'appuyant de son
propre sentiment, mais encore donner une
base sérieuse à une croyance qui ne peut plus
être contestée. En eff'et, cet historien estimant
que la Vierge est une œuvre faite par l'artiste
au temps de sa maturité, a interrogé sur ce
point les hommes du dernier siècle. Et voici
ce que lui a révélé l'abbé d'ExpiUy, géographe
distingué, dont les ouvrages, on le sait, sont
d'une exactitude remarquable. « La statue de
la Sainte Vierge, dit d'Expilly, placée à l'angle
des rues Sirène et Bât-d'Argent, est du fameux
Aritoine Coisevox de Lion. Il vint exprés pour
placer dans ce quartier qui l'avait vu naître ce
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 4o
monument dont il faisait beaucoup de cas, et
au-dessous duquel il grava ces quatre lettres :
A, C, L, F. Antonius Coisevox Lugdunaeas
fecit K »
Ainsi, d'après d'Expilly, heureusement con-
sulté par M. Charvet, Coyzevox serait venu
exprès à Lyon placer une œuvre de choix dont
il faisait hommage à sa ville. Observons qu'à
l'époque où écrivait d'Expilly, cette statue oc-
cupait encore la niche pratiquée dans le mur
extérieur de la maison située à l'angle des
rues Bât-d'Argent et Sirène ^ Ce n'est qu'en
1771 que Pernon, devenu propriétaire de cette
maison, vendit pour la somme de 1600 livres,
le marbre de Coyzevox, au chapitre de Saint-
Nizier 3. H y a lieu de penser qu'à défaut
d'actes écrits sur l'origine de l'œuvre, la tra-
dition verbale n'était nas alors altérée. On
^ Jean-Joseph abbé d'Expilly, Dictionnaire géogra-
phique, historique et politique des Gaules et de la
France, Avignon, 1762-1770, 6 vol. in-fol., t. IV, p. 282,
1" col.
- La rue Sirène porte aujourd'hui le nom de rue
de IHùtel de Ville.
■^ L. Charvet, Inventaire de Véglise de Saint-Nizier
« Lyon, Mss. xVrchives de la commission de l'Inven-
taire général des richesses d'art de la France.
46 ANTOINE COYZEYOX
conservait avec soin, à l'Hospice de la Charité,
l'esquisse de la statue. C'est une terre cuite
finement modelée que l'on peut voir, encore
aujourd'hui, aux archives de l'Hospice. L'ou-
vrage était donc bien connu, et les sources
d'information étaient diverses lorsque travail-
lait d'Expilly.
Il est vrai, le géographe ne donne pas la
date du voyage de Coyzevox. C'est une lacune.
Mais ce que nous avons dit de la vie du sta-
tuaire, le peu de liberté qui lui fut laissé par
Lerambert et ses autres maîtres, depuis son
arrivée à Paris jusqu'à son départ pour Sa-
verne, son séjour de quatre années chez le
cardinal de Furstenberg nous permettent de
croire que la Vierge fut vraisemblablement
sculptée après 1671. De plus, c'est en 1676
que l'artiste nous est apparu préoccupé de
retourner à Lyon comme professeur. L'année
suivante, il épouse Claude Bourdict, qui selon
toute apparence est lyonnaise. Peut-être même
est-ce à Lyon que s'est marié l'artiste. Y a-t-ii
donc témérité à chercher la date de la statue
de Saint-Nizier vers l'époque où Coyzevox est
redevenu lyonnais de cœur et de pensée?
Il existe, au surplus, àLyon,cliez W" Dom-
COYZETOX DEVANT LA NATURE 4r7
martin, une statuette en plâtre, moulée en
1828, sur une esquisse de Coyzevox, ayant les
mêmes dimensions que la terre cuite déposée
à l'Hospice de la Charité. Or, ce singulier mou-
lage, découvert par M. Charvet, et bien fait
pour nous intriguer, porte à sa base l'inscrip-
tion Coyzevox fecit 1676. Ces mots n'existent
pas sur l'esquisse en terre cuite de l'hospice
de Lyon, il s'agit donc ici d'une seconde es-
quisse conservée jusqu'en 1828, qui doit exister
encore, et celle-ci est datée — l'épreuve mou-
lée en témoigne.
Debout, vêtue d'une robe aux plis abondants
et légers sur laquelle passe une ample drape-
rie, la Vierge dirige son regard vers sa gau-
che. D'une main, elle soutient l'Enfant, nu,
debout sur un tronc d'arbre placé à sa droite.
La draperie qui, de l'épaule droite de la Vierge
tombe avec élégance, enveloppe le corps et
vient flotter sur la hanche gauche, est habile-
ment ramenée vers l'arbre qu'elle recouvre,
afin que la rude écorce de ce fût naturel n'of-
fense pas les pieds nus de l'Enfant. De la main
droite, la Vierge soutient le bras de Jésus et
lui apprend à bénir. La tête souriante de l'En-
fant se penche dans un mouvement opposé à
48 A:nTOINE goyzetox
celui de sa mère pendant que ses bras se sont
ouverts, et la paume de la main demeurée libre
pose sans effort sur le cœur de la Vierge.
Des critiques sévères regretteront peut-être
que cette œuvre manque d'unité. Si le rhythme
de ce marbre délicat est d'une cadence ex-
quise, il semble que les deux personnages
cèdent à une impulsion différente i. La Vierge
s'incline vers la gauche, tandis que le geste
de l'Enfant, comme son attitude, sont dans la
direction contraire. Ce défaut, sensible peut-
être à l'église Saint-Nizier, ne l'était pas lors-
que l'œuvre décorait la maison d'angle des
rues Sirène et Bât-d'Argent.
Il est aisé de s'en rendre compte. La niche
pratiquée sur Tordre de Coyzevox existe tou-
jours. Elle exphque, par la place qu'elle oc-
cupe, les exigences décoratives auxquelles
l'artiste ne pouvait impunément se soustraire.
Il fallait que de quelque côté qu'on l'aperçût,
la statue satisfit le regard.
L'élégance du costume, le voile négligem-
' NoQs ne relevons pas ce qu'il y a d'erroné dans
l'hypothèse de Duseigneur, quand il suppose que la
Vierge de Coyzevox était en pierre ou en plâtre (voyez
plus haut, p. 43). L'ouvrage est en marbre.
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 49
ment jeté sur les cheveux de la Vierge, et dont
les plis flottent derrière la nuque, la recherche
de la chaussure seront-ils imputés à Goyzevox
comme autant de détails peu compatibles avec
la sévérité de l'art rehgieux? Il serait excessif
de formuler de tels reproches. La Vierge de
Saint-Nizier n'a rien de déplacé dans une
église. C'est une œuvre pleine de convenance.
Sans nul doute, le statuaire Teût comprise au-
trement si tout d'abord elle eût dû prendre
place sur Tautel de la collégiale. Les voiles
flottants sont l'indice que la Vierge a été sculp-
tée pour être en plein air. De même, pouvons-
nous croire que l'artiste a voulu répandre sur
ses personnages une grâce d'autant plus sai-
sissante qu'ils devaient être vus par des pas-
sants occupés ou distraits. Telle n'est pas la
disposition d'esprit des fidèles qui prient dans
un temple.
Ces réserves étant faites, il nous reste à
constater l'aisance du mouvement, la justesse
des proportions, la beauté des formes, le mo-
delé vigoureux et fin, la souplesse du marbre
fouillé par un ciseau savant et distingué. Mais
plus encore que la grâce de l'ensemble, le
mouvement, la vie imprimés à la matière avec
4
50 ANTOINE GOYZEYOX
tant de naturel, ce qui nous frappe dans la
statue de Goyzevox, c'est rélévation de l'idée.
Les deux figures sont d'un maître et si le tra-
vail n'est pas exempt d'un accent profane,
c'est un esprit religieux qui a conçu l'ouvrage
et l'a composé.
Le poème de l'éducation du Christ par les
soins de la Vierge pouvait-il être résumé plus
éloquemment que ne l'a fait le statuaire ? La
Vierge, qui est mansuétude et amour, condense
tous ses enseignements dans une suprême
leçon : elle apprend à son Fils à pardonner et
à bénir. Et lui, déployant ses bras qu'il éten-
dra un jour sur la croix, pose sa main d'enfant
sur le cœur de Marie, comme s'il voulait in-
diquer le rôle de médiatrice que la doctrine
catholique salue dans la Vierge de Nazareth.
Cette attitude n'est-elle pas le commentaire
élevé de la parole du moine de Clairvaux : !
« Oportebat mecUatricem habere apud média- \
torem. » Une médiatrice auprès du Fils de j
Dieu médiateur 1 Tant de concision dans les ï
termes n'est jamais la conséquence du hasard. ,
La pensée est à l'origine de l'œuvre dont nous {
parlons, et malgré des fautes que rend plus (
frappantes une destination toute flatteuse,
COYZEYOX DEVANT LA NATURE 51
mais dont Tartiste ne pouvait soupçonner les
exigences, la Vierge de Saint-Nizier s'impose
par une haute pensée dont elle est le verbe
éclatant et juste i.
Ce qui attache à la mémoire de Coyzevox,
ce n'est pas moins l'homme que l'artiste. On
se souvient du mariage de sa sœur Claudine
avec le menuisier François Coustou. Jal nous
apprend que François Coustou eut de sa
femme i^lusieurs enfants, dont quatre seule-
ment lui sont connus 2. Les registres de
1 Un écrivain lyonnais dont l'autorité comme cri-
tique d'art est sérieuse, André Clapasson, s'exprime
ainsi dans la Description de la ville de Lyon qu'il
publia en 1741, (Lyon, in-8°), sous le pseudonyme Paul
Rivière de Brinais : « Une excellente ligure de la Vierge
tenant TEnfant-Jésus, à un des coins de la petite place
du Plâtre (Lyon): c'est un ouvrage de Coysevox, qui
n'a peut-être rien fait de si gracieux ». (p. 114.)
- Voici, d'après le relevé consciencieux fait sur les
registres de la paroisse de Saint-Nizier, par M.L. Char-
vet, la liste des enfants de Claudine Coyzevox :
1° Françoise Coustou, née le 25 décembre 1656 (pcir-
rain, Pierre Coiseveau, aïeul de l'enfant) ; 2° Nicolas,
né le 9 janvier 1658 ; 3*^ Léonore, née le 3 février 1671 ;
!k° Guillaume, né le 25 avril 1677, ondoyé le 1" mai,
baptisé le 29 septembre (parrain, Guillaume Coizevaud,
sculpteur, oncle de l'enfant) ; 5° Jean-François, né le
10 janvier 1680, et 6° Elisabeth dont l'acte de baptême
52 ANTOINE COYZEVÛX
Saint-Nizier nous permettent de nommer cinq
enfants du menuisier lyonnais. Or, sur ce
nombre, Elisabeth Goustou, qui devint la
femme du sculpteur Hulot, n'étant pas com-
prise, nous pouvons penser que Claudine
Goyzevox n'eut pas moins de six enfants, et
les ressources de François Goustou devaient
à peine suffire aux besoins de sa famille.
Antoine Goyzevox lui vint en aide. De nom-
breux artistes habitaient comme lui aux Gobe-
lins. On sait que Le Brun y avait sa demeure
au milieu des maîtres d'œuvre qu'il dirigeait.
Un document curieux nous est resté sur cette
« Académie » de peintres, de sculpteurs, de
tapissiers, de graveurs, d'ébénistes, groupés
auprès de Le Brun et toujours prêts à le se-
conder. On connaît l'estampe de Sébastien Le
Clerc, l'un des hôtes des Gobehns, représen-
tant la Plantation d'un mai devant le logis du
premier peintre du Roi ^
ne se retrouve pas, mais qui, devant épouser Guil-
laume Huiot, le 28 janvier 1685, est née selon toute
vraisemblance avant sa sœur Lconore.
* Cette planche, gr. in-folio en largeur, appelée le
Mai des Gobelins, est trop connue pour qu'il soit be-
soin de la décrire.
COYZEVOX DEVA^■T LA NATURE 53
Le séjour des Gobelins était donc une rare
fortune pour un débutant. Coyzevox la réser-
vait à son neveu Nicolas Coustou. Cousin de
Contamine dit que le jeune Coustou entra chez
son oncle à l'âge de dix-huit ans. Peut-être ne
faut-il pas prendre à la lettre ce détail de la
vie de Coustou. Né en 1Ô58, il serait venu aux
Gobelins en 1676. A cette date^nous l'avons vu,
les perplexités de Coyzevox étaient grandes.
Il songeait à retourner à Lyon. Nous pensons
que le statuaire ne dut appeler son neveu au-
près de lui qu'après avoir épousé Claude
Bourdict, et fixé d'une manière irrévocable son
séjour à Paris.
Elisabeth Coustou, sœur de Nicolas, suivit
son frère aux Gobelins.
Ce ne fut pas à titre d'élève que le sculpteur
prit chez lui cette jeune fille.
Le rôle de disciple était réservé par Coyzevox
à Nicolas Coustou. Mais en se chargeant
d'Elisabeth, Coyzevox ne laissait plus à sa
sœur que quatre enfants. Ainsi, le foyer de
Claudine se trouva dépeuplé sans douleur. La
part de chacun des êtres qui l'habitait devint
moins précaire. Quant aux absents, on les sa-
vait en sûreté. Ils avaient retrouvé aux Gobe-
54 ANTOINE COYZEVOX
lins, raffection, les coutumes, les mœurs qui
leur faisaient aimer le toit paternel. Et parfois,
durant les soirs d'hiver, le père Goustou et sa
femme s'entretenaient à Lyon du mariage de
leur fille Elisabeth, à laquelle Coyzevox ne
manquerait pas de trouver un parti.
Or, pendant que le sculpteur se dévouait
dans une aussi large mesure pour ses proches,
cinq enfants lui étaient nés. Il leur donna les
noms de Claude-Suzanne s Charles-Jacques ",
Anne -Virginie ^ Pierre "^ et Claude ^ Il
nous semble voir Coyzevox à sa table de fa-
mille, fixant tour à tour le front sérieux de
Claude Bourdict, la beauté souriante de sa
nièce, le regard enthousiaste de Nicolas
Coustou, et les têtes blondes de ses enfants.
Ce devait être un repos pour le statuaire au re-
tour de ses rudes journées à Versailles.
En ce temps-là, c'est-à-dire de 1677 à 1685,
Coyzevox passa de longs mois à Versailles.
^ Née le 7 novemi3re i678, morte à Tùge de cinq
mois et demi le 21 avril 1079.
2 Né le 11 avril 1680.
3 Née le i 5 juillet 1682.
* Né le 8 novembre 1683.
^ Né le 10 juin 168o.
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 55
Il y avait installé des ateliers, et, en outre,
chaque fois que l'exigeait Mansart, le sculpteur
gravissait l'échafaud dressé devant les façades,
et là, d'une main vaillante, il taillait la pierre
vive.
C'est pendant cette période que furent exé-
cutés les trophées de métal et les niches du
grand escalier, la cheminée du salon du Roi,
les sculptures de la grande galerie, aujourd'hui
appelée la galerie des Glaces, celles des salons
qui la terminent, les ornements de la porte du
cabinet des curiosités, la figure d'Apollon do-
minant la façade sur le parterre d'eau, les
masques de la Colonnade, la décoration des
quatre pavillons de l'avant-cour, les groupes
placés à l'entrée du château, les vases du
pourtour de la pièce d'eau du Dragon, d'autres
vases, des masques, des coquilles, deux grou-
pes pour le petit parc et enfin le modèle du
Neptime destiné aux jardins de Marly.
De ces immenses travaux, Goyzevox fut
l'artisan principal. Dans Texécution d'un petit
nombre, il eut pour collaborateurs Tuby, Caf-
fiéri. Prou, Arcis, Legeret, Le Comte, Marsy,
Girardon. Ajoutons que Coyzevox ne reçut pas
moins de cinquante mille livres pour ses hono-
56 ANTOINE GOYZEYOX
raires, et à dater de 1683, une gratification
annuelle de deux cents livres lui fut acquise
sur l'état des « officiers qui ont gages pour
servir généralement dans toutes les maisons
royales et bâtiments de Sa Majesté. » ^
Le bois, le plomb, le stuc et le bronze avaient
été successivement mis en œuvre par le
sculpteur, pendant qu'il travaillait à Versailles ;
mais ces ouvrages décoratifs ne l'avaient pas
distrait de sa vocation. La nature et le marbre
appelaient incessamment son ciseau. Lanature
parce qu'elle est le livre éternellement ouvert
1 Tous les renseignements relatifs aux travaux de
Coyzevox pour le Roi sont tirés des Comptes des Bâti-
ments conservés aux Archives nationales. Coyzevox
travailla sans interruption pour la Couronne pendant
quarante-trois ans, de 1677 à 1720. Les Comptes des
Bâtiments pour le XVli<= siècle sont publiés seulement
jusqu'à l'année 1680, il restait donc à compulser les
registres manuscrits de 1680 à 1720. Nous avons cru
devoir entreprendre ce travail, malgré ses difficultés
et sa longueur. Les chiffres et les dates que nous don-
nons dans cette biographie de Coyzevox, sont autant
de documents nouveaux de la plus scrupuleuse exac-
titude. On trouvera d'ailleurs dans le chapitre consacré
à V Œuvre du Maître, placé à la suite de cette histoire,
la transcription iidèle de tous les articles concernant
Coyzevox, que renferment les registres des Bâti-
ments.
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 57
et révélateur, le marbre parce qu'il demeure
la matière de choix du statuaire.
Le 11 avril 1676, Coyzevox, reçu académicien,
s'était proposé d'exécuter en marbre le buste
de Le Brun ^ L'Académie ayant agréé son
offre, il tint parole le 28 janvier 1679.
Ce jour-là, en présence de Le Brun, le sculp-
teur apporta le buste du premier peintre 2.
La Compagnie lui en fit des éloges ^ C'était
1 u En ceste assemblée le sieur Antoine Coysevaux
sculpteur a présanté diverse ouvrages de sculpture
en figures et portraictz do relief; la Compagnie, en
estant très satisfaicte et cognoissant le mérite dudit
sieur Coysevaux, l'a resçeu en qualité d'Académicien,
sans s'arrester aux formalité ordinair, et a preste le
serment, l'Académie luy remettant le présant pécunièr
et a agréé l'ofre qu'il a faict d'exécuter en marbre le
portraict en buste qu'il a modelé d'après M. Le Brun »
{Procès-verbaux de V Académie royale de peinture et
de sculpture, t. II, p. 79).
2 Nous lisons dans le tome II des Archives de Vart
français, p. 363, que Coyzevox aurait également pré-
senté à l'Académie, en sa séance du 28 janvier 1679, le
buste de Colbert. Les académiciens l'auraient ensuite
offert au Ministre. Il n'est nullement question du
buste de Colbert au procès-verbal de la séance.
^ « Ce jour, l'Académie assemblée à l'ordinaire,
M. Coèsveaux a présenté à l'Académie le portraict de
M. Le Brun, qu'il a faict en marbre, par ordre de
l'Académie, pour estre le présent de sa réception. Toute
58 ANTOINE COYZEYOX
justice. Le buste est au Louvre, nous pouvons
le juger i.
Calme, la tête droite, couverte cVune abon-
dante chevelure, le regard légèrement impé-
ratif, le front vaste, puissant, nuancé de mé-
lancolie, tel est Le Brun. Un bouton d'orfè-
vrerie sert à fixer la chemise au collet ; une
plaque ornée de rubis est agrafée sur le man-
teau. Ces quelques accessoires suffisent à
marquer le rang du personnage. Toutefois ils
ne font pas dévier l'attention : le visage intel-
ligent et sévère de Le Brun concentre tout
l'intérêt.
Qui donc a parlé du regard fixe et perçant
de Richelieu? Aucun peut-être ne Ta mieux
rendu que Coyzevox. Les cheveux courts, la
moustache et la royale en pointe, le camail
la compagnie a tesmoigné très d'être-satisfaicte d'im
présent de cette importance, Testiment beaucoup, tant
pour l'exélance de l'ouvrage que pour la dignité du
sujet, et, en ceste considération, a confirmé sa ré^
<îeption en icelle et dans la ciiarge de Professeur en
laquelle il a esté resçeu pour en faire la fonction à
Paris, après avoir faict celle d'Adjoint dans le mois de
novembre présédant » [Proch-verbaux^ t. H, p 142).
^ N° 239, catal. de M. H. Barbet de Jouy, Sculptures
des temps modernes (édition de i873).
COYZEYOX DEVANT LA NATURE 59
aux plis avares, le port de la tête qui est celle
d'un homme impérieux disent éloquemment la
décision violente, familière au ministre de
Louis XIII. Des joues amaigries sans réa-
lisme rappellent la santé fragile de l'homme
d'État. Des traits déliés et fins indiquent l'ori-
gine aristocratique du cardinal K
Très-différent est Bossuet. Le controver-
siste et le lutteur seront nommés par le témoin
le plus inattentif en présence de ce masque
robuste, et cependant élevé, de cette tète lé-
gèrement renversée et pour ainsi dire sur la
défensive. Une lumière égale baigne le visage
résolu de l'orateur dont le merveileux génie
est fait de justesse, d'élévation, d'ampleur 2.
Nous voici devant Mazarin. Il n'a pas la dis-
tinction de Richelieu. Les joues sont pleines
et donnent à l'ensemble de la face je ne sais
quoi d'enveloppé. Le sourcil a la mobilité de
l'impatience. Mais la souplesse et la sagacité
sont gravées de main d'artiste sur chaque
point du marbre ^
1 Musée du Louvre, N" 235, catal. de M. H. Bai'bet
de Jouy, Sculptures des temps modernes.
*' Id. xV237.
^ Musée du Louvre, sans numéro.
60 ANTOINE COYZEVOX
Quel portrait de peintre que le buste de
Mignard î Les jeux de la lumière abondent et
se succèdent sans violence sur cette effigie
savante. La recherche dans le vêtement, la
chevelure flottante donnent à Timage du pein-
tre sa date précise. C'est un portrait du dix-
septième siècle. Mignard est-il autre chose
qu'un artiste habile qui s'est imprégné de son
époque? Chez lui le savoir-faire tint lieu de
génie. Il a fixé le goût des hommes de son
temps, il ne l'a pas épuré et il ne s'y est pas
soustrait. Coyzevox semble avoir pris à tâche
de rester, en sculptant la tête de Mignard, dans
le cadre où s'est complu son modèle.
Cependant aucune concession n'est faite
par le sculpteur. Les lois de l'art plastique de-
meurent respectées. Il aborde la nature avec
indépendance, et, si l'empreinte morale de
ses modèles le préoccupe, c'est avec retenue
qu'il imprime l'accent de chacun sur son mar-
bre docile ^
Un maître moins expert ne se fût pas affran-
chi d'une imitation littérale et abaissée, à cette
étude serrée de la nature, Coyzevox ignore ce
* Musée du Louvre, N° 240, catal. de M. H. Barbet
de Jouy, Sculptures des temps modernes.
COYZEVOX DEVANT LA NATURE 61
que c'est qu'imiter. Il voit et il transpose. La
nature Fémeut et le pousse à parler sa langue.
Il s'attache à la vérité typique sans cependant
généraliser un portrait au détriment du carac-
tère individuel. Chaleureux, élevé, dans sa
façon d'interpréter la nature, il tempère en
quelque sorte sa main, et jamais son ciseau
ne connaît l'emphase.
Ce jugement, nous pourrions l'appliquer à
la plupart de ses bustes et de ses statues ico-
niques. Un grand nombre ont péri sous le
marteau révolutionnaire. Si nous les possé-
dions tous, on ferait un musée de ces por-
traits ! Coyzevox a été l'un des historiens du
grand siècle dans le marbre et le bronze.
Louis XIV, le grand Dauphin, père du duc de
Bourgogne, Marie-Thérèse d'Autriche, la du-
chesse de Bourgogne, Turenne, Villars, Vau-
ban, le maréchal de Brissac, Arnaud d'Andil-
ly, Boileau, le président de Harlay, les chan-
cehers Boucherat et Le Tellier, Charles-Mau-
rice Le Telher, archevêque de Reims, les car-
dinaux de Bouillon, de Noailles et de Pohgnac,
Robert de Cotte, Le Nostre, Mansart, Girar-
don, Gérard Edehnck, Gérard Audran, ont
été sculptés par Coyzevox.
62 ANTOINE GOTZEVOX
Beaucoup de ces ouvrages ne sont pas si-
gnés. C'est fortuitement qu'un chercheur, de
temps à autre, retrouve une page ignorée du
statuaire habile et fécond. M. Courajod a eu
cette bonne fortune au sujet d'un buste de
Condé. Sans nul doute, il reste à découvrir en-
core. Manifestement, l'œuvre du sculpteur
ne nous est pas connu dans son ensemble.
Du moins la pièce la plus précieuse est-elle
au Louvre. C'est le buste du statuaire par lui-
même \ Qu'il nous soit permis de le dé-
crire. Aussi bien, ce portrait vivant donne une
netteté plus grande à la physionomie du maî-
tre que nous avons pour but de faire revivre.
A côté de l'image écrite, voici le relief, la
grandeur, la personnalité, le génie. Et quelle
main pouvait être plus apte que la main de
l'artiste à modeler son image authentique ? Il
se montre à nous en action : la tête fait un
mouvement vers l'épaule. La chemise est ou-
verte ; une draperie hâtivement jetée couvre
la poitrine. L'homme de travail est tout entier
dans ce vêtement sommaire. Le cou est d'un
* N» 238, catal. de M. H. Barbet de Jouy, Sculptures
des temps modernes.
COYZEVOX LEVANT LA NATURE 63
plébéien ; les joues sont fortes. En retour, il
y a de la race dans l'ensemble du visage; le
nez droit et fin, la bouche petite, l'ovale du
menton sans barbe, ayant au centre une fos-
sette; la chevelure abondante et bouclée, le
sourcil régulier dans sa courbe, répandent une
distinction sévère sur la face intelligente et
reposée de Goyzevox. Le front empreint de
noblesse est d'un homme de pensée. Aucune
ride qui atteste l'effort. Le maître est vrai-
ment en possession de soi. C'est un marbre
auto-biographique, naturel, simple, vrai, qu'il
a laissé de lui.
Cette image intime est d'un grand charme.
Nous lui appliquerons le jugement dans le-
quel Fermelhuis résume l'éloge de Coyzevox
en lui empruntant ses propres paroles. Le
maître, dit-il, entendait être « noble dans les
objets qui demandaient de la dignité et fier
dans les occasions où il fallait exprimer la
force \ » Apparemment ces grandes facul-
tés étaient siennes, car elles sont écrites avec
un art élevé sur le marbre vigoureux, grave et
sobre du statuaire.
* Fermelhuis, Eloge, p. 7.
III
COYZEVOX EN FACE DE L'ANTIQUE
1686-1692
SOMMAIRE
Nicolas Goustoa remporte le premier pris, à l'Acarlc^mie. — Dernière
visite de Golbert aux académiciens. — Départ de Nicolas Goustou
pour Rome. — Manage d'Elisabeth Goustou avec le sculpteur Guil-
laume Hulot. — Tous les signataires de l'acte de mariage de la
nièce de Goyzevox sont des sculpteurs. — Le génie est-il compati-
ble avec l'amitié ? — Mot de Lacordaire. — Goyzevox est recherché
par ses pairs. — Léonore Goustou, la plus jeune des nièces de Goy-
zevox, est appelée par lui aux Gobelins. — Le maître à son foyer.
— Le neuvième enfant, — Sculptures à Versailles, à Trianou, aux
Invalides. — L'antique est pour le statuaire la pierre de touche
du génie. — L'antique veut être interprété, non transcrit. — Cas-
tor et Pollux. — La Vénus de Médicis. — La Symphe à la Coquille.
— La Vénus pudique — En quoi la Vénus pudique de Goyzevox est
. une œuvre essentiellement originale. — Bustes d'empereurs, de
capitaines, d'orateurs et de philosophes, sculptés d'après l'antique,
par le maître. — Le buste do Coadé. — Goyzevox et Puget. — En-
trevue des deux artistes. — Monument de Louis XIV ix l'Hôtfll de
Ville de Paris. — Son histoire. — Le bronze de Goyzevox est le
seul vestige qui subsiste encore de l'IIôtel de Ville de 16S9. — Goy-
zevox professeur. — Ses fonctions à l'Académie. — François Gous-
tou, son beau-frère, porte le titre de sculpteur du Roi. — Nicolas
Goustou, neveu du maître, épouse Suzanne Houasse. — Le por-
trait du sculpteur, par François Jouvenet. — Goyzevox, adjoint à
recteur.
Revenons aux Gobelins.
Il y avait fête au logis de Coj^zevoxle 5 sep-
tembre 1682. Ce jour-là, Nicolas Goustou, son
COYZEYOX EN FACE DE L ANTIQUE 65
neveu, avait remporté le premier prix K Mais
l'Académie s'était interdit de faire connaître
officiellement son vote aux étudiants avant que
Colbert l'eût honorée de sa présence. « M. Le
Brun, est-il dit au procès-verbal, a esté prié de
scavoir de Monseigneur Colbert le temps de
sa commodité pour députer vers lui pour lui
demander cette grâce -. »
Colbert vint le 10 octobre ; ce devait être la
dernière fois qu'il distribuait en personne les
prix de l'Académie. Une médaille d'or et deux
cents livres furent décernées à Nicolas Cous-
tou qui avait pour émule, parmi les peintres,
Hyacinthe Rigaud. Puis, le ministre, ayant
« exorté la Compagnie de continuer ses soins
pour, la perfection de ses ouvrages, afin de se
rendre digne de célébrer la gloire du Roy et
la splandeur de la France, il s'en retourna, et
la Compagnie Talla conduire jusqu'à son car-
rosse ^. »
^ « Pour la sculpture, Nicolas Costou, qui a falot
le bas-relief marqué F a esté jugé mériter le premier
prix. i> [Procès-verbaux de V Académie de peinture et
de sculpture, séance du 5 septembre 1682, t. II,
p. 229).
- Ibidem.
^ Procès-verbaux de V Académie de peinture et de
sculpture, i'U, p. 233.
66 ANTOINE GOYZEVOX
Cousin de Contamine est dans Terreur lors-
qu'il dit que Nicolas Coustou travailla chez
Coyzevox jusqu'à la fin de 1683 \ Nous li-
sons en effet sur les registres de l'Académie,
à la date du 3 avril de cette même année :
« Le sieur Costou, eslève de l'Académie, qui
y a remporté le premier prix cette année, r^'est
présenté à la Compagnie pour prendre congé
d'elle avant son départ pour Rome où il doit
aller bientôt -. » C'est donc vers cette épo-
que que le maître vit partir son neveu ^
D'autre part, Elisabeth, la sœur de Coustou,
venue, on se le rappelle, chez son oncle, aux
Gobelins, quitta le 28 janvier 1685 la demeure
hospitalière de Coyzevox *. Un jeune scul-
pteur, Guillaume Hulot avait demandé sa
î « Il vint à Paris à Tàge de 18 ans, et acheva de
développer ses rares talens sous ce grand maître
(Coyzevox) chez qui il travailla jusqu'à la fin de 1683. »
Eloge historique de 31. Coustou ramé, par Cousin de
Contamine, Paris, 1737, in-12, p. 4.
- Procès-verbaux de l'Académie de peinture et de
sculpture, \. il, p. 233.
3 A. Duvivier dit formellemeat que Coustou partit
pour Rome en avril 1(383 [Archives de l'art frayiçais^
t. V, p. 278).
* Voyez Acte de mariage d'Elisabeth Coustou avec
Guillaume Hulot. Pièces justificatives, Doc. XII.
COYZEVOX EN FACE DE l'ANTIQUE 67
main. Hulot demeurait sans doute aux Gobe-
lins, où son père devait travailler pour la Cou-
ronne. Lui-même sculpta le marbre et le bois
à Versailles, à Marly, aux Invalides. Un bas-
relief représentant YHumilitê^ dans une des
chapelles des Invalides, une Compagne de
Diane, statue en marbre, des vases, des pilas-
tres et des chapiteaux à Trianon, sont des
œuvres de Hulot \
Plusieurs membres de sa famille tenaient
comme lui le ciseau. Nicolas et Philippe Hulot
signèrent à son mariage, en même temps que
Pierre Bourdict et Jean Jolly, également sculp-
teurs -.
Ce détail a son intérêt. Nous y trouvons l'in-
dice de l'estime singulière qu'inspirait Coyze-
vox à ses pairs. Est-ce à dire que le génie ne
soit pas compatible avec l'amitié ? Non assu-
rément. La supériorité de l'esprit ne crée pas
fatalement la défiance et la solitude. Un écri-
vain de ce siècle, le Père Lacordaire a bien
dit : « Rien ne serait plus affreux que la gloire
^ Comptes des Bâtiments du Roi (Archives natio-
nales). Registres, 0^ N^** 2163, 2166, 2171, 2185, 2187,
2189,2190 et 2191.
' Voyez Jal, Dictionnaire critiquey p. 444.
68 ANTOINE GOYZEYOX
si elle mettait obstacle à rafiection i. » Mais
encore qu un penchant naturel incline Tun vers
l'autre deux hommes d'égal mérite, quels que
soient les liens formés à l'heure de la jeunesse,
le plus souvent ces liens se resserrent entre
ceux dont les existences sont parallèles et non
pas identiques. Dans le monde des lettres et
des arts, on voit le poète rechercher l'ora-
teur ; le philosophe, le critique ; le peintre,
l'architecte ; le statuaire, le musicien. Ces
choix n'ont rien de calculé ; ils naissent d'eux-
mêmes et prennent corps à mesure que l'hom-
me avance dans la vie. L'instrument ou l'outil
dont se servent des hommes unis ensemble
par un attachement réciproque étant différent,
les succès de l'un sont accueillis par Fautre
sans alarme. La distance qui les sépare dans
leur vie pubKque, dans la manifestation de
leur génie demeure confuse à leurs yeux.
Jamais la critique n'a groupé leurs noms sur
une même page, elle n'a pas dit lequel des
deux est le maître, lequel est le disciple. Ce
sont deux étrangers dont la langue, le milieu,
^ Lettres du R. P. Lacordaire à des jeunes gens,
recueillies et publiées par M. l'abbù Henry Perreyve
(Paris, Charles Douniol, 1863, in-12,p. 13).
COYZEVOX EN FACE DE L ANTIQUE 6D
les préoccupations n'ont rien de semblable, et
lorsqu'ils se rencontrent au même foyer, la
main dans la main, ils paraissent de même
taille. Les acclamations du dehors ne tiennent
pas leur amour-propre en éveil. Le plus grand
ne fait pas ombre.
Moins fréquente est l'affection durable de
deux peintres ou de deux sculpteurs. Il arrive
que Tami se transforme en émule ; l'émule de-
vient un rival. Ce n'est pas cependant que
l'école française ne nous offre des exemples
d'amitiés célèbres. Géricault et Gogniet, Greuze
et Berthélemy, Pigalle et Allegrain sont res-
tés fidèles, à l'âge d'homme, aux inclinations
de leur jeunesse. Il y a deux siècles, les colo-
nies du Louvre et des Gobelins, où des familles
d'artistes vivaient sous un même toit, ont ci-
menté des attachements nombreux. L'exenjple
de Coyzevox, fils et frère de sculpteur, marié
à la sœur d'un sculpteur, sculpteur lui-même,
accordant sa nièce à Guillaume Hulot qui com-
me lui sculpte le marbre, appelant h cette fête
de famille des hommes de son art, n'est peut-
être pas une exception. Toutefois le témoi-
gnage des contemporains sur le caractère
élevé, la droiture, la douceur de Coyzevox
70 ANTOINE COYZEVOX
semble confirmé par ces signatures de sta-
tuaires si multipliées sur Tacte de mariage
d'Elisabeth Goustou.
Ni François Goustou, ni sa femme ne parais-
sent avoir assisté au mariage de leur fille \
La fortune qui plus tard se montra clémente
envers l'artiste lyonnais ne lui avait pas souri.
Aussi, Goyzevox ne voulut-il pas borner ses
bons offices aux soins qu'il avait donnés à sa
nièce Elisabeth. La plus jeune fille de Clau-
dine, Léonore Goustou, née le 3 février 1671,
prit la place de sa sœur aux Gobehns. Le
maître se chargea de son avenir.
L'année même du mariage de sa nièce, le
10 juin 1685, Goyzevox avait vu naître son cin-
quième enfant. Quatre autres naquirent à peu
1 Nous ne comprenons pas que Jal en constatant
l'absence de Nicolas Coustou au mariage de sa sœur
ait écrit : t^ Il parait que Nicolas Coustou n'était pas
encore à l'école de Goyzevox en janvier i68o, car avec
les signatures de je ne vois pas la sienne. » (Dic-
tionnaire critique). Nicolas Coustou, on l'a vu, était
parti pour Rome en avril 1683 « où il resta trois ans »
dit Cousin de Contamine {Eloge hisloîic/ite de M. Cous-
tou l'aîné). Donc rien de plus naturel que son absence
de Paris en 168o.
GOYZEVOX EN P^ACE DE l'ANTIQUE 71
de distance : Jean-Baptiste s Marguerite -,
Nicolas ' et Suzanne \
L'éducation de sa nombreuse famille n'a pas
distrait l'artiste de sa tâche quotidienne. Pen-
» Né le 16 novembre 1686.
2 Née le 1" août 1688.
8 Né le 14 octobre 1689.
'' Née le 29 décembre 1691. — Suzanne Coyzevox,
9° enfant du sculpteur, est morte le ii mars 1764, à
rabba3-e du Pont-aux-Dames (commune de Couilly,
canton de Crécy-en-Brie) où elle s'était retirée comme
pensionnaire après avoir été mariée à Jean Hébert,
commissaire des guerres. Le jour même de son décès,
C. D. Dubois de la Palme, lieutenant du bailliage de
Crécy, posa les scellés dans la chambre occupée par
la défunte, <'. au premier étage extérieur du couvent,
aj'antvue sur le clos et à droite sur une petite cour
proche la cuisine. ;> -M™° Gabrielle de la Roche de
Fontenilles, abbe3se, remit au lieutenant du bailliage
le testament olographe de Suzanne Coyzevox, qui fut
déposé à AP Juvigny, notaire. Le 3 avril 1764, Jean-
Thomas Sozille du Buha, président des trésoriers de
France à Soissons, marié à Adélaïde Victoire Lejeune
du Tillard, seule héritière de la défunte, son aïeule
maternelle, ht lever les scellés, en présence de Marie-
Denise Lequin, veuve de Charles Coyzevox de Bré-
court, exécutrice testamentaire. (Voyez Extrait des
minutes de Juvigny, notaire à Crécy, par M. Th.
Lhuillier, dans la Bévue des Sociétés savantes, sep-
tième série, t. II, p. 249-250).
72 ANTOINE GOYZEYOX
dant les années que nous essayons de racon-
ter son labeur tient du prodige. Il est à la fois
à Versailles, à Trianon, aux Invalides. Ver-
sailles lui doit des^ travaux décoratifs dans
l'antichambre du roi, des masques et sept bas-
reliefs à la Colonnade. A Trianon, il sculpte
des chapiteaux d'ordres ionique et composite.
Ces ouvrages sont en marbre. Aux Invalides,
le fronton du portail principal de l'église et les
quatre figures qui l'accompagnent sont exécu-
tés en pierre par Goyzevox. Mais ce ne sont
pour lui que des œuvres de second ordre. Ce
qui l'occupe à mainte reprise, pendant cinq
années, ce sont trois statues et un groupe
d'après l'antique : Castor et Pollux^ la Nymj^lie
à la Coquille^ la Venus de Mcdicis et la Vénus
pudique.
L'antique est pour le statuaire la pierre de
touche du génie La nature reste le type, mais
les anciens nous apprennent à bien voir. Toute
sève découle de la nature. Elle est le foyer,
l'inspiration, la vie. D'autre part, les anciens
sont les maîtres. Ce sont eux qui ont écrit la
grammaire de Tart. Ils ont posé des règles,
laissé des exemples auxquels recourent depuis
trois mille ans les sculpteurs de toute race, et
COYZEVOX EN FACE DE L*ANTIQUB 73
aucun ne les a surpassés. Il n'existe pas un
statuaire que les marbres antiques n'aient
séduit. Mais il y a des degrés à cette séduction.
Les êtres personnels, doués de tempérament,
capables de créer eux-mêmes, contemplent les
marbres antiques avec recueillement. Pour eux,
ce senties chefs-d'œuvre, la tradition. Ils es-
saient de surprendre quelques-uns des secrets
de Phidias ou de Praxitèle, sur les restes ini-
mitables du Parthénon, devant la Vénus de
Milo. Mais cette étude enchanteresse ne porte
pas atteinte à leur liberté. Ils reviennent spon-
tanément à la nature. Ils s'interrogent avec
indépendance et sincérité. Le même que les
poètes modernes, après s'être nourris d'Ho-
mère et de Sophocle, se préoccupent d'écrire
et de chanter leurs propres douleurs en une
langue qu'ils n'ont apprise nulle part, de même
l'artiste qui a discipliné sa vision, instruit sa
main, élevé son esprit en face des divins frag-
ments que la Grèce et Rome nous ont légués,
n'est pas dispensé de se consulter soi-même.
Tout ce qu'il empruntera d'autrui ne lui sera
pas compté. Il n'y a de durable, de respecté,
que l'œuvre personnelle, l'accent vrai, cons-
ciencieux, ému en face du type éternel, la
74 ANTOINE GOYZETOX
nature. Si donc vous vous donnez la tâche de
suivre les anciens dans la composition, dans
la pose, dans le modelé d'une figure, il y aura
péril pour votre gloire et votre individualité à
cette transcription littérale d'un chef-d'œuvre.
Il y a plus, on ne touche pas impunément au
sublime. Répéter les anciens, c'est les trahir,
c'est se trahir soi-même. Quiconque ne s'élève
pas au-dessus du créé, quiconque ne fait pas
appel à ses propres facultés, à son intelhgence
pour approcher de l'infini, dans la mesure où
Dieu permet qu'il grandisse, celui-là n'est pas
maître ; c'est un disciple. Or, telle est la loi,
les disciples exclusifs de l'antique ne sont que
d'inhabiles plagiaires. Fermer ses yeux devant
la nature, abdiquer sur le seuil de l'Acropole,
douter de son époque, de son être, au point
de ne demander au marbre que des réphques
amoindries, c'est se condamner à un labeur
vulgaire, à Finsuccès dans la servitude.
Ainsi n'a pas fait Coyzevox.
Avons-nous besoin de décrire le groupe célè-
bre des fils de Jupiter et de Léda, Castor et Poh
lux? On connaît cet ouvrage qui, de la collec-
tion Ludovisi a passé dans celle de la reine
Christine, et enfin au musée de Madrid. L'é-
COYZEVOX EN FACE DE L ANTIQUE 75
phèbe nonchalamment appuyé sur l'épaule de
son frère qui, à l'aide d'une torche, met le feu à
quelques feuilles mortes déposées sur un autel
domestique, est présent à l'esprit de tous ceux
qu'intéresse la sculpture antique. Le groupe
des Dioscures est d'une grande beauté.
Plus populaire encîore que Castor^ et PoUux
est l'image de la Vé7ius de Méclicis. Homère
est le créateur de ce chef-d'œuvre que Cléo-
mène a sculpté. « La déesse des amours, dit
le poète, vient de sortir de l'écume de la mer
où elle a pris naissance ; sa beauté virginale
paraît sur le rivage enchanté de Cythère, sans
autre voile que l'attitude de la pudeur. Si sa
chevelure n'est pas flottante sur ses épaules
divines, ce sont les Heures qui, de leurs mains
célestes, viennent de l'arranger » K Décou-
verte à Rome au xvi° siècle, restaurée alors
par un sculpteur florentin, elle fut placée dans
les jardins de Médicis, transportée à Florence
au xvii'^ siècle d'où elle est venue au Louvre
pour retourner ensuite à Florence après quinze
années de séjour dans notre musée nationaL
Le nom de son auteur nous est révélé par l'ins-
1 Homère, hymne IV.
''6 ANTOINE GOYZEYOX
cription grecque gravée sur la plinthe. Des
formes jeunes et exquises, la souplesse de la
pose ont fait admirer la Vénus de Médicis à
l'égard des marbres les plus achevés.
Coyzevox a respecté la composition de ces
chefs-d'œuvre dans ses répliques éloquentes.
La sûreté des contours, un style puissant et
large distinguent la Nymphe à la Coquille^
composée par Coj^zevox. Le marbre original
ne doit être cherché nulle part. Cette œuvre
est une imitation de plusieurs antiques.
La Vénus pudique^ s'il faut en croire Piga-
niol de la Force, aurait existé à son époque
dans la Vigne Borghèse. Cependant, il n'est
pas certain que le marbre de Coyzevox soit la
transcription lîdèle d'une statue. Fermelhuis
autorise le doute sur ce point. « Le maître,
dit-il, avait étudié l'antique pour profiter des
découvertes et de l'expérience des premiers
maîtres de l'Art... Il a tàchd de les imiter sans
sortir des bornes de l'excellence des anciens
monuments que les temps ont respectés, ni
sans les altérer ; mais il a essayé de suppléer
en les copiant à ce qu'il a cru qui manquait à
leur perfection. C'est ce que Ton peut remar-
GOYZEVOX EN FACE DE l'ANTIQUE 77
quer dans Venus accroupie et la Nymjjhe à
la Coquille » \
Faut-il entendre par ces lignes que Coyze-
vox aurait simplement modifié le caractère du
modelé, corrigé le style, interprété l'esprit
des antiques placés sous ses yeux sans en
altérer la composition? Nous avons quelque
peine à l'admettre. En effet, les Vénus assises,
d'origine ancienne, sont nombreuses. Le Lou-
vre. Rome et Florence en possèdent qui ne
diffèrent entre elles que par des accessoires
sans importance, ou une variante légère dans
la pose. Aucune, à notre connaissance, n'est
exactement rappelée par le marbre de Coyze-
vox. Au surplus, qu'importe que le modèle dont
s'est servi l'artiste français ait été rigoureuse-
ment traduit ; il est superflu de rechercher si
son travail renferme quelque détail emprunté
à d'autres statues que celle dont parle Piga-
niol.
Un point subsiste : l'œuvre de Goyzevox
cesse d'être une copie, c'est une œuvre ori-
ginale.
Nue, assise dans une attitude inquiète et
* Eloge, p. 11 et 12.
78 ANTOINE COYZEVOX
confuse, la déesse porte son regard vers sa
droite. D'une main, elle s'apprête à se faire
un voile de sa chevelure pendant que de l'autre
elle retient une draperie. A sa gauche est une
tortue, symbole de la pudeur.
Telle est la description succincte qui peut
être faite de ce marbre, mais ces mots ne suf-
fisent pas à marquer le caractère de l'œuvre
française. Vénus, sous le ciseau de Goyzevox
n'a rien perdu de la majesté dont les Grecs
savaient fixer l'accent dans le regard, le port
de la tête, la réserve du geste, le modelé sobre
et fin, l'ampleur des contours. Mais les Grecs
avaient pour terme l'idéal; Goyzevox incline
plus volontiers vers la nature. C'est la nature
élevée, choisie, c'est une vérité supérieure et
faite de lumière qui tourmente son ciseau, ce
n'est pas à proprement parler l'idéal. Déjà,
sur l'épiderme de Carrare de son groupe des
Diosciires et de la Vénus de MccUcis on dis-
tingue comme des lueurs d'individualité. L'ad-
mirateur passionné de la nature se trahit à
de certains détails : un pU de la chair, une
mèche de cheveux, une ligne, un point furtif.
Mais la Nymphe à la Coquille, et plus encore
la Vénus pudique, nous montrent Coyzevox
GOYZEVOX EN FACE DE L'aNTIQUE 79
revenant à la nature sans ambages, sans timi-
dité, par le ressort vainement comprimé de
son tempérament personnel. L'imitation lui
pèse. Il a besoin de se rencontrer face à face
avec lui-même. Abdiquer ne lui est pas possi-
ble. La nature est son domaine, il y rentre en
souverain. Et ne croyez pas que l'antique ait
été privé de son parfum à cette retouche sa-
vante, je devrais dire à cette refonte. La na-
ture étant Talphabet de tous les maîtres,
Coyzevox n'a pas amoindri la parure de la
Vénus pudique en jetant sur son corps fait de
-souplesse, d'orgueil offensé, de sévère con-
venance, le vêtement sublime et toujours vrai
que porte la nature.
Le statuaire en agissant de la sorte a été
sincère, ce dont il faut le louer ; mais, du
même coup, il est demeuré grand, et son mar-
bre est éminemment français. Il porte ce sceau
de vérité qui distingue les chefs-d'œuvre de
notre école. On le peut considérer comme
un modèle de premier ordre qui, après deux
cents ans, n'a pas vieilh. A l'heure où nous
écrivons, au moment où Técole de sculpture,
après des vicissitudes très-sensibles, se re-
trempe aux sources du vrai, la Vénus de
80 ANTOINE COYZEYOX
GoYzevox est interrogée par les jeunes artistes
à régal des œuvres achevées signées des
meilleurs statuaires de ce siècle.
<Î>ÎAIAS HAEOÎS (( Phidii;s aux habitants
d'Elis » lisons-nous sur la plinthe de la statue.
Cette dédicace révèle l'estime singuUère de
Phidias pour sa Vénus, On n'a pas oublié
que les Eléens possédèrent dans le temple
d'Oiympie, le Jupiter du même artiste, aux
pieds duquel se lisait cette autre inscription
bien connue : Phidias fils de Charmidas athé-
nien m'a fait ^ Aucun peuple, dans tout le
Péloponèse, ne fut plus riche que les Eléens
en trophées et en œuvres d'art. Alcamène
sculptait leurs frontons ; Emilus et Doryclidas
avaient peuplé leurs temples. Phidias ne pou-
vait leur offrir que des chefs-d'œuvre.
isotre compatriote, en gravant l'inscription
du sculpteur d'Athènes au-dessus de sa propre
signature <r A. Coyzevox 1686 » ' a-t-il eu
î *EIAIA2 XAPMIAOY YlOl A0HNAIO2 M'EnOIHSE
(Pausanias, ch. XX).
- C'est bien en 1686 que fut achevée cette statue,
et non en 1696 comme le prétend à tort Piganiol de
la Force. (Voyez Nouvelle description des châteaux et
Parcs de Versailles, édition de !7ol, t. II, p. 14). Nous
COYZEVOX EN FACE DE l'aXTIQUE 81
conscience du mérite de sa statue? A-t-il i)ensé
que ce travail résumait ses facultés d'artiste ?
Ne faut-il voir dans <î>IAIAS HAEOI^ qu'une
locution subtile employée par Coyzevox pour
dédier son œuvre à ses contemporains ? Nous
rignorons. Mais ce marbre, ferme et robuste,
aux formes châtiées, à l'attitude fière, de noble
aspect et de grand style, la Vénus pudique, en
un mot, double symbole de bienséance et de
grâce, n'est pas indigne d'être placée au pre-
mier rang dans Toeuvre du maître français.
Les Bioscures, les deux Vénus et \di Nymphe
à la Coquille ne sont pas les seuls ouvrages
en avons pour preuve, outre la date gravée sur Le
marbre, les Comptes des Bâtiments du Roi. Yl. Dus-
sieux, fautenr justement apprécié de Touvrage la
château de Versailles, histoire et description (Ver-
sailles J 88 1,2 vol. in-S») n'a pas suffisamment compulsé
ces comptes. Nous lisons, en effet, au tome II de son
livre p. 233). « On descend au parterre du Nord par
un degré de marbre blanc à l'entrée duquel était la.
Vénus à la tortue, statue en marbre, faite à Rome
d'après l'antique, en 1686, par Coyzevox. » 11 y a li
une erreur. Coyzevox ne vit probablement jamais Tlta-^
lie, et à coup sûr, il n'y a pas sculpté sa statue ea
1686. Les Comptes des Bâtiments en font foi, c'est à
Paris ou à Versailles que cette figure a été exécutée
par son auteur.
6
82 ANTOINE GOYZEVOX
sculptés par Coyzevox d'après les anciens.
« On voit dans plusieurs cours de l'Europe, a
dit Fermelhuis, un nombre considérable de
têtes d'empereurs, de grands capitaines, d'ora-
teurs et de philosophes, copiées d'après l'anti-
que, où il a conservé tant de fidélité, que Ton
peut se consoler de n'en avoir pas les origi-
naux » K Pourquoi faut-il que ces nombreux
travaux échappent aux investigations de la
critique? Mais, depuis deux cents ans, les
cours de l'Europe ont éprouvé de fréquentes
secousses ; les capitales ont changé ; plus d'un
trône a disparu. Que sont devenus les bustes
de Coyzevox au milieu de ces tempêtes ?
Il est un portrait de capitaine que le type du
personnage, reconnaissable entre tous, et le
travail du sculpteur auraient dû préserver de
l'oubli. Nous voulons parler du buste de Condè.
Louis II de Bourbon, dit le Grand Condé, l'œil
légèrement hautain, les lèvres dédaigneuses,
dirige avec négligence le regard vers sa
droite. C'est un prince, vainqueur de Rocroy.
Sa longue chevelure tombe sur ses épaules.
La cuirasse délicatement ornée de fleurs de lis
* Eloge, p. 3o.
GOYZEVOX EN FACE DE l'aNTIQUE 83
et de griffons disparaît sous le manteau. Coy-
zevox a interprété ce buste d'une façon magis-
trale avec un art plein de retenue et de sévé-
rité.
Cependant cette œuvre admirable s'est per-
due. Le maître en a été dessaisi. Le mérite du
travail étant incontestable, c'est à Guillain
qu'on l'attribua longtemps. Il a fallu des cir-
constances imprévues, les hasards heureux
d'une vente d'autographes, une recherche
attentive de M. Courajod pour que le maître
reconquît son œuvre. Ce bronze est de Coyze-
vox. Sa date est 1688. Est-ce à dire que l'artiste
ait attendu jusqu'alors pour modeler les traits
du grand Condé ?Nous avons peine aie croire.
Condé meurt, on le sait, en 1686. Le bronze
du musée du Louvre commandé par le prince
de Gonti pour son hôtel, est fondu en 1688 \
* Voyez aux archives du Musée du Louvre, le cata-
logue d'une vente d'autographes du 18 décembre 1867,
par les soins de M. Gabriel Charavay. A cette vente a
passé un mémoire avec neuf grandes lignes autographes
signées par Coyzevox, trois lignes autographes signées
par Mansart, six lignes autographes signées par Jou-
venet, et les signatures du prince de Conti et de La
Chapelle, Paris, 12 mai 1680. Cette pièce a trait au
uste de feu Mgr le prince de Condé, fondu en
84 ANTOINE GOYZEYOX
mais rien n'atteste qu'il ne soit la copie d'un
marbre antérieur. La tête cle Condé, traduite
par la main du statuaire avec le signe de la
fierté, de la jeunesse et de l'intelligence dut
être étudiée par son auteur devant le modèle
vivant.
C'est à cette même année 1688 que se rat-
tache un trait de la vie de Coyzevox. Puget^
son contemporain, homme d'un caractère in-
quiet, nature constamment irritée, s'est plaint
d'avoir eu en Coyzevox un détracteur K
Nous ne savons où Puget à puisé la preuve de
sa plainte. Des propos d'ateher, à supposer
qu'ils aient existé, sont sans valeur. La plus
grande critique que Coyzevox ait pu faire de
Puget, est dans sa manière d'entendre la
sculpture. Les deux maîtres no sont pas du
même sang. Tandis que Puget s'est instruit en
bronze sous la conduite de M. Mansart, premier
architecte de S. 31. et posé dans riiùtel de Con:i par
l'ordre de M. de La Cliapelle, intendant de Mgr le
prince de ' Conti, par Coyzevox, sculpteur, en l'an-
née iG8S. Voyez aussi Chronique des A?'is et de la
curiosité, année 1S77, p. 84, l'article de M. Courajod.
• Cette anecdote est racontée par Ducliesne aine
dans une note de VElo^je historique de Pierre Vuget^
par Tcraud (L. D.). Taris ISC7, in-S".
COYZEVOX EN FACE DE l'aNTIQUE 85
Italie, aune époque de décadence, et que sa
fougue Ta conduit à outrer les défauts de ses
initiateurs, Goyzevox, sans violence, sans
effort, s'est arrêté devant la nature. Il a dit
avec goût et simplement ce qu'il voyait. Et
comme une parcelle de génie lui était échue,
son œuvre faite de clarté, d'aisance, de grâce,
a l'ampleur et la majesté dont les hommes
supérieurs revêtent ce qu'ils créent. Cette dif-
férence de tempérament entre Puget et Goyze-
vox, avait provoqué chez le premier une sorte
d'ombrage, d'émulation jalouse. Chez le second,
une curiosité pleine de respect était en éveil.
On sait que le projet d'élever à Marseille une
statue triomphale de Louis XIV occupa Puget
dès Tannée 1685. Mais les choses traînèrent
en longueur. Clérion intrigua et fut préféré à
l'auteur de Y Andi^omè de. C est alors que Puget
quitta Marseille, résolu à plaider sa cause à
Paris. Il y arriva pendant Tété de 1688 et y
séjourna plusieurs mois. L'inaction ne pouvait
convenir au sculpteur provençal. Il eut bien-
tôt un atelier dans lequel il passait de longues
heures. Vainement on avait essayé de lui pré-
senter quelques confrères : il refusa toujours
d'en voir aucun. C'est alors que Coyzevox usa
86 ANTOINE GOYZEYOX
de stratagème. Il se fit conduire à Tatelier de
Puget comme un simple curieux. Un ami
l'avait introduit. Puget ne se doutait pas qu'il
eût devant lui l'auteur de la Vénus pudique . La
conversation s'engagea. Entre de tels hommes
elle ne pouvait être banale. Dans le feu de la
discussion, Tami des deux artistes s'oublia et
nomma Goyzevox. L'imprudence était grande,
car Puget, brusquant Fentretien, prit aussitôt
le maître par les épaules et, le poussant vers la
porte : « Eh quoi, monsieur Goyzevox, dit-il,
un habile homme comme vous vient voir tra-
vailler un ignorant comme moi I \ >'
Quelques mois avant cette rencontre des
deux statuaires, Louis XIV s'étant rendu à
l'Hôtel de Ville de Paris, avait trouvé suranné
le monument en marbre de Gilles Guérin 2,
^ Passeron, Notice, p. 129.
- La plupart des historiens attribuent à Sarazin la
statue pédestre de Louis XIV terrassant la Fronde. C est
une erreur. Guillet de Saint-Georges, dans le mémoire
historique qu'il lut devant l'Académie le 7 juillet 1691
sur Gilles Guérin, et Piganiol, dans sa Description de
Paris, disent formellement que le monument remplacé
par l'œuvre de Goyzevox était de Guérin. (Voyez Mé-
moires inédits sur la vie et les ouvrages des membres
de C Académie royale de peinture et de sculpture, t. I,
GOYZEVOX EN FACE DE L ANTIQUE 87
dans lequel le Roi était représenté terrassant
la Fronde, personnifiée par un soldat ren-
versé, dont les armes étaient en pièces et qui
portait un rat sur le cimier de son casque. La
parole du Roi était un ordre. Les échevins
s'adressèrent à Goyzevox, et, en 1689, la sta-
tue pédestre de Louis-le-Grand remplaçait
dans la cour de l'Hôtel de Ville le monument
de Guérin.
Cet ouvrage est en bronze. Debout, vêtu en
triomphateur romain, le roi de France s'ap-
puie d'une main sur un faisceau d'armes qui
domine un trophée, tandis que de l'autre il fait
un geste de commandement.
Deux bas-reliefs complétaient l'ouvrage de
Goyzevox, que Piganiol appelle un chef-d'œu-
vre. L'un de ces bas-reliefs avait trait à la
piété royale envers le peuple pendant la di-
sette de 1662 ; le second rappelait l'acte
fameux de la révocation de FEdit de Nantes
en 1685 \ Une réphque de ce travail prit
p. 264-265, et Piganiol, Description historique de la
ville de Paris, t. IV, p. 101.
^ Piganiol de la Force, Description historique de
la ville de Paris, (édition de 1765^ Paris, 10 vol. in-12,
t. IX, p. 2o9).
88 ANTOINE COYZEYOX
place au château d'Issy *. Des médaillons re-
présentant le Prévôt des marchands et les
échevins de Paris, en charge lors de la pose de
la statue, furent également sculptés par l'ar-
tiste.
Nous ne pourrions dire ce que sont deve-
nues ces sculptures. Quant au Louis XIV, son
odyssée est vraiment dramatique. Compris en
1792, au nombre des monuments féodaux
qu'on s'acharnait à détruire, il alla se perdre
au milieu de débris de toute nature, dans les
magasins de la ville, au faubourg du Roule.
On ne songea guère à l'en faire sortir qu'en
1814. Très-mutilé, l'ouvrage de Govzevox
exigea, pour être réparé et remis en place,
une somme de 18.820 francs. Relevé dans la
cour de l'Hôtel de Ville à la fin de 1814, il
allait être l'objet d'une inauguration en mars
1815 ; le retour de l'île d'Elbe y mit obstacle.
En 1848, après les journées de Février, on eut
la prudence d'entourer ce monument de hau-
tes palissades afin de le dérober aux colères
de l'émeute ". L'incendie de mai 1871 vint
^ Piganiol, Description de Paris t. IX, p. 259.
- Voyez J. Duseigneur, Coyzevox et ses ouvrages
{Revue Universelle des Arts, t. 1, p. 45).
GOYZEVOX EN FACE DE LANTIOUE 89
atteindre de nouveau l'effigie royale. Cepen-
dant les dégradations dont elle a souffert sont
légères, et l'architecte de l'Hôtel de Ville, AI.
Ballu, se propose de la relever encore sur son
piédestal, érigé cette fois sous le vestibule de
la cour Louis XIV ^
Ainsi, de l'édifice du dix-septième siècle, un
seul vestige aurait survécu, c'est un bronze
de Coyzevox '. L'art, non moins que l'iiis-
* Nous avons dé'coiivert au département des ma-
nuscrits de la bibliothèque municipale d'Angers une
note curieuse, écrite sous la Restauration, au sujet de
la statue qui nous occupe. Rédigée à Paris, au minis-
tère de l'Intérieur, par Ch. J. Lafolie, conservateur des
monuments publics, cette note a la valeur d'un docu-
ment officiel. Nous la publions aux Pièces justificatives.
On trouvera également une lettre de M. Ballu, archi-
tecte de l'Hôtel de Ville, membre de l'Institut, datée du
5 octobre 1881, concernant le même ouvrage de Coyze-
vox. Vo\^ez Statue pédestre de Louis XIV éri'jée à
VEùtel de Ville de Paris. Pièces justificatives, Doc. IX.
- On sait que la statue de Henri IV par Pierre
Biard, qui couronnait la porte d'entrée du palais mu-
nicipal a été détruite sous la Révolution. Deux figures
en haut-rehef, placées autrefois au revers de la statue
de Henri IV,et également attribuées à Biard,indiquaient
une inscription. Ces deux ouvrages ont survécu à l'in-
cendie de lu7l,mais ils ne pourront être replacés dans
le nouvel édifice. M. Ballu se propose de provoquer
leur transfert à l'Hùtel Carnavalet.
90 ANTOINE COYZEYOX
toire, est intéressé à sa durée. Piganiol n*a
pas eu tort de qualifier ce bronze un chef-
d'œuvre. Deux siècles ne lai ont rien enlevé
de son mérite.
Malgré l'importance et le nombre de ses
travaux, Tartiste ne se croyait pas dispensé
de remplir ses devoire envers FAcadémie de
peinture et de sculpture. Investi de la charge
de professeur le 29 octobre 1678 \ il fut dé-
signé le 30 août 1681 pour exercer renseigne-
ment chaque année pendant le mois de sep-
tembre ". Un adjoint lui fut donné sur sa
demande quelques années plus tard % mais
Covzevox n'en continua nas moins d'assister
aux séances de l'Académie.
Membre de toutes les députations otfîciel-
les \ il est au miheu de ses confrères dans
les deux circonstances où Pierre Bourdict,
que nous supposons avec grande vraisem-
blance le frère de sa femme, obtient le troi-
sième, puis le deuxième prix de Piome \
^ Procès-verbaux, t. II, p. 138.
- IcL, t. II, p. 19i.
^ Id., t. Il, p. 307, 335, 3d8.
* Id., t. II, p. 254, 284, etc., t. III, p. 73, lOi.
^ Pierre Bourdict ou Bourdv si nous admettons
GOYZEVOX EN FACE DE L ANTIQUE 91
Nicolas Goustou, neveu de Goyzevox, reveau
d'Italie en 1686, se présenta dès l'année suivante
aux suffrages de rAcadémie. Onze artistes bri-
guaient concurremment avec lui le même hon-
neur. Un certain nombre d'académiciens, choi-
sis parmi les officiers, acceptèrent la mission
délicate de « voir travailler les aspirants. »
Goyzevox fut Tun des juges, mais en raison
des liens qui l'attachent à Goustou, il se fait
nommer avec Vandermeulen Texaminateur du
sculpteur Joly, pendant que de Sève le jeune
ex Tuby se prononceront sur les titres de
Goustou ^ L'esquisse de celui-ci fut agréée.
Il avait traité sur Tordre de Le Brun le Réta-
blissement de la santé du Roi. Nous ne savons
pour quelle cause Goustou mit une année à
exécuter le modèle en plâtre de son bas-relief.
Gette lenteur déplut, et comme l'artiste n'ap-
porta pas le zèle nécessaire à traduire en mar-
bre son travail, il fut rayé de la liste des
rorihographe du secrétaire de l'Académie, remporta le
3<= prix le 21 octobre 1684, et le 2«* prix le 3 septembre
168o. Le 6 octobre de la même année, sur le vote de
l'Académie, Goyzevox étant présent, Bourdict obtint
d'aller à Rome aux frais de Sa Majesté. [Procès-ver-
baux,i. H, p. 288, 306, 3iOj.
' Procès-verbaux j t. il, p. 349, 331, 3o3.
92 ANTOINE COYZETOX
agréés, redevint aspirant et n'entra définitive-
ment à l'Académie qu'en 1693 ^ Il semble
que l'aspirant de la veille est devenu tout à
■coup dédaigneux à l'endroit de l'Académie.
Peut-être place-t-il la protection de Coyzevox
au-dessus de tout autre titre ? Est-ce que son
père, François Goustou, qui habite Lyon, ne
signe pas aujourd'hui «Sculpteur de Sa Ma-
jesté » 2? Apparemment Coyzevox a obtenu
de Louvois ou de Le Brun quelque commande
pour son beau-frère. Nicolas Goustou, vivant à
Paris, enthousiaste, ancien prix de Rome, ne
doute pas que la fortune lui soit fidèle. Sculp-
teur ordinaire des Bâtiments du Roi à trente
ans, ses succès précoces lui donnent foi dans
l'avenir. Aussi le 18 septembre 1690, il épouse
Suzanne Houasse, fille du peintre d'histoire et
académicien 3. A cette date, Glaudine Goyze-
^ Procès-verbaux, t. II, p. 362, 370, t. III, p. î, 49,
104, 121.
- Jal a publié [Dictionnaire critique, p. 444) un acte
de baptême daté du 14 octobre lo.su, sur lequel Nicolas
Goustou, parrain, se qualifie sculpteur ordinaire des
bâtiments du Roy, lils de François Goustou, sculpteur
de Sa Majesté.
" Bien que n'étant pas académicien, Nicolas Gous-
tou signe sans hésiter sur son acte de mariage « sculp-
COYZEVOX EN FACE DE L ANTIQUE 93
vox, la mère de Coustou, est veuve. Elle en-
voie de Lyon son consentement et ne vient pas
à Paris pour le mariage de son flls. Serons-
nous téméraire de penser que des relations
cordiales devaient exister entre Houasse et
Coyzevox? A l'heure où se préparait l'alliance
de Nicolas Coustou avec Suzanne Houasse, les
deux académiciens, le sculpteur et le peintre se
rencontraient peut-être fréquemment chez
François Jouvenet, chargé d'exécuter leurs
portraits pour son « morceau de réception \ ^
Vers le même temps, le Hongre étant mort,
l'Académie pria Coyzevox d'accepter le titre
d'adjoint à recteur -.
teur ordinaire du Roy, en son académie » (Voyal Jal,
Dictionnaire critique, p. 444). L'artiste espérait sans
doute que les portes de la Compagnie lui seraient pro-
chainement ouvertes.
^ Séance du 29 octobre 1689. — Procès-verbaux,
t. III, p. 18.
- Séance du 20 avril 1690. — Procès-verbaux,
t. IILp. 36.
IV
ART DÉCORATIF — MAUSOLÉES
1692-1702
SOMMAIRE
Des conditions de l'art du décor. — L'architecte Lefuel et Carpeaux.
— Mot de M. Charles Garnier. — Coyzevos. est le collaborateur
de Levau, Dorbay, Mansart, Robert de Cotte. — Le Brun et Mi-
gnard lui fournissent les dessins de ses compositions. — Sou-
plesse de génie nécessaire au sculpteur pour traduire une pen-
sée de peintre. — L'escalier des Ambassadeurs à Versailles. —
Coyzevos. sculpte Louis AlV à cheval pour le salon de la Guerre.
— La grande Galerie. — Le salon d'Apollon. — Les statues de
la Justice et de la Força dans la Cour de marbre. — Le groupe de
l'Aboniance dans la Cour des Ministres. — La France triomphÀntc
au bosquet de l'Arc de triomphe. — Sculptures de la Fontaine de
la Gloire. — Génies, Amours, Nymphes à la Colonnade. — Vise du
grand Perron. — La Dordogne et la Garonne au Parterre d'eau. —
Pilastres et boiseries à Triauoii. — Coj-zevos. sculpte Luit groupes
d'Enfants et un Vase à la Cascade de Marly. — Au Tapis-Vert,
le Neptune irrité et le Triomphe d'Amphitrite. — A la Demi-I.une,
Flore au repos. — Le maître exécute uue statue de Fleuve placée
à Sceaux. — Statue de Condé pour Chantilly. — Chemiu'?e de
l'hôtel d'Autecour à Paris. — Statues de saint Charl'magne, saint
Athanase, saint Grégoire de Nazianze et bas-relief de l'Ange au. cas-
que, aux Invalides. — Monument de Mazarin. — Mausolée de Col-
bert — A l'heure où Goyzevox sculpte cet ouvrage, sur les des-
sins de Le Brun, le premier peintre est en défaveur et C' Ibert
était mort dis.racié. — Momiment de Le Brun. — Tombeau du
comte de Furstenberg. — Coyzevox partage avec Lcclcrc, Tuty et
Verdier la direction de l'Académio des Gobelins. — Nicolas Cous-
tou entre à l'Académie. — Vivien et Papelard reçoivent l'ordre
de faire le portrait de Goyzovox. — Le saloa de 1799. — Goyze-
vox quitte les Gobelins pour occuper un logement au Louvre. —
ART DECORATIF. — MAUSOLEES. 95
Jean-Antoine, Martial et Antoine-Jules Coyzevos. — Léonore
Coustou, niàce du maître, épouse François- Alexis Francin, sculp-
teur du Roi. — Francin à Strasbourg. — Retour à Paria de la
femme de Francin, qui vient demeurer au Louvre chez Nicolas
Coustou.
Aa point où nous sommes parvenu dans
notre récit, c'est-à-dire vers 1693,1e maître est
à l'apogée de sa gloire. Honoré de la confiance
de Louvois et de Villacerf, comme il avait eu
celle de Golbert ; compris depuis de longues
années parmi les officiers qui sont au service
du Roi ; l'un des doyens de l'Académie, Coyze-
vox est en outre sans rival dans l'exécution
d'une page décorative. Aussi, les galeries et
les jardins de Versailles, Marly, Saint-Cloud,
Chantilly, Petit-Bourg, les Tuileries, reçoivent-
ils de cet artiste alerte et distingué des œuvres
sans nombre, empreintes de grâce et de no-
blesse. Il est en même temps, à Paris et en
province, l'artisan des grands mausolées. Et
soit que ses marbres se dressent dans un
parc, dans un palais ou dans un temple, ils y
sont en leur lieu.
L'art du décor est essentiellement dépen-
dant. L'architecture le gouverne et parfois
elle l'opprime. On serait tenté de dire de l'ar-
chitecte en face du sculpteur ou du peintre
96 ANTOINE GOYZEVOX
chargé de parachever son œuvre, un maître
tyrannique et presque arbitraire. Il leur me-
sure l'espace, il leur dispute la lumière. L'art
du décor est le complément, il est la parure
d'un édifice. Or, de même que dans les œu-
vres écrites, l'auteur est plus justement satis-
fait de sa pensée que des détails de style dont
il la revêtira, de même l'architecte attache peu
de valeur au décor. C'est le monument dans
son ordonnance générale, dans la pondération
sévère de ses plans qui l'occupe. Quant à la
sculpture des corniches ou des frontons, quant
aux dessus de portes, aux plafonds, aux vous-
sures, l'architecte les conçoit dans une gamme
apaisée, comme le compositeur conçoit Tac-
compagnement d'une pensée lyrique. L'art du
décor, aux yeux de l'architecte, est un art se-
condaire, fait de demi-teinte, d'harmonie
monotone.
De là, l'éloignement des artistes de mérite
pour un art dont l'allure n'a rien de libre et
qu'il faut soumettre aux exigences les plus di-
verses. On connaîtle mot de Lefuel au sculpteur
Carpeaux. Le fronton du Pavillon de Flore ve-
nait d'être mis aux points. Lefuel eut peur de
ce haut-relief aux puissantes saiUies dans le-
ART DECORATIF. — MAUS0LP:ES 07
quel Carpeaux avait représenté la France "por-
tant la lumière et protégeant V Agriculture et
les Sciences.
« — Malheureux, dit-il au statuaire, vous
percez mon mur ! »
Il ne fallut rien moins que l'intervention du
Souverain pour clore le débat qui s'était élevé
entre Lefuel et Carpeaux. Sans Napoléon III,
le fronton du Pavillon de Flore eût été sa-
crifié.
Un témoin vivant, M. Charles Garnier,
qui a eu le courage et l'adresse de défen-
dre Carpeaux en une circonstance fameuse,
ne dit-il pas que cet artiste était surnom-
mé la « terreur des architectes? » *
Carpeaux ne fait pas exception. Quiconque
veut aborder l'art du décor avec un tempéra-
ment personnel doit être un homme supérieur.
€oyzevox en fournit la preuve.
Appelé à seconder Levau, Dorbay, Mansart,
Robert de Cotte, il est pendant trente ans leur
auxiliaire. Et ce qui doit lui être compté, la
plus grande part des travaux exécutés à cette
' Voyez Le statuaire J. B. Carpeaux, par Ernest
•Chesneau, Paris, Quaotin, 1880, in-S*», p. 110.
7
98 ANTOINE GOYZEVOX
époque a été faite sur les dessins de Le Brun
ou de Mignard.
Peut-être un lecteur distrait, étranger à l'art,
estimera-t-il que la collaboration de ces maîtres
dut être chère à Goyzevox.
Nous en doutons.
La paresse de l'esprit n'est pas supposable
chez un artiste de sa valeur. Il montre assez,
lorsqu'il se ressaisit, combien sa pensée fer-
tile est vibrante. Une intelligence jeune etmâle
le distingue. Il n'est donc pas douteux que,
laissé libre de choisir ses sujets, le sculpteur
se fut estimé heureux de cette prérogative.
Rappelons-nous que Le Brun, et après lui Mi-
gnard, quelque fûtleur talent, usaient de crayons
et de pinceaux. Tout ce que compose le peintre
est couleur, de même que la conception du
sculpteur est relief. L'unité décorative des
maisons royales au dix-septième siècle a cer-
tainement gagné à la direction d'un seul. Sous
ce rapport, le rôle de Le Brun n'a pas besoin |
d'être défendu. Mais combien de fois Goyzevox,
Girardon, les frères Marsy ont-ils dû regretter
d'avoir à modeler des compositions imposées
par le premier peintre ! Combien de fois Tac-
cent pittoresque les a-t-il gênés ! La sculpture
ART DÉCORATIF. — MAUSOLÉES 9&
a ses lois. Pour un statuaire, les enfreindre,
c'est se condamner. Or, le maître dont nous
écrivons la vie a respecté les lois essentielles
de son art. Traducteur d'une pensée de pein-
tre, il parle une langue sculpturale. Il la veut
majestueuse, éloquente quand l'occasion l'y
autorise, mais il est toujours sobre dans ses
élans.
On connaît l'ancien escalier des Ambassa-
deurs au château de Versailles, détruit en 1752.
La fontaine du premier palier avait été sculptée
par Tuby. Le buste de Louis XIV qui la sur-
montait est une œuvre de Coyzevox. La tête vit
et respire. Elle est exempte du caractère hau-
tain, trop souvent gravé sur les traits de ce
roi. Il dirige son regard calme et bienveillant
vers sa droite. Je ne sais quoi d'heureux en-
veloppe cette image. La grande chevelure du
souverain déroule ses ondes légères sur l'armu-
re dont elle cache en partie les surfaces rigides.
Le buste était au centre d'une baie simulée
à plein cintre, au sommet de laquelle avait été
modelé en demi ronde-bosse le masque radieux
d'^po/Zo7i. Des jets de lumière s'échappaient
de la tête du Soleil. Cet ouvrage, en bronze,
était également de Coyzevox. La devise royale
\\
100 ANTOINE COYZEVOX
Nec pluribus impar.eX la couronne dominaient
cette décoration que complétaient des guirlan-
des de lauriers, aux courbes élégantes, et dont
les extrémités retombaient comme des grappes
le long de la paroi de marbre. Ces festons,
Guillet de Saint-Georges l'affirme dans l'éloge
de Le Brun, étaient de Coyzevox. '
Deux trophées en bronze doré décoraient le
mur opposé au buste de Louis XIV. L'un ren-
fermait les Armes d'Hercule, groupées en une
panoplie formidable au centre de laquelle était
la massue du héros. Les Armes de Minerve
composaient le second trophée. Une cuirasse
aux fines écailles, sur laquelle s'attachait la
tunique de la déesse, répandait sur cette com-
position la grâce et la sérénité. Les mêmes
festons de lauriers, que Coyzevox avait sculp-
tés près du buste royal, déployaient leurs lignes
onduleuses et puissantes autour de ces tro-
phées.
D'après Guillet de Saint-Georges, Tuby aurait
été le collaborateur de Coyzevox dans ce tra-
vail 2. Une inscription relevée sur les planches
^ Mémoires inédits, sur la vie et les ouvrages des
membres de V Académie de peinture, t. I, p. 34.
.. Ibidem.
ART DECORATIF. — MAUSOLEES {Qi
de Suruguo, qui a gravé ces sculptures \ attri-
bue les deux trophées à Coyzevox ainsi que
récusson portant les Armes de France et de
Navarre^ placé entre les trophées, et exécuté
en bronze « sur les desseins de Le Brun. » -.
Au salon de la Guerre, un important bas-re-
lief en stuc décore la cheminée. Il représente
Louis XIV dans une sorte de triomphe. A che-
val, foulant aux pieds ses ennemis vaincus,
il a pour cortège la Victoire, la Valeur et la
Renorarnèe. L'Histoire médite le récit des
grandes actions du monarque.
Non loin de là, dans la grande Galerie , des
« chûtes de trophées de bronze doré », pour
nous servir d'un mot de LaMartinière, ornent
les grands trumeaux. La corniche du pour-
tour, très richement décorée, comporte vingt-
trois figures (ï Enfants. Tous ces travaux sont
de Coyzevox.
Au salon d'Apollon, la sculpture décorative
^ Catalogue des plarickes gravées composant le
fonds de la Chalcographie (Paris, 1881,in-8'>). N"^ 166S
à 1671.
- Les mots « sur les desseins de Charles Le Brun >»
soQt gravés au bas de la planche de Surugue portant
les N°=» 1(569 à 1371 [Catal. de la Chalcographie).
102 ANTOINE COYZEVOX
est presque entièrement l'œuvre du maître ^
Sur la balustrade de la Cour de marbre,
deux des dix-huit statues qui la décorent sont
de notre artiste : la Justice tenant la balance
et Tépée, et la Force drapée dans la dépouille
d'un lion, soutenant d'une main une colonne
pendant que l'autre agite une branche de
chêne -.
Dans la Cour d'entrée, dite autrefois Cour
des Ministres, un groupe de Y Abondance est
sculpté par Coyzevox. VAhondance pose le
pied sur une gerbe de blé ; près d'elle un
génie presse des raisins, un autre maintient
immobile sur le sol une figure de la stéri-
Tiiité 3.
Les jardins sont peuplés d'œuvres du sta-
tuaire. Le bosquet de TArc de triomphe com-
portait à l'origine trois fontaines. La fontaine
^ L. Dussieux, Le château de \'ersailLes, t. î, p.
155. « Les ornements de stuc, écrit Dussieux, en par-
lant de ce salon, ont été en géniTal exécutés par CaÊQéri.
<t la sculpture décorative par Coj'zevox. »>
- Piganiol de la Force, Description des chôteaiu:
et parcs de Versailles et de Marly (Paris, 1751, 2 vol.
in-i2, t. I, p. 17 et 18).
^ Notice du musée de Versailles, par End. Soulié
{Paris, de Mourgues, ISoO, 3 vol. in- 12, t. I. p. 1).
ART DECORATIF. — MAUSOLEE^ 103
de la France était décorée d'un groupe repré-
sentant la France assise sur son char au bas
duquel l'Espagne et l'Empire sont renversés.
Ce groupe qui subsiste encore est en plomb.
La figure de TEmpire est de Goyzezox ; les
deux autres appartiennent à Tuby.
Toutes les sculptures de la fontaine de la
Gloire, aujourd'hui détruite, avaient été faites
par le maître sur les dessins Le Brun. La fon-
taine de la Victoire, qui complétait cet ensem-
ble, était Touvrage de Mazeline. L'Arc de
triomphe, comprenant trois portiques de fer
doré et des ornements en plomb d'une grande
richesse, avait pour auteurs six statuaires au
nombre desquels se retrouve Coyzevox. Ce
merveilleux travail, décrit par Blondel et
gravé par Thomassin, a été détruit en 1801,
à l'exception du groupe de la France tynoni-
phante '.
Au bosquet de la Colonnade, Tartiste a scul-
pté plusieurs bas-reliefs représentant des Gé-
nies^ des Amoirrs et des Nymphes *.
' L. Dussieux, Le château de Versailles, t. II,
p. 239.
2 Eud. Soulié, Notice du Musée de Versailles, 1. 111,
101 ANTOINE COYZEVOX
Deux Vases de sept pieds de haut, en marbre
blanc, décorent les angles du grand Perron.
« Celui qui est à main droite, écrit Piganiol,
est de Goyzevox. Son bas-relief représente la
Victoire /^emportée sur les Turcs par les
secours que Sa Majesté envoya en Hongrie,
en 1664, et la soumission que l'Espagne fît à
la France à Toccasion de l'insulte reçue par
le comte d'Estrade, pendant qu'il était à Lon-
dres en qualité d'ambassadeur de Sa Ma-
jesté^ . »
Au Parterre d'eau, la Dordogne ayant près
d'elle deux urnes, symbole de ses deux
affluents, s'appuie sur un Amour ; la Garonne
tient un gouvernail; à ses pieds est un Amour
et une corne d'abondance. Le maître signe
ces deux œuvres.
Le 5 décembre 1694, il reçoit le solde d'une
somme de 39,247 livres 15 s. montant des
« ouvrages de sculptures qu'il a faits pour le
Roy et posés dans les jardins de Versailles de-
puis 1682 jusqu'à ce jour '. »
p. 51 G et L. Dussieux, Le chaleau de Versailles, t. II,
p. -263.
' Piganiol de la Force, Description de Versailles,
t. II, p. 6 et 7.
* Comptes des Bâtiments du Roi. — Archives natio-
nales, Reg. 0* 2179.
ART DECORATIF. — MAUSOLÉES 105
A ïrianon, le marbre du Languedoc des
pilastres et des chapiteaux, de môme que les
boiseries des appartements sont en partie
sculptés par l'artiste \
Les jardins de la Cascade de Marly lui doi-
vent huit groupes (ÏEnfants % et un Vase
qui, à lui seul, est paye 850 livres '\
A l'un des bassins du Tapis-Vert, il sculpte
Neptune irrité que porte un cheval marin ; un
triton sonnant de la conque accompagne le
dieu des mers. Un deuxième groupe décore
un autre bassin : il représente le Triomphe
dAmphitrite^ escortée d'enfants qui se dis-
putent un poisson. A la Demi-Lune, les sta-
tues de Flore au repos, de la Nymphe à la
Coquille sont signées de Coyzevox '. La
* L. Dussieux, Le château de VersailleSy t. H,
p. 319-320.
- Voyez Inventaire général des richesses d'art de la
France (Paris, Pion, en cours de publication)-. Archives
du Musée des Monuments français, t. I, p. o9.
^ Comptes des Bâtiments du Roi. — Archives na-
tionales, Reg. 0» 2185, -^IST, 2188. 2190. Voyez aussi
à la fin de ce travail, Œuvre du Maître.
^ Piganiol de la Force, Description de Versailles,
t. II, p. 275.
ANTOINE GOYZEVOX 106
Vénus de Mèdicis, dont nous parlons plus
haut, est dans la Salle verte \
A Sceaux, une statue de Fleuve est placée
dans une niche de rocaille -.
A Chantilly, l'artiste dresse dans le parc la
statue pédestre de Condé.
A Paris, rue du Grand-Chantier, le statuaire
décore de bas-reliefs la maison d'un fermier-
général \ Rue de Grenelle, il sculpte pour la
somme de « quatre cent dix-sept livres » la
cheminée du salon de « Hyacinthe d'Autecour,
aumosnier de la feue Reyne, abbé de Conque.»
auquel il est obhgé d'intenter un procès pour
obtenir paiement \ Prior, le poète anglais,
secrétaire d'ambassade à Paris, emporte dans
sa patrie son buste par Coyzevox qui, plus tard,
prendra place à l'abbaye de Westminster -.
Ainsi, cest un monde de statues, de bustes,
' Piganiol de la Force, Description de Versailles j t. Il,
p. 283.
- Biographie Michaud. — Article Coyzevox, par
Auguis.
^ Piganiol de la Force, Description de Paris, t. IV,
p. 365.
■' Nouvelles Archives de V Art français, {■^\\\^,V- ^^•
^ Les artistes français à Vétranger, par L. Dus-
sieux. Troisième édition (Paris, 1876, in-8% p. 272).
ART DKCOïxÂx jiF". — jimÂtj>.>OI^i>-crc> ivi
de bas-reliefs qui chaque jour s'accroît sous
la main puissante de l'infatigable sculpteur.
Cependant, nous n'avons pas fini d'énumérer
les œuvres de Coyzevox créées pendant la pé-
riode de sa virilité.
Nous l'avons vu occupé aux décorations du
fronton de l'église des Invalides. De 1693 à
1702, il sculpte pour le même édifice, la sta-
tue colossale, en marbre blanc, de Saint Char-
lemag'ne ^ les figures en pierre de Saint
Athanase et de Saint Grégoire de Nazianze -,
VAiige au casque qui surmonte la porte de la
chapelle de Saint Augustin % et il travaille
aux panneaux des voûtes \
Mais nous n'avons rien dit encore des mau-
solées sculptés par le maître.
En 1692,1e collège des Quatre-Nations rece-
vait le riche Tombeau du caj^dinal Mazarin.
Le monument est au Louvre. 11 est presque su-
perflu de le décrire. Qui n'a présente à l'esprit
la fiçrure asrenouillée du ministre de Louis XIV?
- Comptes des Bâtiments du Hoi, Reg. 0' 2191, 2103,
2195.
- Comptes des Bâtiments. Reg. 0^ 2lS7, 2189.
' Comptes des Bâtiments. Reg. 0* 2193.
• Comptes des Bâtiments. Reg. 0^ 2177,2187, 2189.
108 ANTOINE COYZEVOX
La tête est nue ; une main pose sur le cœur :
les lèvres vont parler. Le costume se déve-
loppe en plis abondants et sévères sur le mar-
bre noir du sarcophage ; derrière le cardinal,
un génie, nu, ailé, demi fléchissant sous le
poids d'un faisceau, écarte avec tristesse
ce signe désormais inutile de la puissance de
Mazarin ; à l'extrémité du tombeau, la barette
cardinalice et le manteau. Ce groupe est en
marbre blanc.
Adossée au soubassement, la Prudence
assise a sous son pied le globe. Un aviron et
un miroir autour duquel s'enroule une serpent
lui servent d'attributs. La Fidélité tient les
armes de France et la couronne ; sous les plis
de sa robe un chien s'est blotti. Entre ces deux
Vertus, la Paix s'est assise. Elle occupe la
place d'honneur. Elle semble garder la dé-
pouille de l'homme d'Etat. Ses tempes sont
laurées. Elle tient une corne d'abondance et
éteint la flamme d'une torche sur un bouclier
jeté à terre. Ces trois figures sont en bronze.
Au dessus du monument primitif étaient
placées deux statues de marbre servant de sup-
ports aux armoiries de Mazarin. L'une est la
Religion, enveloppée de longs voiles, assise,
ART DECORATIF. — MAUSOLEES 109
tenant sur ses genoux un édicule à forme de
temple. Elle lève les yeux vers le ciel. La cigo-
gne symbolique est à sa droite. L'autre est la
Charité. Un cœur enflammé est dans sa main
et son regard s'incline vers Tentant nu de la
misère, qu'elle entoure de son bras maternels
La plume est inhabile à rendre l'aspect et le
caractère du Tombeau de Mazarin. L'équilibre
des lignes et des plans, la cadence des grandes
masses, la juste opposition des marbres et du
bronze, l'alternance du nu et de la draperie, le
modelé savant, tour à tour élégant et serré,
toutes les ressources de l'art plastique, aux
mains d'an maître, sont ici déployées avec la
mesure, l'énergie, le goût qui distinguent le
génie.
Le Mausolée de Colhert n'est pas moins
heureux. On le voit dans l'église de Saint-Eus-
tache. Piganiol ne craint pas d'écrire que ce
monument est l'un des plus beaux de France.
Et Piganiol a raison. Le ministre est à genoux :
ses yeux étaient fixés sur un livre de prières
que tenait un ange placé devant lui. Le marteau
^ Voyez dans Pigauiol de la Force, Description de
Paris, t. VIII, p. 223-224, les inscriptions qui complé-
taient le monument de Mazarin.
110 A^'TOINE GOYZEYOX
révolutionnaire a brisé cette partie du monu-
ment. V Abondance et la Religion veillent sur
la cendre illustre de l'homme d^Etat.
Le Brun avait tracé le plan et donné les des-
sins de ce tombeau, que Goyzevox et Tuby ont
sculpté ensemble. La statue de Colbert et celle
de Y Abondance sont l'œuvre de Goyzevox \
On n'a pas oublié que Colbert et Le Brun
avaient été les protecteurs de l'artiste. Il leur
était redevable de ses premiers travaux dans
les Bâtiments du Roi, prémices de sa fortune et
de sa gloire. Mais Colbert était mort disgracié.
Louvois, honoré de la confiance du monarque,
combattait l'influence de Le Brun. Les faveurs
du ministre étaient pour Mignard. Le crédit du
premier peintre diminuait. L'heure était proche
où, dépouillé de ses fonctions officielles, iî
s'exilerait de Paris. Au milieu de ce conflit,
Coyzevox paraît avoir conquis l'estime de
Louvois. Nous avons dit quels travaux impor-
* Coyzevox était depuis longtemps familiarisé avec
les traits de Colbert. Mous voyons, en eflet, par les
procès-verbaux de l'Académie, que le 24 avril 1677,
Tartiste avait sculpté un buste du ministre. Les acadé-
miciens le trouvèrent si parfait qu'ils voulurent l'ac-
quérir de leurs deniers afin d'en faire hommage à
Colbert.
ART DÉCORATIF. — MAUSOLEES 111
tants lui étaient demandés au nom du Roi. Mais
la peur n'a pas de prise sur une âme élevée.
Colbert est mort, Le Brun a tracé pour lui le
plan d'un tombeau, Coyzevox, se souvenant
qu'il est l'obligé de Colbert, sculpte sans hési-
tation ce monument.
Dix ans plus tard, nous le trouverons à Saint-
Nicolas du Chardonnet donnant à Le Brun lui-
même le suprême témoignage de son attache-
ment.
Un jour de l'année 1683, Le Brun avait fait
lire à TAcadémie un acte de concession con-
sentie par le curé et les marguilliers de Saint-
Nicolas du Chardonnet (< d'une chapelle dans
Téghse dudit Saint -Nicolas ' ». Cette con-
cession n'avait pas été solKcitée par le premier
peintre dans un but exclusivement personnel :
il souhaitait que la chapelle de saint Charles
Borromée devint le lieu de sépulture des aca-
démiciens, et le jour où il informa ses confrè-
res de son projet, il les pria d'accepter pour
l'Académie le droit qu'il venait d'acquérir. Son
^ Voir Concession d'une chajjelle dans l'église Saint-
Nicolas du Chardonnet, pour servir de sépulture aux
membres de V Académie royale de Peinture, Pièces
justificatives. Doc. X.
H2 ANTOINE COYZEVOX
offre fut agréée. Il n'a pas dépendu de Le Brun
que les dynasties de nos artistes n'eussent au
milieu de Paris une sorte de Westminster ou
de Saint-Denis.
Ce rêve ne s'est pas réalisé, mais Le Brun
et sa femme Suzanne Butay ont été réunis
après leur mort sous les dalles de Saint-Nico-
las, près du tombeau que le peintre avait fait
élever à sa mère par le sculpteur Collignon.
Le buste du peintre est placé au pied d'une
pyramide. Deux cassolettes sont posées de
chaque côté. De petits Génies dont Tattitude et
les traits marquent la douleur, tiennent des
flambeaux renversés. A la base du monument,
la Peinture s'incline attristée ; pendant que la
Piété, ûère des vertus et des fondations charita-
bles de Le Brun, lève la tête et fixele regard sur
le buste dupeintre. Ici encore, Goyzevox sait être
original. L'ensemble du tombeau est d'une har-
monie remarquable. Les allégories de la Pein-
ture et de la Piété sont des figures achevées.
A Saint-Germain-des-Prés, l'artiste sculpte
le Tombeau du comte Ferdinand Egon de
Furstenherg , neveu du cardinal de ce nom \
^ Piganiol de la Force, Description de Paris, t. VIII,
p. 56.
ART DÉCORATIF. — MAUSOLÉES {{3
et la statue couchée, en marbre blanc, de
Jacques O'Rourske Coitsen, baron de Cour-
champs '. Aux Jacobins, il porte la statue de
Créqui'] à Saint-Roch, le buste de Le Nostre.
Nous ne pouvons suivre le statuaire dans
tous les actes de son existence laborieuse.
Pour quiconque sait les difficultés et les len-
teurs inséparables des travaux de sculpture,
l'activité du maître tient du prodige. Il semble
que sa main ait eu la promptitude de la pen-
sée. A nommer cet entassement d'oeuvres
signées par Coyzevox, on serait tenté de croire
qu'il n'avait qu'à commander pour que la ma-
tière, plus malléable que la glaise, revêtît sans
retard la forme qu'il avait rêvée.
' * Musée des Monuments français, par Alexandre
Lenoir (Paris, 1806, 6 vol. in-8% t. V, p. 69-70).
' C'est avec intention que, nous appuyant sur le
témoignage de Germain Rrice, nous parlons ici de la
statue du maréchal de Créqui. (Voyez Description nou-
velle de la ville de Paris, édition de 1706, t. I, p. 160).
De cette statue, il ne restait qu'un buste avec deux
bras, en 1806. (Voyez Musée des Mojiuments français,
t. V, p. 121). Aujourd'hui les bras ont disparu ; le buste
est à l'église Saint-Roch à Paris. (Voyez Inventaire
général des œuvres d'art appartenant à la ville de
Paris. Edifices religieux, t. I, p. lOi).
8
!i4 ANTOINE GOYZEVOX
On ne sera pas surpris, après ce que nous
venons de raconter, que Louis XIV et Louvois-
aient tenu Coyzevox en haute estime. Elevé
depuis de longues années déjà au rang des
(( officiers qui ont gages pour servir dans les
maisons royales » il reçoit à ce titre, nous
l'avons vu, deux cents livres par an, et à plu-
sieurs reprises ses honoraires sont doublés*.
Au premier janvier 1G94, il fut désigné en
même temps que Leclerc, Tuby et Verdier,
pour (( conduire l'Académie des Gobelins, po-
ser le modèle et instruire les estudians ' ».
Le maître, malgré ces travaux considéra-
bles, ne cessait pas d'honorer l'Académie de
• Nous croyons intéressant de donner ici le relevé
des sommes perçues par Coyzevox comme officier de
la Couronne de ^687 à J702. Ces chiffres ont été puisés
dans les Comptes des Bâtiments du Roi et sont abso-
lument inédits. Année 1687; 400 liv. (Reg. 0', 2159
2,164) 1688 ; 200 liv. rO» 2167) 1689; 200 1.(0' 2170) 1690 ;
200 1. (0^ 2172) 1691 ; 200 1. (G* 2173) 1692 ; 2001. (0' 2176)
1693; 2001. (0* 2178) 1694; 200 1. (0» 2180) 1696; 400
1. (0^ 2182, 2184) 1698 ; 200 1. (0^ 2186) 1699; 400 1. (0'
2188,2190)1700; 2001.(0' 2192) 1702; 400 l.(0« 2194.2196).
- Cette fonction nous a été révélée par les Comptes
des Bâtiments duBoi, Reg. G' 2181, folio 123, verso. Coy-
zevox recul pour le premier semestre i69i la somme de.
cent cinquante livres.
ART DECORATIF. — MAUSOLEES. Ha
peinture de sa présence. Nicolas Goustou, son
neveu, que Louvois lui avait donné pour colla-
borateur, fut reçu académicien le 29 août 1693.
Le récipiendaire prêta sernient entre les naains
de Goypel, recteur en exercice, mais Goyze-
vox, adjoint à recteur, assista Goypel en cette
circonstance. L'année suivante, il reçu le
titre de recteur \
Ses confrères le chargent avec Poerson de
porter leurs compliments de condoléance au
sculpteur Girardon à l'occasion de la mort de
Gatherine Duchemin, sa femme, peintre de
fleurs et académicienne 2. Enfin TAcadémie
impose au peintre Vivien, pour morceau de ré-
ception, les portraits au pastel de Goyzevox et
de Girardon ^ ; à Jacques Papelard, ceux de
Goyzevox et de Bon Boulogne % pendant que
* Voyez Procès-verbaux de V Académie de pein-
ture, séances des 25 septembre, 30 octobre et 29 dé-
cembre 1694. Cette charge lui est de nouveau confiée à
maintes reprises de 1696 à 1702.
- Voyez Procès-verbaux de l'AcadémiCf séance
du 27 septembre 1698.
^ Procès-verbaux de L'Académie^ séance du o juil-
let 1698.
^ Procès-verbaux de l'Académie, séance du 30 juil-
let 170L
116 ANTOINE COYZEVOX
François Joiivenet est élu sur « le talent des
portraits » du maître et de Houasse qu'il pré-
sente à la Compagnie le 25 juin 1701. ^
Le statuaire avait pris part au Salon de 1699.
Le buste en bronze de Louis X/F, ceux de
Marie-Thérèse, du Grrand DoAiphm, et un
Portrait de femme avaient rappelé son nom
aux visiteurs de la seconde exposition fran-
çaise, ouverte dans la grande Galerie du Lou-
vre, du 2 au 22 septembre.
Il y avait alors un peu plus d'une année que
Coyzevox, quittant la colonie des Gobelins,
avait obtenu un logement au Louvre. Le bre-
vet qui lui accorde cette faveur est daté de
Versailles le 27 avril 1698 ^ Les Illustres, —
c'est ainsi que Germain Brice désigne les ar-
tistes « logés sous la grande Gallerie » — les
Illustres qui avaient précédé Coyzevox dans
son logement étaient : Bourgeois, Lherminot
et Baudet ^
^ Voyez dans les Proces-verbaux de l'Académie y
oelui de cette séance, h laquelle assiste Coyzevox.
- Vo3^ez Brevet de Logement sous la grande Galerie
du Louvre accordé à Antoine Coyzevox. — Pièces
justificatives. Doc. XI.
' Bourgeois avait pris possession de ce logement
ART DECORATIF. — MAUSOLEES. 117
Le maître ne dut pas se séparer sans regret
des Gobelins. A la vérité, Le Brun, qui Ty
avait appelé vingt ans auparavant, était mort,
et plusieurs des amis de Coyzevox avaient
suivi le peintre dans la tombe, mais notre ar-
tiste pouvait-il oublier que ses plus belles an-
nées s'étaient écoulées aux Gobelins ? Naguère
encore trois enfants étaient nés à son foyer,.
Jean-Antoine », Martial - et Antoine-Jules ^
Celui-ci mourut âgé de quelques mois. On se sou-
vient que Claude-Suzanne, l'aînée des enfants
de Coyzevox était également morte très-jeune.
En prenant possession de son logement au
Louvre, l'artiste était entouré de dix enfants.
Quant à la nièce du statuaire, Léonore
Goustou, que le maître avait prise dans sa mai-
son, il l'avait mariée avec un artiste de la co-
lonie des Gobelins, François-Alexis Francin,
sculpteur du Roi. Cette union datait du 12 jan-
eu 1608, Lherminot en 1663, Etienne Baudet en 1694.
(Voyez Nouvelles archives de Vart français, année
1873, p. 127).
' Né le 24 mars 1693.
- Né le H novembre 1694.
' Né en 1695, mort le 9 mars 1696. C'est donc à tort
que Jal lui accorde deux ans de vie. II vécut moins d'un
an. (Vo3'ez Dictionnaire critique, p. 451).
il8 ANTOINE GOYZEVOX
vier 1693 \ A peine marié, Francin, emme-
nant sa jeune femme, alla s'établir à Stras-
bourg. Pendant ce temps, Nicolas Coustou
obtint de rejoindre Goyzevox aux galeries du
Louvre -^ et, peu après, la femme de Francin
revint à Paris avec trois enfants. Son mari,
retenu peut-être par son travail, continuant de
vivre à Strasbourg, elle alla demeurer chez
Coustou ^
Ainsi, les proches de Goyzevox ne cessaient
de graviter autour de lui. L'homme serviable
et recherché des siens n'est-il pas trahi par
cette assiduité qui l'honore ?
^ Voyez Acte de mariage de Léonore Coustou, nièce
de Coyzevox avec François-Alexis Francin. Pièces jus-
tificatives. Doc. XIII.
- Nicolas Coustou vint demeurer au Louvre le \ k
juin 1703.
^ .Nous avons la preuve du séjour prolongé de
Francin à Strasbourg par l'acte de décès de sa fille
-Marguerite. Cette enfant étant morte à Paris le 23 sep-
tembre 1710, elle fut inscrite sur son acte d'inhumation
« fille du sieur François Francin, sculpteur à Stras-
hourc (sic). (Voyez Jal, Dictionnaire critique, p. 609).
FIGURES EQUESTRES
1702-1712
SOMMAIRE
Le monument de Louis XIV commandé par les Etats de Bretagne.
— Son histoire. — Une lettre de Coyzevox. — Description du
monument. — Coyzevox. animalier. — Les Chevaux ailés de Marly.
— Le marbre sous le ciseau de Coyzevox. — Mot de Mariette. —
« Ces deux, groupes ont esté faits en deux ans. » — Témoignage
de Fermelhuis sur le soin qu'apportait Coyzevox dans l'étude du
cheval,' — •< Il était docile avec beaucoup de lumières. » — Coyzevox
élu directeur de l'Académie. — La légende d'Hercule. — Les mor-
ceaux de réception de Nicolas Bertin, Sarrabat, Jacques Gazes, De
Fer. — Le portrait de Lerambert. — Pierre Drevet et Jean Au-
dran, agréés par l'Académie. — Guillaume Coustou, neveu de
Coyzevox, reçu académicien sous son directorat, — Le salon de
1704. — Le portrait de Coyzevox par Rigaud. — Comment fut
exécuté par le maîtae le buste de Marie Serre, mère de Rigaud. —
Description de cet ouvrage. — Buste du Duc d'Aiitin. — Coyzevox
frappé d'apoplexie. — Il se rétablit. — Il sculpte, pour l'abbaye
de Royaumout, le Tombeau de Henri de Lorraine, comte d'Harcoart.
— Monument de Nicolas de Bautru, marquis de Vauhrun pour la
chapelle de Serrant. — Monument de Mansart à Paris.— Coyzevox à
Marly. — La Seine et la Marne — Hamadryadc et enfant — Flore et
l'Amour. — Berger jouant de la flûte. — Louis XIV dans l'atelier du
maître. — Charle.s, Pierre et Jean Coyzevox. — L'artiste sculpte
le Rhône pour les jardins de Saint-Cloud. — La statue delà Duchesse
de £ourgoyiie, commandée par le Duc d'Antin.
Si l'existence de Coyzevox est remplie par
un labeur sans trêve qui semble dépasser par-
120 ANTOINE GOYZEYOX
fois les forces de Thomme, du moins Tartiste
nous est-il apparu depuis trente années, com-
blé de travaux et d'honneurs. Ses succès se
renouvellent à chaque œuvre qu'il achève. Il
est le sculpteur de la Cour. La politique ne l'a
pas atteint. Louvois, Yillacerf et Mansart ont
pour lui les mêmes attentions que Colbert. II
est vrai, nous n'avons rien dit encore de la
statue triomphale de Louis XIV ordonnée à
Goyzevox en 1685 par les États de Bretagne, et
qui ne devait être inaugurée à Rennes qu'en
1726, c'est-à-dire six ans après la mort du
statuaire. Pendant trente-cinq années, ce mo-
nument fut pour l'artiste une source d'ennuis
et de déceptions.
Essayons de raconter cette histoire.
Les États de Bretagne étant assemblés à
Dinan, Sébastien de Guémadeuc, évêque de
Saint-Malo, proposa le 6 août 1685 que la sta-
tue du Roi fut érigée dans l'une des princi-
pales villes de la province. Le duc de la Tré-
moille appuya cette motion que les Etats ac-
cueillirent avec empressement. Aussitôt, Louis
XIV fut instruit du projet par une lettre du
duc de Ghaulnes, gouverneur de Bretagne. Le
duc priait le Roi do désigner la ville où devait
FIGURES EQUESTRES 121
être placé le monument. Le Roi fit choix de la
ville de Nantes, « tant à cause du pont où la
statue pourra être mise avec décence, qu'à
cause de l'abord considérable de toutes les
nations tant par terre que par eau. » Ce sont
les termes de la lettre royale datée de Ver-
sailles le 15 août '.
Un marché est passé devant maître Savalete,
notaire à Paris, le 9 juin suivant'* entre les
députez des États de la cour et le sieur de
Goyzevox. » Le prix du travail est fixé à qua-
tre-vingt dix milles livres -.
Quatre ans après, la statue équestre et les
bas-reliefs sont terminés. Le sculpteur espère
se séparer de son œuvre. Mais le piédestal
n'est pas construit.
Deux années s'écoulent avant que le « devis
des ouvrages de marbre et de bronze » néces-
saires à la décoration du piédestal soit dres-
sé \ Pendant ce temps, le monument de-
' Voyez la lettre du Roi au tome V, p. 316 de la
Commune et la Milice de Nantes, par Camille Melli-
nel (18-tl,in-8''j.
* Voyez la décision prise par les États le 22 octobre
1687. Archives de l'art français, t. V, p. 227-228.
^ Cette pièce porte les dates des 21 et 23 mai 1692.
Archives de l'art français, t. V^ p.230-?.il.
122 ANTOINE GOYZEVOX
meure à Paris renfermé dans quelque atelier,
sous la garde de son auteur. Un jour, les États
passent un marché avec le sieur Reuzé, voitu-
rier d'Orléans, pour le transport du bronze.
Ce doit être l'indice d'une solution prochaine.
Vain espoir. Les États ne donnent pas suite à
leurs conventions, et le 31 octobre 1695, ap-
pelés à statuer sur les » mémoires et préten-
tions du sieur Gos vaux, sculpteur, et du nommé
Reuzé, voiturier d'Orléans, » ils décident
« que ledit Gosvaux sera payé, tant pour le
passé que pour l'advenir, à raison de trois
cents livres par an, pour dédommagement du
lieu où il faict garder la statue équestre du
R.oy. » Quant à Reuzé, son marché est rompu
moyennant un dédit de mille livres payées
comptant '.
Il faut attendre ensuite dix-huit ans, pendant
lesquels Coyzevox ne put rester silencieux.
Déjà, en 1709, fort de l'appui du Roi, il récla-
mait aux États le paiement d'une dette qu'on
avait trop tardé à lui solder'. Mais c'est seu-
' Voyez Archives de l'art français^ t. V, p. 230-
241.
- Extrait des procès-verbaux des Délibérations des
Etats.
FIGURES ÉQUESTRES 12?
lement en 1713 que les pourparlers furent re-
pris, touchant le transport de l'ouvrage. Un
mémoire du statuaire, adressé à M. de Valin-
cour, donne un aperçu des dépenses que né-
cessitera cette opération. La même pièce nous
apprend en outre que le monument doit être
érigé, non plus à Nantes, mais à Rennes '.
L'artiste aj-ant demandé que Ton préparât le
massif de maçonnerie sur lequel sera posée
la statue, le départ de Pœuvre fut de nouveau
retardé.
Enfin, en 1715, quelques semaines avant la
mort de Louis XIV, son image triomphale prit
le chemin de la Bretagne. Un nouveau docu-
ment nous informe que le sculpteur dut « faire
faire des ouvertures tant dans le mur de son
attelier que sur la couverture et charpente qui
est sur led. ouvrage » pour sortir son bronze
colossal *. Il parvint à Nantes, par la Loire,
^ A7'chives de l'Art français, t. v. p. 244.
- Voyez, mémoire pour Antoine Coyzevox présenté
à nosseigneurs les députez des Etats de Bretagne.
Archives de Vart français, t. V, p. 247. Les dimensions
de la statue, assise sur le cheval, mesurée depuis les
pieds jusqu'à la sommité de la tête étaient de onze
pieds; celles du cheval depuis les pieds jusqu'au gar-
rot, de neuf pieds environ. Le piédestal avait douze
1!
124 ANTOINE COYZEVOX
le 26 octobre^ . On rendit compte à Goyzevox
de rétat dans lequel avaient été trouvées les
diverses parties dumonument. Goyzevox répon-
dit le 26 décembre par la lettre suivante que
nous publions en entier. L'extrême rareté des
autographes du maître, à défaut des renseigne-
ments précis que contient cette pièce, suffirait
à marquer sa place dans notre écrit. Datée de
Paris, la lettre du statuaire fut sans doute
adressée au procureur-général, syndic des
États. En voici le texte :
« Monsieur,
u J'ay fait faire le débarquement de la statue
équestre du roy et de tout ce qui en dépend
sur le quayde la Bource à Nantes, comme j'y
estois obligé. L'ouvrage a esté conservé et livré
sain et entier, et en bon estât, malgré les
risques de l'embarquement et débarquement,
pieds de longueur, sept de largeur, dix de hauteur. Il
était revêtu de deux bas-reliefs enbron/e de sept pieds
de longueur* sur quatre pieds quatre pouces de hau-
teur. Voyez Mémoires historiques relatifs à la fonte et
('i l'élévation de la statue équestre de Henri IV, par
Gh. J. Lalohe (Paris, lRi9, in-8°, p. 2o9-260).
' Voyez Etat des marbres et bronzes qui composent
la figure équestre du Roy, lo)'s de C embarquement.
Pièces justilicative s. Doc. XIV.
FIGURES EQUESTRES 125
comme il paroist par le certificat que M. de
Laurencin en a donné et dont je vous envoyé
cy joint une copie. Cependant monsieur de
Montaran m'a fait l'honneur de m'écrire qu'il
ne pouvoit pas me payer les mille livres, qui
me sont deus de reste sur ce marché, sans un
ordre de nosseigneurs les Estats de Bretagne,
et la raison qu'il m'en donne est fondée sur ce
que monsieur de Laurencin dans le certificat
qu'il m'a donné a marqué qu'il y avait dix
petites écornures dans le marbre blanc et qu'il
marque même estre de peu de conséquence ;
j'ay recours à vous, monsieur, pour vous prier
de vouloir bien présenter à nosseigneurs les
Estats de Bretagne la requeste cy jointe par
laquelle je leur demande qu'ils ayent la bonté
d'ordonner que je sois payé des mille livres
qui me sont deus. J'espère, monsieur, que vous
voudrés bien me rendre ce service ; quand aux
écornures dont M. de Laurencin parle dans ce
certificats, ce ne sont que des égrenures de
peu de conséquence, comme M. de Laurencin
le marque luy même, et je puis vous assurer
que, lorsque l'ouvrage sera mis en place, ces
égrenures se trouveront en dedans du massif
ou en des endroits où elles ne paroistront
126 ANTOINE COYZEVOX
jamais, et d'ailleurs c'est si peu de chose
que elles ne vont pas chacune à une ligne au
plus. C'est étonnant même, monsieur, que
depuis près de vingt cinq ans que j'ay esté
chargé du soin de conserver cet ouvrage, et
de le transporter à Nantes, qu'il y soit arrivé
en aussi bon estât. Ainsy, monsieur, j'espère
que nosseigneurs les Estats me rendront jus-
tice si vous voulés bien leur représenter et
appuyer mes raisons ; c'est une obligation
nouvelle que je vous auray.
(( Je suis avec un profond respect, monsieur,
votre très humble et obéissant serviteur,
COYZEVOX. »
'( Je vous prie, monsieur, d'avoir la bonté
de me faire un mot de réponse. Mon adresse
est rue du Chantre, près le Louvre.
« Pour exécuter vos ordres j'ay fait partir
mes gens dans le temps que vous me le mar-
quattes, et ils ont esté deux mois à Nantes
trop tost, ce qui m'a cousté beaucoup. Si vous
aviés la bonté de le représenter à nosseigneurs
les Estatsjedevrois avoir quelque récompense
pour m'en dédommager. »
Coyzevox avait soixante-quinze ans quand il
FIGURES EQUESTRES 127
écrivit cette lettre. On ne paraît pas avoir pris
garde à son grand âge pour hâter la pose de
la statue et l'en faire responsable. Ce n'est que
le 6 octobre 1720, cinq jours avant la mort du
statuaire, que Mellier, maire de Nantes, provo-
que une délibération tendant à ériger à Nantes
la « statue équestre du feu roy de très-glo-
rieuse mémoire » afin « qu'un monument aussi
précieux ne reste pas davantage enseveli sous
l'hangard où il a été déposé sur le port au vin
de cette ville ' ». Démarches tardives et inu-
tiles. Saint-Malo aélevéles mêmes prétentions
que Nantes. Rennes ne veut pas se dessaisir
de son droit sur l'œuvre de Goyzevox. Un
incendie dévaste la ville de Rennes en 1721.
On relève la cité sur un plan nouveau ; la place
du Palais paraît digne de la statue de Louis
XIV. On la fait sortir de son « hangar » en
février 1726 et on l'érigé le 6 juillet '.
En costume romain, la poitrine couverte
d'une cuirasse richement ornée, le bâton de
commandement dans une main, Louis XIV à
' Extrait des registres du greffe de l'Hôtel de Ville
de Nantes.
^ Archives de Vart français, t. V_, p. 256-260 pas-
si7n.
128 ANTOINE GOYZEVOX
cheval tourne le regard vers sa droite. Une
abondante perruque couvre la tête et tombe
sur le manteau du triomphateur. Ce détail, dont
Coyzevox ne pouvait s'affranchir, n'est pas
heureux. La perruque bouclée est en dé-
saccord avec l'armure ; elle est sans rapport
avec le nu des bras et des jambes. La perru-
que est un accessoire qui ne choque pas avec
le tricorne orné de plumes et Thabit de velours
ou de satin. Rapprochée du costume sévère
des anciens capitaines, si tempérée que soit la
sévérité d'un tel costume, le nombre et la ri-
chesse des ornements, la perruque déplaît.
Mais n'oubhons pas que la statue de Louis XIV,
héroïque dans la pensée de ceux qui l'ordon-
nent, est l'image d'un prince vivant, le plus
connu de l'Europe. A ce titre, le caractère
iconique s'impose au statuaire. C'est un por-
trait grandiose, idéalisé, resplendissant, qu'il
doit modeler, mais c'est avant tout un portrait.
Cette condition posée, Coyzevox a traité la tête
de son modèle avec le talent de portraitiste
dont il avait donné tant de preuves éclatantes.
Le visage — tel que le représente Thomassin,
qui a gravé l'œuvre du sculpteur — est d'une
vérité remarquable. Quant à la cuirasse, au
FIGURES EQUESTRES \29
manteau, à la selle du cheval, ornée de houp-
pes et de glands entre lesquels alternent le
masque du soleil et la fleur de lys, l'artiste s'est
joué de la glaise et du bronze en reproduisant
ces objets. Pas plus que la perruque adroite-
ment fouillée ne pesait sur la tête du monarque,
le manteau n'alourdit les épaules. Il flotte avec
la légèreté de l'étoff'e derrière le cavalier, mais
Coyzevox a pris soin d'en contenir les plis afin
que leur développement fût sans préjudice
pour le cheval. Avec une entente moins ha-
bile de la composition, Tartiste eût laissé le
manteau tomber comme une sorte de housse
sur la croupe de l'animal. Au contraire, la
croupe est entièrement découverte ; de même,
la selle courte et étroite laisse visible le flanc
de la bête. Dans cette partie du travail, Coyze-
vox a droit aux plus grands éloges. La force
et la souplesse distinguent le cheval sorti de
ses mains. L'allure est puissante et apaisée. La
courbe du garrot, la saillie de l'os frontal, la
mobilité des narines, les veines légèrement
gonflées de Tavant-bras, du ventre et des cuis-
ses, les lignes onduleuses et fermes qui de
l'oreille se déroulent jusqu'à la croupe, les
crins abondants et soyeux révèlent chez l'ar-
tiste un animalier de premier ordre. 9
130 ANTOINE COYZEVOX
Deux bas-reliefs complétaient le monument.
Dans le premier, placé sur la face latérale
droite du piédestal, le sculpteur a représenté
la France assise sur le char de Neptime, traîné
par des Tritons et parcourant les mers. Un tri-
dent lui tient lieu de sceptre, et des Génies, les
ailes déployées, s'apprêtent à poser des cou-
ronnes sur sa tête. Le second bas-relief, c'est
Coyzevox lui-même qui l'a dit, représente « le
Roy, assis sur son trône dans la galerie de
Versailles, où il reçoit les Siamois, Indiens et
Chinois, lesquels sont tous envoyez par les
costes de Bretagne \ » C'est le 1" septem-
bre 1686 que l'ambassade de Siam fut reçue
par Louis XIV. a Les portraits ressemblants de
tous les seigneurs de la cour et des ministres
qui accompagnaient le Roy, écrit Fermelhuis,
témoignent combien cette audience dut parai-
* Ai'chives de V art français, t. V, p. 234.— Passeron
pai'ait ne pas s'être douté que Coyzevox a représenté
dans ce bas-relief l'audience du roi de Siam. (Voyez
p. 126 de la Revue du Lyonnais de {^"io, Notice sur An-
toine Coyzevox). L'auteur du livret du Musée de Rennes
omet également cet important détail dans la désigna-
tion du bronze conservé au Musée. (Voyez Catalogue
du Musée de laville de Rennes — Rennes, 1 871 , in-12. —
p. o7).
FIGURES ÉQUESTRES 131
tre auguste à tous ces étrangers dont les rois
ne se communiquent pas même à leurs sujets,
et celuy du sculpteur est une preuve que par sa
présence il eut occasion de remarquer toutes
les circonstances de cette célèbre assemblée,
parmi lesquelles on en peut observer une sin-
gulière : c'est la représentation d'un tableau
qui était dans la salle, où l'on voit le Mariage
de Louis XIÏ avec Anne de Bretagne, qui fit
passer cette province sous la domination de
la France *. »
Fermelhuis omet de dire que la scène mo-
delée par l'artiste comporte, indépendamment
de l'ambassade siamoise, les députés de la Bre-
tagne présentant à Louis XIV le projet de
statue équestre dont Mansart et Goyzevox dé-
roulent le plan sous ses yeux '.
Ces bas-reliefs encastrés dans le piédestal
de la statue ont survécu à la destruction du
monument. On les voit aujourd'hui au Musée
de Rennes. Leur exécution brillante, le choix
et le fini des détails sont appréciés de tous les
critiques.
' Eloge, p. 14.
2 Voyez Méinoires historiques relatifs à la statue de
Henri /F, par Gh. J. Lafolie, p. 260.
l^i ANTOINE COYZEVOX
Est-il besoin de rappeler que le bronze de la
place du Palais subit en 1792 le sort de toutes
les statues royales ? La figure de Louis XIV,
enlevée la première, fut reléguée dans l'église
de Saint- Germain de Rennes '. Le cheval,
dont la valeur plastique avait peut-être frappé
quelques esprits, fut conservé sur son pié-
destal comme un symbole de liberté. Mais de
jeunes Lorientais, revenant de la fête de la
Fédération, ameutèrent la populace contre ce
débris de monument. Peu après, une pétition
populaire demandait que le bronze de Coyze-
vox disparût et fût converti en canons. A l'ar-
rivée de Carrier dans la ville de Rennes, le
cheval et la statue furent brisés *.
Le sculpteur s'était manifesté comme ani-
malier dans une autre occasion. On connaît le
Mercure et la Renommée montés sur des che-
* Le monument n'avait pas été fondu d'un seul jet,
comme l'ont avancé certains historiens. Nous en avons
!a preuve dans « l'état des marbres et bronzes qui com-
posent la figure équestre du Roy » cité plus haut. Trois
bateaux avaient servi au transport de Paris à Nantes :
la statue de Louis XIV était dans l'un et le cheval dans
un autre.
^ Voyez Mémoires histo7iques relatifs à la statue de
Henri IV ^dx Ch. J. Lafolie, p. 260.
FIGURES EQUESTRES 13^
vaux ailés. Ces deux œuvres décorent rentrée
du jardin des Tuileries sur la place de la Con-
corde.
Assise sur un cheval emporté, la Renommée
a les jambes repliées sur le flanc gauche de sa
monture. Sa tête est laurée. Une branche de
laurier dans la main gauche, elle tient de l'autre
la trompette des batailles, dont elle sonne en
se retournant comme le ferait un hérault d'ar-
mes pour entraîner au combat. Une tunique
légère couvre la déesse. La poitrine et les
jambes en partie découvertes donnent à cette
messagère alerte la légèreté des amazones
antiques. Une chaîne disposée comme un bau-
drier fixe une draperie flottante sur Tépaule
droite. Un tronc de palmier entouré d'armes
sert de support au cheval.
Monté sur Pégase, Mercure, nu, les pieds
chaussés detalonnières, a dans une main la
bride de l'animal. Sur son petase ailé sont
sculptés un béher et une étoile. Une écharpe
retenue sur l'épaule flotte derrière le dieu
qui, le bras levé, tient au-dessus de la tête de
son cheval un caducée, symbole rassurant de
la prospérité publique. Des outils et des armes-
finement travaillés, emblèmes de l'industrie
134 ANTOINE COYZEVOX
nationale, disposés en trophée autour d'un
tronc d'arbre, servent de point d'appui.
La paix et la guerre, également glorieuses
sous le règne de Louis XIV, sont rappelées
avec art dans l'un et l'autre de ces groupes.
L'allure des deux chevaux est la même, mais
celui de la Renommée n'a pas de rênes, il vole
en liberté : ainsi Coyzevox a-t-il adroitement
figuré les hasards de la guerre. Pégase, au
contraire, est dompté ; Mercure le maintient et
le guide. La paix, le travail, la richesse redou-
tent les surprises '.
Dire le mouvement, la vie, le naturel, le
style de ces deux groupes est une tâche su-
perflue. Le maître, en les sculptant, s'est joué
de la matière. La hardiesse des lignes, l'élan
des personnages enlèvent toute pesanteur au
marbre. Les coursiers fantastiques que mon-
tent la Renommée et Mercure ont à peine dé-
ployé leurs ailes, et cependant ils paraissent
impondérables. Ce sont des êtres aériens. S'ils
ont posé le pied sur notre sol, ils n'ont voulu
sans doute que donner aux hommes la vision
tangible et momentanée de leur vol divin.
^ Ce groupe, reproduit en bronze, est conservé à la
Grune Gewolbe à Dresde.
FIGURES KQUESTRES 135
« Chacun de ces groupes est d'un seul bloc
de marbre de douze pieds de haut, sans qu'on
ait été obligé d'y rien ajouter, non pas même
pour la trompette de la Renommée qui a été
épargnée avec une attention infinie '. » C'est
Piganiol qui donne ce détail. De son côté,
Mariette est tout à l'éloge : « C'est un miracle
pour le travail du marbre, dit-il. C'était la par-
tie de Coyzevox ^ »
Exécutés pour les jardins de Marly, ces
groupes furent placés à l'extrémité des Nap-
pes. La pose de la Renommée eut lieu en pré-
sence du Roi le 2 août 1702, et six jours après,
le monarque présidait à la pose du Mer-
cure ^. Le 7 janvier 1719, ils furent trans-
portés à Paris \
Les Comptes des Bâtiments nous révèlent
que Coyzevox reçut pour ces ouvrages 38,450
* Piganiol de la Force, Description de Pa7ns, t. II,
p. 383.
- Abecedario de P. J. Mariette publié par MM. de
Chennevières et A. de MoQtaiglon (Paris, Damoulin
4862, 6 vol. in-8) t. II, p. 37.
■^ L. Dussieux, Le château de Versailles^ t. II, p.
38o.
* Piganiol de la Force, Description de PaHs, t. Il,
p. 383.
136 ANTOINE COYZEVOX
livres '. Lui-même a pris soin de nous ap-
prendre combien de temps il mit à son travail.
Sur la plinthe du Mercure, près du millésime
1702 est gravé : (< Ces deux groupes ont esté
faits en deux ans ».
Cette inscription n'a pas, comme on pour-
rait le penser, le caractère d'un défi. Si nous
en croyons certains mots de Fermelhuis, il ne
faudrait voir dans cette phrase qu'une sorte
d'excuse. « Soit que Timagination de Coyzevox,
écrit son biographe, fatiguée par l'assiduité
d'un travail si rapide n'y vit plus les beautés
qu'on y découvre au premier coup d'œil, soit
qu'il craignît de n'avoir pas eu assez de loisir
pour étudier un si grand ouvrage, il ne fut
point content jusqu'à ce qu'il eût donné de
' Voici le décompte de cette somme, tel que nous
le relevons sur les Compter des Bâtiments. Registre 0',
2193, le 30 janvier 1701 ; 1000 1. ; le 7 mars : 1500 1. ;
du 24 avril au 27 novembre : quinze paiements de
750 1. chacun, soit 11250 1. — Registre 0', 2195, dd 11
décembre 1701 au 26 mars 1702, six paiements de 7501.
chacun, soit 4500 1. ; du 19 avril au 17 décembre 1702,
treize paiements, savoir huit de 1050 1., trois de 10001.,
deux de 500 l, soit 12400 1. — Registre 0', 2201, du
18 janvier au 21 septembre 1703, quatre paiements,
savoir: deux de 3000 1 , un de 1000 l., un de 800 1.,
soit 7800 livres.
FIGURES EQUESTRES 137
nouveaux soins à composer les quatre grou-
pes posés aux deux bouts de la Rivière de
Marly ' )> .
Cette conscience de l'artiste ne nous étonne
pas. Coyzevox avait soixante-deux ans quand
il exécuta ces deux ouvrages. Mansart le pres-
sait. Chaque semaine, Louis XIV venait à Marly
et ordonnait quelque embellissement. Il fallait
se hâter. Un monde d'artistes exécutait les or-
dres de Mansart. Coyzevox dut souffrir de tant
d'impatience. L'art vit de recueillement. Quoi-
qu'il en soit, la main du statuaire a secondé sa
pensée. Ses groupes improvisés ont le style,
l'aspect, la valeur des œuvres lentement
mûries.
Au surplus, c'est de longue date que le maî-
tre s'était rendu familières les proportions du
cheval. L'application qu'il avait mise à étudier
cet animal impétueux et fier plaçait notre ar-
tiste au premier rang lorsqu'il s'agissait de
statues équestres. Le seul témoin de sa vie
que nous puissions interroger est explicite sur
ce point. Parlant du monument de Rennes,.
« On reconnaîtra, dit-il, les soins assidus qu'il
' Eloge, p, 4.
138 ANTOINE GOYZEVOX
prenait pour découvrir les beautez de la nature
dans les prodigieuses études qu'il lit pour la
figure en bronze du roy Louis XIV qui lui fut
ordonnée en 1686 par les États de Bretagne. Il
eut attention non-seulement de se faire ame-
ner seize ou dix-sept des plus beaux chevaux
des écuries du roy pour réunir dans le sien
les beautés qui se trouvaient dispersées entre
eux; mais plusieurs des plus habiles écuyers
m'ont rendu témoignage qu'il les avoit consul-
tés maintes fois pour profiter de leurs avis,
tant sur les plus beaux mouvements des che-
vaux que sur les attitudes les plus nobles de
ceux qui les montent, car il étoit docile avec
beaucoup de lumières. Il poussa encore plus
loin cette étude par la dissection de plusieurs
parties de chevaux pour y développer les res-
sorts des os et des muscles, afin de ne rien
produire qui ne fut fondé sur des principes
certains *. »
Ces grandes recherches dans le domaine de
la nature, Goyzevox a su les apphquer en hom-
me supérieur. Un statuaire de notre temps a
dit d'un de ses devanciers : « Rude a aimé la
* Fermelhuis, Eloge, p. 12-13.
FIGURES EQUESTRES 139
nature autant qu'on puisse Taimer et il l'a
connue en savant et en artiste il voyait
plusieurs choses dans son modèle : le modèle
lui-même, son sujet et son art' ». Nous ne
pourrions mieux dire de Coyzevox : le modèle
est pour lui l'alphabet dont il épèle chaque
lettre ; son sujet empHt sa pensée et l'enivre ;
son art est la règle dans laquelle il se meut
avec la discipline et le goût qui sont la lumière
du génie.
Quelques jours avant la pose de la Renom-
mée dans les jardins de Marly, l'Académie, en
sa séance du 24 juillet 1702, avait élu Goj'ze-
vox Directeur, à la place de Charles de La
Fosse ^ Le maître remplit cette charge jus-
qu'au 30 juin 1705, où Jean Jouvenet lui suc-
céda \ Durant cette période, il prit part à tous
les actes de l'Académie.
* Le Salon de 1881, par M. Eugène Guillaume,
membre de l'Institut, Revue des Deux Mondes^ livrai-
son du 1er juin 1881, p. 677.
- « Il fut eslu )' dit le procès-verbal « à la pluralité
des voix ».
^ Voyez les registres inédits des Procèe-Yerbaux
de VAcadéinie de Peinture conservés à l'Ecole des
Beaux-Arts, la publication de ces précieux manuscrits
étant actuellement arrêtée à l'année I70i. La charge
140 ANTOINE COYZEVOX
L'une de ses prérogatives étant d'indiquer
aux candidats le sujet de leur morceau de ré-
ception, il emprunta de préférence ses ta-
bleaux à la légende d'Hercule, comme si l'ex-
pression de la force lui eût semblé une sauve-
garde pour notre école.
Avait-il le pressentiment du siècle de Wat-
teau?
A Nicolas Bertin, il demande un Prométhée
délivré par Hercule \ à Sarrabat, Hercule
délivrant Hé siojie'*- , à Jacques Cazes, Z^ Cora-
bat d'Hercule et d'Achéloils \ au sculpteur
De Fer, Hercide e?ichamant Cerbère *. Il
dictera de même la composition que doivent
exécuter Van Schuppen ", Pierre Saint-
Yves s Du Lin ', Gaspard Du Change ». Il
de Directeur avait
été continuée à Coyzevox le 14 juil-
let 1704.
* Voyez séances
du 30 décembre 1702 et du 28
avril 1703.
2 id.
30 décembre 1702 et 31 mars 1703.
3 id.
30 décembre 1702 et 28 juillet 1703.
* id.
5 mai 1703.
= id.
26 janvier 1704.
6 id.
30 août 1704.
T id.
27 septembre 1704.
« id.
même date^
FIGURES EQUESTRES 141
reçoit le serment de Poirier ', Jean-Louis
Lemoyne , son élève - , Henri Favannes ' ,
Etienne Regnault \ et Antoine Monnoyer ■>.
Nicolas Belle s'étant présenté pour être reçu
académicien sur les portraits de Mazeline et
de De Troy, l'Académie par une attention qui
ne dut pas échapper à Goyzevox, demande à
Belle de peindre le portrait de Lerambert ^
Pierre Brevet et Jean Audran, deux Lyonnais,
sont agréés par l'Académie sous le directorat
de leur compatriote '. Le morceau de récep-
tion d'Audran sera le portrait de Goyzevox ».
Son neveu et son élève Guillaume Goustou,
plus jeune de vingt ans que Nicolas Goustou,
est reçu académicien sur la présentation d'un
ouvrage de ronde-bosse représentant ^'^rcw/^
sur le bûcher. Guillaume Goustou prête le ser-
^ Voyez séance du 31 mars 1703.
id. 30 juin 1703.
3 id. 23 août 1704.
id. !«' septembre 1704.
- id. 25 octobre 1704.
« id. 14 août 1703.
'' id. 28 décembre 1703 et 27 sep-
tembre 1704.
* 11 le présenta le 30 juin 1708 et non en 1709
comme il est dit par erreur dans les Mémoires inédits
des Académiciens f t. Il, p. 183.
142 ANTOINE COYZEVOX
ment d'usage entre les mains de Coyzevox k
Non content de donner ses soins à FAcadé-
mie royale, il fait preuve d'une réelle sollici-
tude envers les écoles académiques de la pro-
vince. C'est ainsi qu'en deux occasions nous
le voyons prendre en mains les intérêts de
l'école de Bordeaux -.
Pendant que le maître la présidait, l'Acadé-
mie eut à organiser le salon de 1704. Six bustes
furent exposés par le Directeur. Ils représen-
taient Condé, Turenne, Vauban, Robert de
Cotte, le chevalier delà Vallière et madame de
la Ravois '\
Nous venons de dire que Jean Audran fut
reçu à l'Académie sur la gravure du portrait
de Coyzevox. L'original, peint par Rigaud^
date de 1702 K Une étroite amitié unissait les
' Voyez séances des 3 mars 1703 et 2o octobre 170k
- Voyez Coyzevox et i Académie de Bordeaux,
Pièces justificatives. Doc. XVI.
^ Voyez Liste des tableaux et des ouvrages de
sculpture exposez dans la grande gallerie du Louvre
par Messieurs les peiyitres et sculpteurs de V Académie-
royale en la présente année 1704 (Paris, 170* in-l-2)p.UL
•^ Ln portrait de Coyzevox, peint par Rigaud, mais
qui n'est pas le môme que celui grave par Audran, a
figuré à l'Exposition des Portraits nationaux au Tro*
FIGURES EQUESTRES U3
deux artistes. L'historien de Rigaud nous l'ap-
prend. Ayant raconté le voyage que fit le
peintre en 1695 pour se rendre en Roussillon,
le biographe anonyme qui est peut-être Rigaud
lui-même, ajoute «qu'une des principales vues
de l'artiste dans ce voyage était de peindre et
de remporter l'image de sa mère. Son dessein
était de faire exécuter ce portrait en marbre ;
c'est pourquoi il la peignit en trois différentes
vues : l'une de face, l'autre en profil et la troi-
sième à trois quarts, afin que M. Goyzevox,son
ami, un des plus habiles sculpteurs de France,
qui devait faire en marbre ce portrait, eût plus
de facilité à le perfectionner '. »
De pareils documents aux mains du maître
lui permirent de suppléer à l'étude de la nature.
On connaît le buste de Marie Serre, dont la tête
est enveloppée d'un mouchoir, à la manière
des femmes du peuple. Cette coiffure sévère,
sans ornements, ayant l'aspect d'un voile
cadéro en <878. Il provient de la collection de M. Mar-
cille père, et appartient à M. Eudoxe Marcille. Voyez
notre Notice historique et analytique des Portraits
nationaux y n° 305.
^ Notice sur Hyacinthe Rigaud, Mémoires inédits
des Académiciens y t. II, p. 117.
144 ANTOINE GOYZEVOX
répand sur le visage robuste de la mère de
Rigaud une teinte de tristesse. Coyzevox a-t-il
voulu rapD^ler le veuvage précoce de son
modèle? Quoiqu'il en soit, les traits mâles de
Marie Serre respirent le calme et la bonté.
C'est un portrait vivant et de noble aspect.
L'œuvre est au Louvre ^. Elle porte à sa
base l'inscription Marie Serre^ mère de Hya-
cinthe Rigaud^ fait par Coyzevox en 1708.
Rigaud conserva longtemps ce buste dans son
cabinet, et l'offrit ensuite à l'Académie ".
Pierre Brevet l'a gravé ^
Peu après avoir sculpté le portrait de Marie
Serre, le maître ayant du se rendre avec Jean
Jouvenet^ Girardon et De La Fosse près du
marquis d'Antin pour le prier d'accepter la
protection de l'Académie % la pensée vint à
Coyzevox de modeler le portrait du protecteur.
Il en informa ses collègues le 4 août 1708, et
' N° 241 du catalogue des sculptures des temps mo-
dernes par M. H. Barbet de Jouy, édition de 1873.
2 Voyez Procès- Ver baux de UAcadémiej séance du
22 août i744 et Archives de l'art français y t. IV, p.
28-29.
^ Mémoires inédits des Académiciens^ t. II, p. 17.
* Voyez Procès-Verbaux de l Académie j séance du
13 juin 1708.
FIGURES EQUESTRES 145
rAcadémie revenant sur sa résolution de con-
fier au sieur Charpentier le buste de monsei-
gneur d'Antin destiné à « la salle d'assemblée»
décida que Goyzevox serait chargé de faire cet
ouvrage. L'artiste ne tarda pas à tenir parole.
On ignore ce qu'est devenu son marbre ^
Ces légers travaux n'avaient pas détourné
le statuaire des oeuvres de longue haleine.
Encore qu'une attaque d'apoplexie, que son
médecin Fermeilhuis déclare avoir été vio-
lente % eût dû lui commander le repos, il
exécute pour l'abbaye de Roj^aumont le tom-
beau de Henri deLorrame, corate d' Har courte
plus populaire sous le nom de Cadet à la Perle.
Le comte, drapé dans son manteau militaire,
était représenté mourant entre les bras de la
Victoire. Les deux figures, hautes de six
pieds, étaient en marbre blanc ; une draperie
de même marbre débordait sur le mausolée,
toute parsemée de croix de Lorraine, et soute-
nue par des Génies et des aigles couronnés.
Un bas-relief en bronze, représentant la Prise
de Turin^ décorait le soubassement. Ce re-
^ Procès-Verbaux de VAcadcmiey séance des 28
juillet et 4 août 1708.
=• Eloge, p. 32.
10
446 ANTOINE GOYZEVOX
marquable ouvrage, aujourd'hui perdu, fut
achevé en 1711. Le marché passé par Coyzevox
avec Louis de Lorraine, fils du comte d'Har-
court, a été retrouvé. II porte la date du 16 no-
vembre 1704. Les honoraires de Tartiste
chargé de fournir les marbres sont portés sur
cette pièce à dix-huit mille livres ^
Un tombeau moins célèbre que possède
l'Anjou, est celui de Nicolas de Bautru, mar-
quis de Yaubrun, lieutenant-général des ar-
mées du Roi, gouverneur de Philippeville et
de l'Alsace. Atteint mortellement au terrible
combat d'Altenheim, il succomba le jour même
à l'âge de quarante-deux ans. En 1705, sa
veuve lui fit élever un riche mausolée dans la
chapelle de Serrant. Ce fut à Coyzevox qu'elle
en voulut confier l'exécution.
Demi-couché sur un faisceau d'armes, tenant
encore à la main le bâton de commandement,
Yaubrun se sent défaillir. A ses pieds, sa veuve
éplorée le contemple. Les genoux de la jeune
femme reposent sur un coussin , un voile de
deuil couvre sa tête ; sa robe aux larges plis
- Voyez Marché passé entre Antoine Coyzevox et
Louis de Lorraine, comte d' H ar court , pour le tombeau,
de son père. Pièces justificatives. Doc. XV.
FIGURES EQUESTRES 147
laisse les bras découverts. De la main droite,
la marquise de Vaubrun sèche ses larmes. Au-
dessus du groupe, la Victoire plane dans les
airs, tenant un trophée d'armes et une cou-
ronne. Ces figures sont en marbre. Sur le
soubassement du mausolée, un bas-rehef en
plomb doré rappelle le passage héroïque du
pont d'Altenheim par les Français sous la con-
duite de De Lorges, vainqueur des Impériaux,
trois jours après la mort tragique de Tu-
renne '. Ce bas-relief a la vigueur d'un ta-
bleau. Les peintres de batailles pourraient y
chercher un modèle. Mais l'œuvre exquise
^ M. Célestin Port, dans la notice qu'il consacre à
Nicolas de Bautru, marquis de Vaubrun, s'exprime
ainsi : « Blessé à mort au combat d'Altenheim^ il garda
le commandement de l'armée, décida la victoire et re-
Tint mourir en Alsace, le i" août, âgé de 42 ans. >»
[Dictionnaif^e historique de Maine-et-Loire, t. 1" p.
236.) Ce récit manque d'exactitude. C'est bien le l^*^
août que succomba Vaubrun, mais il fut tué en pleine
bataille, sur le champ d'Altenheim. On lit en effet dans
V Histoire de Turenne par M. L. Armagnac : « Le mar-
quis de Vaubrun que sa blessure au pied empochait de
se tenir à cheval, se fit attacher sur sa selle, et s'élança
à la charge, à la tête de ses escadrons. Il fut tué d'une
balle dans la tête. > Voyez Histoire de Henri de la
Tour d^ Auvergne, vicomte de Turenne, par L. Aemagnac,
Tours, Marne, 1879, gr. in-8, p. 329.
148 ANTOINE COYZEVOX '
dans cet ensemble, c'est la figure douloureuse
de Madame de Vaubrun. Son deuil est inter-
prété de main de maître : la pose, les drape-
ries, l'expression, tout dans cette image parle
d'angoisse. Pocquet de Livonnière, un chroni-
queur angevin, a eu raison d'écrire : «ce chef-
d'œuvre vaut qu'on s'écarte de dix lieues pour
le venir voir. ' »
Jules-Hardouin Mansart, architecte et surin-
tendant des Bâtiments, avait construit la cha-
pelle de Serrant dans laquelle le monument
de Goyzevox prit place en 1705. Trois ans
après, Mansart mourait à Marly. Son monu-
ment sculpté par le maître fut aussitôt érigé
dans l'église de Saint-Paul à Paris ^
L'artiste dut revenir souvent àMarly pendant
les premières années du dix-huitième siècle. Ce
n'est pas sans droit sur le ciseau du maître
que Louis XIV l'avait porté en 1703 pour une
pension annuelle de quatre mille livres, avec
Je titre de sculpteur ordinaire du Roi \ Cette
* Mss. de la Bibliothèque d'Angers, n° 1168.
- Piganiol de la Force, Description de Paris, t. IV, p.
170-I7i.
^ Ud relevé minutieux des Comptes des Bâtiments
du Roi nous permet d'inscrire sous le nom de Coyze-
FIGURES EQUESTRES 149
somme restait distincte des gages affectés aux
officiers en charge dans les maisons roya-
les *. Elle ne se confondait pas davantage
avec les honoraires attachés à la direction de
l'Académie des Gobelins ^
Nous avons vu Coyzevox sévère à lui-même
lorsqu'il exécuta le Mercure et la Renommée,
se promettre de parachever lentement les
groupes destinés à la Rivière de Marly. Le
Neptune irrité, le Triojnphe cC Amjohitynte ,
la Seine et la Marne, \e\^ furent les sujets que,
traita l'artiste. Nous avons décrit les deux pre-
V5X, les sommes qui suivent, payées à titre de pension.
Registre 0^ 2200, du 5 septembre 1704 : 40001. ; 0' 2204,
du 4 février 1706 : 4000 1.;0» 2206,dul7 avril 1707 : 40001.
du !o septembre 1709 : 2000 1. ; 0^ 2210, du 1" avriï
1710 : 1000 1.. La pension des années 1706 et 1707 se
trouve de nouveau comprise dans le paiement des
sept groupes de Marly comme on le verra plus loin.
1 Ces gages, de 1703 à 1709 ont été payés en la
forme suivante. Registre 0' 2198 du 30 décembre 1703:
200 1. ; 0^ 2200, du 31 décembre 1704 : 200 1. ; 0^ 2203,
du 31 décembre 1705 : 200 1. ; 0» 2204, du 31 décembre
1706 : 200 1. ; 0» 2206, du 31 décembre 1707 : 200 1. ,
0» 2208, du 2 mai 1709 : 200 1. ; 0' 2209, du 30 décem-
bre 1709 : 200 livres.
- Ces honoraires ont été invariablement de 300 1.
par an. (Voyez ks Registres 0^ 2199 fol. 186 ; 0' 2203
fol. 177 ; 0» 2207 fol. 177.
150 ANTOINE COYZEVOX
miers. La Seî?îe était représentée sous les
traits d'un homme tenant un aviron ; près de
lui, un enfant indiquait les armes royales.
'L'allégorie de la Marne comportait quatre figu-
res : une femme et trois enfants. L'un d'eux
tenait une urne renversée, le second des rai-
sins, et le dernier s'apprêtait à répandre Teau
de son urne.
Coyzevox sculpta encore pour Marly VHa-
madryade et V Enfant^ Flore et VArnour re-
cueillis au jardin des Tuileries, et enfin le
Bef^ger Jouant de la flûte qui est au Musée du
Louvre. Ces trois groupes décoraient la ter-
rasse du château, en pendant à trois ouvrages
de Nicolas Goustou '.
Quoi de plus aisé, de plus naturel et de plus
sobre que le Berger nu, assis sur un tronc d'ar-
bre, le front couronné de pampres, le credemnon
autour des tempes et sanébride sur les genoux I
Comme il est attentif aux sons de sa flûte traver-
sière que ses lèvres à peine entrouvertes efiieu-
rent sans la toucher ! Ses doigts rustiques posent
avec des mouvements calculés sur le roseau
phrygien. Un jeune satyre, à jambes de bouc,
Piganiol de la Force, Description de Versailles^
II, p. 275-276.
FIGURES EQUESTRES 151
s'est approché de l'arbre sur lequel est assis le
Auteur, pour mieux goûter sans doute les sons
harmonieux et fuselés du pla^îaidos, à moins
qu'il ne songe malignement à dérober le bâton
(lu berger.
Ce marbre porte la date de 1709. Est-ce à
Tépoque où Coyzevox exécutait son Berger
que se rattache l'anecdote citée par d'Argen-
ville? «Louis XIV qui honorait notre sculpteur
de sa bienveillance venait très-souvent le voir
travailler sous la tente dressée dans les jardins
de Marly. Il eut un jour la bonté de lui deman-
der s'il avait un fils qui suivît sa profession.
« Sire, répondit Coyzevox, j'ai plusieurs en-
fants, entre autres trois garçons qui dépensent
au service de Votre Majesté ce que je puis
gagner au bout de mon ciseau.
« Le roi lui promit de les avancer » K
Les trois fils dont parle ici le statuaire sont
Charles Coyzevox qui porta le nom de Coyze-
vox de Brécourt et fut capitaine au régiment
de Navarre, et chevalier de Saint-Louis.
Pierre, qui devint colonel d'infanterie et
ingénieur en chef au service du roi d'Espagne ;
* Dézallierd'ArgeQ ville, Vies des fameux architectes
et sculpteurs, t. H, p. 239.
152 ANTOINE COYZEVOX
Jean, capitaine de canonniers, également au
service du roi d'Espagne en 1722 *. Nous
ignorons à quelle date Pierre et Jean Coyze-
vox, engagés d'abord au service du roi de
France, passèrent dans l'armée espagnole. Est-
ce à rappel de Philippe Y qu'ils s'expatrièrent
ainsi, ou bien n'ont-ils vu dans la Péninsule
que le berceau de leurs ancêtres, une sorte
de première patrie?
Les sept groupes que Coyzevox sculpta
pour Marly, indépendamment des Chevaux
ailés, c'est-à-dire Neptune^ Amphitrite, la
Seine ^ la Marne ^ Flore ^ VHamadryade, et le
Flûtew furent payés à l'artiste soixante trois
mille deux cent quarante et une livres ". A
* Dictionnaire critique^ p. 4o'2.
- Nous trouvons dans les Comptes des Bâtiments du
Roi, Registre 0' 2221 loi. 94, verso, la mention sui-
vante : K 18 avril 1712. Pour avec 64.320 l.,à lui (Coyze-
vox) ordonnancées depuis et 3' compris 1703, jusque
et y compris 1710, faire le prix principal de 71,2i-l 1.
15 s., à quoi montent tant les sept groupes de Fleuves,
Nymphes et Faunes qu'il a fait en marbre et posés en
haut et au bas de la Rivière de Marly, et au bas du
Fer à cheval pendant le sus dit temps, suivant trois
mémoires, que les pensions qui lui ont été accordées
par S. M. en quahté de sculpteur ordinaire pendant
1706 et 1707, à raison de 4000 l.par an, ci : 6921 1.1 s.)»
FIGURES EQUESTRES 153
Tépoque où ces ouvrages l'occupaient, il ache-
vait de sculpter aux Invalides Saint Charle-
magne. Ses travaux dans ce monument, soldés
en 1709, furent évalués à dix mille huit cent
quarante Hvres '.
Un groupe représentant le Rhône fut exé-
cuté vers le même temps pour les jardins de
Saint-Cloud. Accoudé sur une urne renversée,
assis et nu, le Rhône s'appuie de la main gau-
che sur un gouvernail. A ses pieds, un Amour a
cueilli des plantes fluviales.
(( Qui donc a sculpté le vaste Océan » ? s'é-
crie Anacréon. On ne saurait dire en présence
du marbre de Coyzevox : qui donc a sculpté le
fleuve? Toutes les réminiscences surgissent
d'elles-mêmes dans l'esprit en face de ce dieu
tranquille, à la barbe limoneuse, qui, des jardins
de Saint-Cloud est venu se reposer au Louvre.
Peut-être Coyzevox n'a-t-il autant caressé cet
ouvrage que parce qu'il était une allégorie de
son fleuve natal ".
^ Au registre 0' 2209 des Comptes des Bâtiments
du Roi, fol. 100, nous lisons : « Eglise des Invalides,
!8 février 1709, complément de 10,840 1. pour sculp-
ture, marbre et pierre pour ladite église, ci. 3890 1. >»
-Le Rhône est signé A. COYZEVOX iTOG. 11 n'est pas
154 ANTOINE COYZEYOX
Non loin du Rhône, la duchesse de Bourgo-
^7î^, en chasseresse, passe d'un pied rapide'.
Le croissant de Diane orne sa chevelure. Sa
légère tunique laisse à nu des jambes d'ama-
zone, pendant que la jeune femme relève de
la main gauche une mèche de son opulente
chevelure, avec un geste d'une mondanité de
souveraine. La main droite caresse un lévrier.
Un carquois résonne sur les épaules. C'est un
portrait en pied sur le mode antique. Toute-
fois, aucune transaction dans le style ne fait
de cette œuvre une copie. Marie-Adélaïde de
Savoie, duchesse de Bourgogne, si soudaine-
ment enlevée à Tâge de vingt-sept ans, le 12
février 1712, est représentée dans l'éclat de sa
jeunesse, dans la personnalité de ses traits.
C'est le marquis d'Aiitin, ancien menin du duc
de Bourgogne, qui a demandé ce marbre à
Coyzevox pour en orner ses jardins de Petit-
Bourg. L'adroit courtisan ne s'est pas trompé
sur le caractère de Thommage qu'il devait
rendre. Diane est à la fois l'emblème de la
grâce et des mœurs sévères. La noble chasse-
inscrit au catalogue des sculptures des temps moder-
nes, édition de 1873.
• N» 233 du Catalogue (édition de 1873).
FIGURES ÉQUESTRES 155
resse pose à peine le pied sur le sol. Son
allure a des ailes. Et comme si Tartiste eût
voulu accentuer la valeur iconique de cette
page décorative, il a gravé sur le socle les
deux mots « ad vivum ». Mesure superflue.
Personne n'accusera Coyzevox d'avoir imité
les anciens en sculptant cette œuvre. Elle a
été composée et exécutée d'après le modèle,
en face de la vie : chaque pli du marbre
latteste.
VI
MORT DE COYZEVOX. - SA MÉMOIRE
1712—1720
S O :M M A I R E
Allo',1 est chargé par l'Acadéinie de peindre le portrait de Goyzevos.
— Le maître, malgré son grand âge, prend part à tous les actes de
l'Académie. — ^laladie de l'artiste. — Sa prompte guérison. — L'A-
cadémie le nomme Chancelier. — Le buste de Fermcihuis. — Parole
(le Coyzevox citée par d'Argenville. — Buste de la Duchesîe de Bour-
gogne. — L'artiste sculpte, à soixante-treize ans. la statue de Louis
XIV accompUsiant le vœu de Louis XIIL — Histoire de ce monument.—
Bouchardon est chargé d'une statue de Louis XIV destinée à rempla-
cer celle exécutée par Goyzevox. — Le Silence et la Modestie sculptés
pour la chapelle de Versailles. — Le buste de Louis XV, dernière
œuvre du maître. — Le sceau du duc d'Antin, protecteur de l'Aca
demie. — Jugement de Fermelhuis et de d'Argenville sur Goyze-
vox. — Dernière maladie. — Résignation. — Paroles chrétienne»
du maître à son lit de mort. — Il est inhumé à Saint-Germain-
l'Auxerrois. — Yan Glève lui succède dans la charge de Chan-
celier. — Nicolas Goustou est élu Recteur. — Fermelhuis prononce
l'éloge de Goyzevox. — Son buste par lui-même est offert à r.Vca-
démie. — .Jean-.Jacques Caffiéri fait hommage d'un buste
sculpté par -Jean-Louis Lemoyne. — L'Académie des Beaux-Arts.
en ISSO, met la Vie du maître au concours. — Le talent de Goyze-
vox. — Sincériti dans l'-^ travail. — Puget. — Girardon. — Goy-
zevox. — Caractère éminemment fram.-ais du talent de Goyzevox.
— Son siècle a été favorable au (b'veloppement de son génie. —
A aucune époque, l'Ettt n'a procuré, en France, aux sculpteurs,
de plus belles occasions de se produire. — Michel-Ange a Jules II ;
Goyzevox a Louis XIV. — L'homme intime, chez Goyzevox, n'est
pas moins grand que l'artist-*. — Les statues sont fragiles, les
traits de l'àmo sont impérissables.
L'Académie, fière de posséder un maître du
caractère de notre artiste, ne se lassait pas de
MORT DE GOYZEVOX. — SA MEMOIRE 157
riionorer en confiant aux agréés le soin de
fixer ses traits. Le 26 juillet 1710, elle avait
chargé le peintre Allou de faire les portraits
de Goyzevox, d'Antoine Coj^el et de Bon Bou-
logne. Allou s'acquitta de sa tâche en moins
d'une année '. C'était la cinquième fois que
le portrait de Goyzevox était exécuté comme
morceau de réception 2.
Il ne paraît pas que l'âge ait jamais retenu le
statuaire loin de ses collègues. En 1711, il ac-
cepte de se joindre à des commissaires choi-
sis pour statuer sur un litige ^ Quatre ans
plus tard, il fait partie de la députation qui doit
aller féhciter Coypel de son titre de premier
peintre du Roi *. L'année suivante, en 1716,
il est subitement atteint par la maladie, et ses
collègues jugent son mal assez grave pour de-
* Voyez Procès-Verbaux de l' Académie j séance du
27 juin 1711.
- On a vu dans les pages qui précèdent que
François Jous^enet, Vivien, Papelard et Audran avaient
dû faire le portrait du maître sur l'ordre de l'Acadé-
mie. On trouvera d'ailleurs une Iconographie de Goy-
zevox aux pièces justificatives, Doc. XVIII.
" Voyez Procès-Verbaux de V Académie, séance du
i7 juin 17H.
^\oyez Procès-Verbaux de V Académie, séance du
Î6 octobre 1715.
158 ANTOINE COYZEYOX
mander à Frémin et à Meunier de l'aller visi-
ter au nom de l'Académie k Sa robuste
constitution triompha rapidement de la souf-
france. Malade en octobre, il est rétabli en
décembre, et l'Académie le nomme Chance-
Her^
Fermelhuis était son médecin. D'Argenville
raconte que Coyzevox, au sortir d'une maladie
aurait dit à Fermelhuis :
<( — Vous m'avez rendu la vie à votre ma-
nière, je veux vous immortaliser à la mienne
en faisant votre buste en marbre ».
Et d'Argenville ajoute : « Ce portrait passo
pour un des plus parfaits qu'il ait fait. Il avait
coutume de l'appeler l'ouvrage de l'amour » \
Le buste de Fermelhuis est perdu. Nous ne
savons s'il faut en chercher la date en 1716,
au lendemain de la maladie du maître. La
perfection dont parle d'Argenville ne serait
pas incompatible avec le grand âge du sta*
' Voyez Procès-Verbaux de i Académie, séance du
24 octobre 1716.
- Voyez Procès-Verbaux de V Académie, séance du
19 décembre 1716.
^ Vies des fameux architectes et sculpteurs, t. II,
p. 241.
MORT DE COYZEVOX. — SA MEMOIRE 159
tuaire. Il tint le ciseau plus tard encore, et la
représentation de la tête humaine est la partie
de son art dans laquelle il semble n'avoir pas
faibli.
Non content d'avoir exécuté la statue de la
duchesse de Bourgogne avec les attributs de
Diane chasseresse, il avait sculpté son buste
en 1710. Le marbre est au Musé de Versailles'.
Il n'a pas moins de mérite, quant à la res-
semblance, que la statue de Petit-Bourg. La
mère de Louis XV revit dans ce marbre dis-
cret et reposé.
Le groupe des Dioscures dont nous avons
parlé plus haut, ne fut complètement terminé
qu'en 1712 K
L'année suivante, Coyzevox commençait, à
soixante-treize ans, la statue de Louis XIV
accor/iplissœnt le vœu de Louis XIII. Cette
figure était destinée à TégUse de Notre-Dame
de Paris. Elle y fut placée en 1715. Piganiol
décrivant cette basilique s'exprime ainsi :
« Dans les baies des arcades les j^lus proches
de l'autel l'on a pratiqué deux piédestaux de
* N° 2170 Notice du Musée de Versailles, par Eud.
Soulié ; édition de i8o9.
* 11 est signé A. Coyzevox, 1712.
160 ANTOINE GOYZEVOX
marbre blanc, chargés des armes du Roi.
Celui qui est du côté de TEpitre soutient la
statue de Louis XIII, à genoux, qui offre son
vœu et sa couronne ; et du côté de TÉvangile
est la statue du roiLouis-le-Grand qui accom-
plit ce même vœu. La statue de Louis XIII est
de Coustou le jeune ; et celle de Louis-le-
Grand de Goyzevox, Ces deux statues sont de
marbre blanc » '.
Ce dut être une joie réelle pour notre
artiste de se voir associer le plus jeune de
ses neveux, Guillaume Coustou, dans Texé-
cution de ce monument. Le maître et le disci-
ple entrant en lice fut un spectacle plein d'in-
térêt. Encore que la statue de Louis XIV à
genoux, en costume royal, soit une œuvre de
valeur, Coustou a surpassé Coyscvox. Une
habileté plus grande se révèle dans l'image
de Louis XIII offrant à la Vierge son sceptre
et sa couronne. Ega.es par la composition,
les deux figures témoignent de la jeunesse
disciplinée de l'un des artistes et d'une cer-
taine lassitude chez l'autre sculpteur. Le rap-
prochement de leurs ouvrages ne fut pas favo-
^ Pigauiol de la Force, Description de Paiis, t. I,
p. 327.
MORT DE GOYZEYOX. — SA MEMOIRE 161
rable au vieux maître. On a rappelé devant
ce marbre le mot de Longin sur Homère :
«Dans sa vieillesse, c'est un soleil qui se cou-
che ; il garde sa grandeur, mais il a perdu sa
force. » Et cependant, de nos jours, après des
vicissitudes nombreuses, l'architecte Yiollet-
le-Duc ayant replacé dans le chœur de Notre-
Dame ces marbres royaux, on aime à les re-
voir en leur lieu. Goyzevox, pendant sa longue
carrière, s'est montré maintes fois plus bril-
lant, mais pour être traitée avec sagesse, sa
statue de Louis XIV renferme encore des dé-
tails remarquables, l'ongle du maître est
reconnaissable à de certains accents, et cette
figure offre aux sculpteurs plus d'une le-
çon.
Peut-être, au surplus, les historiens se sont-
ils autorisés des déplacements nombreux subis
par la statue de Goyzevox pour se montrer à
son endroit d'une excessive réserve. Dès 1733,
le duc d'Antin, directeur des Bâtiments, inter-
prète des caprices de la Cour, chargea Bou-
chardon de sculpter une figure de Louis XIV
appelée à remplacer le marbre de Goyzevox.
« Bouchardon, écrit Gaylus, n'en a fait que le
modèle en grand et terminé. Gomme il se dis-
li
162 ANTOINE COYZEVOX
posait à l'exécuter en marbre, Touvrage fut
suspendu pour des raisons que j'ignore et n'a
point été exécuté dans la suite, à la grande sa-
tisfaction de Bouchardon qui n'y travaillait qu'à
regret, et qui fut très content d'être soulagé
d'un ouvrage aussi périlleux )> \ Nous pou-
vons ajouter, en nous aidant des Comptes des
Bâtiments, que Bouchardon reçut en 1739 pour
ce modèle « en terre » qu'il avait fait six ans
auparavant, un premier paiement de quatre
mille deux cent vingt cinq livres % et en 1762
une somme complémentaire de quinze cents li-
vres 3, ce qui permet de penser que le projet
du duc d'Antin ne dut être abandonné qu'à
cette dernière date.
En 1792,1a statue de Louis XIV fut transfé-
rée au Musée des Monuments français, où
Alexandre Lenoir lui donna place dans les
salles du dix-huitième siècle. Cet homme de
bien, auquel notre école est redevable de la
conservation de tant d'œuvres précieuses pen-
dant la tourmente révolutionnaire, formule
1 Vie d'Edme Bouchardon, sculpteur du Roi, parle
comte de Caylus. Paris, 1762, in-12, p. 37.
^ Registre 0^ 2239, f. 31.
3 Registre 0» 2258, f. 359.
MORT DE COYZETV^OX. — SA MÉMOIRE 163
une singulière critique à Fadresse de la
statue de Coyzevox. « On ne sera pas sur-
pris, dit-il, de voir Louis XITI à genoux, mais
poser ainsi le grand et Timpérieux Louis XIV,
paroit un contre-sens » ^ Lenoir n'a pas
songé, en écrivant ces lignes, que c'est du
vivant de Louis XIV et certainement sur son
ordre, que sa statue fut posée à genoux. D'ail-
leurs l'équilibre des plans l'exigeait ainsi :
l'image de Louis xm réclamait un pendant
dont l'attitude fat analogue à celle justement
adoptée par Coustou. En 1816, lors de la dis-
persion du Musée des Petits-Augustins, les
deux œuvres rentrèrent à Notre-Dame. Elles
en furent enlevées une seconde fois en 1835
et transportées dans la chapelle du château
de Versailles. Sous la seconde République,
elles furent ramenées au Louvre, dans la ga-
lerie d'Angoulême. Vers 1860, elles ont repris
leur place à Notre-Dame.
La statue de Louis XIV fut payée huit mille
cent livres. Coyzevox Tavait achevée le 2 octo-
bre 1715 ^
* Musée des Monuments français, t. V, p. 130.
* Voyez Comptes des Bâtiments du Roi, registre
0»221o, f. 9Î.
164 ANTOINE COYZEVOX
Pendant qu'il travaillait ce marbre, à un âge
où d'ordinaire les sculpteurs délaissent le ci-
seau, l'artiste modela deux figures sur les-
quelles nous ne possédons aucun renseigne-
ment. Elles représentaient le Silence et la
Modesti-e. Destinées au « Salon de la chapelle
de Versailles », furent-elles exécutées en mar-
bre ou en bronze? Nous l'ignorons. Les Comp-
tes des Bâtiments du Roi nous apprennent
seulement que, le 2 octobre 1715, Goyzevox re-
çut sept cent quatre-vingts livres pour les mo-
dèles de ces deux statues ^
La dernière œuvre du sculpteur du Roi pa-
raît avoir été le buste de Louis XV. Le jeune
monarque avait six ans lorsque le maître
sculpta ses traits dans le marbre. La grâce et
la fierté distinguent cette image enfantine, que
l'artiste a caressée d'un ciseau délibéré. Louis
XV est vêtu à la romaine, et, sur le socle d'or
qui porte le buste, un bas-relief représente
une Renomynée sonnant de la trompette '.
Emblème dérisoire. Le successeur de Louis
' Voyez Comptes des Bâtiments du Roi^ registre
0' 2213, f. 92.
- L'ouvrage est au Musée de Versailles. Il porte le
n© 2171 du catalogue d'Eud. Soulié, édition de 18o0.
MORT DE GOYZEVOX. — SA MÉMOIRE 165
XIV devait démentir par son règne ce glorieux
présage. Quoiqu'il en soit, Touvrage de Goy-
zevox fut sans doute accueilli avec faveur. Le
géographe d'Expilly signale un exemplaire en
bronze de ce buste dans la salle du Consulat
de l'Hôtel de Ville de Lyon ^ Peut-être le
sculpteur en avait-il fait don à sa ville natale ?
Peut être aussi ce bronze avait-il été envoyé
par le Régent, car l'œuvre du statuaire, si
nous en jugeons par une démarche de Coyze-
vox près de l'Académie, reçut une sorte de
caractère officiel. Nous lisons, en effet, au
procès-verbal du 5 septembre 1716 : « M. Goy-
zevox ayant fait le portrait du Roi régnant et
craignant que quelques maîtres sculpteurs
n'en moulassent des copies pour vendre au
public, ce qui leur est expressément défendu
par un arrêt du Gonseil du 21 juin 1676, a re-
quis l'Académie de vouloir l'enregistrer afin
de se servir du certificat de la présente déli-
bération selon qu'il avisera bon estre dans
les conjonctures qui pourront arriver » '.
G'est encore à l'Académie que nous rencon-
* Dictionnaire géographique, historique et politique
des Gaules et de la France, t. IV, p. 281. 2°^" col.
- Procès-verbaux inédits de l'Académie.
166 A^^TOINE GOYZEVOX
trons Coyzevox le 30 janvier 1717. Récem-
ment élu chancelier, il reçut ce jour-là le
sceau du duc d'An tin \ On n'a pas oublié que
le Directeur des Bâtiments avait été nommé
Protecteur de l'Académie, et le chancelier,
commis à la garde du sceau, signait et scellait
tous les actes de la Compagnie.
A dater de cetinstant,nous cessons de suivre
la trace du statuaire. On a dit qu'il travailla
jusqu'à quatre-vingts ans -. Sa verte vieil-
lesse n'aurait pas connu le poids des années.
Cependant, sur les Comptes des Bâtiments, de
1717 a 1720, le maître n'est plus inscrit qu'à
titre de pensionnaire du Roi. Toutes Jonctions
ont cessé pour lui à l'Académie des Gobelins ^
* Proces-verbaux inédits de V Académie.
- Mémoires inédits des Académiciens, t. II, p. 39.
^ Nous donnons ici, d'après les Comptes des Bâti-
ments du Roi, le relevé des pensions et des gages payés
à Coyzevox, de 1711 jusqu'à sa movi. Pension de sculp-
teur ordinaire du Roi. Registre 0',2211, du l^*" août
1711 : lOtX) liv.; 0',2212,du 1" avril 1712: 1000 1.;
OS2213, du 30 décembre 1713 : 4000 1.; 0^2214, du 30
décembre 1714 : 4000 L; O',221o, du 3 janvier 1716 :
4000 L; 0S2216, du 30 décembre 1716 : 4000 1.; 0t,22l7
(en 4 paiements dans l'année 1717) : 4000 1.; 0',2218
(année 1718, 4 p.): 40001.; 0',2219 (année 1719, 4 p.):
40001.; 0', 2220, année 1720, 3 paiements formant 3000 1.,
MORT DE GOYZEVOX. — SA MEMOIRE 167
« Il était, a dit d'Argeii ville, fort généreux
et charitable, assidu aux exercices de la reli-
gion et exact à en remplir les devoirs K
Fermelhuis ajoute : « Quoi qu'il considérât son
travail ordinaire comme un moyen de s'acquit-
ter de quelque chose envers Dieu, il lui de-
mandait la grâce de le mieux servir que ceux
qui n'étaient capables de lui donner que des
récompenses périssables » " le même biogra-
phe nous apprend qu'il eût à supporter de du-
res souffrances pendant près d'une année '\
Sa patience ne fut pas vaincue par l'épreuve.
Il accepta la douleur comme une envoyée de
la Providence. Lorsqu'il se croyait seul, dit
puis le 31 déeembre « à la veuve et aux héritiers du sieur
Coyzevox, depuis le 1" jusques et y compris le 10 octo-
bre, jour de sou décès, 111 1. 2 s, 2 d. » — Gages d'of-
ficiel' de la Couronne. Sur les mêmes registres, à la
date du 31 décembre des années 1711 à 1714 : 200 1.;
le 3 janvier 1716 : 2001.; le 30 décembre 1716 : 200 1.;
les 31 décembre 1717 à 1719 : 2001.; et enfin le 1" avi-il
1720 : oO 1.; le !«' juillet : 50 livres ; le 31 décembre « à
la veuve et aux héritiers, depuis le 1^'" juillet jiisques
et y compris le 10 octobre, jour de son décès: 55 1.,
H s. 1 d. »
' Vies des fameux architectes et sculpteurs, t. II,
p. 241.
- Eloge, p. 37.
3 Eloge, p. 38.
168 ANTOINE COYZEYOX
encore le témoin de sa vie, on le surprenait
murmurant cette prière : « Quel bonheur pour
un pécheur comme moi, Seigneur, que vous
lui accordiez la grâce des souffrances pour ex-
pier une partie de ses égarements par un faible
sacrifice ! Mais j'ai besoin pour vous le rendre
agréable d'une grâce victorieuse, qui est celle
de la patience et de la persévérance ; car pour
mes douleurs je les ai méritées comme un châ-
timent qui était dû à mes fautes ; mais la pa-
tience que j'implore de votre bonté est une
faveur gratuite que je n'ai point gagnée. »
C'est avec raison que son biographe évoque
le souvenir des patriarches devant ce vieillard
comblé de jours, mourant, confiant et con-
solé, entouré des soins pieux de sa femme et
de ses enfants. Aux approches de la mort,
toute pensée de gloire s'évanouit dans l'àme
de Coyzevox. A l'un de ses amis qui lui rap-
pelait son talent :
— (^ Si j'en ai eu, dit-il, c'est par quelques
lumières qu'il a plu à Dieu de m'accorder
comme un moyen de subsistance ; ce vain fan-
tôme est prêt à disparaître aussi bien que ma
vie, et à se dissiper comme une fumée. » *.
* Fermelhuis, Eloge, p. 39-40.
MORT DE GOYZEVOX. — SA MÉMOIRE 169
Cet homme illustre qui avait donné le triple
exemple de l'honneur domestique, du génie et
de la foi, s'éteignit le 10 octobre 1720, à une
heure de l'après-midi'. Ce même jour il avait
reçu le Viatique en présence de ses proches
et de ses amis. Puis, ses douleurs étant deve-
nues plus vives, on s'empressa de le secourir.
Après avoir cherché à lui donner quelque sou-
lagement , on lui demanda s'il se trouvait
mieux.
— « .Je suis bien, mes enfants, répondit-il.
J'entre dans la paix et la tranquillité -. »
Ce fut la dernière parole de Coyzevox.
Le maître était mort dans sa maison de la
rue du Chantre ^ Il fut inhumé le lendemain
dans l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, où-
reposait déjcà la dépouille de nombreux ar-
tistes. Jacob, le joueur de luth; Bocan, le
danseur; Jacques Stella, d'origine lyonnaise
comme Coyzevox ; Claudine Stella, fille de
' Voyez Acte de décès d'Antoine Coyzevox. — Pièces
justificatives, Doc. XVII.
- Fermelhuis. Eloge, p. 41.
3 Nous avons vu que dès 1713, Coyzevox avait une
habitation dans cette rue, sans doute concurremment
avec son logement du Louvre.
170 ANTOINE GOYZEVOX
Jacques ; Jean Warin, le graveur ; Claude Bal-
lin , l'orfèvre ; Claude Mellan , Desjardins ,
Noël Coypel , Antoine Houasse, Jacques Sa-
razin avaient leur tombeau à Saint-Germain.
Piganiol ne donne pas l'épitaphe de Coy-
zevox.
Officiellement informée du décès de son
chancelier, dans sa séance du 26 octobre, l'A-
cadémie élut à sa place le sculpteur Van Clève.
Le même jour, elle décernait le titre de Rec-
teur à Nicolas Coustou, neveu du maître i.
Le 1" février 1721, Fermelhuis donna lecture
de V Eloge si souvent rappelé dans ces pages.
La Compagnie, heureuse de cet Éloge, voulut
l'entendre lire une deuxième fois % et la pu-
blication de récrit de Fermelhuis fut ré-
solue ^
^ Procès-verbaux inédits de V Académie.
- Procès-verbal delà séance du l^r mars 1721,
•^ Procès-verbal de la séance du 30 mai 1721. —
Quelques semaines auparavant, un témoignage d'un
autre genre avait été donné par le Roi à la famille du
maitre. Nous lisons, en effet, dans les Comptes des
Bâtiments du Roi, registre 0* 2221, 1er avril 1721 :
« Coyzevox de Brécourt. Pension qui lui a été accordée
tant en considération des anciens services du feu sieur
Coyzevox, son père, sculpteur du Roi, que des siens,
pendant les trois premiers mois de la présente année.
MORT DE GOYZEVOX. — SA MEMOIRE \li
Un demi-siècle plus tard, le buste du sta-
tuaire, sculpté de sa main, était offert à l'Aca-
démie par le petit- neveu du modèle. Jean-
Jacques Caffiéri, possesseur d'un second por-
trait, dû au ciseau de Jean-Louis Lemoyne,
élève de Coyzevox, fît hommage aux Acadé-
miciens de ce marbre précieux \ En 1880,
l'Académie des Beaux-Arts voulant honorer
l'art français, a mis au concours la Vie du
maître.
Dans la fièvre de son labeur, l'artiste s'ima-
gine parfois que l'œuvre qu'il va modeler sera
la gardienne de son nom. Telle fut peut-être
l'illusion de Coj^zevox. Il ne pouvait prévoir
les ruines qui se préparaient.
A un siècle de date, de ses marbres et de
ses bronzes, la meilleure part avait disparu.
L'œuvre s'efface, mais le nom survit.
C'est le nom qui tôt ou tard témoigne d'une
grande pensée. Il est le symbole durable et
à raison de 1,00') L, par an, à condition que la dame
veuve sa mère en jouira sa vie durant, sur les quit-
tances ou procuration dudit sieur de Brécourt,
ci... 230 1. »
^ Voyez ^Procès-verbaux inédits de C Académie y
séance du 7 juillet 1781.
172 ANTOINE GOYZEYOX
raj'onnant. Dans le nom se résument les sta-
tues de Praxitèle. Ainsi en sera-t-il un jour
pour nos maîtres plus modernes, pour nos
contemporains. Qu'importe, après tout? Si le
nom de Praxitèle est assez brillant pour sup-
pléer l'éclat de son chef-d'œuvre détruit, la
Vénus de Gnide, la gloire de Tartiste n'a pas
souffert. Sans vouloir rapprocher deux noms
que le temps, la race, le génie font absolu-
ment distincts, nous pouvons dire que celui
de Covzevox domine dès maintenant son œuvre
dans une large mesure. Rappeler ce seul nom,
c'est évoquer le t3'pe d'un sculpteur dont le
ciseau fut éminemment français. Gomment
s'est effectué ce prodige? Quelle vertu peut
faire d'un nom d'homme, inconnu la veille,
discuté peut-être par des rivaux, le symbole à
jamais accepté d'une intelligence supérieure,
d'une personnalité réelle ?
La sincérité dans le travail.
Covzevox a vécu à une époque féconde en
sculpteurs. Le comparer à ses émules et lui
assigner le premier rang serait une marque
de partialité. Puget et Girardon, ne l'oublions
pas, étaient contemporains de notre artiste. Il
y eut même, à Versailles, une circonstance
MORT DE GOYZEVOX. — SA MEMOIRE 173
fameuse où ces trois sculpteurs parurent asso-
ciés dans un honneur égal, comme les chefs
véritables de Tecole française. Puget avait
envoyé le Milon. Louis XIV, avec le tact de
Souverain qui le distinguait, voulut que le
groupe du 3/i7o/i, fut solennellement découvert
en présence de la Cour. Or, trois artistes
avaient pris place près du Roi, pendant que
François Puget, fils du statuaire, faisait ouvrir
la caisse qui renfermait le groupe sculpté par
son père. Ces trois artistes étaient Le Brun,
Girardon et Goyzevox.
Entre tous, Puget est le plus populaire. Il
éclipse les artistes de son temps. Ceux qui
n'ont rien appris de Thistoire de l'art connais-
sent le nom de Puget. Sa muse tragique l'a fait
immortel. Personne n'a fouillé le marbre avec
plus d'angoisse, de violence, de passion que
ne l'a fait l'auteur du Milon. La pierre hurle
et crie sous sa main crispée. On serait tenté
de s'assurer si des lambeaux de chair ne se
détachent pas du corps de ses statues. Et dans
sa fougue, dans ses convulsions, dans ses
emportements, Puget a de la noblesse. C'est
donc un maître. Sans doute. Mais c'est un
maître dangereux. Une éducation négligée, un
174 ANTOINE COYZEYOX
goût obscurci sont à rorigine de sa vie d'ar-
tiste. La forme, qui est le verbe du sculpteur,
est presque dédaignée par lui. De la méthode,
Puget n'en a pas. La nature dans l'harmonie
de ses lignes ne Ta pas frappé. Si on le com-
pare a Clérion, il s'indigne justement, mais il
ajoute : " Je ne puis être mis en parallèle
qu'avec les cavaliers l'Algarde et Bernin. » \
Il ne voit pas les fautes de Bernin î L'emphase
hante sa pensée. Telle est, cependant, l'élo-
quence de la douleur que le Milon nous émeut,
mais Puget s'y montre incorrect et indisci-
pliné, non moins peintre que sculpteur.
Girardon est un statuaire. N'eût-il fait que
le Tombeau de Richelieu et les Bains d'A-
pollo7î, il faudrait lui donner place parmi les
artistes éminents de notre école. La orrace lui
était familière. Apollon, les deux Nymphes à
genoux et celle qui répand des parfums sont
des figures exquises, d'une exécution bril-
lante. La statue de Richelieu mourant entre les
bras de la Religion est comprise avec un art
plein de grandeur. Mais d'où vient que la fi-
gure de la Science^ dans le monument de Ri-
* Voyez Léon Lagrange, Pierre Puget , p. 266.
MORT DE COYZEVOX. — SA MÉMOIRE 175
chelieu, rappelle invinciblement certain person-
nage d'un tableau de Poussin? C'est apparem-
ment que le sculpteur, en s'appropriant ce
détail, n'a pas pris le soin d'y ajouter quelque
trait de son invention. Malgré la valeur du
style, la plupart des pages décoratives sculp-
tées par Girardon gardent un aspect pitto-
resque. Le Brun les avait-il dessinées? Le fait
est probable, mais il n'a rien qui étonne. Gi-
rardon subit comme tant d'autres les plans et
les conceptions du premier peintre. Un seul
moyen de s'y soustraire lui restait, il eût dû
créer des œuvres personnelles sur le thème
qu'il tenait d'autrui. Ailleurs, Girardon s'est
trahi par la rudesse du ciseau de ses élèves.
Le travail du marbre lui pèse à certaines heu-
res ; il se borne à concevoir ses ouvrages que
d'autres viendront sculpter : orateur pares-
seux, qui laisse à de moins habiles le soin de
porter la parole à sa place.
Coyzevox s'est montré plus sincère. Si nous
l'observons comme praticien, nous entendons
Mariette s'écrier devant les Chevaux ailés
« c'est un miracle pour le travail du marbre.
C'était la partie de Coyzevox k » Est-il besoin
* Abececlario, t. II, p. 37.
176 ANTOINE GOYZEVOX
d'un autre témoiana^-e ? les Mémoires inédits
des AcadémiciensvenÎQvmeïiX une notice sur le
maître, écrite de son vivant, en 1718. Que dit
Tauteur de ce mémoire? « Il n'y a pas eu de
statuaire au monde plus général, d'un plus
grand travail et qui ait produit plus de mor-
ceaux et avec plus de diligence et de correc-
tion, sans être astreint par ses modèles. Il
taillait lui-même son marbre, le finissait et se
trouvait par sa grande capacité en état de
changer, à mesure qu'il travaillait, l'attitude
projetée dans ses figures, pour jeter dans les
parties solides les fils de marbre qui se décou-
vraient, et qui auraient passé dans les parties
saillantes \ » Encore que cette dernière
assertion ne puisse être prise à la lettre par
ceux qui ont quelque expérience des travaux
de sculpture, elle montre en quelle estime
était tenu l'artiste comme sculpteur en marbre.
Quant au caractère de généralité accordé au
talent de Goyzevox par son contemporain,
nous savons qu'il n'est pas usurpé. L'art reli-
gieux, la sculpture d'histoire, le portrait, les
- Mémoires inédits des Académiciens, t. II, p. 38-
39.
MORT DE GOYZEVOX. — SA MÉMOIRE 177
statues équestres, les travaux décoratifs, Tor-
nement se fondent dans son oeuvre avec une
surprenante variété. L'un des premiers, il a
dédaigné de recourir au célèbre moulage du
Cheval de Marc-Aurèle apporté de Fontaine-
bleau, et placé dans le Palais-Royal pour ser-
vir de type aux sculpteurs et aux peintres.
Le type que choisit Coyzevox, lorsqu'il prépare
la statue équestre de Louis XIV, c'est la na-
ture, et, nous Tavons vu, dix- sept chevaux
des écuries du Roi, montés par les plus habi-
les écuyers, servirent de modèles au cons-
ciencieux artiste.
Si nous l'observons dans ses compositions,
il s'y révèle homme de pensée. La Vierge
de Saint-Nizier , les tombeaux des ducs
à'Hayxouvt et de Vaubrun, ses innombrables
bustes où il n'est pas permis de supposer l'in-
tervention de Le Brun, attestent la justesse de
ses conceptions.
Son style est simple et grand. On ne peut
demander à Coyzevox de n'avoir pas subi cer-
taines exigences qui s'imposaient à son épo-
que. La singuHère préférence donnée au cos-
tume romain dans les images d'hommes de
guerre, les longues perruques dont Louis XIV
12
178 ANTOINE GOYZEVOX
avait fait sa coiffure, se retrouvent dans l'œu-
vre du statuaire. Elles en marquent la date.
Mais avec quel art sont traités ces lourds
accessoires ! Le marbre s'assouplit sous le
ciseau et devient léger.
Toujours impatient d'imprimer le sceau de
son individualité, il emprunte à l'antique des
modèles qu'il traduit avec une liberté toute
originale. Où d'autres n'ont laissé que des
travaux décoratifs, Coyzevox a laissé des
œuvres. Son culte pour la vérité, son étude
persévérante de la nature, le respect de son
art qui contient sa main dans une interpréta-
tion pleine de convenance et de goût; toutes
ces vertus de l'artiste, le maître paraît les
avoir pratiquées sans effort et à un degré su-
périeur. On a cru l'honorer en l'appelant le
YanDyck de la sculpture. On avait ainsi appelé
Puget le Rubens de la statuaire. De telles qua-
lifications sont rarement exactes. Il est plus
vrai dire de Coyzevox : c'est un sculpteur.
Ses élèves se sont appelés Nicolas et Guil-
laume Coustou, Frémin, qui reçut aussi les
leçons de Girardon, Jean-Louis Lemoyne, père
de Jean-Daptiste, sculpteur comme lui; Jeani
Thierry, le statuaire du roi d'Espagne ; Jean
MORT DE GOYZEVOX. — SA MEMOIRE 179
Coudray, mort à Dresde au service du roi de
Prusse. En France, comme à l'étranger, les
élèves de Coyzevox ont tenu d'une main vail-
lante le drapeau de la sculpture à l'époque de
Louis XV, trop célèbre par la corruption du
goût. Notre âge devait rappeler de cet inter-
règne de l'art. Après s'être orientée vers l'an-
tique, l'école française est revenue, par la
pente naturelle de l'esprit national, à Tétude
élevée de la nature et à l'art iconique. Or, telle
avait été l'occupation constante du maître dont
nous racontons la vie. Il ne suffit donc pas de
dire de GoA'zevox qu'il fut un sculpteur : c'est
un sculpteur français.
A la vérité, une part de sa gloire revient à
son siècle. Golbert, Louvois, Mansart, Le Brun
lui-même en furent les artisans. Si Coyzevox
avait vécu de notre temps, ses marbres seraient
plus rares. Quelques critiques que suggèrent
les tendances de l'école sous Louis XIV, nous
demeurons frappé par un fait : à aucune épo-
que, sous aucun règne, TEtatn'a procuré chez
nous aux sculpteurs de plus belles occasions
de se produire. De toutes parts s'élevaient au
nom du monarque de splendides résidences.
Versailles, Marly, Trianon, Saint-Cloud, le
180 ANTOINE GOYZEYOX
Louvre, les Invalides offraient à ractivité d'un
monde de sculpteurs des salles et des jardins.
En ce temps-là, Paris et ses environs rappe-
laient la Rome de Jules II et de Léon X. Or, de
même qu'en Italie l'abaissement des fortunes
dans les vieilles familles a rapidement amené
la décadence de l'art, de même en France le
désintéressement prolongé de TEtat à Tendroit
de la sculpture serait nécessairement funeste
à cet art. Il faut à la sculpture de grandes
pages, de vastes entreprises, des conceptions
magnifiques.Nous n'examinerons pas silapein-
ture d'histoire n'est pas dans des conditions
identiques. Cette question nous entraînerait
hors de notre sujet. D'ailleurs, de bons esprits
tendent à soustraire les peintres à toute in-
fluence de l'Etat. Soit. Quant aux sculpteurs,
ils ne peuvent rien attendre du public. Michel-
Ange travailla pour les Médicis et Jules II,
€oyzevox eut Louis XIV. Il n'a pas connu de
Médicis. Nous souhaitons aux sculpteurs de
ce temps, qui eux non plus ne peuvent guère
compter sur des Médicis, de somptuôux mo-
numents, des parcs, des avenues, un forum à
peupler de grandes œuvres.
L'avenir de la sculpture française est à ce
prix.
MORT DE GOYZEVOX. — SA MÉMOIRE 18!
L'Etat, gardien des gloires nationales, ne
voudra pas laisser en péril le patrimoine si
vaillamment conquis par nos « imagiers » de-
puis dix siècles.
Et maintenant, pourrais-je fermer ces pages
sans m'arrêter devant mon modèle observé dans
Tintimité de sa vie ? L'art grandit l'homme
parce qu'il est l'exercice des plus hautes fa-
cultés intellectuelles, mais en retour Thomme
intègre, doué de caractère, capable de bonté,
fidèle à de saintes convictions, fait honneur à
à l'art. « Dans l'étude des lettres, dit Fermel-
huis, il ne laissa pas avec un bon sens naturel
de cultiver beaucoup son esprit, et d'acquérir
des manières de s'énoncer, naïves, polies et
spirituelles, exemptes de toute sorte d'affecta-
tion » ^ Le même témoin le montre encore
« joignant à son habileté connue, une justice
admirable envers les autres, louant le bien
partout où il le connaissait : poli, agréable et
sûr dans la société » ^ Nous l'avons surpris
venant en aide à sa sœur, à laquelle il prend
quatre de ses enfants : Nicolas et Guillaume
* Eloge f p. 32
^ Eloge, p. 45.
182 ANTOINE GOYZEVOX
Coustou dont il a fait deux maîtres, Elisabeth
et Léonore qu'il a mariées près de lui. Or,
rhomme qui agissait de la sorte était lui-même
chargé de famille ; douze enfants lui étaient
nés. Il ne paraît pas que les hasards de la vie
dans de telles circonstances aient effrayé ce
fils d'ouvrier. Une foi vive le soutenait. Sa
mort est pleine de courage et de simplicité.
De pareils hommes sont rares. L'école qui les
connut doit en êtrefière, et ce serait manquer,
il nous semble, à la vérité que de taire les
vertus intimes qui les ont fait grands.
Demanderons-nous qu'on élève une statue
de marbre au statuaire ? A quoi bon ? « Ces
sortes d'images sont fragiles, a dit Tacite, en
parlant d'Agricola, seuls les traits de l'âme
sont impérissables » '. Puissions-nous avoir
ressaisi quelques traits de l'âme de Goyzevox.
Chez lui, l'homme vaut l'artiste.
* Simulacra vultus imbecilla ac moi'talia sunt ;
forma mentia xCema.
ŒUVRE SCULPTÉ
D'ANTOINE COYZEVOX
ŒUVRE DU MAITRE
PREMIÈRE PARTIE
mum EXÉfXTÉs ?m les batimems du roi
1. Frise. (Année 1667).
S. Sculptures diverses (Année 1667).
Les Comptes des Bâtiments du Roi portent à la
date du 28 avril 1668 un paiement de 135 1. pour
un « morceau de frise et autres ouvrages faits en
1667. )) Voyez le tome publié par M. Guiffrey.
(Imprimerie Nationale, 1881, in-4), p. 244.
COATEAr DE VEBSAILL.ES
1 1. — Sculptures à V intérieur du Château.
3. Ix)uis Xrv (Année 1678).
Buste.— Marbre. — H. O'^QS.
Ce buste est l'objet de huit paiements, de 1678
18G ANTOINE GOYZEYOX
à 1685. (Volume publié par M. Guiffrey, p. 1111,
1228, el Archives Nationales, Comptes des Bâti-
ments du Roi, Registre inédit, 0' 2154.)
Nous supposons que c'est l'original de ce buste
qui est au Musée de Versailles (N° 789 du cata-
logue d'Eud. Soulié). Toutefois, Goyzevox, de
l'aveu de ses historiens, a fait de nombreux por-
traits de Louis XIV. Un buste en bronze de Louis
XIV par Goyzevox, a été présenté à l'Administra-
tion des Musées du Lou\Te, par M. Normand, le
19 février 1863. (Archives du Louvre).
Le 2 octobre 1868, le roi de Bavière a obtenu
l'autorisation de mouler le buste placé au Musée
de Versailles pour en conserver l'épreuve. (Mêmes
archives).
4. Louis Xrv.
Buste. — Bronze.
Cet ouvrage est mentionné au livret du salon
de 1699, p. 12.
Goyzevox, écrit l'auteur anonyme de la notice
qui lui est consacrée dans les Mémoires inédits des
Académiciens, a plusieurs fois répété le buste de
Louis XIV (t. II, p. 37).
5. Louis xrv.
Bust«. — Bronze.
Ge buste, dont nous ignorons la provenance, a
^t"é proposé par M. Bonneville à l'Administration
ŒUVRE DU MAITRE 187
des Musées du Louvre, le 25 mars 1854. (Archives
du Louvre).
e. Louis xrv.
Buste. — Marbre.
Un buste en marbre, de Louis XIV, signé de
Coyzevox et daté de 1690, existait entre les mains
du peintre Hennequin en 1807. Il provenait de
Versailles. Alexandre Lenoir en proposa vaine-
ment l'acquisition au Ministre de l'Intérieur par sa
lettre du 4 mai 1807. (Voyez Archives du Musée
des Monuments français^ en cours de publication
par les soins de la Commission de l'Inventaire des
Richesses d'art).
T. Louis XIV.
Bas-relief. — Marbre. — Forme ovale.
H. 0-^,68. L. 0'^,54.
Cet ouvrage est au Musée du Louvre (N* 242
du catalogue de M. H. Barbet de Jouy). Il a figuré
au Musée des Monuments français N** 262.
8. Marie-Thérèse (Année 1678).
Buste.
Cet ouvrage, est l'objet des mêmes paiements
que celui inscrit au N° 3.
9. Marie-Ttiérèse.
Buste. — Marbre.
Cet ouvrage est mentionné au livret du salon
de 1699, p. 12.
188 ANTOINE GOYZEYOX
10. Marie-Thérèse.
Bas-relief. — Marbre. — Forme ovale.
H. 0^61. L. 0°^,54.
Cet ouvrage, après avoir passé au Musée des
Monuments français, N° 262, est au Musée du Lou-
vre. (N'' 243 du catalogue de M. H. Barbet de
Jouy).
11. lue Q-rand-Daupiiin (Année 1678).
Buste. — Marbre. —H. 0",63-
Get ouvrage est l'objet des mêmes paiements
que les N°" 3 et 8.
Peut-être avons-nous F original de ce buste dans
celui qui est au Musée de Versailles, (N° 2044 du
catalogue d'Eud. Soulié). Go qui nous empêche de
nous prononcer, c'est que Goyzevox a sculpté
plusieurs fois le portrait du Grand-Dauphin.
IS. Le Qr and-Dauph i n ♦
Buste. — Marbre.
Get ouvrage est signalé au livret du salon de
1699, p. 12.
13-16. Louis XV.
Quatre bustes. — Marbre.
L'un de ces bustes est au Musée de Versailles,
(N° 2171 du catalogue d'Eud. Soulié).
Voyez sur cet ouvrage le procès-verbal de l'Aca-
démie, séance du 5 septembre 1716, et le Diclion-
naire d'Expilly, t. IV, p. 281. 2^ col.
ŒUATIE DU MAITRE 189
« Coyzevox a fait du roi Louis XV quatre bustes,
où il représente son modèle à des âges différents.»
{Mémoires inédits des Académiciens, t. II. p. 38).
l»?. Louis XIV (Années 1678 à 1686).
Buste. — Marbre.
18. Masque d'-A.pollon.
Demi-ronde-bosse. — Bronze.
19. Guirlandes.
Demi-rondes-bosse. — Bronze.
âO. Armes d'Hercule.
Trophée demi-ronde-bosse. — Bronze doré.
31. Armes de Minerve.
Trophée demi-ronde-bosse. — Bronze doré.
22. Axmes de France et de Navarre.
Trophée demi-ronde-bosse. — Bronzé doré.
33. Masques.
34. Guirlande?.
Demi-rondes-bosse. — Bronze doré.
Cette décoration fut exécutée pour l'Escalier
des Ambassadeurs. Elle est l'objet, de 1678 à 1686
de dix paiements (Tome publié par M. Guiffrey, p.
1049 et 1156. Registre inédit 0'2152). Ces paie-
ments intéressent également Tuby. Il est donc dif-
ficile de répartir les honoraires de chacun de ces
artistes, mais les œuvres que nous msentionnons
190 ANTOINE COYZEVOX
ici ont été sculptées par Goyzevox. Elles représen-
tent sa part de travail dans la décoration de TEsca-
ier des Ambassadeurs. (Voyez Mémoires inédiH
des Académiciens , t. L p. 34 .
Ces ouvrages ont été gravés par Surugue (n"*"
1668 à 1671 du catalogue de la Chalcographie du
Musée du Louvre. Une gravure de l'ensemble,
d'après Surugue, orne le tome I, (p. 299,) de l'ou-
vrage de L. Dussieux, le château de Versailles. On
sait que PEscalier des Ambassadeurs fut détruit en
1750. Eud. Soulié, t. I, p. 215).
35-4*7. Vingt-trois figures d'Enfants, Tro-
pliées et ornements à la oorniclie de la
grande galerie (années 1679 à 1682).
Stuc.
Ces ouvrages motivent neuf paiements du 3 sep-
tembre 1679 au 4 octobre 1682 (tome publié par
M. GuiîTrey p. 1156, 1185, 1285, et Registres iné-
dits 0^2151, 2152). Arcis, Lecomte et Prou sont
compris en même temps que Goyzevox sur plu-
sieurs paiements.
Voyez aussi le catalogue d'Eud. Soulié, t. II, p.
157.
48. Ornements de la corniche du salon « au
bout de la grande galerie » (années 1680 à 1683).
Stuc.
49-57. Neuf Trophées, pour le même salon.
Métal.
ŒUVRE DU ^JAITRE 191
Ces travaux sont l'objet de seize paiements, de-
puis le 6 mars 1G80, jusqu'au 3 juillet 1683. (Tome
publié par M.Guiffrey, p. 1285, et Registres inédits
0*2151, 2152^ 2153). Plusieurs de ces paiements
intéressent en même temps que Goyzevox, les
sculpteurs Tuby, Prou, Legeret et Gaffîéri.
58. Dessus de porte, (année 1682).
Bas-relief. — Plomb et étain.
Ce bas-relief est l'objet d'un à-compte de 300 1.
le 23 octobre 1682 (Registre inédit 0* 2152).
59. Ix)uis XIV à ctLeval (année 1683).
Bas-relief. — Stuc. — Forme ovale.
H. 3°'92,L. 3°'07.
Ce travail est l'objet de trois paiements formant
ensemble 3.500 1., datés des 14, 28 mars et 18
juillet 1683 (Registre inédit 0* 2153).
Cet ouvrage décore la cheminée du Salon de la
Guerre, (n** 2090 du catalogue d'Eud Soulié). Voyez
sur cet ouvrage Fermelhuis, Eloge ^ p. 9.
eo. Ix)uis XIV à clieval (année 1715).
Bas-relief. — Modèle plâtre. — Forme ovale.
H. 3°» 92. L. 3-07.
Cet ouvrage est mentionné en ces termes au re-
gistre 0* 2115, sous la date du 16 février 1716 :
« Nouveau modèle d'un grand bas-relief ovale
représentant le roi Louis XIV à cheval — en plâ-
192 ANTOINE GOYZEVOX
tre, — pour le Salon de la Guerre du château de
Versailles en 1715. . . . 1350 1. ».
61. Plafond du Salon situé « au bout de la
grande galerie. » (année 1685).
Bas-reliefs. — Plâtre.
Les « ouvrages de sculpture en plâtre, exécutés
au plafond » de cet appartement, sont l'objet de
deux paiements, ensemble, 7001. les 22 juillet et
25 octobre 1685. (Registre inédit 0* 2157).
63-63. Deux ^Siapiteaux d'ordre ionique
dans la Salle des gardes de Sa Majesté (années
1684-1687).
Demi-ronde-bosse.
Ces travaux sont l'objet de cinq à-comptes de
1684 à 1687. (Registres inédits 0' 2154, 2156,
2163).
64. Le Silence (années 1712-4713).
65. La Modestie (années 1712-1713).
Statues. — Modèles. — Terre.
Les modèles de ces deux figures, destinées au
Salon de la chapelle, sont l'objet d'un paiement de
780 1. le 2 octobre 1715. (Registre inédit 0' 2215).
§ IL — Sculptures à Vextérieur du château.
66. Figure d'Apollon « pour mettre à la façade
du bâtiment qui regarde Je parterre d'eau ».
(année 1679).
ŒUVRE DU MAITRE 193
Un à-compte de 200 1. est payé sur cette figure
le 24 septembre 1679. (Tome publié par M. Guif-
l'rey, p. 1156).
67. Consoles à « la l'ace de la cour du château »
{année 1680).
Ces ouvrages sont payés à l'artiste 1571 1., les
7 juillet et 10 novembre 1680. (Tome publié par
M. Guiffrey, p. 1185).
68. Sculptures et ornements des quatre
I^avillons de l'avant-cour, (années 1680 et
1681).
Bois et plomb.
Ces ouvrages sont Tobjet de sept paiements du
15 décembre 1680 au 16 août 1681, s'élevant en-
.semble à 9,471 1. (Tome publié par M. Guiffrey,
p. 1185, et registre inédit 0* 2151).
69. L'Abondance (années 1680-1681).
Groupe de Favant-cour. — Pierre.
Ce groupe est l'objet de trois paiements, les 2
juin 1680, 23 lévrier et 29 juin 1681. (Tome publié
par M. Guifîrey, p. 1185, et registre inédit 0' 2151).
Cet ouvrage est placé à l'extrémité de la balus-
trade de la cour de Versailles (Eud. Soulié t. I, p.
1 et 2.) Voyez aussi Piganiol de la Force, Descrip-
tion de Versailles, t. I, p. 13.
70. La Force.
Statue. — Pierre. — H. 2^,66.
13
194 ANTOINE GOYZEYOX
Cet ouvrage fut placé dans la cour de Versail-
les, le long de la balustrade de l'ancien château.
Voyez Piganiol, Description de Versailles, t. I,
p. 17.
•71. La Justice.
Statue. — Pierre. — H. 2^,66.
Cet ouvrage était placé dans la même cour que
le précédent. (Piganiol, t. I, p. 18).
§ III. — Cours et Jardins.
'7S-'74:. Trois Masques et Coquilles pour la
Colonnade (années 1683 à 1686).
Du 13 .juin 1683 au 26 mai 1686, quatre paie-
ments s'élevant ensemble à 850 1. sont faits à Coy-
zevox pour ces ouvrages. Le prix des trois masques
est de 450 1. (Registres inédits 0'2153, 2156, 2150).
"75-81. Génies, Amours, Naïades, Nym-
pties et Sylvains pour la Colonnade (année>
1686-1687).
Sept bas-reliefs.
Trois paiements s'élevant à 2800 1. sont faits
sur ces ouvrages les 6 octobre, 1" décembre 1686
et 2 mars 1687. (Registres inédits 0'' 2159 et
2163).
Voyez, au sujet de ces ouvrages, le catalogue
d'Eud. Soulié, t. III, p. 516.
83. Termes du Petit Parc (restauration) (année 1680).
ŒUVRE DU MAITRE 195
L'artiste reçoit 800 1. le G octobre 1680 sur la
restauration de ces Termes, (tome publié par M.
Guifîrey, p. 1185).
SS-S'l. Deux Vases « pour le pourtour de la
pièce d'eau sous le Dragon » (année 1682).
Un paiement de 300 1. est fait sur ces ou\Tages
le 16 décembre 1682 (Registre inédit 0'2152).
85. Vases de métal pour le Petit Parc, les Fon*
laines de l'Ile et la pièce d'eau (années 1682-
1688).
L'artiste reçoit sur ces ouvrages 1000 1. en qua-
tre paiements, du 16 décembre 1682 au 9 mai,
1683 (Registres inédits 0i2152. 2153).
86. Fontaine de la Gloire.
Marbre.
La décoration de cette fontaine, dessinée par Le
Brun, était l'œuvre de Goyzevox. (Voyez L. Dus-
sieux, Le Château de Versailles, t. II, p. 238^ et
Piganiol, Description de Veî'sailles, t. II, p. 198).
8*7. La France triompliante écrasant l'Es-
pagne et l'Empire.
Groupe. — Plomb.
Voyez sur cet ouvrage, dont Goyzevox a sculpté
la figure de V Empire, le Château de Versailles, par
Dussieux, t. II, p. 238, Eud. Soulié, t. III, p.
506, ei P.ganiol, t, II, p. 196.
Gravé par Thomassin, pi. 129.
i96 ANTOINE COYZEVOX
88. Arc de triomptie.
Plomb doré.
Goyzevox a partagé avec Tuby, Mazeline, Hou-
zeau, Legros et Masson, la décoration de ce mo-
nument. (Voyez L. Dussieux, le Château de Ver-
satiles, t. IL p. 239).
89. Vénus de Médicis (Années 1683 à <686).
Statue. — Marbre.
90. Nymplie à la Coquille.
Statue demi-couchée. — Marbre.
Ces deux ouvrages sont compris dans les huit
paiements faits du 26 décembre 1683 au 24 lévrier
1686. (Registres inédits 0' 2153, 2154, 2156, 2159).
D'autres œuvres se trouvant groupées avec
celles-ci, nous ne pouvons dire à quel prix s'éleva
leur commande. Exécutée à Versailles, la Vénus
de Médicis se trouvait placée à Marly au temps de
Piganiol. (Voyez sa Description de Versailles, t. II,
p. 283, et Description de Paris, t. IX, p. 492\
L'original est au Bassin de Latono, dans les
jardins de Versailles. (Catalogue d'Eud. Soulié,
î. 111, p. 508). C'est à tort que Soulié indique l'an-
tique d'après lequel cette figure aurait été faite
comme existant au Musée du Louvre. L'œuvre de
Coyzevox est en réalité une imitation de plusieurs
antiques.
Une gravure au trait sans nom d'auteur existe
ŒUVRE DU MAITRE 197
d'après la iStfmphe à la Coquille. Simon Thomassin
l'a également gravée, pi. 47; et Glarac lui a donné
place dans le Musée de sfAilpture, tome IV, pi. 754.
La iXymphe à la Coquille a été l'objet d'une répa-
ration par les soins de M. Séraphin Denécheau, le
29 octobre 1878.
L'œu\To a été moulée le 24 décembre 1880.
(Archives du Louvre).
Une épreuve de cette figure a été offerte par
M. A. Giffard au Musée d'Angers. (Voyez Unio-n de
l'Ouest, du 4 mars 1882).
91. Vase (Années i68.3 à 1686).
Marbre. — H. 2°^ ,50.
Ce travail est l'objet de huit paiements, du 4
juillet 1683 au 8 juillet 1685. (Registres inédits
0* 2153, 2154, 2156).
Ce Vase, placé sur la Terrasse, côté du nord, est
décoré de bas-reliefs représentant la Défaite des
Turks, à Saint-Gothard, en Hongrie, et la Préémi-
nence de la Fronce reconnue par l'Espagne.
Voyez L. Dussieux, Le Château de Versailles, t.
II, p. 219 ; Piganiol de la Force, Description de
Versailles, t. II, p. 6.
9â. La Garonne (Année 1685).
Groupe. — Bronze.
93. La IDordogne.
Groupe, — Bronze.
198 ANTOINE COYZEYOX
Les modèles de ces deux groupes « pour le petit
Parc » sont l'objet de quatre paiements s'élevant à
1200 ]., les 18 février, 6 mai, 3 juin, 12 août 1685.
(Registre inédit 0^ 2156).
Ces groupes, fondus par les Keller en 1688, ont
été gravés par Thomassin, pi. 158 et 159.
On les voit à Versailles, au Bassin près le Par-
terre d'eau. (Voyez catalogue d'Eud. Soulié, t, III,'
p. 500).
94. Vénus pudique (Années 1685 à <686},
Statue. — Marbre. — H. 1°^,30.
Quatre paiements s' élevant à 2500 1. sont faits
sur cette œuvre, du 15 avril 1685 au 18 septembre
1686. (Registres inédits 0* 2156, 2163).
L'original est au Musée du Louvre. (N° 234 bû
du catalogue de M. H. Barbet de Jouy).
Le marbre est signé : A.Goyzevox, 1686, <i>IAlAC
HAEOIC.
Voyez, sur celte figure, Piganiol de la Force,
Description de Versailles, t. IL p. 14, et Description
de Paris, t. IX, p. 489.
Un bron2e des Keller a remplacé^ d*abord au
jardin des Tuileries, puis à Versailles, l'œuvre de
Goyzevox entrée au Louvre, le 26 septembre 1871.
(Voyez catalogue d'Eud. Soulié, t. III, p. 503).
Gravé par Simon Thomassin, N** 45, et dans le
Micsée de sculpture de Clarac, (t. IV, pi. 629).
Clarac semble s'être mépris sur l'origine -de cette
ŒUVRE DU MAITRE 199
œuvre qu'il classe au nombre des statues antiques
et dont il donne une description succincte d'après
le bronze des Keller, sans nommer ni Coyzevox ni
ses fondeurs. {Musée de sculpture texte, t. IV, p.
122).
95. Castor et Pollux (Années 1685 à 1712).
Groupe. — Marbre.
Cinq paiements, faits du 3 juin 1685 au 21 mars
1688, s'élevant à 2600 1. concernent ce groupe.
(Registres inédits 0^ 2156, 2166).
Cet ouvrage est placé dans la Demi-Lune en
avant du Tapis vert.
Il est signé : A. Coyzevox, 1712.
Voyez le catalogue d'Eud. Soulié, t. III, p. 510,
et Piganiol, Description de Paris, t. IX, p. 493.
Le 5 décembre 1694, l'artiste reçoit pour « com-
plément du prix de 39,247 1. 15 s. à quoi montent
les ouvrages de sculptures posés dans les jardins
de Versailles depuis 1682, n 16^607 livres 15 sols.
(Registre inédit 0* 2179).
CHATEAr DE TBIAIVOIV
96. Cliapiteau de colonne isolée, d'ordre ioni-
que, (années 1687-1688),
Marbre .
9*7-99. Trois ch.apiteax pilastres droits,
d'ordre ionique.
500 ANTOINE GOYZEYOX
Marbre.
100. Cliapiteau de colonne d'angle, d'ordre
ionique.
Marbre.
101. Grand cliapiteau de colonne, d'ordre
composite « pour le dessus des tables des tre-
rueaux (sic) de la Galerie. »
Marbre.
Ces Chapiteaux sont T objet de cinq paiements
du 7 septembre 1687 au 4 juillet 1688, s'élevant h
1,585 1., prix du travail. (Registres inédits 0^ 2163,
2166. '^Voyez L. Dussieux, Le Château de Versailles,
t. II, p. 320).
CHATEAU BE MARI.Y
JARDINS.
lOS. Vase (Années 1697-1698).
Marbre.
Du 6 mai 1697 aux 9 mars 1698, 850 1. sont
payées pour ce travail. (Registres inédits 0* 2185,
2187;.
103. La lienommée (Années 1701-1702).
Groupe, — Marbre.
lO"^. Mercure.
Groupe. — Marbre.
Ces deux groupes furent payés 40,000 1. — et non
38,450 1. comme nous le disons plus haut à la
ŒUVRE DU MAITRE 20 i
page 135. — Le premier paiement date du 30 jan-
vier 1701, et le dernier du 21 septembre 1705.
(Registres inédits 0' 2193, 2195, 2197, 2201).
Un exemplaire on bronze de la Renommée est
conservé à la Griine, Gewolbe de Dresde. (Voyez
L. Dussieux, Les Artistes français à l'étranger, édi-
tion de 1876, p. 236).
La Renommée fut placée en présence du Roi le
2 août 1702, et le Mercure le 8 août suivant. Les
deux groupes turent apportés au Pont tournant des
Tuileries, le 7 janvier 1719. Ils décorent aujour-
d'hui l'entrée du jardin sur la place de la Concorde.
Par arrêté ministériel du 30 septembre 1872, la
restauration du Mercure a été confiée à M. J.
Dubois, moyennant la somme de 4,000 Ir.
On peut consulter sur ces deux groupes, Piga-
niol, Descin'ption de Paris, t. II, p. 383, t. IX, p. 278,
et Description de Versailles, t. II, p. 293.
La Renommée et le Mercure sont gravés dans le
Musée de sculpture de Glarac, tom6 III, p. 373.
105. Neptune irrité (Année n03 à 1707).
Groupe. — Marbre.
106. Triomplie d'Ampliitrite.
Groupe. — Marbre.
107. La Seine.
Groupe. — Marbre.
108. La Marne.
Groupe. — Marbre.
•202 ANTOINE GOYZEVOX
Il est question du modèle du Scptune, dès le
13 juin 1683 sur le Registre inédit 0^ 2153 oîi est
consigné un paiement de 700 1. Mais c'est seule-
ment à dater du 1^"" août 1703 jusqu'au 11 septem-
tembre 1707 qu'il est fait mention des quatre
groupes de la « Rivière de Marly. » Entre ces
deux dates, il est payé à l'artiste 18,300 1. (Regis-
tres inédits 0^ 2197, 2199, 2203, 2205).
Voyez sur ces ouvrages, Piganiol, Description de
Versailles j t. II, p. 274.
Ces groupes sont moulés par Robert en 1704,
pour la somme de 1,750 1. (Registre inédit 0* 2199).
Le Neptune et un Fleuve furent enlevés de Marly
pour les Musées, le 17 juillet 1795. (Archives du
Louvre).
Le 21 vendémiaire an V (12 octobre 1796).
Alexandre Lenoir demande au Ministre de l'Inté-
rieur à retirer de Marly, le groupe de la Seine
pour lui donner place au Musée qu'il dirige. (Voyez
Archives du Musée des Monument français^ en cours
de publication par les soins de la Commission de
l'Inventaire des Richesses d'art de la France, t. I,
p. 59.)
Le Neptune et la Seine furent accordés à la ville
de Brest par le ministre de l'Intérieur le 14 germi-
nal an IX (4 avril 1801). Ils décorent le cours Dajot.
Au mois de septembre suivant le ministre accorda
ŒUVRE DU MAITRE 203
également à la ville de Brest V Ajnphitrite qu\ fisi
placée dans le port de guerre, sur l'Esplanade.
Voyez Bulletin de la Société académique de Brest,
3' série, t. IV, p. 385 à 392.
109. Un Berger et un petit satyre (Années
1708 à 1712).
Groupe. — Marbre. H 1°,84.
1 1 0. Flore.
Groupe. — Marbre.
111. Hamadryade.
Groupe. — Marbre.
Ces trois groupes destinés, ainsi que les quatre
précédents à la décoration de la a Rivière de Marly, »
sont l'objet de nombreux paiements du 4 mars
1708 au 18 avril 1712. (Registres inédits 0* 2207,
2209, 2210.) Seul, le dernier paiement nous inté-
resse : il porte que la somme versée est le com-
plément des 71.241 1. 1 s. « prix principal à quoi se
montent les sept groupes de Fleuves, Nymphes et
Faunes, faits en marbre et posés en haut et au bas
de la Rivière de Marly, et au bas du Fer à Cheval,
pendant le sus dit temps. »
Le Berger, transporté au Jardin des Tuileries au
dernier siècle, fut placé au Musée du Louvre, le
28 septembre 1870 (n* 234 du catalogue de M. H.
Barbet de Jouy).
Il est signé : A. Goyzevox. F. 1709.
204 ANTOINE GOYZEVOX
Voyez sur les trois derniers groupes Piganiol,
Description de Versailles, t. II, p. 275.
L. Dussieux, dans son ouvrage. Le Château de
Versailles, t. II, p. 381, indique il lori un Faune
jouant de la Fl>*'te, et un Berger et un petit satyre
comme sculptés par Coyzevox. C'est la même œi\-
vre sous deux noms difTérents.
Le Berger nélà gravé au trait par Lingée, et dans
le Musée de sculpture do Glarac, par Normand père
(pi. 381.) Il est également gravé en laillc douce par
un anonyme. Enfin il a été lithographie.
UHamadryade est gravée au trait par Normand
dans l'ouvrage de Clarac, pi. 380.
La Flore est également gravée au trait par le
Tuè.mQ. Musée de sculpture de Glarac, (pi. 379).
llS-119. Huit groupes d'Enfants, portant
(Jps cuvettes.
Plomb.
Dans sa lettre au Ministre de l'Intérieur du 21
vendémiaire an V, (12 octobre 1796), Alexandre
Lenoir demande à retirer de Marly ces ouvrages
pour les transporter au Musée qu'il dirige [Archives
du Musée des Monuments français, en cours de pu-
blication par les soins de la Commission de l'In-
ventaire des Richesses d'art do la France, t. I,p.59).
130. Groupes.
Plomb.
ŒUVRE DU MAITRE 20o
Par sa lettre du 21 vendémiaire an V (12 octo-
bre 1796), Alexandre Lenoir demande l'autorisation
de retirer de Marly divers ouvrages, et après avoir
mentionné des marbres sculptés par Coyzevox et
Goustou il écrit « Dix-huit groupes de différentes
compositions aussi en plomb, par les mêmes »
[Archives du Musée des Monuments français, encours
de publication par les soins de la Commission de
l'Inventaire des Richesse d'art de la France, t. I,
p. 59).
Indépendamment des divers paiements que nous
venons de mentionner, l'artiste reçut les 21 décem-
bre 1698, 8 février, 19 avril, 6 septembre 1699, et
20 septembre 1708 (Registres inédits 0^2187, 2188,
2190, 2207), la somme de 17.182 1. pour « journées
employées à faire des modèles et à conduire les
sculpteurs qui ont travaillé aux figures et vases du
Jardin et de la Cascade de Marly. »
CHATEAU »E sai.\t-cxoi;d.
ISl. Le Rhône.
Groupe. — Marbre.
Cet ouvrage, sculpté pour les jardins de Saint-
Gloud, est aujourd'hui au musée du Louvre, non
catalogué.
Il est signé A. Coyzevox 1706.
Le 25 janvier 1874 la restauration de ce groupe
206 ANTOINE COYZEYOX
a été confiée par arrêté ministériel à M. J. Dubois,
moyennant une somme de 5000 fr.
Nous ne savons comment expliquer la lettre
cF Alexandre Lenoir en date du 21 vendémiaire
an V (12 octobre 1796) demandant au Ministre de
l'Intérieur l'autorisation de retirer de Marly les
statues du Rhône et celle de la Seine pour leur
donner place au Musée qu'il dirige. (Voyez Ar-
chives du Musée des monuments français, en cours de
publication par les soins de la Commission de l'In-
ventaire des Richesses d'art de la France, t. 1,
p. 59). Nous devons supposer que Goyzevox a
sculpté deux allégories du Rhône, l'une pour Saint-
Cloud et l'autre pour Marly.
152. Xja Justice i année 1691).
Statue. — Pierre.
1 53. La Tempérance.
Statue. — Pierre.
1S4:. La Prudence.
Statue. — Pierre.
1 S5. La Force.
Statue. — Pierre.
Ces statues furent payées à Tartiste 2400 1.
(Voyez Registres inédits 0' 2171 et 2174, du 23
juillet au 19 août 1691).
ŒUVRE DU MAITRE 207
Le 19 août 1691 les « modèles de cire et les
moules de plâtre » de ces sculptures sont payés à
l'artiste 101 1. (Registre inédit 0^ 2174).
Ces quatre figures sont placées sur le fronton de
l'église au devant des pilastres. (Voyez Germain
Brice, Description de Paris, t. II, p. 334).
1S6. Saint Athanase (années 1698-1699).
Statue. — Pierre.
1 S*7. Saint Grégoire de TsTazianze.
Statue. — Pierre.
Ces deux œuvres sont l'objet de divers paie-
ments du 27 juillet 1698 au l^i-mars 1699, s'élevant
ensemble à 700 1. (Registres inédits, 0^ 2187,
2189).
Ces statues sont placées à la hauteur de l'attique
sur la façade de l'église.
1S8. Saint Ciia-rlemagne (années 1700 à 1706).
Statue. — Marbre. —H. 3°».60.
Du 11 avril 1700 au 7 février 1706, cette statue
est l'objet de nombreux paiements dont le total
s'élève à 5,500 1. (Registres inédits, 0^ 2191, 2193-
2197, 2199, 2203).
Cette statue décore la façade de l'église. Elle a
ligure au Musée des Monuments français, n° 210.
Alexandre Lenoir fut invité par Fouché ministre
de la Police générale, le 4 octobre 1809 à rendre
cette statue au gouverneur de l'Hôtel des Invalides
208 ANTOINE COYZEVOX
pour la décoration du portail. (Voyez ÀJ^chives du
Musée des Monuments français, en cours de publi-
cation par les soins de la Commission de l'Inven-
taire des Richesses d'art).
(Voyez aussi, au sujet de cette statue^ Germain
Brice, Description de Paru, t. II, p. 3Si).
129. Ange au Casque (années 1700-1701).
Bas-relief.
Du 5 décembre 1700 au 27 mars 1701, l'artiste
reçoit 550 1. sur cet ouvrage. (Registres inédits,
0' 2191,2193).
Cette ligure décore le tympan de la porte Saint-
Augustin sous le Dôme.
130. Sculptures aux quatre panneaux de
l'une des voûtes des chapelles (années 1693 a
1G99).
Ornements. — Pierre.
Ces travaux laits en collaboration de Tuby, Melo
et Jolly furent payés 2,100 1. (Voyez Registres
médits 0' 2177 et 2189, du 8 février 1693 au 21 juin
1699).
A la date du 18 février 1700, Coyzevox reçoit
3,890 1. complément du prix de 10,840 1. pour ses
•< sculptures marbre et pierre >- à la dite église.
(Registre inédit 0' 2209).
ŒUVRE DU MAITRE 209
église: D£ .\oxbe>daiie.
131. Louis XIV offrant le voeu de X<ouis
XIII à la patronne de Paris (années 1713 à
1715).
Statue à genoux. — Marbre.
Six paiements sont faits sur cette œuvre, du
20 août 1713 au 20 octobre 1715. Ils montent en-
semble au chiffre de 8,100 1., prix fixé pour cette
figure. (Registres inédits, 0^ 2213, 2214, 2215).
Voyez, au cours de notre étude, l'histoire de ce
monument qui, aujourd'hui, est replacé dans le
chœur de Notre-Dame de Paris. Consultez aussi
Inventaire des Richesses dart de la France, Paris,
monuments religieux, t. I, p. 388, et Piganiol de
la Force, Description de Paris, t. I, p. 327.
Alexandre Lenoir qui avait recueilli celte œuvre
au Musée des Petits-Augustins, reçut le 27 sep-
tembre 1815 du ministre de l'Intérieur, l'ordre de
rendre la statue de Louis XIV au Chapitre de
Notre-Dame (Voyez Archives du Musée des Monu-
ments- français^ en cours de publication, par les
soins de la Commission de l'Inventaire des Ri-
chesses d'art do la France).
14
210 ANTOINE GOYZEVOX
orvBAGES EXÉcrTi:s porB i.a
OIE LEUR DÉSIGNATION INCOMPLÈTE SUR LES COMPTES L/ES
BATIMENTS DU ROI NE PERMET PAS DE CLASSER.
13S-133. Deux Figures (année 1679).
Le 22 janvier 1679, Goyzevox reçoit un à-compte
de 400 1. sur « les deux figures qu'il fait. )> (Tome
publié par M. Guiffrey, p. 1156).
134:. Ouvrages divers (année 1681).
Nous ignorons ce que sont ces « Ouvrages di-
vers » objet d'un paiement de 300 !._, le 18 janvier
1682, reparties entre Tuby, Prou, Caffiéri, Legros
et Goyzevox (Registre inédit 0' 2152).
135. Ouvrages divers (année 1681).
Goyzevox reçoit le 16 juillet 1681 pour « parfait
paiement d'ouvrages en divers endroits exécutés
en 1678 et 1679 )> la somme de 720 I. (Tome pu-
blié par M. Guiffrey. p. 1185).
136. Ouvrages divers (année 1681).
Paiement de 600 1., le 20 juillet 1681, à compte
sur «divers ouvrages » (Registre inédit 0' 2151).
137. Modèle de bronze (année 1683).
Sur le registre 0' 2153 est inscrit, à la date du
4 juillet 1683, un paiement de 200 1. pour « le mo-
dèle de bronze ».
ŒUVRE DU MAITRE 2H
138-139. Deux Modèles de groupes (année
«68(3).
Terre et cire.
Les 24 mars et 26 mai 1686, les « deux modèles
de gronpes (]u'il a faits en terre et des cires qu'il
répare de ses modèles à l'Arsenal pour fondre en
bronze n sont payés 2,800 1. (Registre inédit
œ2159).
DEUXIÈME PARTIE
OUVRAGES EXÉCITÉS EX DEHORS DES RATIMEXTS W ROI
MONUMENTS
PALAIS »E SAVKBIWE
140. Termes (année 1667 à 1(571).
Rondes-bosses.
Salle d'honneur du palais de Saverne.
141 . Figures.
Statues.
Salle d'honneur du palais de Saverne.
Nous ne soranaes pas parvenu à connaître le
nombre de ces Termes et de ces Figures. Les }fé-
motres inédits des Académiciens (t. II, p. 33) portent
seulement « Plusieurs Termes et autres figures.»
143. .Apollon Musagète (années 1667 à 1671).
143. Clio.
l^'l. Suterpe.
2U ANTOINE GOYZEVOX
145. Tlialie.
146. Melpomène.
l-i"?. Terpsicliore.
148. Erato.
149. Polymnie.
150. Calliope.
151. TJranie.
Bas-reliefs. — Stuc.
Exécutés pour le plafond de la salle d'honneur
du palais de Saverne.
152. Corniclie circulaire (Années <667 à 1571).
Ornements. — Stuc.
Salle d'honneur du palais de Saverne.
153- 1 56. Quatre Tropliées (Années 1667 à 1671)
Bas-Reliefs. — Proportions colossales.
15*7. Ornements.
Demi-ronde-bosse.
Ces quatre Trophées et ces Ornements ont été
exécutés pour l'Escalier principal du palais de
Saverne.
158-165. Huit Figures (.Années 1667 à 1671).
Statues. — Proportions colossales. — Pierre de
grès.
Parc du palais de Saverne.
166-189. Vingt-quatre Termes (Année? 1667
ù 1671).
ŒUVRE DU MAITRE 2!5
Rondes-bosses. — Proportions colossales. —
Pierre de grès.
Parc du palais de Saverne.
On peut consulter sur la part de Coyzevox dans
la décoration du palais de Saverne, Fermelhuis,
Jurie, Passeron, Miel et les Mémoires inédits des
Académiciens.
7iio:%x.ue::vt du roi a lhotël-de-
190. ix>uis xrv.
Statue. — Bronze.
Erigée à rHôtel-de-Ville de Paris, le 14 juillet
1689, à la place d'une statue de Gilles Guérin, re-
présentant Louis XIV vainqueur de la Fronde. On
trouvera aux pièces justificatives, Doc. IX, des
détails sur cet ouvrage que Lenoir suppose à tort
avoir été fondu. (Voyez Musée des Monuments fran-
çais, t. V, p. 117. — Voyez aussi Mémoires inédits
des Académiciens, t. I, p. 264.) Cette statue a été
gravée par Pierre Lepautre, avec des médaillons
et cinquante bas-reliels représentant les exploits
accomplis par Louis XIV.
191. Louis xrv.
Statue.
Une réplique de la statue de THôtel-de-Ville de
Paris fut placée au château d'Ivry. (Voyez Piga-
niol de la Force, Description de Paria, t. IV, p. 98
21B ANTOINE GOYZEVOX
et suiv., et t. IX, p. 259.) Nous ignorons quelle en
fut la matière.
193. Louis XIV.
Statuette. — Bronze. — H. 0=^66.
Cette statuette était le modèle de la statue qui
précède.
Elle est mentionnée en deux endroits par
Alexandre Lenoir dans les Archives du Musée des
Monuments français, en cours de publication par
les soins de la Commission de l'Inventaire des
Richesses d'art de la France. Il en est question la
première fois le troisième jour complémentaire de
l'an IV (19 septembre 1796). A cette date, cette
statuette est au Dépôt de Nesle, et Lenoir demande
au Ministre de l'Intérieur l'autorisation de lui don-
ner place dans le Musée qu'il dirige.
La seconde mention est conçue en ces termes :
« Du 15 au 16 nivôse an VIII (5 au 6 janvier 1800;
il a été dérobé dans la salle du xvii« siècle, au
Musée des Monuments français, une petite statue
en bronze représentant en pied Louis XIV, modèle
qui avait été fait par Coyzevox pour l'exécution de
la statue qui ornait la cour de l'Hôtel-de-Ville ».
193. La Piété royale distribuant du pain
pendant la disette de 1 66S.
Bas-relief. — Marbre.
ŒUVRE DU MAITRE 2i7
194. La Religion triompliaiit de l'Hérésie.
Bas-relief. — Marbre.
Ces deux ouvrages ornaient le piédestal de la
statue de Louis XIV, érigée à l'Hôtel-de-Ville. Ils
sont perdus. Le second bas-relief était une allégo-
rie de la Révoi-ation de ï Edii de Nantes.
1 95. Henry de Fourcy, comte de Chessy, prévôt
des marchands de Paris. (1626-1708).
Médaillon. — Bronze.
Nous ignorons où se trouve l'original que Soulié
suppose à tort au Musée du Louvre. Un plâtre,
d'après ce médaillon, qui certainement n'est pas
détruit, existe au Musée de Versailles (n° 1899 du
catalogue). L'original a fait partie du piédestal de
la statue de Louis XIV, érigée à l'Hôtel-de-Ville.
196. Les Eclievins de Paris, en charge en 1689.
Médaillons. — Bronze.
Exécutés pour]'Hôtel-de-Ville.
Voyez Mémoires inédits des Académiciens, t. Il,
p. 36.
Les médaillons des Echevins ont dû avoir les
mêmes proportions que celui de Henri de Fourcy.
prévôt des marchands, dont un moulage est au
Musée de Versailles.
19*7. Louis XIV.
Statue équeslre. — Bronze. — H. ô'^jôO.
21 ë ANTOINE COYZEVOX
Exécutée pour les Etats de Bretagne et inaugu-
rée à Rennes le 6 juillet 1726.
Cette statue a été gravée par Simon Thomassin
en 1699. Lors de la tenue des États de Bretagne
en 1695 les jetons frappés en mémoire de cette
assemblée reproduisirent la statue équestre du Roi b
par Goyzevox (Archives de T Art français, iome VI,
p. 162V
198. Xja France, assise sur un char, traîne
par des tritons, parcourt le domaine de
Neptune.
Bas-relieC. — Bronze. — H. 2*", 33. — L. 1",45.
Exécuté pour les Etals de Bretagne et placé sur la
face latérale droite du piédestal de la statue éques-
tre de Louis XIV.
Ce bas-relief, sauvé en 1792, lors de la destruc-
tion du monument , est conservé au Musée de
Rennes (N" 1 du catalogue, édition de 1871).
200. -A.udience donnée aux ^ambassadeurs
du roi de Siam et présentation par les
députés des Ktats de Bretagne à Louis
XIV, des plans et dessins du monument à
lui élever.
Bas-relief. — Bronze. — H. 2"^, 33. — L. 1°, 45.
Exécuté pour les États de Bretagne et placé sur
la face latérale gauche du piédestal de la statue
équestre de Louis XIV.
ŒUVRE DU MAITRE 219
Ce bas-relief est conservé au musée de Rennes
(N°2 du catalogue^ édition de 1871).
Deux inscriptions complétaient le monument
sculpté par Goyzevox. En voici le texte.
Inscription placée sur la face antérieure du
piédestal.
LUDOVICO MAGNO
PIO, FELICI, SEMPER AUGUSTO
ARMORICA
AMPLISSIMIS PORTUBUS ORNATA
UTRIUSQUE INDLï COMMERCIO DITATA
ANNO M.DC.LXXXV
REGNI XLMI
VOVERAT
ANNO M.DCC.XXVI, POST OBITUM XI,
VIRTUTUM BEXEFICIORUMQUE MEMOR,
COMMUNI OMNIUM ORDINUM PLAUSU
POSUIT
Inscription placée sur la face postérieure du
piédestal.
EQUESTREM HANC STATUAM
TOTIUS ARMORICE IMPENDIO
CONFLATAM ET ORNATAM
CIVITAS RHEDONENSIS
DE PETUNIA
AD RESARCIENDAS
URBIS NUPER INCENS.E RUINA
SIBI A COMITIIS ATTRIBUTA
ADVEHENDAM ET CQJLLOCANDAM
eu RAVIT
Voyez sur cet important ouvrage Archives de
220
ANTOINE GOTZEVOX
l'Art français, t. V, p. 223 à 2Ô4, et Mémoires iné-
dits des Académiciens, t. II, p. 35-36.
Il existe une gravure d'après ua dessin de
Huguet, représentant la cérémonie d'inaugura-
tion.
SOO. Giulio Mazarini, dit le cardinal Maza-
rin (i602-i661 ;, et un Ange tenant un faisceau,
pièce principale des armes de Mazarin (année 1692).
Groupe. — Marbre. — H. 1^^,60.
La statue de Mazarin est à genoux. L'Ange te-
nant le faisceau est placé derrière le cardinal.
Sur le socle est gravé : A. Coyzevox. f. i692.
Ce groupe a été gravé au trait par Normand.
201. La Fidélité (année 1692).
Statue. — Marbre. — H. 1^^,45.
SOS. La Frudence (année 1692).
Statue. — Bronze. — H. 1^,42.
Sur l'aviron qui sert d'attribut à cette figure est
écrit : A. Co^'zevox, f. 1692.
SOS. La Paix (année 1692).
Statue. — Bronze. — H. 1°^,47.
S 0-4. La Religion (année 1692'.
Statue. —Marbre.— H. 1°,49.
SOS. La Charité (année 1692).
ŒUVRE DU MAITRE 221
Groupe. — Marbre. — H. 1"»,48.
Elle est groupée avec un enfant nu qu'elle attire
vers elle.
Ces six ouvrages faisaient partie du tombeau du
cardinal Mazarin, érigé dans la chapelle du collège
des Quatre-Nations, transféré au Musée des Mo-
numents français, puis au Musée de Versailles, et
enfin au Musée du Louvre (n^'^ 227 à 232 du cata-
logue de M. H. Barbet de Jouy).
Diverses parties du tombeau de Mazarin ne sont
entrées au Musée des Petits-Augustins que le
11 brumaire an xiv. Ce sont les figures de la
Religion et de la Charité, ainsi qu'une inscription
que Lenoir avait inutilement réclamées dès Tan
II. La reprise des négociations par Tadministra-
teur du Musée des Petits-Augustins date du 19
fructidor an XIII (6 septembre 1805). Il obtint
gain de cause de 11 brumaire (2 novembre).
(Voyez Archiver du Musée des Monuments fran-
çais^ en cours de publication par les soins de la
Commission de l'Inventaire des Richesses d'art de
la France.)
La statue de Mazarin, celles de la Prudence^ de
la Paix et de la Fidélité sont gravées dans le Musée
des Monuments français, t. V, pi. 184, p. 84, d'après
un dessin de Delafontaine.La gravure est de Guyot.
Le monument tout entier a été gravé par
Olesczynski.
222 ANTOINE GOYZETOX
MOmMËliT UF. COIiBCBT.
20 6. Jean-Baptiste Colbert, marquis de
Seignelay (1G19-16S3).
Statue. — Marbre. H. 1^^,45.
Colbert est représenté à genoux.
Cette statue décore le tombeau de l'homme
d'État dans la chapelle Saint-Louis-de-Gonzague
de Téglise de Saint-Eustache, à Paris.
S07. L'Abondance.
Statue.— Marbre. — H. 1"^,60.
Elle est représentée assise.
Cette statue fait partie du tombeau de Colbert
dans l'église Saint-Eustache.
La statue de la Fidélité ainsi que celle de VAngp.
qui, avant la Révolution, tenait un livre ouvert
devant Colbert, ont été sculptées par Tuby.
Ce tombeau est gravé dans le Musée des Monu-
ments français, t. V, pi. 188, n° 205, p. 100.
IIOIVIME^T DE VALBBr\.
208. Nicolas de Bautru, marquis dt> Vaubrim,
lieutenant-eénéral des armées du Roi (163:^-1675), et
Marguerite-Thérèse Bautru, sa i'emmp.
Groupe. — Marbre.
2 09. JLia Victoire.
Haut- relief. — Marbre.
ŒU^TIE DU MAITRE 223
2lO. lie passage du Rhin au pont d'Al-
tenlieini.
Bas-relief. — Plomb doré.
Les inscriptions qui suivent sont gravées sur le
soubassement du tombeau :
MEMORI^ SEMPITERN.î:
NÏGOLAI DE BAUTRU MARGHIONIS DE VAUBRUN
REGIORLM EXERCITUUM LEGATI, PHILIPPOPOLI.S,
ET ALSATI.E PR^FECTI
QUI PACIS ARTIBUS CLARUS, REBUS BELLO FORTITER GESTIS CLARIOR
PRUDEXTIA COMITATE, .TUSTITIA, PIETATE CLARISSIMCS
DEXIQUE OCCISO ULTPvA PvHEXUM TUREXXIO
SUMMAM RERUM SUO MARTI COMMISSA>[, GRAVI LICET VULNERE
SAUCIUS SUSTIXUIT ET REPRESSIS AD SCUTAKAM FLUVIUM
GERMANIS
TRIOMPHALEM GAI.LIS IX ALSATIAM REDITUM .SAXGUINE SUO SIG-
NA VIT CŒSUS IX ACIE VICTOR KALEX. AUG. AXXO. SAL. MDCLX.W
,ETAT XLll MARGUARETA THEREZA DE BAUTRU
DIC VIDUA ET M.«REXS, HOC DILECTO ClXERl MOXUMEXTUM PC.
ANXO .S.ECUUl XVIU QUARTO TOT .SPES, IMMATURA MORTE
PR.EREPTAS UXA SPE SOLAXS COMMUXIS ,ETERXITATIS
AVI .SUB UMBRA QUIE.SCIT CATHARIXA XEPTIS EX FILIA MAGDAi.EXA
DE BAUTRU DE VAUBRUX FRAXCSICI AXXIRALIS DUCl.S D'esTRÉES
UXORE OBllT SEPTEXXIS AXXO MDCCUl
Ce monument est placé dans la chapelle du châ-
teau de Serrant (Maine-et-Loire), Il date de 1705.
La chapelle qui le renferme a été construite par
Mansart. Voyez, au cours de notre étude, la des-
cription détaillée de cet ouvrage.
224 ANTOINE GOYZEVOX
311. Cliarles Le Brun (1619-1699), peintre gra-
veur et architecte.
Buste. — Marbre. — H. 0'^,55.
213. La Peinture.
Statue. — Marbre. — H. 1^,75.
SIS. Lia Religion.
Statue. — Marbre. — H. l^'JS.
Ce buste et les deux figures allégoriques qui
raccompagnent forment l'ornement principal du
tombeau de Le Brun dans l'église de Saint-Nicolas
du Ghardonnet. Ce monument comporte en outre
des Génies sculptés, des cassolettes, une pyra-
mide, etc.
Gravé dans le Voyage pittoresque de d'Argenville,
p. 300, et dans le Musée des Monuments français,
t. V, pi. 187, p. 98.
214. Jules Hardouin. Mansart (1640-1708), ar-
chitecte, surintendant des Bâtiments du Roi.
Médaillon. — Marbre.
Cet ouvrage fut placé d'abord à l'église de Saint-
Paul, à Paris, au-dessus de l'épitaphe de Mansart.
Il fut transféré au Musée des Monuments français
(N** 299, t. V, p. 52 de la Description de ce Musée).
ŒUVRE DU MAITRE 225
Voyez au sujet de ce monument, Piganiol, iJescnp-
iion de Paris, t. IV, p. 170-171.
IIO.^ LISENT DE L.E lîOTRIC
S 15. André Le Nôtre (1613-1700), dessinateur de
jardins.
Buste. — Marbre. —H. 0'°,65.
Ce buste a été sculpté pour le monument de Le
Nôtre, érigé dans l'église de Saint-Roch, (voyez Pi-
ganiol, Description de Paris, t. II, p. 423-424) ; trans-
féré au Musée des Monuments français (n° 296, Mu-
sée des Monuments français, t. V, p. 51), il a été
rendu à l'église de Saint-Roch où il est dans la Cha-
pelle des Monuments.
Gourdel (Julien-Jean) a fait une copie en marbre
de ce buste pour le Musée de Versailles (n''793 du
catalogue d'Eud. Soulié).
110I%II11E.\T
de: \a\ i;uA:%€E:Lit:BE: D'aliqre
âl6. Le Génie de la Religion.
Statue à genoux.
Cet ouvrage décorait le tombeau de la femme du
chancelier d'Aligre, à l'hôpital de la Miséricorde,
derrière la Pitié. (Voyez Germain Brice, Description
de Paris, t. I, p. 113).
15
220 ANTOINE GOYZEVOX
g 1*7. La Justice soutenant le médaillon de
François d'Argouges, premier président du Par-
lement de Bretagne {? — 1691).
Bas-relief. -- Marbre. — H. 1°^,45.
Ce bas-relief, placé d'abord dans l'église de Saint-
Paul, à Paris, transféré plus lard au Musée des
Monuments français (n'^ 527), est aujourd'hui au
Musée de Versailles (n» 1898 du catalogue d'Eud.
Soulié.)
218. François, sire de Créqui, marquis de
Marines (1624-1687) maréchal de France.
Buste. — Marbre. — H. 0°^,80.
Ce buste est un fragment de la statue du mare»
chai, placée sur son monument dans l'église de*
Jacobins. Voyez à ce sujet Description de Paris^
par Germain Brice, t. I, p. 160 ; Dictionnaire C7^i-
/?'^wepar Jal, p. 457 ; le Musée des Momanents fran-
çais par Alexandre Lenoir, t. V, p. 121 ; Inventaire
général des œuvres d'art appartenant à la ville de
Paris, édifices religieux, t. I, p. 164.
Ce buste est placé aujourd'hui dans la Chapelle
des MQHuments de l'église de Saint-Roch à Paris.
ŒUVRE DU MAITRE 227
iio:%x.me:\t B£ U£.\bi dhabcoibt
a boyavho:%t.
219. Henri de Lorraine, comte d'Karcourt,
dit le cadet à la Perle (1601-1666).
Groupe. — Marbre.
Ce groupe, en marbre blanc, représenlanLle comte
d'Harcourt couronné parlaVictoire, se détachait sur
une draperie de marbre semée de croix de Lorraine.
Il était sur un tombeau de marbre portor. Vers le
sommet du monument deux génies sonnaient de la
trompette. Au fronton des aigles couronnés soute-
naient les armes de Henri d'Harcourt.
Commandé par le fils de Henri d'Harcourt, com-
mendataire de l'abbaye de Royaumont, ce monu-
ment était placé dans Tabbaye.
Au-dessous de la tombe, sur le coussin était
écrit : A. Coyzevox, f. 1711.
SSO. T»rise de Turin.
Bas-relief. — Plomb doré.
Ce bas-relief décorait le soubassement du monu-
ment du comte d'Harcourt à l'abbaye de Royau-
mont.
Le monument est gravé par Desmaisons, sur un
dessin de G... dans les Antiquités Nationales de
MiUin, t. II, art. XI, pi. Il, p. 5.
223 . ANTOINE GOYZEVOX
MO:^TMEXT DES BHARCOIBT ]>.V.\S
1/ÉCi^LISE DES FEtIIXA\TS A PARIS.
SSl. La Victoire présente Henri de Lor-
raine, comte d'Harcourt à la Religion.
Bas-relief doré.
232. Le Temps assis sur des armures tient
un livre ouvert.
Ronde-bosse.
333. L'Immortalité, les ailes ouvertes, s'é-
lève emportant le médaillon de Cliarles
d'Harcourt.
Ronde-bosse.
S24:. Alplionse de Lorraine.
Médaillon.
Ce médaillon était soutenu par un Génie, au pied
d'une pyramide de marbre bleu turquin surmon-
tant le' cénotaphe de Henri d'Harcourt et de ses
fils, Charles et Alphonse. Les figures du Temps et
de V Immortalité étaient adossées à la pyramide,
terminée par une sphère sur laquelle posait un
aigle.
Ce monument décorait la nef de l'église des
Feuillants de la rue Saint-Honoré.
Il est gravé dans les Antiquités Nationales de Mil-
in,art. V, pi. H, fig. 3, p. 14.
ŒUVRE DU MAITRE 229
S35. Jean-Baptiste Lulli (1633-1687). Compo-
siteur.
Buste. — Bronze. — H. 0^,70.
Ce buste fait partie du monument de Lulli dans
la chapelle de Saint-Jean l'Évangéliste de l'église
Notre-Dame-des-Victoires à Paris. Les autres
sculptures du monument sont du statuaire Cotton.
Il est gravé dans le Musée des Monuments fran-
çais, t. V, pi. 189, n" 202, p. 102.
.nO:\XllflQ:%T de JA€f|UE^ O'ROlR^ItLE
coise:^.
326. Jacques O'Rourske Cousen, baron de
Courcliainps.
Statue couchée. — Marbre.
Cette figure, détruite sous la Révolution, était
placée dans l'église de Saint-Germain-des-Prés. On
la trouvera signalée dans le Musée des Monuments
français, t. V, p. 69-70.
iUOliUMEllT OE EERDI\.\^D DE
FrB^TE:%BEaQ
2S*7. Ferdinand Egon de Furstenberg (1663-
1696), neveu du cardinal de ce nom, landgrave de
Furstenberg.
230 ANTOINE GOYZEVOX
Statue. — stuc doré.
Cet ouvrage était placé avant la Révolution dans
l'église de Saint-Germain-des-Prés. Piganiol le
signale avec de grands éloges. (Voyez Description
de Paris l. VIII, p. 58-61).
II
STATUES
:S28. ÎTotre-Dame-des-G-râces (année 1676).
Statue. — Marbre. — H. 1^,90.
Eglise de Saint-Nizier à Lyon, transept de
droite, chapelle de Notre-Dame-des-Grâces.
Voyez l'Inventaire mss. de l'Église de Saint-Nizier
par M. E.-L.-G. Gharvet. (Archives de la Commis-
sion de l'Inventaire des Richesses d'art de la
France, à l'Administration des Beaux-Arts).
â29. JÎQ^otre-IDaine-des-Grrâces.
Statuette. —Terre cuite. — H. O'^jSO.
Esquisse de la statue qui précède. Cette esquisse
est conservée aux Archives des l'Hospice de la Cha-
rité à Lyon.
Voyez Inventaire mss. de l'Hospice et l'Église de
la Charité à Lyon par M. E.-L.-G. Gharvet. (Ar-
chives de la Commission de l'Inventaire des Ri-
chesses d'art de la France, h l'Administration des
Beaux-Arts).
ŒUVRE DU îkiAITRE 231
330. Notre-Dame-des-Grâces.
Statuette. — Plâtre.
Cette figurine n'est qu'un moulage, mais il a son
importance. Il semblerait d'abord qu'il a dû être
obtenu d'après la statuette qui précède. « Mais,
d'autre part, ôcpit très-justement M. Gharvet auquel
nous sommes redevable des précieuses indications
qui suivent, ce plâtre porte par derrière qu'il aurait
été moulé en 1828. Cependant ce n'est pas un mou-
lage banal puisqu'on n'y trouve pas les sutures
d'un moule fait avec pièces ajustées ; cela semble
plutôt un moulage obtenu à moule perdu, sur terre
modelée. Enfin, la netteté des creux et la vigueur
des contours marquent un original.
« Sur la base on lit en lettres bâtardes en creux :
Coyzevox fecit 1676. La hauteur de cette statuette
est la même que celle de la terre cuite conservée à
la Charité, c'est-à-dire de 0™,50. Si on pouvait les
rapprocher l'une de l'autre on trouverait peut-être
le mot de l'énigme. Mais cela est impossible. La
Charité ne laisserait pas sortir son dépôt, et ma-
dame Dommartin, propriétaire du plâtre, estjalouse
de ses trésors.
« Quoiqu'il en soit, la date 1676 est un point inté-
ressant au bénéfice de la statuette Dommartin puis-
qu'il n'y a pas d'inscription sur celle de la Charité.»
331. Marie-^delaïde de Savoie, ducliesse
de Bourgogne (1685-1712).
232 ANTOINE COYZEVOX
Statue. — Marbre. — H. l'^,95.
Commandée par le marquis d'Antin, cette statue
fut placée au château de Petit-Bourg. Elle est
aujourd'hui au Musée du Louvre (n° 233 du catalo-
gue de M. H. Barbet de Jouy).
Sur le socle au-dessous du pied gauche est
gravé : A. Goyzevox, 1710 .^d vivvm.
Par une coïncidence bizarre, que nous ne parve-
nons pas à nous expliquer, Alexandre Lenoir de-
mande, le 21 vendémiaire an V (12 octobre 1796),
à retirer de Marly, pour la transporter au Musée
qu'il dirige « une Diane en marbre » qui nous pa-
raît être cette statue. Nous ne savons à quelle épo-
que elle a pu être enlevée de Petit-Bourg. (Voyez
Archives du Musée des Monuments français^ en cours
de publication, par les soins de la Commission de
l'Inventaire des Richesses d'art de la France (t. 1,
p. 59).
Passeron nous apprend qu'en 1721 ce marbre
était encore dans le château du duc d'Antin.
[Notice sur A. Coyzevox, Revue du Lyonnais, 1835,
p. 126).
Cette statue est gravée dans le Musée de sculpture
de Clarac, (tome III, pi. 368, G.)Au cours de la no-
tice que lui consacre Clarac, cet écrivain nous ap-
prend que l'œuvre de Goyzevox a décoré Versailles
jusqu'en 1850 {Musée de sculpture. Texte, t. V, p.
324).
OEUVRE DU MAITRE 233
2 3 S. Louis II de Bourbon, prince de Condé,
dit le Qrand Condé (1621-1686\
Statue. — Marbre. — H. 2°^, 12.
L'original décorait le péristyle du château de
Chantilly avant la Révolution. Mutilé, puis re-
trouvé chez un marbrier, il fut acquis par le prince
de Condé et replacé à Chantilly. Un plâtre, pris
sur le marbre, est au Musée de Versailles (n** 1335
du catalogue d'Eud. Soulié).
233. Fleuve et Enfant.
Groupe. — Marbre.
Cette statue est mentionnée par Fermelhuis dans
\ Eloge du maître et par tous les biographes qui
ont parlé de Coyzevox.
33^. Centaure.
235. Centaure.
Statues.
P.-T.-N. Hurtaut, dans son Dictionnaire histori-
que de la Ville de Paris et de ses environs y (Paris
1779, 4 vol. in-S") écrit : « D'Argouges conseiller
d'Etat et chancelier de la Reine, acquit la baronnie
du Plessis-Pasté, avec ses dépendances; et en
1709, il la vendit à C.-L. Cadot comte de Sebbe-
ville, qui a fait placer sur les deu.\ pihers de
l'avant-cour du château, deux Centaures de la
façon d'Antoine Coyzevox. n (tome IV, p. 65) —
C'est à M.Victor Advielle que nous devons d'avoir
découvert ce détail dans l'ouvrage de Hurtaut.
234 ANTOINE GOYZEVOX
336. Diane.
Statue.
Cette œuvre est signalée dans l'Inventaire de la
Du Barry au château de Louveciennes, sous le n'^
54, en ces termes : « Une Diane un peu mutilée,
par Coi sevaux,. située dans le jardin dudit châ-
teau ». (Voyez Gazette des Beaux-Arts, 2° période,
t. V, p. 135).
III
BUSTES
537. Antoine Coyzevox.
Buste. —Marbre. — H. 0°^,67.
L'original est au Musée du Louvre (n° 238 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy). Il provient
de l'Académie de Peinture, qui l'avait reçu de
Charles-Pierre Coustou, architecte, petit-neveu du
modèle, dans sa séance du 6 septembre 1788 (Pro-
cès-verbaux de r Académie).
Bosio (Astyanax-Scaevola) a fait une copie en
marbre de ce buste qui est au Musée de Versailles
(n'^ 796 du catalogue d'Eud. Soulié).
538. Robert Arnauld d'Andilly (1588-1674>,
érudit et poète.
Buste.
ŒUVRE DU MAITRE 235
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
VÉloge du maître (p. 32).
239. Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), évo-
que de Meaux.
Buste. — Marbre. — H. 0°^,78.
L'original est au Musée du Louvre (n° 237 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy).
Il a fait partie du Musée des Monuments français
(n** 311, t.V, p. 47, de la Description de ce Musée).
Un plâtre, d'après ce buste, avec piédouche réduit,
mesurant O^'jôO est au Musée de Versailles (n° 2853
du catalogue d'Eud. Soulié).
240. XjOuIs Bouclierat (1616-1699), chancelier de
France.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
VÉloge du maître (p. 32).
24 1 . Emmanuel-Théodore de la Tour d'Au-
vergne, dit le cardinal de Bouillon (1644-
1715).
Buste.
Cet ouvrage est signalé par Fermelhuis dans
X Éloge du maître (p. 32).
242. Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse
de Bourgogne (1685-1712).
Buste. — Marbre. — H. 0°,50.
Derrière le buste est gravé : A. Goyzevox ad
VIVVM, F. 1710.
236 ANTOINE COYZEVOX
Musée de Versailles, chambre de Louis XIV,
(n^ 2170 du catalogue d'Eud. Soulié).
Voyez L. Dussieux, Le Château de Versailles, t. I,
p. 244.
243. Cliaries II de Cossé, comte, puis duc
de Srissac ( ? — i621), maréchal de France.
Buste. — Marbre.
Cet ouvrage est mentionné par Alexandre Lenoir
dans sa lettre au Ministre de l'Intérieur, en date
du S"" jour complémentaire de l'an IV (19 septembre
1796). Il demande à retirer du Dépôt de Nesle, rue
de Beaune,pour le placer dans la salle du dix-sep-
tième siècle du Musée des Monuments français, le
buste en marbre du maréchal de Brissac. (Voyez
Aj'chives du musée des Monuments français, en
cours de publication, par les soins de la Commis-
sion de l'Inventaire des Richesses d'art de la France,
t. I, p. 57.)
Alexandre Lenoir se proposant de placer ce
buste dans la salle du XVIP siècle, nous suppo-
sons qu'il s'agit bien ici de Charles II de Coss^,
duc de Brissac, mort en 162i. Coyzevox aurait
donc sculpté ce buste d'après des documents et
non devant le modèle.
S44. Charles d'Ailly , duc de Chaulnes
( ? — 1696), gouverneur £;-énéral de Bretagne.
Buste.
ŒUVRE DU MAITRE 237
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
y Éloge du maître (p. 32).
24:5. Jean-Baptiste Colbert , marquis de Sei-
gnelay.
Buste. — Marbre. ~ H. 0°^,70.
Cet ouvrage, offert au modèle par l'Académie de
Peinture, en vertu d'une décision prise en sa séance
du 4 janvier 1678, est aujourd'hui au Musée de
Versailles (n° 225 du catalogue d'Eud. Soulié). Un
plâtre, d'après ce buste, est placé dans le vestibule
de l'Escalier de marbre du palais de Versailles
(no 790 du catalogue).
Voyez, sur l'offre faite à Colbert et le prix de
cette œuvre qui fut payée quinze cents livres, les
procès-vorbaux de l'Académie des 24 avril 1677,
4 et 29 janvier, 26 février et 5 mars 1678.
11 y a erreur au sujet de ce buste dans la liste
des morceaux de réception publiée au tome II
(p. 365) des Archives de VArt français. Il ne fut pas
offert en 1679 ; l'Académie l'avait acquis de l'ar-
tiste l'année précédente.
Le 13 fructidor an X (31 août 1802), Alexandre
Lenoir, administrateur du musée des Monuments
français, écrit à Chaptal, Ministre de l'Intérieur :
« J'ai l'honneur de vous prévenir qu'ayant trouvé
chez le C«" Dumont, sculpteur, demeurant Chaus-
sée-dWntin, trois bustes en marbre de la plus
238 ANTOINE COYZEVOX
grande beauté, représentant Colbert par Coyzevox,
FéneIo7i par le même et Nicolas Boileau par Girar-
don, et un médaillon aussi de marbre représentant
madame de Maintenon; j'ai cru devoir acquérir ces
monuments précieux pour le xvii'^ siècle. )>
Le 28 fructidor, an X (15 septembre 1802) le-
Ministre de l'Intérieur, Ghaptal, écrit à Alexandre
Lenoir qu'il approuve l'acquisition des œuvres dont
il a soumis le projet à son approbation. (Voyez Ar-
chives du Musée des Monuments français, en cours
de publication par les soins de la Commission de
l'Inventaire des Richesses d'art de la France).
Nous ne savons si ce buste est le même que ce-
lui qui se trouve au musée de Versailles, ou si c' en-
est une réplique.
S46. Colbert.
Buste. — Marbre.
Ce buste existait au Ministère des Finances
avant l'incendie de 1871. Nous n'avons pu nous
assurer s'il avait été sauvé du désastre. (Archives
du Louvre).
S-i'?. Louis II de Bourbon, prince de
Condé, dit le Grand Condé.
Buste. — Marbre.
Ce buste est mentionné par Alexandre Lenoir
dans sa lettre au ministre de l'Intérieur, en date du
3* jour complémentaire de Tan IV (19 septembre
ŒUVRE DU MAITRE 239
1796). A cette date, le buste en marbre de Condé,
se trouvait fiu Dépôt de Nesle, rue de Beaune.
(Voyez Archives du Musée des Monuments fran-
çais, en cours de publication par les soins de la
Commission de l'Inventaire des Richesses d'art de
la France, t. I, p. 57).
Les mêmes Archives renferment la lettre de M.
de Vaublanc, datée du 8 mars 1816 par laquelle le
ministre de l'Intérieur donne ordre à Alexandre
Lenoir de rendre le buste en marbre du grand
Condé, par Coyzevox, à S. A. Mgr. le prince de
Condé, ce buste provenant de Chantilly.
S4:8. IL.e G-rand Condé.
Buste. — Bronze. — H. 0°',59.
Ce buste est au Musée du Louvre. Inscrit d'abord
sur les catalogues parmi les ouvrages dont les au-
teurs ne sont pas connus, il a été restitué à Coyze-
vox ^ la suite de la découverte du marché passé
entre l'artiste et le prince de Conti. Ce document,
pubhé par M. Courajod, est résumé dans notre
étude sur le maître.
S49. Le G-rand Condé.
Buste.
Un buste de Condé fut exposé au Salon de 1704.
Nous ignorons s'il s'agit du buste en marbre ou du
buste en bronze dont nous parlons ci-dessus. Peut-
être sommes-nous en présence d'un troisième poiv
trait de Condé par Coyzevox ?
240 ANTOINE GOYZEVOX
S50. Robert de Cotte (1657-1735), architecte.
Buste. — Marbre. — H. 0^,55.
Nous ignorons où se trouve l'original. Une copie
en plâtre existe au Musée de Versailles (n* 799 du
catalogue d'Eud. Soulié).
Un buste de Robert de Cotte a figuré au Salon
de 1704; nous supposons qu'il s'agit du marbre
dont nous parlons ici.
351. Grérard Edelinck (1640-1707), graveur.
Buste. — Terre cuite.
Cet ouvrage est mentionné dans les Mémoires
médits des Académiciens, t. II, p. 58.
35S. Grérard A.udran. (1640-1691) graveur.
Buste.
Ce buste ne nous est connu que par la gravure
qu'en a faite Nicolas-Gabriel Dupuis.
353. Jean-Baptiste de Fermelliuis (1656-
1731), médecin, ami et biographe de Coyzevox.
Buste. — Marbre.
Un buste de Fermelhuis par Coyzevox a été pro-
posé par M. Barodes à l'Administration du Musée
du Louvre, le 8 mars 1850 (Archives du Louvre).
L'existence du buste de Fermelhuis est attestée
par Fermelhuis lui-même dans X Éloge du maître
{p. 32).
S54. Antoine Coypel (1661-1722), peintre «l
graveur.
ŒUVRE DU MAITRE 241
Buste. — Marbre. — H. O'^jôS.
Tête légèrement tournée vers l'épaule droite ;
perruque ; indication de vêtement.
Coypel est représenté dans ce buste à l'âge de
quarante-cinq ou cinquante ans environ, ce qui
place l'exécution de l'œuvre vers 1706 ou 1711.
Deux morceaux de marbre rapportés, l'un dans le
vêtement du côté gauche, l'autre dans la perruque
du même côté, indiquent que ce portrait, sculpté
dans un bloc trop petit, peut être considéré comme
une image intime offerte par un ami à son ami. On
sait d'ailleurs quelles relations d'amitié existèrent
entre les Coypel et Goyzevox. Celui-ci apposa sa
signature sur l'acte de mariage de l'un des Coy-
pel.
Le buste qui nous occupe appartient à M. Au-
gustin Dumont, statuaire, membre de Tlnstitut. Il
est toujours resté dans sa famille qui fut alliée,
comme l'on sait, à celle des Coypel, dans la per-
sonne de François Dumont, sculpteur du roi, le 21
novembre 1712.
255. Acliille III de Harlay, comte de
Seaumont, seigneur de Grosbois (1639-1712j. Prési-
dent au Parlement de Paris.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
l'Éloge du maître (p. 32).
16
242 ANTOINE GOYZEVOX
S56. CtLarles Le Brun.
Buste. — Marbre. — H. 0^,65.
Derrière le buste est écrit : C. Le Bbun, pre-
mier PEINTRE DU ROI ET CHANCELIER DE l' ACA-
DÉMIE. A. GoYZEVOx FECiT 1679. Par ordre de
l'académie.
Musée du Louvre (n° 239, catalogue de M. H.
Barbet de Jouy).
Ce buste est le morceau de réception de Goyze-
vox à l'Académie. (Voyez les procès-verbaux des 11
avril 1676 et 28 janvier 1679j.
Bosio (Astyanax-Sceevola) a reproduit en marbre
le buste de Le Brun, pour le Musée de Versailles
(n<^ 795 du catalogue d'Eud. Soulié).
Un moulage en plâtre de ce même ouvrage
existe en outre au Musée de Versailles, vestibule
de l'Escalier des Princes (n° 1672 du catalogue).
Voyez sur cet ouvrage Mémoires inédits des Ara-
démiciens, t. II, p. 48.
Le 11 décembre 1837, le buste de Le Brun,
sculpté en ivoire, par Jaillot, d'après Goyzevox, a
passé à la vente du chevalier Alexandre Lenoir
(n*' 188 du catalogue de la vente, p. 22-23).
357. Charles-Maurice Le Tellier (1642-1710),
archevêque de Reims.
Buste. — Marbre. — H. 0°^,75.
Cet ouvrage est à la bibliothèque Sainte-Gene-
viève à Paris.
ŒUVRE DU MAITRE 243
Un plâtre, d'après ce buste, est au Musée de
Versailles (n^ 2844 du catalogue d'Eud. Soulié).
358. François-Micliel I^e Tellier, marquis de
Louvois (1639-1691), homme d'Etat.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
Y Éloge du maître (p. 32).
S59. Michel Le TelUer (1603-1685), chancelier de
de France.
Buste. — Marbre. —H. 0"^,64.
Un plâtre de l'ouvrage de Coyzevox est au Musée
de Versailles (n** 2837 du catalogue d'Eud. Soulié).
C'est par erreur que Soulié suppose le marbre ori-
ginal au Musée du Louvre. Nous l'y avons inutile-
ment cherché.
Duseigneur dit que Coyzevox a sculpté quatre
bustes du chancelier Le Tellier [Revue Universelle
des A-rts, t. I, p. 46).
360. Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) ar-
chitecte, surintendant des Bâtiments du roi.
Buste.
Cet ou\Tage est mentionné par Fermelhuis dans
V Éloge du maître.
S61. Giulio Mazarini, dit le cardinal Mazarin.
Buste. — Marbre.
Cet ouvrage est au Musée du Louvre, non cata-
logué.
244 .AJNTOINE GOYZEVOX
Une reproduction en marbre de ce buste, a été
commandée par arrêté du 17 février 1868, moyen-
nant la somme de 1000 fr. à M. Bremond. Elle est
placée dans la galerie Mazarine de la Bibliothèque
nationale.
2Q3, P»ierre Mignard (1610-1695), peintre.
Buste. — Marbre. — H. 0°^,78.
L'original est au Musée du Louvre (N° 240 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy).
Un plâtre, d'après ce buste, avec piédouche plus
petit est au Musée de Versailles (N. 1673 du cata-
logue d'Eud. Soulié).
Grevenich (François-Alfred) a sculpté un marbre
d'après l'original de Coyzevox qui est également
au Musée de Versailles (n° 819 du catalogue). Le
piédouche plus petit que celui du Louvre donne à
cette copie une hauteur de O'^jôS.
2Q3, Cliarles de Sainte-Maure, marquis, puis
duc de Montausier (1610-1690), gouverneur du Dau-
phin.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné par Fermelhuis dans
V Éloge du maître (p. 32).
S 64. X.ouis--A.ntoine de Noailles (1651-1729),
cardinal.
Buste. — Marbre. — H. 0^68.
Un plâtre est au Musée de Versailles (n" 2856
ŒUVRE DU MAITRE 2i5
du catalogue d'Eud. Soulié). Nous ignorons où se
trouve le marbre signaîf? par Fermelhuis dans
VÉloge du maître (p. 32).
S65. Melcliior de Polignac (1661-1741), cardinal.
Buste.
Cet ouvrage est signalé par Fermelhuis dans
VÉloge du maître (p. 32).
S66.Matlilen Prior (1664-1721)^ poète anglais et
diplomate.
Buste. — Marbre.
Cet ouvrage, exécuté à Paris, lors du séjour de
Prior dans cette capitale, comme secrétaire de
l'ambassade d'Angleterre, est aujourd'hui à l'ab-
baye de Westminster, sur le tombeau du poète.
(Voyez Les Artistes français à létranger, par Dus-
sieux p. 272, édition de 1876).
SeT. Jean Racine (1639-1699), poète.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné par Alexandre Lenoir
dans le Musée des monuments français (t. V, p. 51),
où il porte le n° 295.
368. Madame de la Ravois.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné au livret du Salon de
1704 (p. 10).
869. A.rniand-Jean Du Plessis, cardinal
de RiclieUeu (1585-1642).
246 ANTOINE COYZEYOX
Buste. — Marbre. — H. 0°^,84.
L'original est au Musée du Louvre (n° 235 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy). Il a fait partie
du Musée des Monuments français in* 276 de la
Description de ce Musée).
Un plâtre, pris sur l'original, est au Musée de
Versailles (n" 1875 du catalogue d'Eud. Soulié).
3*70 . Marie Serre, mère du peintre Rigaud.
Buste. — Marbre. — H. 0'=,81.
Cet ouvrage est au Musée du Louvre (n° 241 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy).
Au-dessous du buste, est écrit : Marie Serre,
MÈRE DE Hyacinthe Rig.wd fait par Goyze-
VOX EN 1706.
Voyez au sujet de ce buste les sources que nous
indiquons au cours de notre étude ainsi que le
Musée des monuments français, t. V, n*^ 297, p. 51,
et le procès-verbal de l'Académie de Peinture,
séance du 22 août 1744.
Ce buste a été gravé par Pierre Brevet.
3*7 1 . Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte
de Turenne (1611-1675), maréchal de France.
Buste. — Marbre. —H. 0°*,70.
Cet ouvrage est mentionné par Alexandre Lenoir
dans sa lettre au ministre de l'Intérieur, en date
du 3*^ jour complémentaire de l'an IV (19 septem-
bre 1796). A cette date, le buste de Turenne était
ŒUVRE DU MAITRE 2i7
au Dépôt de Nesle,rue de Benune. {\oYez\Archives
du Musée des Monuments français, en cours de pu-
blication par les soins de la Commission de lln-
ventaire des Richesses d'art de la France, t. I,
p. 57). Un plâtre, d'après ce buste, est au Musée
de Versailles (n°2047 du catalogue d'Eud. Soulié).
C'est à tort que Fauteur de ce livret suppose le
marbre original au Musée du Louvre. Il ne fait
pas partie des sculptures modernes cataloguées
par M. H. Barbet de Jouy.
S'7S. Turenne.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné au livret du Salon de
1704 (p. 10). Est-ce le même portrait que celui
dont nous venons de parler? Nous l'ignorons.
3*73. Le Chevalier de la Vallière.
Buste.
Cet ouvrage est mentionné au livret du Salon de
1704 (p. 10).
2*74, Sébastien Le Prestre de Vauban.
(1633-1707), maréchal de France.
Buste. — Marbre. — H. 0°^,74.
Ce buste est au Musée de Versailles (n* 1897 du
catalogue d'Eud. Soulié).
Ce buste est signé : A. Coyzevox F.
S 7 5. Vauban.
Buste.
248 ANTOINE COYZEVOX
Un buste de Vauban a figuré au Salon de 1704.
Est-ce celui dont nous venons de parler, ou un
second ouvrage du statuaire?
S76. Vauban.
Baste. — Terre cuite.
Ce buste, inscrit sur le catalogue de la vente de
M. de La Live de JuUy (Paris, 1769, in-12), a été
adjugé au prix de 31 livres, le 5 mars 1770. Il est
mentionné en ces termes : « Le buste de M. de
Vauban, de grandeur naturelle : H. 17 pouces, sur
un piédouche de marbre de Flandre, de 5 pouces
6 lignes et un pied de bois noirci de 4 pouces 6 li-
gnes. Terre cuite. »
S*?*?. Claude-l-ouis -Hector, duc de Villars
(1653-1734), maréchal de France.
Buste.
Cet ouvrage est signalé par Fermelhuis dans
V Éloge du maître (p. 32).
STS. I^ortrait de femme.
Buste. — Marbre.
Cet ouvrage, dont le sujet ne nous est pas
connu, est mentionné au livret du Salon de 1699
(p. 12).
S'?9. Fersonnage inconnu.
Buste. — Marbre. — H. 0"»,88.
Cet ouvrage est au Musée du Louvre (n° 236 du
catalogue de M. H. Barbet de Jouy).
ŒUVRE DU MAITRE 249
Il avait figuré au Musée des Monuments français
sous le nom de Fénelon (N" 490, t. V, p. 47 de la
Description de ce Musée). 11 n'a pas paru possible
de conserver à l'ouvrage de Coyzevox l'attribution
donnée par Alexandre Lenoir. Le buste est le por-
trait d'un prélat, mais son nom n'est pas connu.
Voyez, au sujet de cette œuvre, la note insérée à
la suite du buste de Jean-Baptiste Colbert, n° 245
de ce catalogue.
S80-S83. Quatre Personnages inconnus.
Bustes. — Marbre.
On lit sur une pièce conservée aux Archives du
Louvre :
«Le 14 mai 1793,Langlier, Le Nariez et Gazard.
commissaires artistes scientifiques, ont été nom-
més par le département de Seine-et-Oise, accom-
pagnés de Râpe, membre et commissaire nommé
par le Directoire pour saisir les objets renfermés
dans le château du Plessis-Pasté, appartenant à
M"® La Rivière, émigrée.
« Parmi ces objets figurent :
« 4 bustes en marbre blanc de Goyzevox. »
284:. Empereurs.
885. Capitaines.
886. Orateurs.
S87. Fliilosopties.
Bustes (d'après l'antique).
2o0 ANTOINE COYZEVOX
« Un nombre considérable de têtes d'empereurs,
de grands capitaines, d'oratem^s et de philosophes,
écrit Fermelhuis dans ï Éloge du maître (p. 35) est
dispersé dans plusieurs cours de TEurope. »
IV
MÉ33AILLON
288. Edouard Colbert, marquis de Villa-
cerf ( ? — 1699), surintendant des bâtiments du Roi.
Médaillon. — Marbre.
Cet ouvrage, recueilli par Alexandre Lenoir, est
mentionné au tome V, p. 50, du Musée des Monuments
français.
V
TRA.VA.XJX DÉCORA.TIFS
289. Compositions inconnues.
Bas-reliefs.
Piganiol de la Force dans la Description de Paris
(t. IV, p. 365) écrit, en parlant de la maison de feu
Le Juge, fermier général, située rue du Grand-
Chantier, au coin de la rue des Quatre-Fils. « on
y voit plusieurs bas-reliefs de Coyzevox. »
290. Cheminée (année 1693).
Marbre.
ŒUVRE DU MAITRE 251
Cette cheminée fut exécutée pour Hyacinthe
d'Autecour, aumosnier de la feue reyne, abbé de
Conque, en sa maison de la rue de Grenelle, à
Paris. »
Voyez dans les Nouvelles Archives de CArt fran-
(jais, t. VIII (1880), p. 84, une pièce du procès
auquel donna lieu ce travail.
VI
OUVRAGES ATTRIBUÉS
A. COYZEVOX
â91. La Vierge et l'Enfant Jésus.
Statue. — Marbre. — H. 1™,40.
Cette statue, attribuée à Goyzevox dans Yla-
ventaire général des œuvres d'art appartenant à la
ville de Paris (Edifices religieux, t. 1, p. 456) est
placée dans la sacristie de l'église de Saint-Paul-
Saint-Louis. Elle provient de l'ancienne salle des
Antiques au Louvre.
29S. Vierge.
Statue. — Marbre.
Le 1" brumaire an XI (23 octobre 1802), Alexan-
dre Lenoir, administrateur du Musée des Monu-
ments français, écrit au citoyen Ledru , maire-
adjoint de la 9^ mairie du département de la Seine,
que le Ministre de l'Intérieur vient de l'autoriser à
252 ANTOINE COYZEVOX
mettre à sa disposition et sur récépissé, entre
autres œuvres « une Vierge de marbre de Coyze-
vox. » En marge de cette lettre on lit : « Ces œuvres
ont été remises pour l'église des ci-devant Jésuites
par autorisation ministérielle du 28 vendémiaire
an XI, » signé : Ghaptal. (Voyez Archives du Musée
des Monuments français, en cours de publication
par les soins de la Commission de l'Inventaire des
Richesses d'art de la France).
L'église des Jésuites dont il est question ici était
située rue du Pot-de-Fer, entre les rues Honoré-
Chevalier, Mézières et Cassette. (Voyez Guide des
Amateurs et des Étrangers voyageurs à Paris, par
Thiéry. Paris, 1787, in-12, p. 443).
Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de confondre
cette œuvre avec celle qui précède.
S93. I>a Vierge couronnée par l'Enfant
Jésus.
Bas-relief. — Marbre. — H. 0",48. — L. 0",40.
JclI, dans une note inédite que nous avons sous
les yeux, s'exprime ainsi :
« On voit dans la chapelle de la Vierge de l'é-
glise de Sceaux, un bas-relief en marbre blanc,
représentant la Vierge couronnée par l'Enfant
Jésus. Il est attribué à Coyzevox et fait pnrtie de
l'ancien autel de la chapelle de Laurctte, autre-
fois placée dans le jardin des Sulpiciens, à Issy. »
De son côté, M. V. Adviolle, auteur d'une His-
ŒUVRE DU MAITRE 253
toire de la ville de Sceaux ^ nous apprend que ce
bas-relief, en forme de médaillon, existe toujours
et décore le devant d'autel, dans la chapelle de la
Vierge.
294, Licorne terrassant un IDragon.
Groupe. — Pierre. — H. lo^,50. — L. 1"^,60.
S95. Molosse étranglant un Loup.
Groupe. — Pierre. — H. l'°,50. — L. 1^,60.
Ces groupes surmontent les piédestaux de la
première grille du Château de Sceaux. M. V.
Advielle dans son Histoire de la ville de Sceaux,
publiée en 1883, s'exprime ainsi à la page 197 :
« La muraille qui séparait la cour du château de la
longue avenue existe encore ; les piliers d'entrée
sont toujours surmontés des groupes en pierre de
Coyzevox qu'on voit figurer dans toutes les vues
du Château, et qui furent placés là au temps de
Colbert. » Le même historien nous écrit : u Je me
suis assuré, sur votre invitation, que les groupes
de Sceaux ne sont pas signés, mais la tradition
qui les attribue à Coyzevox, n'a jamais été contes-
tée. Ces groupes ont été gravés par Israël Syl-
vestre. B
396. A.ntoine Cojrzevox.
Buste. — Marbre. —H. O'^.ob.
Cet ouvrage est au Musée Molière de la Comé-
die française. M. Chabrol, auteur de l'Inventaire
254 ANTOINE GOYZEYOX
de ce monument, signale comme erronée l'ins-
cription portée au-dessous de ce buste et d'après
laquelle il faudrait voir dans ce marbre le portrait
de Luili, alors que. d'après M. Chabrol, le buste
en question représenterait le statuaire lui-même.
(Voyez Inventaire des Richesses d'art de la France,
Paris. Monuments civils, tome I, p. 149).
â9'7. Jeaa-Baptiste Poquelin, dit Molière
(1622-1673) poule.
Médaillon. — Marbre. — De forme ovale.
Ce médaillon qui existe au Musée Molière de la
Comédie française, est catalogué comme étant un
portrait de Regnard , sans nom d'artiste , par
M. Wilbrod Chabrol, dans sa monographie du
Théâtre-Français. [Inventaire des Richesses d'art,
Paris, Monuments civils, t. I, p. 137).
M. Georges Monva], dans le Moliériste du 1" no-
vembre 1881, p. 242, s'appuyant sur un texte de
Papillon de La Ferté, découvert par M. Henri d^
Chennevières, estime avec raison qu'il faut voir
dans ce marbre, non l'image de Regnard. mais
celle de Molière. Papillon de La Ferté, donateur
de l'œuvre, qui se targue dans sa lettre d'offre de
sa parenté avec Molière, doit être certain de ce
qu'il avance, mais ce donateur oublie de nommer
l'auteur du médaillon dont il dote la Comédie, et
c'est sans preuve aucune qu'on en fait honneur à
Coyzevox.
ŒUVRE DU MAITRE 255
S98. A.poth.éose de Jupiter.
Groupe. — Marbre blanc. — H. 1°".
Ce groupe a figuré à la vente San Donato, du
24 mars 1870.
299. Apotliéose de Junon.
Groupe. — Marbre blanc. — H. 1°".
Ce groupe, faisant pendant au précédent, a éga-
lement figuré à la vente San Donato.
D'après VA7'tiste , année 1870, 2*^ semestre,
p. 133, ces groupes auraient été vendus 41,000 l'r.
à la baronne douairière James de Rothschild.
PIÈGES
JUSTIFICATIVES
17
PIECES JUSTIFICATIVES
DOCUMENT I.
Acte de baptême d'Antoine Coyzevox.
« Le vingt-neuf septembre 1640, j'ay baptisé An-
tboine fils à Pierre Quoyzeveau, {sic) maistre me-
nuisier, et à Ysabeau Morel, sa famme, [sic] par-
rain, sieur Antboine Biaise, notaire à Lyon, mar-
raine Claudine Bonardel,famme à Georges Jomard,
boucher à Saint-Just.
(( Signé Biaise, P. Benoîst, vicaire. »
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
Nizier à Lyon.
DOCUMENT IL
Acte de baptême de Claudine Coyzevox
mère des Constou.
« Ledit jour j'ay baptisé Claudine, fille à Pierre
Coiseveau, M® menuysier et de Ysabeau Morel,
sa femme ; parrain, Girard Sibrecq, maistre sculp-
teur, marreine Claude Nicaud.
« Dimanche 1" février 1638. »
260 ANTOINE GOYZEVOX
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-Ni-
zier, à Lyon, n° 25, folio 717.
DOCUMENT III.
Acte de mariage d'Antoine Coyzevox avec
Marguerite Q,uillerier.
18 janvier 1666.
(( Antoine Goësevau.x (et par renvoi Quayzeveaux)
sculpteur, fils de Pierre Goesuaux, M*^ menui-
sier à Lyon, et d'Elisabeth Moret (sic).
« D vne part * ;
« Et Marguerite Quillerier, fille de Noël Quille-
rier, peintre ordinaire du Roy, et de defluncte
Charlotte Lerambert,
« tous deux de cette paroisse sur le quai des Tui-
leries, mariés en présence de Noël Quillerier, père
de la mariée, du sieur Louis Lerambert, sculpteur
et garde des antiques du Roy, oncle de la mariée et
autres.
<( Signé : Antoine Quoyzeuaux
« Quillerier
« Lescarmousier.
<( Pegault
« Lerambert >)
' Eugène Plot, dans son relevé du Registre de Saint-
Germain-l'Auxerrois, écrit Guillerier. (Voyez Etat civil de
fjiu'lquci Artistes français, Paris, 1873, i i-4, p. 30).
PIEGES JUSTIFICATIVES 261
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
Germain-l'Auxerrois à Paris, relevé par Auguste
Jal (Dictionnaire critique p. 451.)
DOCUMENT IV.
-A.cte de décès de Marguerite duillerier
première femme d'Antoine Coyzevox.
'< Le lundi 16 nouembre 1666, conuoy et messe de
feiie Marguerite Quillerier, femme de M. Goyse-
uaux, sculpteur du Roy, prise aux Tuileries.
« Receu, 26 livres. »
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
Germain-l'Auxerrois à Paris, relevé par Auguste
^dl [Dictionnaire critique, p, 451).
DOCUMENT V.
Coyzevox à Saverne
Epoque de son retour en France
Coyzevox revint de Saverne en 1671. Cette date
ne peut être mise en doute. Elle est donnée par Fer-
melhuis,etimplicitement par tous les biographes qui
ont répété que Coyzevox partit pour l'Allemagne à
vingt-sept ans et en revint quatre années plus
tard. Passeron est le seul qui se soit élevé contre
cette chronologie.
« Il paraît, dit-il, qu'on s'est aussi trompé en
262 ANTOINE GOYZEVOX
disant qu'à l'âge de vingt-sept ans Goyzevox avait
été choisi par le cardinal de Furstenberg pour
l'exécution des ouvrages de sculpture dont il vou-
lait orner son palais de Saverne. Elu évêque de
Strasbourg le 19 janvier 1663, François Egon de
Furstenberg n'entreprit de faire bâtir ce magnifique
palais qu'en 1674, comme on peut le voir au tome
II de V Histoire de V Alsace par le Jésuite Laguille,
p. 242; or, à cette époque, notre artiste était âgé
d'environ 34 ans, et son talent avait acquis alors
un très haut degré de maturité. Le séjour de
Goyzevox à Saverne fut de quatre ans.
« L'époque du retour de Goyzevox à Paris doit
donc être fixée à l'année 1678 où le grand Golbert
s'empressa de l'appeler au partage des nombreux
travaux distribués à tant d'autres habiles artistes,
toutes les fois qu'il s'agissait de faire quelque
chose qui fut capable d'éterniser la mémoire de
son roi. G'est très probablement à celte même
année qu'il convient aussi de fixer l'époque de son
admission à l'Académie royale de Peinture et de
Sculpture > {Notice sur Antoine CoyzevoXy Revue
du Lyonnais, août 1835, p. 121-122).
Lorsque Passeron a écrit ces lignes sur la foi
d'un historien de l'Alsace, il oubliait que Goyzevox
de retour à Paris, fut reçu à l'Académie de Pein-
ture et de Sculpture le il avril 1676, ce qui n'eut
pas été possible si l'artiste eût encore habité TAl-
PIÈGES JUSTIFICATIVES 263
Jemagne. Au surplus, la base de l'argumenlation
de Passeron n'a rien de très-sérieux. Laguille
mentionne en un mot l'érection du palais d e Sa-
verne sans y attacher d'importance. Il se peut
qu'en 1674 les travaux aient reçu une impulsion
nouvelle et que l'historien de l'Alsace qui publia
son livre en 1727 n'ait pas été parfaitement ren-
seigné sur le début des constructions de Saverne.
Le cardinal de Furstenberg, élu en 1663, ne dut pas
attendre onze années pour se préparer un palais.
Il est probable au contraire que le prélat s'occupa
sans tarder de cette résidence et que Laguille, au
lieu de 1674 eût dû écrire 1664. D'ailleurs, le
témoignage de Fermelhuis , en ce qui touche
Coyzevox, nous paraît irréfutable.
Coyzevox alla-t-il seul à Saverne ? Il est probable
que non. Peut-être un des frères Anguier fut-il du
voyage? N'oublions pas, toutefois, que François
Anguier meurt en 1669. S'il fut le compagnon de
Coyzevox, il ne demeura que peu de temps à
Saverne. Nous n'aurions pas eu l'idée de nommer
Anguier à propos du château de Saverne, si Gou-
genot, dans son mémoire sur Le Lorrain, lu le
5 décembre 1761, en séance de l'Académie, n'avait
écrit cette phrase : « Le cardinal de Rohan le choi-
sit (Le Lorrain) pour embellir son palais de Saverne ,
conjointement avec MM. Anguier, Coyzevox et
Champagne » [Mémoires inédits sur la vie et les
264 ANTOINE COYZEVOX
ouvrages des membres de l'Académie royale de Pein-
ture et de Sculpture, t. II, p. 216), Gougenot com-
met ici une erreur surprenante. Le cardinal de
Rohan, évêque de Strasbourg, de 1704 à 1749.
appela Le Lorrain à Saverne postérieurement à
l'année 1717. Or, Coyzevox avait alors près de
quatre-vingts ans, et nous avons la preuve qu'il ne
quitta pas la France à cette époque ; Michel An-
guier était mort depuis 1686, Guillaume son frère,
non pas sculpteur mais peintre, était mort en 1708;
Philippe de Champagne en 1674, et son neveu
Jean-Baptiste en 1688. Gougenot est donc dans
l'erreur sur tous les points. Les compagnons qu'il
donne à Le Lorrain n'ont rien de réel. Quant à
l'aire de celui-ci un émule de Coyzevox on 1667, il
n'y faut pas songer, Le Lorrain étant né en 1666.
Si donc Gougenot croit savoir que l'un des Anguier
ait travaillé à Saverne, il se peut qu'il ait suivi
Coyzevox quand celui-ci se rendit à l'appel d'Egon
de Purstenberg.
DOCUMENT VI
Réception d'Antoine Coyzevox à l'Académie
royale de Peinture et de Sculpture.
Procès-verbal de la séance du 11 avril 1676.
. « En ceste assemblée le sieur Antoine Coyse-
PIECES JUSTIFICATIVES 265
vaux sculpteur a présanté diverse ouvrages de sculp-
ture en figures et portraictz de relief; la Compa-
gnie, en estant très satisfaicte et cognoissant le
mérite dud. sieur Coysevaux, Fa resçeu en qualité
d'Académicien, sans s'arrester aux formalité ordi-
nair, et a preste le serment, l'Académie luy remet-
tant le présant pécunièr et a agréé l'ofre qu'il a
faict d'exécuter en marbre le portraict en buste
qu'il a modelé d'après monsieur Le Brun.
« Ce mesme jour sur ce que messieurLo Brun et
Blanchard ont représenté que monsieur Blanchet
leurs a escrist que c'estant abituéz dans la ville de
Lion, il desiroit establir une Académie en ladite
ville, pour y ensseigner la jeunesse dans les artz
de peinture et de sculpture selon les ordonnance
du Roy et la dicipline de l'Académie Royalle, la
Compagnie, recognoissant que cela pouroist estre
util et advantageux à ceux de la proffession, à ap-
prouvé cette pensée et a bien voulu en favoriser
l'exécution autant qu'il sera en son pouvoir, et
pour cest esfect le sieur Coysevaux, quy a esté
resçeu en calilé d'Académiscien, ayant desclaré
qu'il estoist résolust de s'establir et faire sa rési-
dance en la ville de Lion, l'Académie Ta reçeu et
nomé Adjoin-Proffesseur, pour, en celte qualité,
porter en laditte ville coppie des lestres-patentes,
statuts et règlement de ladite Académie et faire les
fonctions qu'il appartiendra, promettant de luy ay-
266 ANTOINE COYZETOX
der de ses advis et conseilles en toute choses; et,
afin de prévenir l'abus qui pouroist à l'avenir se
glisser par la facilité des réceptions dans les autres
Académie, a résolus et arresté qu'elle ne recevra
dans ses assemblées et ne donnera la qualité d'A-
cadémicien à aucune personnes quelconque qui
n'ait subit Texamen et satisfaict à tous les ordres
establis en icelle, exepté toutefois les personnes de
mérittes extraordinair et de réputation cognue,
ausquels, dans quelqu'ocasion de voyage, l'Acadé-
mie pouroitpar honneur leurs donner séances dans
les assemblées et les y convier quand elle le jugera
à propos. »
DOCUMENT VII
Le mariage d'A-ntoine Coyzevox avec
Claude Bourdict.
« Vers 1679, écrit Jal, Coyzevox épousa une de
ses compatriotes, Claude Bourdict, sœur de Pierre
Bourdict, sculpteur lyonnais, employé dans les
travaux du Roy et demeurant aux Gobelins où
Coyzevox était logé. Je n'ai pu voir l'acte de ce
second mariage. » [Dictionnaire critique, p. 451).
Ce n'est pas vers la fin de 1679 que Coyzevox
épousa Claude Bourdict, mais vraisemblablement
en 1677, ou dans les premiers mois de 1678, puis-
que sa fille Claude-Suzanne naquit le 7 novembre
1678.
PIECES JUSTIFICATIVES 267
Le môme écrivain a supposé que Goyzevox avait
son logement aux Gobelins antérieurement à. son
mariage. Rien ne le prouve. S' appuyant sur cette
hypothèse, Jal s'est borné à chercher dans les re-
gistres de la paroisse de Saint-Hippolyte l'acte de
mariage de notre artiste. Il ne l'a pas découvert.
Nous pensons que Jal n'a pas eu raison de s'en
tenir à cette paroisse. Si Claude Bourdict est la
compatriote du statuaire, comme on le pense,
pourquoi serait-elle venue contracter mariage dans
la paroisse de Goyzevox, h supposer que Saint-
Hippolyte fut sa paroisse ? Pourquoi Tunion des
deux Lyonnais n'aurait-elle pas eu lieu à Lyon ? A
l'époque qui nous occupe, on l'a vu dans notre
étude, Goyzevox est invinciblement attiré vers sa
ville natale. Si les registres des paroisses de Lyon
pouvaient être rétablis pour la période de 1671 à
1678, c'est là, nous le pensons, qu'il serait prudent
de chercher l'acte de mariage de Goyzevox et de
Glaude Bourdict.
DOCUMENT VIIL
Fierre Bourdict ou Bourdy
D'après Jal, Pierre Bourdict serait venu de Lyon
à Paris, à la suite de Goyzevox ou des Goustou.
GeLte hypothèse est vraisemblable. Mais, en retour,
elle rend peu probable la^ présence de cet artiste
268 ANTOINE COYZEVOX
aux Gobelins lors du mariage de sa sœur avec
Goyzevox. Jal nous semble mal fondé à prétendre
que Goyzevox épousa Claude Bourdict, sœur de
Pierre Bourdict, sculpteur lyonnais employé dans
les travaux du Roy et « demeurant aux Gobelins où
Coyzevox était logé. »
Les Comptes des Bâtiments du Roi ne mentionnent
pas le nom de Bourdict antérieurement à 1691. C'est
là, selon nous, un argument décisif. En 1685, Pierre
Bourdy (sic) obtient une seconde médaille au con-
cours du prix de Rome. Le 28 janvier de cette
même année, Bourdy signe au mariage d'Elisabeth
Coustou et de Guillaume Hulot. Huit ans aupara-
vant, la marraine de Guillaume Coustou, baptisé à
Lyon, le 29 novembre 1677, était une « Benoiste
Bourdy» qui avait signé « Benoicte Bourdict. » Il y
a donc des relations entre les Bourdict et les Cous-
tou à Lyon, à l'époque du second mariage de
Coyzevox. D'autre part, Bourdict et Bourdy sont
les variantes d'un même nom. Nous avons lieu de
conclure que Pierre Bourdy, beau-frère de Goyze-
vox, fut appelé à Paris parle maître après son ma-
riage. Bourdy reçut sans doute les leçons de Coyze-
vox. 11 obtint en 1685 la seconde médaille et fut em-
ployé aux travaux des Invalides en 1691 (registre
inédit des Comptes des Bâtiments 0'2174.) Son nom
reparaît, en 1707, sur les Comptes des Bâtiments
(registre inédit, 0' 2205). Et c'est à lui sans doute
PIEGES JUSTIFICATIVES 269
que doit être attribuée la statue de Pallas, placée
à l'hôtel Soubise, aujourd'hui Palais des Archives
nationales.
DOCUMENT IX
Statue pédestre de Louis xrv, érigée
à rilôtel-de- Ville de Paris.
Note de M. Ch. J. Lafolie, conservateur des Monu-
ments publics de Paris (écrite vers 1819).
« On a retrouvé en 1814, dans le magasin de la
ville, au Roule, au milieu de plusieurs débris des
monuments abattus en 1792, la statue pédestre de
Louis XIV. Cette statue, l'un des chefs-d'œuvre de
Goizevox, était, avant la Révolution, placée dans la
cour de l'Hôtel-de-Villc, en face l'entrée principale.
Elle a été sortie des débris considérablement
mutilée.
« Le préfet de la Seine ayantconçu le projet de
replacer ce monument au lieu d'où il était sorti
depuis vingt-cinq ans, en écrivit au ministre de
l'Intérieur. Le ministre s'empressa de seconder les
vues du préfet, qui fut autorisé à faire faire les
travaux de réparation et de replacement.
« Cette dépense s'est élevée, d'après vérification et
règlement des mémoires à la somme totale de
18,820 francs qui fut payée, d'après l'autorisation
spéciale du ministre, sur les fonds de la Ville de
Paris. Les travaux de rétablissement et de replace-
270 ANTOINE COYZEVOX
ment furent commencés dans les premiers mois de
1814, et la statue se trouva rétablie à la fin de cette
année.
« En 1815, au mois de février, on avait eu le des-
sein d'en faire l'inauguration solennelle, mais les
événements du 20 mars suivant empêchèrent ce
projet de réussir, et depuis on n'est plus revenu
sur ce parti.
« La première statue qui était dans la cour de
l'Hôtel-de-Ville, représentait Louis XIV écrasant la
Fronde.
a Dans une visite que Louis XIV fit à l'Hôtel-de-
Ville, il exprima le désir que cette statue fut enle-
vée. Elle le fut quelque temps après, et se trouve
aujourd'hui au Dépôt des Petits- Augustins.
« On lui substitua en 1689 la statue qui a été réta-
blie en 1814. »
(Bibliothèque municipale d'Angers, mss.n°1038).
Nous trouvons, d'autre part, dans une lettre de
M. Ballu, membre de l'Institut, architecte de
l'Hôtel-de-Ville, datée du 5 octobre 1881, les ren-
seignements qui suivent sur l'œuvre de Goyzevox :
« En ce qui concerne la statue de Louis XIV par
Coysevox, cette œuvre remarquable, aujourd'hui
déposée à i'Hôtel-de-Ville, a été préservée de l'in-
cendie de l'édifice en 1871. Elle ne donnera lieu
qu'à de très légères réparations et sera replacée
dans le vestibule de la cour Louis XIV » (Archives
de l'Administration des Beaux-Arts).
PIECES JUSTIFICATIVES 271
D'après l'Artiste (5° série, tome IX, p. 64) cette
statue aurait été l'objet d'un déplacement en 1852 ;
on l'aurait alors dressée dans la courderHôtel-de-
Ville sur un piédestal en marbre des Pyrénées. L«s
restaurations dont parle plus hautLafolie, seraient,
d'après l'auteur de l'article publié dans r Artiste,
l'œuvre du sculpteur Dupasquier et du fondeur
Thomire.
DOCUiMENT X
Concession d'une cliapelle en l'église de
Saint-Nicolas-du-Cliardonnet, pour servir
de sépulture aux membres de l'Académie
royale de Peinture et de Sculpture.
Procès-verbal de la séance du 25 septembre 1683.
« M. Le Brun a ensuitle faict faire lecture à la
Compagnie du contract de concession faicte par les
curé et marguilliers de Saint-Nicolas-du-Chardon-
neret d'une chapelle dans l'église dud. Saint-Nico-
las, passé par devant Carrié et D'Orléans, notaires,
le neufiesme juin 1667, par lequel contract il pa-
roist que l'acquisition qui a esté faicte par mon dit
sieur Le Brun de ladite chapelle, a esté tant pour
luy que pour l'Académie à perpétuité, laquelle lec-
ture a esté faite à l'effet de sçavoir si la Compagnie
vouloit accepter la donation, que M. Le Brun luy
272 ANTOINE COYZEVOX
en faisoit. Toute rassemblée, ayant eu cette dona-
tion très agréable, en a remercié M. Le Brun et a
ordonné que le contract seroit transcript sur le
registre des expéditions, et cependant a ordonné
que Ton iroit en députation l'en remercié chez
luy.
(( Le contract a esté transcript sur le registre deg
expéditions, ï° dix, verso. »
DOCUMENT XI
Brevet de logement sous la G-rande Galerie
du Louvre accordé à Antoine Coyze-
vox.
« Aujourd'hui vingt-sept auril mil six cens quatre-
vingt-dix-huit^ le Boy estant à Versailles, bien in-
formé de l'expéricjnoe que Antoine Cozsmox sculpteur
s'est acquise dans son art dont il a donné des
preuues par les ouvrages qu'il a faits pour le ser-
vice de^Sa Majesté et voulant en cette considération
le traitterfauorablementjiSa J/a;>s^elui a accordé le
logement qu'occupoit Etienne Baudet, graueur, au-
quel il en a été donné un autre, pour par le d. Coisuox
jouir da d. logement aux mêmes honneurs, etc.,
etc. Mande et ordonne au surintendant et ordonna-
teur gé°3' de ses Bâtimens, arts et manufactures
de France, de mettre le d. Coisuox en possession
■du d. logement et l'en faire jouir conformément au
PIEGES JUSTIFICATR^S 273
pnt brcuet, etc., signé Louis, et plus bas Phely-
peaux.
« Veu par nous, coii"d'Estat, surintendant, etc.
« Fait à Paris, le cinquième mai MDC quatre-
vingt-dix-huit.
« Signé Colbert de Villacerf, »
DOCUMENT XII
A.Qi,e de mariage d'Elisabetli Coustou, nièce
de Coyzevox, avec G-uillaume Hulot.
«Le 26 janvier 1685, Guillaume Hulot, sculp-
teur, employé par le Roi aux travaux de ses bâ-
timents, fils de deffunt Jacques Hulot, maître
sculpteur à Paris, et de defTunte Marguerite
Toret.
« D'une part ;
« Et Elisabeth Coustou, fille de François Coustou,
sculpteur à Paris [sic] S et de dame Claudine Coy-
zevox,
« D'autre pari ;
« Mariés en présence de Nicolas Hulot et Phi-
lippe Hulot, sculpteurs, frères du marié; Jean
* Il y a évidemment ici une faute typographique ; c'est
« à Lyon » qu'il faut lire. Jal lui-même, quelques lignes
plus loin, dans l'article où se trouve relevé cet acte, parle
de la résidence à Lyon de François Coustou.
18
274 ANTOINE COYZEVOX
JoUy, Pierre Bourdict, tous deux aussi sculp-
teurs, amis du marié ; Antoine Goyzevox, sculp-
teur du Roy, oncle de la mariée. »
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
Hippolyte à Paris, relevé par Auguste Jal {Diction-
naire critique j p. 693).
DOCUMENT XIII
Acte de mariage de Léonore Coustou,
nièce de Coyzevox, avec François-Alexis
Francin.
(( Le 12 janvier 1Ô93, François-Alexis Francin,
sculpteur, né à Rennes, de Pierre Francin, mar-
chand drapier, et de Vincenle Commère.
« D'une part ;
a Et Eléonore Coustou, fille de défunt Pierre-
François Coustou, et de Claudine Koiseuaux,
u D'autre part;
« Mariés en présence d'Antoine Koiseuaux,
sculpteur ordinaire du Ptoi, en la manui'ac-
ture des Gobelins, oncle maternel de la mariée,
Nicolas Couslou, sculpt. du Roy, frôre de la
mariée, Guillaume Hulot, sculpt. ord""" du Roy.
etc. »
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
Hippolytc à Paris, relevé par Auguste Jal [Diction-
naire critique, p. 609.)
PIECES JUSTIFICATIVES 275
DOCUMENT XIV
Monument de Louis XIV à Hennés.
£tat des marbres et bronzes qui composent
la figure équestre du Hoi.
« Primo, dans un bateau, appartenant à Louis
Goulon,ily a trente-cinq pièces de marbres taillés,
servant au pied d'estal de lad. figure.
« Secondement dans un autre batteau appartenant
audit Louis Goulon, il y a trois pièces de marbre
taillés, deux grosses pierres dures pour le dessus
du massif, la figure du roy, et deux grands bas-
reliefs de bronze, quatre cartouches de bronze, et
huit pièces de bronze, servant de bordure aux bas-
reliefs il manque sept glands à la housse de la
scelle, un gland aux armes, deux feuilles aux car-
touches qui s'appliquent séparément et que ledit
Coyzevox fournira.
« Troisièmement, dans le premier batteau de An-
toine Hyver il y a trente-deux pièces de marbre
taillés.
« Quatrièmement, dans le second batteau dudit
Antoine Hyver il y a le cheval de bronze, trois pièces
de marbres taillés, une grande quaisse où sont les
deux tables de marbre noir pour faire les inscrip-
tions ; plus, dans le môme batteau dudit Hyver, il
276 ANTOINE COYZEYOX
y a une autre quaisse où il y a dedans cent vingt-
six pièces de bronze, tant crampons, brides, mors
et épée, avec la chaîne et oupes.
«■ Nous soussignés recognoissons que le sieur
Antoine Coyzevox nous a remis et livrés les ou-
vrages cy-dessus, et nous obligeons solidairement
H les rendre au même estât à Nantes...
« En foy de quoi nous avons signé.
€ Fait triple, sçavoir un pour le sieur Antoine
Coyzevox, un pour Antoine Hyver, et un autre pour
Louis Coulon, et le présent pour estre remis à nos-
seigneurs les Estats de Bretagne.
« A Paris, ce onze juillet mil sept cent quinze.
« COYZEVOX, LOUIS COULON,
« ANTOINE HYVER.
« Pour nosseigneurs les Estats de Bretagne. )>
DOCUMENT XV
Marclié passé en ITO-i entre Antoine
Coyzevox et Louis de Lorraine, comte
dllarcourt, pour le tombeau de son père.
« Led. mausolée sera endossé contre un des
murs de la chapelle de l'abbaye de Royaumont
« Seront fait 4 consoUes de marbre blanc cha-
cune de 3 p** 9 po. de haut sur environ 15 à
18 po. de large ornées de sculptures, rouleaux
et enrichies de feuilles d'acante de bronze propre-
\'
PIECES JUSTIFICATIVES 277
ment cizelé et reparé d'or avivé, avec vize de
bronze dont les extrémitées seront aussi dorées.
« Sera fait entre lesd. consolles du devant un
bas-relief de bronze d'environ 5 p*^ de long sur
2 p*^ 8 po. de haut oîi sera fait une des prin-
cipalles actions de monseigneur le prince d'Ar-
court, le tout modelé, jette en bronze
« Sera fait le tombeau, les extrémitées de marbre
de portor, le milieu de marbre blanc où sera les
inscriptions gravé et doré d'or à huille
« Sera fait le grouppe de figures représentant
S. A. Mgr le prince d'Arcourt qui sera couché et
appuyé sur les bras de la Renommée lesd. figures
de la proportion de 6 pieds avec des trophées à
côté, le tout de marbre blanc
« Sera fait les deux consolles de bronze dorée
qui doivent porter le dit tombeau, ornée de pattes,
rouleaux, teste de mort, couronne de laurier, com-
me aussy, sera fait les trophées d'armes au milieu
dud. tombeau avec un casque, bouclier, espées
mêlée de laurier
« Sera fait la grande draperie qui enveloppe le
mausolée porté par deux Renommées qui le tienne
d'une maîn pour le soutenir et de l'autre une trom-
pette comme aussy sera fait les armoiries finissant
le haut du mausolée; le tout construit de stuc de
poudre de marbre et de chaux
u Tous lesquels ouvrages d'architecture, sculp-
278 ANTOINE GOYZEVOX
ture de marbre, bronze, pavé de liais, seront bien
et deuement fait et parfait suivant l'art par le sieur
Coisevox, sculpteur des bâtimens du Roy le tout
conformément au modelle en petit qui en a été
arresté par S. A. Mgr. le Grand.
<( ...Le tout moyennant prix et somme de dix-huit
mil livres qui sera payé audit sieur Coisevox par
S. A. et il lui sera payé tous les ans quatre mil
livres à commencer cette année pour le premier
paiement
« Fait à Paris, ce seize novembre mil sept cens
quatre.
<( Louis de Lorraine, grand escuyer de France,
« Goyzevox. »
DOCUMENT XVI
Coyzevox et l'Académie de Bordeaux.
L
Lettre de Guérin, secrétaire de l'Académie
royale de Peinture et Sculpture de Paris, à Mgr de
Labourdonnaye, conseiller du Roi en ses conseils,
maître des requêtes ordinaires de son hôtel, inten-
dant de la généralité de Bordeaux, écrite de Paris
le 29 septembre 1704 :
« Monseigneur,
«* L'Académie royalle de Peinture et de Sculpture
a cru que vous écouteriez favorablement la très-
PIEGES JUSTIFICATIVES 279
humble prière qu'elle se trouve obligée de vous
faire en faveur de l'École académique établie à
Bordeaux, en conséquence des lettres patentes du
Roy, et elle espère que vous lui ferez la justice de
la protéger contre les traitans, qui prétendent la
comprendre dans l'imposition qui est faitte sur les
corps de métiers. Ceux qui composent cette École
ont écrit à la Compagnie que vous aviez différé à
prononcer sur leurs contestations, jusqu'à ce que
vous eussiez esté mieux informé que l'Académie
n'est point comprise dans cette taxe. Elle a déjà
envoyé un certificat pour justifier de ce fait, qui
est connu de tout le monde, et ce qu'elle prend à
présent la liberté de vous demander, Monseigneur,
est que comme ce certificat n'a pas paru assez
autentique, d'avoir la bonté de faire différer les
poursuites jusqu'après le retour du Roy de Fon-
tainebleau, pour avoir le tems de prendre des me-
sures pour les faire cesser. Sa Majesté n'ayant
point changé de sentiment àTégard de l'Académie,
qu'elle honore toujours de ses grâces, de pensions
et d'un appartement dans le Louvre. La Compa-
gnie est persuadée que vous lui accorderez ce
qu elle attend de vostre bonté, avec d'autant plus
de confiance, que vous savez que l'intention du
Roy est d'élever en France les arts de peinture et
de sculpture à la plus haute perfection qu'il est
possible et que Sa Majesté n'a point trouvé de
280 ANTOINE GOYZEVOX
meilleur moyen pour y réussir que l'establisse-
ment de l'Académie. Elle a fait signer ce placet
par ses principaux officiers, qui ont autant de res-
pect que d'estime pour votre personne.
« GOYZEVOX, GiRARDON, COYPEL.
« Par l'Académie : Guérin. »
Extrait de F Histoire des Arts à Bordeaux , par
M. J. Delpit (Bordeaux^ G. Gounouilhou, 1853,
in-8°, pag. 45-46).
II.
L'Académie de Bordeaux avait été soutenue par
l'Académie de Paris dans sa réclamation au sujet
de la taxe imposée aux corporations, mais le 30
mars 1705, Guérin dut l'informer que les sollici-
tations auprès de M. Mansart (Jules-Hardouin)
n'ont produit aucun résultat, « malgré les instances
de M. CoyzevoXj nouveau directeur de r Académie w.
Voici en quels termes Guérin écrit à M. Lar-
raidy, secrétaire de l'École académique de Bor-
deaux :
« Monsieur,
« Aussitost que j'ayeu receu vos deux dernières
lettres, l'Académie m'ordonna d'en escrire à M.
Mansard, et de luy renouveler les instances en
vostre faveur. Je luy ay mesmc envoyé vos deux
PIECES JUSTIFICATIVES 281
dernières lettres, et que dans Tentretemps de l'une
à l'autre il ayt encore promis h M. Goyzevox,
nostre directeur, qui eut occasion de luy parler,
qu'il songeoit à vostre affaire et qu'il donneroit à
l'Académie la satisfaction qu'elle attend de lui,
jusqu'à aujourd'hui je n'ay rcceu aucune nouvelle.
Comme je vous fais un récit fidèle de ce qui s'est
passé, vous jugerez de l'embarras de la Compagnie
et des mesures que vous croirez le plus à propos
de prendre dans de pareilles circonstances . . .
« GuÉRIN.
« Ce 30 mars 1705. »
{Histoire des Arts à Bordeaux, pag. 16 et 47.)
DOCUMENT XVII
Acte de décès d'Antoine Coyzevox.
« Du vendredy onzième octobre 1720, Antoine
Coyzevox, sculpteur ord" du Roy, ancien direc-
teur, cheualier et recteur de son Académie de
peint, et de sculpt., époux de Claude Bourdict,
âgé de quatre-vingt-un ans, décédé hyer en sa mai-
son, rue du Chantre, à vne heure après midy, a
esté inhumé en présence, etc. >♦
Extrait des Registres de la paroisse de Saint-
282 ANTOINE GOYZEYOX
Germain-l'Auxerrois, relevé par Augusle Jyl [Dic-
tionnaire critique, p. 452.)
DOCUMENT XVIII.
Iconograpliie de Coyzevox.
1. Coyzevox. — Buste. — Marbre. — Par lui-
même.
Le busle de Coyzevox par lui-même est au Mu-
sée du Louvre. (Voyez plus haut clans l'œuvre du
maître, n. 237).
2. Coyzevox. — Buste. — Marbre. — Par lui-
même.
Ce buste est au Musée Molière, à la Comédie-
Française. Toutefois il n'est pas très-certain que ce
soit un portrait du maître. Pendant longtemps on a
voulu reconnaître Lulli dans ce marbre très-habile-
ment sculpté. M. Wilbrod Chabrol prétend qu'il faut
y voir un portrait de Coyzevox. Cependant l'œuvre
diffère quelque peu du buste conservé au Musée
du Louvre.
3. Coyzevox. — Bas-relief. — Bronze. — Par lui-
même.
Le maître s'est représenté dans l'un des bas-re-
liefs du monument de Louis XIV érigé à Rennes
en 1726. Il assiste avec Hardouin-Mansart, à la
réception de l'Ambassade de Siam.Ce bas-reliel"esl
PIEGES JUSTIFICATIVES 283
conservé au Musée de Rennes, (n® 2 du livrel, édi-
tion de 1871).
4. GoYZEvox. — Toile ou Pastel. — Par Joseph
Vivien.
En sa séance du 5 Juillet 1698, F Académie de
Peinture et de Sculpture charge Vivien d'exécuter
le portrait de Coyzevox, pour son morceau de ré-
ception {Procf's-verbaux de l'Académie).
5. Coyzevox. — Toile. — Par François Jou-
venet.
Ce portrait est le morceau de réception du pein-
tre qui l'a présenté le 25 Juin 1701. [Proch-verhaux
de l'Académie el Archives de l'Art français, t. II, p.
373).
6. Coyzevox. — Toile. — Par Hyacinthe Ri-
gaud.
Ce tableau, peint en 1702, a été gravé par Jean
Audran pour son morceau de réception, présenté
le 30 juin 1708. {Procès'verbaux , de r Académie).
C'est par erreur que la date 1709 est indiquée à la
suite de cette œuvre dans les Archives de lArt
français, (t. II, p. 183). C'est 1708 qu'il faut
lire.
7. Coyzevox. — Toile. — Par Hyacinlhe Ri-
gaud.
Un portrait de Coyzevox par Rigaud appartient
284 ANTOINE COYZEVOX
à M. Eudoxe Marcille. 11 a figuré à \ Exposition
des Portraits Nationaux en 1878 (n° 305 de notre
catalogue). Ce portrait ne nous paraît pas être le
même que celui gravé par Jean Audran, inscrit
sous le n° précédent.
8. CoYZEvox. — Toile. — Par Gilles Allou.
Cet artiste ayant reçu l'ordre de peindre le por-
trait de Coyzevox pour son morceau de réception
(séance du 26 juillet 1710) s'acquitta de cette tâche
dans l'année. [Procès'verbaux de V Académie,
séance du 27 juin 1711).
9. Coyzevox. — Buste. — Marbre. — Par Jean-
Louis Lemoyne.
Ce portrait l'ut offert à l'Académie par Jean-Jac-
ques Cafûéri, dans sa séance du 7 juillet 1781 {Pro
cbs-verhaux de V Académie).
10. Coyzevox. — Buste. — Marbre. — Par J.-B.
Lemoyne.
Ce buste est catalogué par Alexandre Lenoir, dans
la Description du Musée des Monuments français,
sous le n. 389 (p. 315, édition de l'an X et tome V,
p. 157, édition de 1806.) Jurie, dans sa notice sur
Coyzevox [Archives du département du Rhône, mai-
octobre 1825, p. 225) demande que ce buste soit ac-
cordé au Musée de Lyon. Passeron, en 1835, for-
mule le même vœu {Revue du Lyonnais, août 1835,
PIEGES JUSTIFICATIVES 285
p. 130.) Nous ignorons si Alexandre Lenoir n'attri-
bue pas à tort ce buste à J.-B. Lemoyne, et si ce
n'est pas le même ouvrage que celui qui pré-
cède, c'est-à-dire le marbre sculpté par Jean-Louis
Lemoyne.
11. CoYZEVOx. — Toile. — Par Jean-Glaude Bon-
nefond .
Ce portrait, commandé en 1840 par la ville de
Lyon, sur les fonds légués par M. Grognard pour
faire exécuter les portraits ou bustes des Lyonnais
célèbres, est conservé au Musée de Lyon (n° 42
de la Galerie des Peintres lyonnais, catalogue de
1877.)
12. CoYZEVox. — Toile. — Par Emile Lecomte.
Exécuté en 1855 pour la décoration de la gale-
rie d'Apollon, au Louvre, ce portrait a été repro-
duit en tapisserie des Gobelins. (Voyez V Artiste,
5"^" série, tome XIV, p. 112 bis).
13. GoYZEVOX. — Toile. — Par Jacques Pape-
lard,
L'Académie de Peinture et de Sculpture chargea
dans sa séance du 30 juillet 1701, Jacques Pape-
lard, agréé, de peindre le portrait de Goyzevox.
[Procès-verbaux de f Académie.) Papelard ayant été
rayé le 2 mars 1709 delà liste des agréés n*a peut-
être pas exécuté l'ordre de l'Académie.
TABLES
TABLE ALPHABÉTIQUE
ABRÉVIATIONS :
A, signifie architecte ; B, brodeur ; D, dessinateur ;
F, fondeur ; G, graveur ; 0, Orfèvre ; P, peintre ;
S, sculpteur.
Abondance.
Abondance (P), statue, i02,
110, 193, 222.
Académie (Mémoires inédits
sur la vie et les ouvrages
des membres de 1'), 27,
86, 100, 141, 143, 144,
166, 176, 186, 189, 190,
213, 215, 217, 220, 240,
242.
— (Procès-verbaux inédits
de F), 139,144, 145, 157,
158, 165, 166, 170, 171,
188, 234, 246, 264, 283,
284.
— (Procès-verbaux publiés,
de r I, 38, 39, 57, 58, 65,
66, 90, 91, 92, 93, 115,
116, 140, 141, 142, 283,
284, 285.
Advielle ^Victor), 233, 252,
253.
A^ricola, 182,
Airard, S., 3.
Albane (I'), P., 13.
Alcamène, S., 80.
Algarde (le cavalier 1'), S.,
174.
— Apollon.
Aligre (le chancelier d'),
225.
Aligre ( la chancelière d'),
monument, 225.
Allegrain, S., 69.
Allou (Gilles), P., 157,284.
Alphonse de Lorraine, 228.
Amours,bas-rehefs,103,194.
Andillv (Robert - Arnauld
d'), buste, 61, 234, 235.
Andromède, groupe, 85.
Ange, statue, 222.
Ange au casque (1'), bas-
relief, 107,208.
Ange tenant un faisceau,
statue, 220.
Anguier, S., 14.
Anc-uier (François), S., 28,
263.
Anguier (Guillaume), P.,
264.
Anguier (Michel), S., 264.
Anne de Bretagne, 131.
Antin (marquis, puis duc d'),
144, 145 154, 161, 162,
166, 232, — Buste, 145.
Apollon (figure d'), 192.
19
290
ANTOINE COYZEVOX
Apollon. —
Apollon du Belvédère, 10.
— Musagète 34, 213, 214.
— Masque (d'), 99, 189.
Apothéose de Junon, grou-
pe, 255.
— de Jupiter, groupe, 253.
Arc de triomphe des jar-
dins de Versailles, 196
Archives de l'Art français,
121, 122, 123, 127, 130,
144,218, 220, 237, 283.
— Nouvelles Archives de
l'Art français, 106, 117,
251.
Archives du Musée des 'Mo-
numents français fen cours
de publication), 187, 202,
204, 205, 206, 208, 209,
216, 221, 232, 236, 238,
239, 247, 252.
Arcis, S., 53,190.
Argenville (Dézallier d'),41,
42, 151, 158. 167, 224.
Argouges (d'), 233, — Bas-
relief, 226.
Armagnac (L.), 147.
Armes de France et de Na-
varre, bas-relief, 101, 189.
Armes d'Hercule, trophée,
100, 189.
Armes de Minerve, trophée,
100, 189.
Ascanio, S., 10.
Audience donnée aux Am-
bassadeurs du roi deSiam
et présentation par les
députés des Etats de Bre-
tagne à Louis XIV, des
plans et dessins du monu-
Beaumont.
ment à lui élever, bas-re-
lief, 218, 219.
Audran (Gérard), G., 61,
141, 142, 157, 240,283,
284.
Auguis, 42.
Autecour ( Hyacinthe d*) ,
abbé de Conque, 106,
251.
Bachelier (Nicolas), S., 12.
Bains d'Apollon , groupe ,
174.
Ballin (Claude), 0., 170.
Ballu (Théodore), A., 89,270.
Barbet de Jouv (H.), 58,59,
60, 62, 144, 187, 188,
198, 203, 221, 232, 234,
235. 242, 244, 246, 247,
248.
Barodes, 240.
Bâtiments du Roi (Comptes
des), 32, 56, 67, 81, 104,
105, 107, H4, 135, 136,
148, 149, 152, 153, 162,
163, 164, 166, 167, 170,
185, 186, 189, 190, 191,
192, 193, 194, 195, 196,
197, 198, 199, 200, 201,
202, 203, 205, 206, 207,
208, 209, 210,211, 268.
Baudet 'Etienne), G. 116,
117,272.
Bautru, marquis de Vau-
brun (Nicolas de), tom-
beau, 146, 147, 148, 177,
Bautru (Marguerite - Thé-
rèse), statue, 222, 223.
Bavière (le roi de). 186.
Beaumont (Achille IH de
TABLE ALPHABETIQUE
29 i
Belle. —
Harlay, (comte de) , buste,
61, 2U.
Belle(Nicolas), P., 141.
Benoist (P.). 2o9.
Berger et un petit satvre
(un), groupe, 203, 204'.
Berger jouant de la flûte,
groupe, loO, 151, 152.
Bernin (le cavalier), S., 174.
Berthélemv, P., 69.
Bertin (Aicolas), P., 140.
Biard (Pierre), S., 89.
Biaise (Anthoine), 2o9.
Blanchard, P., 265.
Blanchet, P., 37, 38, 265.
Blondel, A., 103.
Bocan, 169.
Boileau (Nicolas), buste ,
238.
Bon Boulogne, P., Mo, 157.
Bonardel (Claudine), 259.
Bonnefond (Jean- Claude),
P., 285.
Bonneville, 186.
Borghèse (Vigne), 76.
Bosio (Astvanax-Scaevola),
S., 234, 242.
Bossuet (Jacques-Bénigne),
buste. 59, 235.
Boudon, S., 12.
Bouchardon, S., 161, 162.
Boucherat ( le chancelier
Louis), buste, 61, 235.
Bouillon (Emmanuel-Théo-
dore de la Tour -d'Au-
vergne , dit le cardinal
de), buste, 61, 235.
Bourbon, dit le Grand Con-
Captifs.
dé, (Louis II de), voyez
Condé.
Bourdict ou Bourdv (Be-
noiste), 268.
Bourdict (Claude), 39, 40,
46, 53,54, 266,267,268,
281.
Bourdict ou Bourdv ''Pierre),
S., 40, 67, 90,'91,266à
269, 274.
Bourgeois, 116.
Bourgogne (duc de), 61, 154.
Bourgogne (Marie-Adélaïde
de Savoie, duchesse de)
statue, 154, 155, 231, 232.
— Buste, 6{, 159, 235,
236.
Bremond, S., 244.
Brice (Germain), 113, 116,
207, 208, 225, 226.
Brinais (Paul, Rivière de),
voyez Ciapasson (André).
Brissac(Charles II de Cossé,
comte,puis duc de), buste,
61,236.
Buha (Jean-Thomas Sezille
du), 71.
Buirette, S., 28.
Butav (Suzanne), 112.
Buyster. S., 28.
Cadet à la Perle, voyez Har-
court.
Cadot, comte de Sebbeville
(C.-N.), 233.
Caffiéri (Jean- Jacques), S.,
55, 102, 171, 191, 210,
284.
Calliope, bas-relief, 34,214.
Capitaines, bustes, 249.
Captifs (les), bas-reliefs, 14.
292
ANTOINE COYZEYOX
Cavriatides. -
Cariatides , rondes-bosses,
14.
Carpeaux, S., 96, 97.
Carrache (Annibal), P., 13.
Carrié, 271.
Carrier, 132.
Castor et PoUiix, groupe,
72, 74, 75. 199.
Caylus (comte de), 13, 161.
Cazes (Jacques), P., 140.
Cellini ^^Benveauto), S., 0.,
6, iO.
Centaures, statues, 233.
Cinq- Mars, 27.
Chabrol (Wilbrod), A., 253,
254, 282.
Champac- rie (Jean-Baptiste),
P., 26^4.
Champas-ne (Philippe de),
P., 2Ô3, 264.
Chapiteaux, J92, 199. 200.
Chaptal, 237, 238, 252.
Charité (la), groupe, 109,
220, 221.
Charlemagne, 3.
Charpentier, S., 145.
Charvet (E.-L.-G.), A. 26,
44, 4o, 47, 51, 230, 231.
Chaulnes (Charles d'Ailly,
duc de), 120. — Buste,
236.
Cheminée, 250. 251.
Chennevières(Ph. de), 27,
135.
Chennevières (Henri de),
254.
Chesneau (Ernest), 97.
Chessy f Henri de Fourcy,
comte de), médaillon, 2 1'^.
Chevaux ailés, groupes, 175.
Contamine.
Christine (la reine), 74.
Clarac (comte del, 32, 197,
198, 201,204,232.
Clapasson (André), 51.
Clémence d'Alexandre en-
vers la famille de Darius,
toile, 18.
Cleomèno, S., 75.
Cléopdtre (la nymphe dite),
statue, 10.
Clérion, S., 85, 174.
Clio, bas -relief, 34, 213,
214.
Cogniet, P., 69.
Colbert (Jean-Baptiste) .mar-
quis de Sei^rnelav , 16,
17, 19. 36, 6o, 9o, 110,
ill, 120. 179, 249, 250,
253, 262, 273. — -Mau-
solée, 109,110. — Statue,
222. — Buste, o7, 237,
238.
CoUignon, S., 112.
Colombe (Michel), S., 4, 5,
8, 13.
Combat d'Hercule et d'A-
chéloiis, toile, 140.
Commère (Vincente), 274.
Compagne de Diane , sta-
tue, 67.
Compositions inconnues ,
250, 251.
Condé, (Louis II de Bour-
bon, prince de Cjndé, dit
le Grand), statue. 106,233.
— Bustes, 62, 82, 83, 84,
142, 238, 239.
Consoles, 193.
Contamine (Cousin de), 53,
66, 70.
TABLE ALPHABETIQUE
293
Conti. -
Conti (prince de), 83, 84,
239.
Coquilles, 19-4.
Corniche circulaire, 214.
Cotte (Robert de), A., 97.
— Buste, 61, 142,240.
Cotton, S., 229.
CoudrayfJean), S., 178-179.
Couion (Louis). 275,276.
Courajod (Louis), 62, 83,
84, 239.
Coustou (Charles- Pierre) ,
A., 234.
Coustou (Elisabeth), 51, 52,
o3, o4, 66. 70, 182, 268,
273, 274.
Coustou (Pierre -François),
S., 23. 24, 2o, 29, 51,52,
5K 70, 92, 273, 274.
Coustou (Françoise), 26,(où
il y a par erreur François
au lieu de Françoise), 51 .
Coustou (Guillaume), S.,
24,01,141, 161, 163,178,
181,182,268.
Coustou (Jean-François), ol
Coustou (Léonore), 51, o2,
70, 117, 118, 182, 274.
Coustou (Marguerite), 118
Coustou (Nicolas), S., 24, 5 1 ,
53, 54, 63,66,70,91,92,
93, Ho, M8, 141, 150,
170, 178, 181, 182, 205,
274.
Covpel (Antoine), P.. 157,
240, 241.
Covpel(Noël),P.,l9,29,39,
115, 170, 280.
Coyzevox (Anne-Virginie),
54.
Delpit.
Covzevox (Antoine -Jules),
117.
Coyzevox de Brécourt (Char-
les-Jacques), 54, 71, 151,
170, 171.
Coyzevox (Claude). 54.
Covzevox (Claude-Suzanne),
54, 117, 266.
Covzevox (Claudine), 24, 25,
26, 51, 52, 53,54, 70,92,
93, 259, 273, 274.
Coyzevox (Guillaume, frère
d'Antoine), S , 24. 51.
Coyzevox (Guillaume), fils
d'Antoine, 51 .
Covzevox (Jean - Antoine),
117, 152.
Covzevox (Jean - Baptiste),
71,152.
Coyzevox (Marguerite), 71.
Coyzevox (Martial), 117.
Coyzevox (Nicolas), 71.
Covzevox (Pierre), 22, 23,
29,51, 54, 151, 152, 259,
^ 260.
Coyzevox (Suzanne), 71.
Créqui, marquis de Mari-
nes (François, sire de),
monument, 84, 226. —
Buste, statue, 113.
Dampierre (marquis de), 26
Défaite des Turks à Saint-
Gothard, en Hongrie (la),
bas-relief, 197.
De Fer, S., 140.
Delafontaine, D.,22l.
De La Fosse, P., 39, 139,
144.
De Loreres, 147.
Delpit(J.), 280.
294
ANTOINE GOYZETOX
!Denéclieau. —
Denécheau (Séraphin), S.,
197.
Desjardins, S., 170.
Desmaisons, G., 227.
Dessus de porte, 191.
De Troy, P., 141.
Diane, statue, 232, 234.
Dioscures (les), groupes, 7o,
78,81, lo9.
Dominiquin, P., 13.
Dommartin (Mme), 46, 47,
231.
Donatello, S., 4, 7.
Dorbav, A., 97.
Dordùgne (la), groupe, 104,
197, 198.
D'Orléans, notaire, 271.
Doryclidas, S., 80.
Drevet (Pierre), G., 141.
144, 246.
Du Barrv (Mme), 234.
Dubois (J.),S.,201. 206.
Dubois de la Palme (G. D.),
71.
Du Change (Gaspard), P.,
140.
Ducherain (Catherine), P.,
115.
Duchesne, 2, 84.
Du Lin, P., 140.
Dumont(Edme), S., 237.
Dumont (Augustin), S.,
241.
Dumont (François), S., 241.
Dupasquier, S., 271.
Duseigneur(J.), S., 42,43,
48, 88, 243.
Dupuis (Nicolas -Gabriel),
G. , 240.
Dussieux(L.), 27,81, 102,
Fermelîiuis.
103, 104, lOo, 106, 135,
190, 195, 196, 197, 200,
201, 204, 236, 245,
Duvivier (A.), 66.
Echevins de Paris (les) mé-
daillons, 217.
Edelinck (Gérard), G., 61,
buste, 240.
Emeric-David, 4.
Emilus, S., 80.
Empereurs, bustes, 249.
Empire (1'), statue, 195.
Enfants (figures d'), rondes-
bosses, 101, 190. — Grou-
pes 105, 204.
Erato, bas-relief, 34, 214.
Estrade (comte d'), 104.
Etampes (duchesse d'), 10.
Eudes de Montreuil, S., 4.
Euterpe, bas-relief, 34, 213,
214.
Expillv (l'abbé Jean-Joseph
d')," 44, 45, 46, 165,
188.
Faune jouant de la flûte,
204, voyez aussi Berger
et petit satyre.
Favannes (Henri), P., 141 .
FéUbien, 2.
Fénelon, buste, 238, 239.
Feraud,84.
Fermelhuis (le docteur), 22,
23, 27, 36, 42, 35, 63,
76, 82, 130, 131, 136,
137. 138, 145, 158, 167,
168, 169, 170, 181, 191,
215, 233, 235. 236, 241,
243, 244, 245, 248, 250,
261, 263. — Buste, 240.
TABLE ALPHABETIQUE
295
Fidélité. — G-uémadeuc.
Fidélité (la), statue, 108,
220, 221, 222.
Figures, statues, 210, 213,
214.
Fleuve, statue, 106, 202.
Fleuve et Enfant, groupe,
233.
Floi-e, statue, 203, 204.
Flore au repos, statue, 105.
Flore et l'Amour, groupe,
150, 152.
Flùteur (le), voyez Berger et
petit satyre.
Fontaine de la Gloire dans
les jardins de Versailles,
195.
Fontenilles (Mme Gabrielle
delà Roche de), 71.
Force (la), statue, 102, 193,
206, 207.
Fouché, 207.
Fouquet, 16.
France (la), statue, 103.
France (la), assise sur le
char de Neptune, bas-re-
lief, 130.
France assise sur un char,
traîné par des tritons (la),
bas-relief, 218.
France triomphante écra-
sant l'Espagne et l'Em-
pire (la), groupe, 195.
France triomphante (la),
groupe, 103.
France (la) portant la lu-
mière et protégeant l'A-
griculture ôt les Sciences,
haut-rehef, 97.
Francin (François-Alexis),
S., 117, 118,274.
Francin (Pierre), 274.
François P»", 6, 7, 10, 11,
12.
Frémin, S., 158, 178.
Frise, 185.
Furstenberg (comte Ferdi-
nand Egon de), tombeau,
112, 113,229,230.
Furstenberg (François Egon,
cardinal de), 32, 33, 46,
262, 263, 264.
Garnier (Charles), A., 97.
Garonne (la), groupe, 104,
197, 198.
Gazard, 249.
Génie de la Religion (le),
statue, 225.
Génies, bas-reliefs, 103,
194.
Gentil, S., 12.
Géricault, P., 69.
Ghiberti, S., 4, 7.
Giffard (A.), 197.
Girardon, S., 14, 19, 28,
39, 55. 61, 98, 115,
144, 172, 173, 174,
175, 178, 238, 280.
Gougenot, 35, 263, 264.
Goujon (Jean), S., 12, 14.
Gourdel (Julien -Jean), S.,
225.
Grand-Dauphin (le), buste,
116,188.
Grevenich (Jean-François),
S., 244.
Greuze, P., 69.
Grognard, 285.
Guémadeuc (Sébastien de),
évèque de Saint- Malo,
120.
296
ANTOINE GOYZEVOX
Guérin. — Jal.
Guérin (Gilles), S., 28, 86,
21 0, 278,279, 280, 281.
Guiffrey (J.), 185, 186,
189, 190, 191, 193,195,
210.
Guillain, le père, surnommé
Cambray, S., 13.
Guillain (Simon), S., 13, 1-4,
17, 27, 83.
Guillaume (Eugène), S., 139.
Guillaume de Dijon, S., 3.
Guillaume de Sens, S., 3,
Guillerier. Voyez Quillerier.
Guirlandes, demi - rondes-
bosses, 189.
Guyot, G.. 221.
Hamadrvade et TEnfant (F),
groupe, 150, 152, 203,
204.
Harcourt (Henri de Lorraine,
comte d'), tombeau, 145,
146, 177, 227, 228, 276,
277, 278.
Harcourt (Louis de Lorraine,
comte d'), 145, 276, 277,
278.
Harcourt (monument des
d'), 228.
Hardouin-Mansart (Jules),
A., 55, ôi, 83, 84, 97,
120, 131, 137, 148, 179,
223, 280. — Monument,
224, 225. — Buste, 243.
— Bas-relief, 282.
Harlay (le président de),
vovez Beaumont.
Hébert (Jean), 71 .
Hennequin, P., 187.
Henri II, 12.
Henri IV, statue, 89.
Hercule Commode, statue,
10.
Hercule délivrant Hésione,
toile, 140.
Hercule enchaînant Cerbère, .
sculpture, 140.
Hercule sur le bûcher,ronde-
bosse, 141.
Histoire (!'), bas-relief, 101.
Homère, 73, 75, 161.
Houasse (Antoine), P., 92,
93, 116, 170, 196.
Houasse (Suzanne), 92, 93.
Huguet, D.. 220.
Hulot (Guillaume). S., 52.
66, 67, 69, 268, 273, 274.
Hulot (Jacques) S., 273.
Hulot (Nicolas), S., 67, 273.
Hulot(Philippe), S. ,67,273.
Humilité iV), bas-relief, 67.
Hurtaut, 233.
Hyver (Antoine), 275, 276.
Immortalité (r),les ailes ou-
vertes, s'élève emportant
le médaillon de Charles
d'Harcourt, ronde-bosse,
228.
Inconnus ( Personnages) ,
bustes, 248, 249.
Inventaire général des ri-
chesses d'art de laFrance,
105, 209.
Inventaire général des œu-
vres d'art appartenant à
laVilledeParis,113,226,
251, 254.
Jabach, 26.
Jacob, 169.
Jaillot, S., 28, 242.
Jal (A.), 24, 29,51,67,70,
TABLE ALPHABETIQUE
297
Jean, — Léon.
92, 93, -117, 118, 152,
226, 252, 261, 266, 267,
268, 273, 274, 282.
Jean de Chelles, S., 4.
JolIv(Jean), S.,67, 91,208,
273, 274.
Jomard (Georges), 259.
Jouvenet (François), P., 93,
116, 157, 283\
Jouvenet (Jean), P., 83, 139,
144.
Jules II (le pape), 180.
Jully (De La Live de), 248.
Jupiter, statue, 10. 80.
Jurie (J.), 35, 43, 215, 284.
Justice (la), statue, 102. 194,
206, 207.
Justice soutenant le médail-
lon de François d'Argou-
ges (la), bas relief, 226.
Juvignv, notaire, 71.
Relier (les), F., 198, 199.
Klein (Gh.-G.), 32, 35.
Labourdonnaye (Mgr. de),
278
La Chapelle (de), 83, 84.
Lacordaire (le Père), 67,68.
La Ferté (Papillon de), 254.
Lafolie (Ch.-J.), 89, 124,
132, 269, 270, 271.
La Fosse (Charles de), P.,
139.
Laguille (le Jésuite), 262,
263.
La Martinière, 101.
Langlier, 249.
Laocoon, groupe. 10.
La Rivière (M'"''), 249.
Larraidy, 280.
Laurencin (de), 125.
Le Bouteiller, S., 4.
Le Brun (Charles), P., 17,
18, 19, 22, 26, 30, 31,
36, 39, 40, 52, 57, 58,
65.91, 92, 98, 100, 101,
103, 110, 111, 112, 117,
173, 175, 177, 179, 195,
265, 271, 272. — Monu-
ment 224. — Buste, 242,
265.
Le Clerc, fils (Sébastien).
G., 40, 52.
Le Clerc, 114.
Le Comte, S., 55,190.
Lecomte (Emile), P., 285.
Lefuel(H. M.), A.,06, 97.
Ledru, 251.
Leareret, S., 55, 191.
Le^ros, S., 196, 210.
Le^'Hongre, S., 28. 93.
Lejeune du Tillard (Adé-
laïde-Victoire), 71.
LeLorrain (Robert). S., 263,
264.
Lemovne (J.-B), S., 178,
284".
Lemovne (Jean-Louis), S.,
Ur, 170, 178, 284, 285.
Le Nariez, 249.
Lenoir ( Alexandre ) , 4 ,
113, 162, 163, 187, 202,
205, 207, 209, 215, 216,
221, 226, 229, 232, 235,
236, 237, 238, 239, 242,
245, 246, 249, 250, 251,
284, 285.
Le Nôtre, A., 26, 97.— Mo-
nument, 225. — Buste,
61, 113.
Léon X (le pape), 180.
298
ANTOINE GOYZEYOX
Lepautre.
Lepautre (Pierre), G., 215.
Lequin (Marie-Denise), 71.
Lerambert (Charlotte), 260.
Lerambert (Louis), S., 14,
26, 27, 28, 29, 36, 42, 46,
141, 260.
Lescarmousier, 260.
Le Tellier( Charles-Maurice)
archevêque de Reims,
buste, 61,242, 243.
Le Tellier (Michel), buste,
61,243.
Levau, A., 97.
Lherminot, B., 116, 117.
LhuilUer (Th.), 71.
Licorne terrassant un Dra-
gon, groupe, 2î)3.
Lingée, G., 204.
Livonnière (Pocquet de),
148.
Loir (xMcoIas), P., 19.
Long-in, 161.
Louis XII, 5, 131.
Louis XIII, 16, 27, 59. —
Statue, 160, 163.
Louis XIV, 2, 15, 16, 36,
61, 86, 100, 134, 137,
138, 148, loi, 173, 177,
180, 273. —Statues, 85,
86,87,88.89, 120, à 132,
159 à 163,209, 21Ô à 219,
269, 270, 271, 275, 276,
282. — Bas-reliefs, 101,
187, 191, 192. — Bustes,
99, 116, 185, 186, 187,
189. — Statuette, 216.
Louis XV, 159. — Bustes,
61, 164, l6o, 188, 189.
Louis-le-Gros, 5.
Louvois (François -Michel
— Mazarin.
Le TelUer, marquis de),
92, 9o, 110, 115, 120,
179.— Buste, -^43.
LuUi (Jean-Baptiste), com-
positeur, monument, 229,
234,-82.
Ludovisi (collection), 74.
Madeleine pénitente (la),
statue, 7.
Madrid (musée de), 74.
Mao-nier, S., 28.
jMai des Gobelins ou plan-
tation d'un mai, erravure,
56.
Maintenon [Mme de), mé-
daillon, 238.
Mansart (A.), voyez Har-
douin-Mansart.
Mantz(Paul), 27.
Marc-Aurèle, statue, 177.
Marcille (Eudoxe), 143, 284.
Marcille père. 143.
Marguerite de rs'avarre, 10.
Marie-Thérèse d'Autriche,
61. — Buste, 116, 187,
188.
Mariette, 135, 175.
Marne (la), groupe, 149,
loO, 152, 201,202.
Marsv (les frères). S., 19,
55," 98.
Marsy (Gaspard de), S., 2.8.
Martenne, 2.
Masques. Demi-rondes-bos-
ses, 189, 194.
Masson, S., 196.
Mazarin (le cardinal), 26. —
Monument, 107, 108, 109,
220, 221. — Buste, 59,
243, 244.
TABLE ALPHABETIQUE
299
Mazeline. —
Mazeline, S. 103, 141, 196.
Médicis (les), 180.
Mellier, 127.
Mellinet (Camille), 121.
Melo, S., 208.
Melpomène, bas-relief, 34,
214.
Mercure, groupe, 132, 133,
134, 135, 136, 137, 138,
200,201.
Meunier P., 158.
Michaud, 106.
Michel-Ange, S., P., 12,13,
180.
Mignard, P., 98, 110. —
Buste, 60, 244.
Miel (Edme-Fr.-Ant. -Ma-
rie), 25, 36, 42, 215.
Millin(A.-L.), 4, 227, 228.
Milon de Crotone, statue,
173, 174.
Modestie (la), statue, 164,
192.
Modèles de statues, 210 —
de groupes, 211.
Molière (Jean-Baptiste Po-
quelin, dit), médaillon,
254.
Molosse étranglant un loup,
groupe, 253.
Monnover (Antoine), P. 14I.
Montaiglon (A. de), 27, 38,
135.
Montaran (de), 125.
Montausier ( Charles de
Sainte-Maure , marquis,
puis duc de), buste, 244.
Monval (Georges), 254.
Morel ou Moret (Isabeau ou
Elisabeth), 22, 259,260.
Feinture.
Naïades, bas-reliefs, 104.
Napoléon III, 97.
Neptune, statue, 55, 105,
149, 152, 201,202.
Nicaud (Claude), 259,
Noailles (Louis-Antoine de),
cardinal, buste, 61,244,
245.
Normand, G., 186,204,220.
Notre-Dame-des-Grâces, sta-
tue, il à 51, 177, 230,
231.
Nymphe h, la Coquille (la),
statue, 72, 76, 77, 78, 81,
^ 105, 196, 197.
Nvmphes, bas-reliefs, 103,
'194.
Odoranne, S., 3.
Olesczynski, G., 221.
Orateurs, bustes, 249.
Ornements, bas-reliefs, 190,
214.
O'Rourske Gousen (Jac-
ques , baron de Cour-
champs), statue, 113, 229.
Paix (la), statue, 108,220,
221.
Papelard (Jacques), P., 1 15,
157, 285.
Passage du Rhin au pont
d'Altenheim (le), bas-re-
lief, 223.
Passeron(J. S.), 35, 43,44,
86, 2lo, 232, 261, 262,
263, 284.
Pausanias, 80.
Pégase, 133, 134.
Pegault, 260.
Peinture (la), statue, 112,
224.
300
ANTOINE GOYZEVOX
Pellegrino. —
Pellegrino (FrariCesco),P.,9.
Pernon, 45.
Perreyve( l'abbé Henry), 68.
Phelvpeaux, 273.
Phidias, S., 73, 80.
Philippe-Aiig-Liste, 3, 5.
Philippe V, roi d'Espagne,
152.
Philosophes, bustes, 249.
Piété (la), statue, 112.
Piété royale distribuant du
pain pendant la disette
de 1662 (la), bas-rehef,
216, 217.
Pigalle, S., 69.
Pis^aniol de la Force. 76, 80,
86, 87. 88, 90, 102, 104.
105, 106, 109. 112, 135,
148, 150, 159, 160, 170,
193 à 199, 201,202,204,
209, 215, 225, 230, 250.
Pilon (Germain), S., 12.
Piot (Eugène), 260.
Plafond, bas-reliefs, 192.
Poerson, P., 115.
Polignac (le cardinal de),
buste. 61, 245.
Poirier, P., 141.
Polvranie, bas-relief, 34,
214.
Port (Célestin), 147.
Portes du Baptistère (les),
bas-reliefs, 7.
Portrait de femme, buste.
116,248.
Poussin (Nicolas), P., 175.
Praxitèle, S., 73, 172.
Prééminence de la France
reconnue par l'Espagne
(la), 197.
Rétablissement. .
Prieur (Barthélémy), S., 12.
Primatice, P., S., A., 6, 7,
8, 10, 12.
Prier (]\Iathieu), poète, 106.
— Buste, 245.
Prise de Turin (la), bas-
relief, 145, 227.
Prométhée délivré par Her-
cule, toile, 140.
Prou, S., 00, 190, 191,210.
Prudence (la), statue, 108,
206, 207,220. 221.
Pueret (François), 173.
PuWt (Pierre), S., 39, 84,
85, 86, 173, 174, 178.
Quillerier (Marguerite), 29,
31, 260.
Quillerier (Noël), P., 28, 29,
31, 260.
Racine (Jean), buste, 243.
Râpe, 249.
Ravois (Mme do la) buste,
142, 245.
Ravy, S., 4.
Regnard (Jean - François) ,
buste, 254.
Regnaudin. S,, 28.
Regnauit (Etienne), P., 141.
Rehsrion (la) statue 108,
110.220, 221,224.
Rehgion triomphant de l'Hé-
résie (la), bas relief., 217.
Renommée (la) q-roupe, 133
à 139, 200, 201. — Bas-
rehefs, 101,277.
Renommée sonnant de la
trompette, bas-relief, 164.
Rétablissement de la santé
du Roi, bas-relief, 91.
TABLE ALPHABETIQUE
301
Rliône. —
Rhône (le) groupe, 154,205,
206.
Robert, mouleur, 202.
Rohau-Guémené (cardinal
de), 35, 263.
Romain (Jules) P., 7.
Rosso P., G, 7, 8, 9, 12.
Rothschild (baronne douai-
rière, James de), 255.
Roi (le) assis sur son trône
dans la galerie de Ver-
sailles, bas-relief, 130.
Richeheu (cardinal de),
tombeau, 174. — Buste,
58, 59, 245, 246.
Richier (Ligier), S., 12.
Rigaud (Hyacinthe), P., 65,
142, 143; 144, 246, 283.
Rubens, P., 178.
Rude, S., 139, 140.
Sabine de Steinbach, S., 4.
Saint Athanase, statue, 107,
207.
Saint-Charlemagne, statue,
107, 153, 207, 208.
Saint-Georges (Guillet de)
26, 27, 86, 100.
Saint-Grégoire de Nazianze,
statue, 107, 207.
Saint-Romain (de), S,, 4.
Saint-Yves (Pierre), P., 140.
San Donato (vente), 255.
Sarrabat, P., 140.
Sarazin (Jacques), S., 13,
14, 17, 26, 27, 86, 170.
Sauvai, 2.
Savalette, notaire, 121.
Science (la), statue. 174,175.
Seine (la), groupe, 149, 150,
152, 201, 202, 206.
Triomplie.
Serre (Marie), buste, 143,
144, 246.
Sève, le jeune (de), P., 91.
Sibrecq (Girard), S., 259.
Sigon, S., 3.
Silence fie), statue, 164, 192.
Soulié (Eud), 27, 102, 103,
104, 105, 159, 164, 186,
188, 190, 191, 193, 194,
195, 196, 198, 199, 217,
225, 226, 233 à 237, 240,
242 à 247.
Stella (Claudine), P., 169.
Stella (Jacques), P., 169.
Surugue, G., 101, 190.
Sylvain s, bas-reliefs, 194.
Sylvestre (Israël), G., 253.
Tempérance (la) , statue,
206, 207.
Temps (le), assis sur des
armures, tient un livre
ouvert, ronde-bosse, 228,
Termes, statues, 194, 195,
213, 214, 215.
Terpsichore, bas-relief, 34,
214.
Texier (Jean), S., 5,^3.
Thahe, bas-relief, 34,214.
Thiérv, 252.
Thierry (Jean), S., 178.
Thomassin (Simon) G., 103,
128, 195, 197, 198,218.
Thomire, F., 271.
Theudon de Chartres, S., 3.
Toret (Marguerite), 273.
Tortebat, P.. 39.
Tremoille (duo de la), 120.
Triomphe d'Amphitrite,
groupe. 105, 149, 152,
201, 202,203.
302
ANTOINE COYZEYOX
Troph-ées.
Trophées, demi-ronde-bos-
se 190 214.
Tubv (Baptiste). S., 55, 91,
99, 100, 103, MO, 114,
189, 191, 196, 208, 210,
222.
Turenne (Henri de la Tour
d'Auvergne, vicomte de),
bustes. 61, 142, 147,
246, 247.
Tutilon. S.,3.
Uranie, bas-relief, 34, 214.
Valeur (la), 101.
Valincourt (de), 123.
Vallière (le chevalier de la),
buste, 142, 247.
Van Clève, S., 170.
Vandermeulen, P., 91.
Van Dvck, P., 178.
VanOpstal, S., 28.
Van Schuppen, P., 140.
Vasari, P., 8.
Vases, 104, 105, 195, 197,
200.
Vauban (Sébastien Le Pres-
tre de), bustes, 61, 142,
247, 248.
Vaublanc (de), 239.
Vénus de Cnide, statue, 172.
Vénus de Alilo, statue, 73.
■ "Watt eau.
Vénus de Médicis, statue,
10, 72, 75, 76, 78, 106,
196.
Vénus accroupie, statue, 72,
76, 77, 78, 79, 80, 81,
198.
Verdier, P., 114.
Victoire (la) présente Henri
de Lorraine comte d'Har-
court à la Religion, bas-
relief, 228.
Victoire remportée sur les
Turcs, bas-relief, 104.
Victoire (la), bas-relief, lOl,
145, 222.
Vierge, statue, 251, 252.
Vierge et l'Enfant Jésus (la\
statue, 251.
Vierge couronnée par l'En-
fant Jésus (la) bas-relief,
252, 253.
Villacerf, 95, 120.
Villars (Claude-Louis-Hec-
tor, duc de) buste. 61, 248.
Viollet-le-Duc, A., 101.
Vivien (Joseph), P., 115,
157, 283.
Vouet, P., 26.
WarinfJean;,G., 170.
Watteau, P., 140.
FIN DE LA TABLE
TABLE DES MATIÈRES
Dédicace
INTRODUCTION
l'école française de sculpture avant le xvii*^ siècle.
Nécessité de parler des devanciers d'un homme supé-
rieur. — Nul n'est indépendant de sa race ou de son
époque. — Services rendus à l'histoire de l'art par
Sauvai, Martenne, Duchesne, Félibien. — Airard,
sculpteur de l'île de France, au vin^ siècle. — Tuti-
lon, Theudon de Chartres, Guillaume de Dijon, Odo-
ranne, Guillaume de Sens, Sigon de Fougères,
sculpteurs français, du ixe au xii* siècle. — Ecoles
bourguignonne, champenoise, rhénane, poitevine,
languedocienne, provençale, angevine, normande, et
de l'Ile de France. — Millin, Emeric David et
Alexandre Lenoir ont été les vrais créateurs de l'his-
toire de l'art en France. — Les maîtres de la sculp-
ture au XII» siècle : Jean de Chelles, Eudes de Mon-
treuil, Sabine de Steinbach, Ravy, Le Bouteiller, de
Saint-Romain. — L'étude de la nature caractérise
la sculpture française au xiii* siècle. — Floraison
de la sculpture française avec Michel Colombe et
304 ANTOINE COYZEVOX
Texier. — Souplesse du génie national. — Atteinte
portée à la sculpture par le groupe gallo-florentin. —
Primatice, Rosso, Cellini. — L'école de Fontaine-
bleau. — Son style. — Le suicide de Rosso. —
Les fontes de Primatice défendues par la duchesse
d'Etampes. — Cellini et François 1er. — Influence
de Fart antique sur le génie français. — Jean Gou-
jon. — Germain Pilon. — Nicolas Bachelier, Bou-
don, Richier, Gentil. — Retour à la tradition natio-
nale. — Simon Guillain et Jacques Sarazin. —
Anguier, élève de Guillain^ forme Girardon. —
Lerambert, disciple de Sarazin, est le maître de
Coyzevox. — Louis XIV et Versailles. — Colbert.
— Charles Le Brun. — Son talent, sa fécondité, son
influence. — Le mérite de ses collaborateurs est la
preuve que la postérité s'est montrée trop sévère
envers Le Brun. — La discipline n'exclut pas l'in-
dépendance du génie. — Nicolas Loir, Noël Coypel,
les frères Alarsy, Girardon, Coyzevox Page
ANTOINE COYZEVOX
CHAPITRE PRE.MIER
LES SCULPTURES DE SAVERXE
(1G40-1677).
Antoine Coyzevox, fils d'un menuisier. — Origine
espagnole des Coyzevox. — Leur nom. — Enfance
dWntoine. — Le menuisier Coustou. — François
Coustou, le fils, sculpteur habile. — Guillaume
Coyzevox, frère d'Antoine, aussi sculpteur. — An-
toine sculpte le bois. — a Vous faites un cheval? —
Je ne le fais pas, je le découvre ! » — Mariage de
Claudine Coyzevox, sœur d'Antoine, avec François
TABLE DES MATIERES 305
Coustou . — Antoine vient à Paris . — Le a fameux
monsieur Leranibert. » — Quels furent les maîtres
de Coyzevox outre Lerarabert ? — Les œuvres de
Coyzevox exécutées à cette époque ne sont pas con-
nues. -^ Mariage d'Antoine Coyzevox avec Margue-
rite Quillerier, nièce de Lerambert. — Coyzevox
sculpteur du roi. — Mort de Marguerite Quillerier.
— Le maître sculpte un morceau de frise au palais
du Louvre. — Il se rend à l'appel du cardinal Fran-
çois Egon de Furstenberg, évoque de Strasbourg.
— Un mot de Fermelhuis. — Le palais de Saverne.
— Aj)ollon et les Muses. — Trophées et statues. —
Les sculptures de Saverne détruites. — Retour de
Coyzevox à Paris. — Il est reçu académicien, —
Coyzevox veut se fixer à Lyon. — Le Brun le retient
à Paris. — Mariage de Coyzevox avec Claude Bour-
dict. — Où a lieu son mariage ? — Il loge aux Gobe-
lins. — Les travaux de Versailles Page 21
CHAPITRE II
COYZEVOX DEVAIT LA NATURE.
(1677-1686).
D'Argenville et la Vierge de !a rue du Bât-d'Argent. —
3Iiel, Auguis, Duseigneur et Passeron. — Une dé-
couverte de M. Charvet. — L'abbé d'Expilly. — La
statuette de madame Dom.martin. — Une date resti-
tuée. — Description de la Vierge de Coyzevox. —
Symbolisme de ce marbre . — Coyzevox appelle au-
près de lui son neveu Xicolas Coustou. — Elisabeth
Coustou, sœur de Mcolas, vient liabiter aux Gobe-
lins. — Coyzevox et ses cinq enfants. — Les tra-
vaux du maître à Versailles et à Mariy,, — Le Roi
lui fait une pension. — L'étude de la nature. — Le
20
306 ANTOINE GOYZEVOX
buste de Le Brun, morceau de réception de Coyze-
vox. — Bustes de Richelieu, Bossuet, Mazarm, Mi-
gnard. — Nombreux portraits sculptés par Coyze-
vox. — Le maître exécute son propre buste. Page . 41
CHAPITRE III
COYZEVOX EN FACE DE l'ANTIQUE.
(1686-1692).
Nicolas Coustou remporte le premier prix à l'Acadé-
mie.— Dernière visite de Colbert aux académiciens.
Départ de Nicolas Coustou pour Rome. — Mariage
d'Elisabeth Coustou avec le sculpteur Guillaume
Hulot. — Tous les signataires de l'acte de mariage
de la nièce de Coyzevox sont des sculpteurs. — Le
- génie est-il compatible avec l'amitié ? — Mot de La-
cordaire. — Coyzevox est recherché par ses pairs..
— Léonore Coustou, la plus jeune des nièces de Coy-
zevox, est appelée par lui aux Gobehns. — Le
maître à son foyer. — Le neuvième enfant. — Sculp-
tures à Versailles, à Trianon, aux Invalides. —
L'antique est pour le statuaire la pierre de touche
du génie. — L'antique veut être interprété, non trans-
crit. — Castor et Pollux — La Vénus de Médicis —
La Nymphe à la Coquille. — La Venus pudique —
En quoi la Véfius pudique de Coyzevox est une
œuvre essentiellement originale. — Bustes d'empe-
reurs, de capitaines, d'orateurs et de philosophes,
sculptés d'après l'antique, par le maître. — Le buste
de Condé. — Coyzevox et Puget. — Entrevue des
deux artistes. — Monument de Louis XIV à l'Hôtel de
Ville de Paris. — Son histoire. — Le bronze de
Coyzevox est le seul vestige qui subsiste encore de
TABLE DES MATIERES 307
l'Hôtel de Ville de 1689. — Coyzevox professeur. —
Ses fonctions à l'Académie. — François Coustou, son
beau-frère, porte le titre de sculpteur du Roi. —
Nicolas Coustou, neveu du maître, épouse Suzanne
Houasse. — Le portrait du sculpteur, par François
Jouvenet. — Coyzevox, adjoint à recteur. Page. . » 64
CHAPITRE IV
ART DÉCORATIF — MAUSOLÉES
(1692-1702).
Des conditions de l'art du décor. — L'architecte Le-
fuel et Carpeaux. — Mot de M. Charles Garnier. —
Coyzevox est le collaborateur de Levau, Dorbay,
Mansart, Robert de Cotte. — Le Brun et Mignard
lui fournissent les dessins de ses compositions. —
Souplesse de génie nécessaire au sculpteur pour tra-
duire une pensée de peintre. — L'escalier des Am-
bassadeurs à Versailles. — Coyzevox sculpte Louis
XIV à cheval pour le salon de la Guerre. — La.
grande Galerie. — Le salon d'Apollon. — Les sta-
tues de la Justice et de la Force dans la Cour de
Karhrâ. — Le groupe de V Abondance dans la Cour
des Ministres. — Ld. France triomphante au bosquet
de l'Arc de triomphe. — Sculptures de la Fo?ïtaine
de la Gloire. — Génies, Amours, Nymphes à la Co-
lonnade. — Vase du grand Perron. — La Dordogne et
la Garonne au Parterre d'eau. — Pilastres et boise-
ries à Trianon. — Coyzevox sculpte huit groupes
di^Enfants et un Vase à la Cascade de Marly. — Au
Tapis- Vert, le Neptune irrité et le Triomphe d'Am-
phitrite. — A la Demi-Lune, Flore au repos, — Le
maître exécute une statue de Fleuve placée à Sceaux.
308 ANTOINE COYZEVOX
— Statue de Condé pour Chantilly. — Cheminée de
l'hôtel d'Autecour à Paris. — Statues de saint CJiar-
lemagne, saint Athanase, saint Grégoire de Nazianx-e
et bas-relief de VAnge au casque, aux Invalides. —
Monument de Maxarin. — Mausolée de Colbert. — A
l'heure où Coyzevox sculpte cet ouvrage, sur les des-
sins de Le Brun, le premier peintre est en défaveur
et Colbert était mort disgracié, — Monument de Le
Brun. — Tombeau du comte de Furstenberg. —
Coyzevox partage avec Leclerc, Tiiby et Verdier la
direction de l'Académie des Gobelins. — Nicolas
Coustou entre à l'Académie. — Vivien et Papelard
reçoivent Tordre de faire le portrait de Coyzevox. —
Le salon de 1799. — Coyzevox quitte les Gobelins
pour occuper un logement au Louvre. — Jean-An-
toine, ^lartial et Antoine-Jules Coyzevox. — Léo-
nore Coustou, nièce du maître, épouse François-
Alexis Francin, sculpteur du Roi. — Francin à
Strasbourg. — Retour à Paris de la femme de Fran-
cin, qui vient demeurer au Louvre chez Nicolas
Coustou Page 04
CHAPITRE V
FIGURES ÉQUESTRES
(1702-1712]
Le monument de Louis XIV commandé par les Etats
de Bretagne. — Son histoire. — Une lettre de
Coyzevox. — Description du monument. — Coyze-
vox animalier. — Les Chevaux ailés de Marly. —
Le marbre sous le ciseau de Coyzevox. — Mot de
Mariette. — « Ces deux groupes ont esté faits en
deux ans. » — Témoignage de Fermelhuis sur le
TABLE DES MATIÈRES 309
soin qu'apportait Coyzevox dans l'étude du cheval.
— « Il était docile avec beaucoup de lumières. » —
Coyzevox élu directeur de l'Académie. — La légende
d'Hercule. — Les morceaux de réception de Nicolas
Bertin, Sarrabat, Jacques Gazes, De Fer. — Le por-
trait de Lerambert. — Pierre Brevet et Jean Au-
dran, agréés par l'Académie. — Guillaume Coustou,
neveu de Coyzevox, reçu académicien sous son direc-
torat. — Le salon de 1704. — Le portrait de Coy-
zevox par Rigaud. — Comment fut exécuté par le
maître le buste de Marie Serre, m-ère de Rigaud. —
Description de cet ouvrage. — Buste du Duc (V An-
tin. — Coyzevox frappé d'apoplexie. — Il se rétablit.
— Il sculpte, pour TAbbaye de Royaumont,le Tom-
beau de Henri de Lorraine, comte d'Ear court. — Mo-
nument de Nicolas de Bautru, marquis de Vau-
brun pour la chapelle de Serrant. — Monument de
Mansart à Paris. — Coyzevox à Marly. — La Seine
et la Marne. — Eamadryade et enfant. — Flore et
l'Amour. — Berger jouant de la flûte. — Louis XIV
dans l'atelier du maître. — Charles, Pierre et Jean
Coyzevox. — L'artiste sculpte le Rhône pour les jar-
dins de Saint-Cloud. — La statue de la Duchesse de
Bourgogne, commandée parle duc d'Antin . . Page 119
CHAPITRE VI
MORT DE COYZEVOX. — SA MÉMOIRE
(1712-1720)
Allou est chargé par l'Académie de peindre le portrait
de Coyzevox. — Le maître, malgré son grand âge,
prend part à tous les actes de l'Académie. — Mala-
die de l'artiste. — Sa prompte guérison. — L'Aca-
310 ANTOINE COYZEVOX
demie le aomme Chancelier. — Le buste de Fer-
melhuis. — Parole de Coyzevox citée par d'Argon-
ville. — Buste de la Duchesse de Bourgogne. —
L'artiste sculpte à soixante-treize ans, la statue de-
Louis XIY accomplissant le vœu de Louis XIII. —
Histoire de ce monument. — Bouchardon est
chargé d'une statue de Louis XIY destinée à rem-
placer celle exécutée par Coyzevox. — Le Silence
et la Modestie sculptés pour la chapelle de Versailles.
— Le buste de Louis XV, dernière œuvre du maître.
— Le sceau du duc d'Antin, protecteur de l'Acadé-
mie. — Jugement de Fermelhuis et de d'Arg en ville
sur Covzevox. — Dernière maladie. — Résicrnation.
— Paroles chrétiennes du maître à son lit de mort.
— Il est inhumé à Saint-Germain-l'Auxerrois. —
Van Ciève lui succède dans la charge de Chancelier.
— Nicolas Coustou, est élu Recteur. — Fermelhuis
prononce l'éloge de Coyzevox. — Son buste par
lui-même est offert à l'Académie. — Jean-Jacques
Caffîéri fait hommage d'un buste sculpté par Jean-
Louis Lemoyne. — L'Académie des Beaux-Arts, en
1880, met la Vie du maître au concours. — Le
talent de Coyzevox. — Sincérité dans le travail. —
Puget. — Girardon. — Coyzevox. — Caractère
éminemment français du talent de Coyzevox. — Son
siècle a été favorable au développement de son
génie. — A aucune époque, l'Etat n'a procuré, en
France, aux sculpteurs, de plus belles occasions de
se produire. — Michel-Ange à Jules II ; Coyzevox à
Louis XIV. — L'homme intime, chez Coyzevox, n'est
pas moins grand que l'artiste. — Les statues sont
fragiles, les traits de l'âme sont impérissables. Page. 156
TABLE DES MATIERES 311
ŒUVRE DU MAITRE
PREMIÈRE PARTIE.
OUVRAGES EXÉCUTÉS POUR LES BATIMENTS DU ROI.
Pages.
Palais da Louvre 185
Château de Versailles 185
Château de Trianon <99
Château de Marly 200
Château de Saint-Cloud 205
Église de l'Hôtel des Invalides 206
Église de .\otre-Dame 209
Ouvrages exécutés pour la Couronne que leur dé-
signation incomplète sur les Comptes des Bâti-
ments du Roi ne permet pas de classer 210
DEUXIÈME PARTIE.
OUVRAGES EXÉCUTÉS EN DEHORS DES BATIMENTS DU ROI,
l. — Monuments 213
IL — Statues 230
m. — Bustes 234
IV. — .Médaillon 250
V. — Travaux décoratifs 250
VI. — Ouvrages attribués à Coyzevox 251
PIÈCES JUSTIFICATIVES
Document I. — Acte de baptême d'Antoine Coy-
zevox 259
Doc. II. — Acte de baptême de Claudine Coyze-
vox, mère des Coustou 259
Doc. III. — Acte de mariage d'Antoine Coyzevox
avec Marguerite Quillerier 260
Doc. IV. — Acte de décès de Marguerite Quille-
312 ANTOINE GOYZEVOX
Pages
rier, première femme. d'Antoine Coyzevox 261
Doc. V. — Coyzevox à Saverne. Époque de son
retour en France 261
Doc. VI. — Réception d'Antoine Coyzevox à l'A-
cadémie royale de Peinture et de Sculpture. . . 264
Doc. VII. — Le mariage dWntoine Coyzevox avec
Claude Bourdict 266
Doc. VIII. — Pierre Bourdict ou Bourdy 267
Doc. IX. — Statue pédestre de Louis XIV, érigée
à l'Hôtel de Ville de Paris 269
Doc. X. — Concession d'une chapelle en l'église
de Saint-Nicolas du Chardonnet, pour servir de
sépulture aux mem.bres de l'Académie royale
de Peinture et de Sculpture 271
Doc, XI. — Brevet de logement sous la Grande
Galerie du Lou\Te. accordé à Antoine Coyzevox. 272
Doc. XII. — Acte de mariage d'Elisabeth Coustou,
nièce de Coyzevox, avec Guillaume Hulot. .... 273
Doc. XIII. — Acte de mariage de Léonore Cous-
tou, nièce de Coyzevox, avec François-Alexis
Francin 274
Doc. XIV. — Monument de Louis XIV à Rennes.
État des marbres et bronzes qui composent la
figure équestre du Roi 275
Doc. XV. — Marché passé en 1704 entre Antoine
Coyzevox et Louis de Lorraine, comte d'Har-
court, pour le tombeau de son père 276
Doc. XVI. — Coyzevox et l'Académie de Bor-
deaux 278
Doc. XVII. — Acte de décès d'Antoine Coyzevox. 281
Doc. XVIII. — Iconographie de Coyzevox 282
Table alphabétique -89
Laval. — Imp. E. Jamin, rue de la Pais, 41.
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La Bibliothèque
Université d'Ottawa
Échéonce
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Date due
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